On l'a oublié, mais c'est le 2 février 1625, qu'un fortin fut érigé sur l'île de Manhattan,
à l'embouchure du fleuve Hudson. Autour du fortin se sont installées trente familles de protestants, surtout wallons (accompagnés de quelques flamands et français), envoyées par la Compagnie
hollandaise des Indes occidentales (la VOC).
L'histoire retiendra que la petite colonie est baptisée La Nouvelle Amsterdam. L'aventure avait pourtant commencé plus tôt, le 4 mai 1624 huit familles furent déposées à la pointe de Manhattan.
En 1625, Pierre Minuit est chargé d’une mission exploratoire visant à établir un plan concret permettant, à terme, le développement de cette colonie et une rentabilité comparable à celle des
autres secteurs d’activité. Il en devint le premier gouverneur. Né à Wesel (Rhénanie), son père, Jehan, natif de Tournai, dut fuir la répression sanguinaire du duc d’Albe, pilier du régime
d'occupation espagnol. L’oncle de Jehan, Salomon Minuit, ayant été exécuté comme hérétique en place de Tournai vers 1570. La tyrannie de Philippe II et de son âme damnée, le duc d’Albe, joua,
sans le vouloir, un rôle significatif dans la naissance de New York dont le nom initial fut, dès l’arrivée des premiers Wallons, Neuve Avesnes, en l’honneur de Jesse de Forest (natif d’Avesnes),
personnage clef de l’exode de ces pionniers.
Mais qui s'en souvient ?
Hier; le 1er février, c'était l'anniversaire de l'assassinat de François Bovesse... Militant wallon et résistant au fascisme. Animateur de la Ligue wallonne de Namur, délégué à l'Assemblée
wallonne jusqu'en 1927 et membre du Comité de l'Union nationale wallonne, il est à l'origine de l'organisation des fêtes de Wallonie, à Namur. Cette fête est l'occasion pour lui de réclamer
l'égalité de droit entre Wallons et Flamands, et de dénoncer les appétits flamingants. Comme Jules Destrée, il perçoit, dans la mise en place des lois linguistiques d'après-guerre, le risque
de flamandisation de la Wallonie. Il les combat au nom de l'homogénéïté linguistique et culturelle des deux régions. Ses participations ministérielles font de lui l'homme de la Wallonie au
gouvernement. Il y défend les positions du Mouvement wallon : maintien de l'accord militaire franco-belge, refus de la loi d'amnistie et combat contre le parti fasciste
Rex.
Libre penseur, il a écrit que
"les problèmes qui séparent l'incroyant et le croyant sont
insolubles sur le plan de l'autorité et seule, la liberté totale peut les résoudre. La liberté qui se traduit en l'espèce par le respect absolu des personnes et des idées et par la séparation très
nette de la politique et de la religion." On en est loin...
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