« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
*
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.







Il est bon de rappeler que le "Vif" fait partie du très flamand groupe Roularta. Les écrits des journalistes remerciées ont certes du déplaire. Dommage, l'hebdomadaire nous gratifiait de temps à autres d'analyses qui sortaient un peu des sentiers belgicains ratissés scrupuleusement par d'autres rédacteurs qui sévissent dans certains grands journaux bruxellois.
Il nous faudra toujours et encore nous tourner vers l'étranger et lire Jean Quatremer et JP Stroobants pour apprendre certaines choses concernant notre belle monarchie chiconnière....
Ceci écrit, j'ai cependant été agréablement surpris de l'écho donné par le très saint "Vers l'Avenir" à la conférence de presse que Mr Gheude et vous-même avez donné à propos de l'établiessement d'Etats Généraux de la Wallonie. Sauf erreur de ma part, c'est le seul media qui en a fait part de la sorte (je n'attendais quand même pas un miracle de la part de Mme Delvaux ou de Mr Konen.). Dommage que le journaliste de Vers l'Avenir termine son éditorial en écrivant que Monsieur Gheude a raison sur beaucoup de choses sauf sur le fait que la question du rattachisme intéresse les Wallons.
Je me suis permis de lui rappeler les paroles de Gilbert Cesbron qui disait : " Il y a deux sortes de journalistes: ceux qui s'intéressent à ce qui intéresse le public et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse et ce sont les grands " .
Il est vrai qu'un de nos monarque disait il y a déjà bien longtemps:" petit pays, petites gens, petits esprits".
Bien à vous.
Même si ce qui paraît n'est jamais suffisant pour certains d'entre nous et que nous préférerions naturellement toujours plus en "quantité" et en "qualité", l'idée a trop longtemps été boudée par la presse ... donc je ne regrette jamais dès qu'on en parle.
François Perin m'avait comparé un jour ce projet à un germe minuscule et très fragile qu'il fallait protéger et entretenir si on voulait qu'il ait une chance de pousser un jour...
Evidemment, pour les "militants émotionnels", rien ne va, ni n'ira, jamais assez vite.
Il s'agit pourtant là d'un changement de paradigme et même plus, de croyances. Quelle évolution pour ceux qui, comme moi, n'osaient presque pas en rêver dans les années '70 quand nous en parlions entre militants wallons, nous-mêmes héritiers de ceux qui avaient connu des périodes plus difficile encore. Mais ce n'est pas une raison pour baisser la garde.
Il faut au contraire persévérer et veiller à faire pousser cette idée magnifique. Comme pour une plante, lui apporter le meilleur engrais.
J’en ai déjà parlé. Alors que nous avons dépendu du système financier belge qui ne nous a jamais gâtés, la Flandre a eu la chance de voir son mouvement d’émancipation soutenu et partagé par les milieux économiques (et plus discrètement, mais tout aussi efficacement, par les milieux syndicaux). C’est ainsi qu’est née il y a plus d’un trois quart de siècle la Kredietbank. Et quand on sait le rôle qu’elle a joué dans le développement de la Flandre y compris en pompant l’épargne wallonne via sa filiale "BC" devenue la KBC, on ne peut que regretter qu’une telle institution n’ait jamais vu le jour en Wallonie. Le gouvernement belge tergiversant, il était normal que la Flandre agisse, c'était prévu : http://www.claude-thayse.net/article-23727379.html.
Il est fort tard ou alors hypocrite de s'indigner seulement maintenant pour ceux qui ne voient toujours pas dans que jeu on joue. Dès le début, on savait que la Flandre ne laisserait pas tomber SA banque ! Voici probablement pourquoi il y a si peu de "fausses indignations".
Voici d'ailleurs ce qu'en disent les éditos flamands :
- Johan Van Geyte dans "Gazet van Antwerpen " du vendredi 23 janvier : (...) "Heureusement pour la KBC, le gouvernement flamand a travaillé vite et de manière efficace. Pour la banque, c’est en outre un partenaire plus fiable que l’autorité fédérale. Par sa forte position de marché en Flandre, KBC est d’ailleurs une institution cruciale pour le bon fonctionnement de l’économie flamande".
- "La Flandre fonctionne " - Edito de Luc Van der Kelen dans "Het Laatste Nieuws" du vendredi 23 janvier : "Le gouvernement fédéral est passé du modèle conflictuel à l’immobilisme. (...) Le gouvernement flamand a alors repris les choses en mais. De façon rapide et extrêmement efficace. (...) S’il y a jamais eu une preuve de la viabilité d’une Flandre indépendante, c’est celle qui vient d’être fournie dans l’affaire de la KBC. Les francophones n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes : c’est le manque de volonté de résoudre un " dossier flamand ", en se livrant à de petits jeux et en ressortant le gaufrier des compensations, qui a fait que l’autorité flamande a fait un nouveau pas dans la « révolution copernicienne » du ministre-président Kris Peeters".
Quand je parle de régime, je ne parle pas des milliers de personnnes qui travaillent dans le cadre de l'Etat belge actuel, dans ses administrations qui font leur travail en toute loyauté et honnêteté souvent avec les moyens dérisoires qui leur sont alloués et malgré la paralysie de leurs instances de décision, je parle ici de la classe dominante qui contrôle cet appareil d'Etat, c'est à dire :
a) les partis du régime, dits "traditionnels" : c'est trop d'honneur que de les appeler ainsi, car la tradition a un petit relent de noblesse et de respectabilité qu'ils ne méritent pas, et à Liège chez nos amis rattachistes, on a pris l'habitude de les taxer de "partis habituels", l'habitude confinant à la lassitude !!!
b) le patronat du régime, c'est à dire le patronat flamand, car côté wallon, que reste-t-il de la classe patronale qui subsiste actuellement ? Et je ne parle pas ici bien sûr des PME wallonnes, nombreuses et dynamiques malgré un pouvoir souvent hostile, mais des très grosses entreprises et institutions financières étrangères à la Wallonie qui opèrent sur notre sol wallon comme elles le feraient dans leurs succursales africaines (elles y vendent de tout aux Wallons, mais n'achètent aucune production locale, tout est commandé en Flandre)
c) les syndicats du régime, qui défendent courageusement mais en vain des droits sociaux que la Flandre veut à tout prix remettre en question, ils se trompent de cadre pour mener leur combat, ils descendent dans l'arène du système belge pour se défendre à mains nues contre le Lion des Flandres !!!
d) la presse du régime, la "Pravda du régime Belgoviétique", qui licencie des journalistes pour sympathie rattachiste ou simplement information rattachiste ce qui est encore pire (Molière aurait dit "Cachez ce sein (de Marianne) que je ne saurais voir"), ou encore qui éveillent l'attention sur l'annexion rampante de l'argent et du pouvoir flamands sur la Wallonie (sur Bruxelles c'est déjà fait depuis longtemps...) - La presse est abondamment subsidiée par le régime, elle n'est donc pas vraiment libre, et le régime ne se privera pas, à l'instar de Vladimir Poutine avec le gaz, de menacer de fermer le robinet des subsides ...
Je crois que la nation flamande mérite notre respect, mérite son autodétermination, et chaque peuple a le droit de disposer de son avenir en toute indépendance sans empiéter sur le droit des peuples voisins, et à ce titre la position des nationalistes flamands (hormis bien sûr ceux véhiculant des idées extrémistes inacceptables), est beaucoup plus respectable que celle des notables "belgico-flamingants" tels notre premier ministre actuel et son équipe, qui sont là pour étouffer la conscience wallonne et maintenir cet état de colonisation rampante sur notre belle région.