On assiste à une offensive discrète, mais pernicieuse du bruxellissime
FDF.
Sans nier son évidente contribution à la reconnaissance du statut de la Région de Bruxelles,
pour la petite histoire, l'alliance stratégique entre le Rassemblement Wallon et le FDF avait bien comme objectif la création de deux régions distinctes (Wallonie et Bruxelles) dans le cadre de
l'instauration du fédéralisme. Sans revenir sur les erreurs de celui qui porte la responsabilité de la destruction du Rassemblement wallon, le FDF – créé à l'origine par des militants wallons
habitant Bruxelles, mais qui en ont vite disparus, remplacés par des "francophones indifférenciés"- s'est finalement senti une vocation de "grand frère". Il s'est opposé à la renaissance d'un
parti porteur du Mouvement wallon, par exemple en protégeant systématiquement le sigle "RW" lors de chaque élection. De fédéraliste au départ, composé depuis essentiellement de municipalistes, ce
qui est logique, le FDF est au fond, devenu, paradoxalement, un des plus farouches partisans d'une Belgique re-centralisée. La mini-Belgique continuée sans la Flandre qu'il prétend promouvoir
n'étant qu'un paravent de ses vrais objectifs. Ses membres les plus éminents ne se sont-ils pas prononcés à plusieurs reprises pour l'annexion du Brabant wallon à la Région de Bruxelles sous
prétexte de coller à l'hinterland économique de cette ville. Imposant de fait le bilinguisme à toute notre province qui a pourtant été depuis la conquête romaine un des avant postes de la
latinité et de la culture française malgré tous les avatars de la politique des princes. Ne l'appelle-t-on pas le "roman païs de Brabant ?" Mais j'ai déjà réagi ici et là.
Il me revient que ce parti n'a donc pas renoncé à essayer d'étendre son influence chez
nous.
Voici un texte qu'un correspondant namurois m'a fait parvenir :
" Fondé en 1964, le FDF est le seul parti politique qui
mène un combat ayant pour but la défense des Francophones, où qu'ils soient établis. Même s'il est parfois, à tort, présenté comme un parti bruxellois, le FDF compte en ses rangs de très
nombreux membres établis en Wallonie, et en particulier en province de Namur.
A l'initiative de notre Président, Olivier Maingain,
il a été décidé de créer des fédérations provinciales et des sections locales, y compris dans la province de Namur.
Les responsables de la fédération namuroise de FDF (…)
ont le plaisir de vous inviter à une après-midi de rencontre qui se tiendra" etc..
J'ai également reçu la copie d'une invitation du même genre envoyée en Brabant
wallon.
Décidément, après les Flamands "De Dekker - Aernoudt" qui "ne nous veulent que du bien", la
Wallonie intéresse beaucoup de monde. Si, dans le contexte actuel, mon correspondant (Merci Pierre S. !) est convaincu – à juste titre - que cette nouvelle tentative d'entrée du FDF en Wallonie
est réalisée uniquement à des fins électoralistes, il a raison de penser que certains pourraient bien s'y laisser prendre. Les conclusions de la Commission Busquin-Spaak montrent que même des
personnes informées (ou qui devraient l'être) comme les élus qui y ont siégé peuvent se laisser berner ou ont renoncé à lutter contre la pensée unique répercutée par une certaine opinion
publique. Affaire de panurgisme ?
Paradoxalement; cette tentative met en exergue les intérêts et les aspects positifs de la
Wallonie et de son économie. Malgré l'aridité de la crise que nous traversons, les Wallons sont performants et inventifs ; de nombreux investisseurs, surtout français et c'est très bien, en ont
déjà tiré les conclusions. Assez de discours nourris à la sinistrose et à la haine de soi !
Il est plus que temps que la Wallonie reprenne le chemin de son autonomie. Après avoir été
abandonnée, méprisée, critiquée, elle redevient plus que désirable. D'autres que nous s'en rendent déjà également compte, il reste à en faire prendre conscience à notre peuple et à ne pas répéter
les erreurs du passé.
La première chose à faire, c'est de se sortir du " piège belge " dans lequel on essaye de
nous maintenir car, comme l'écrivait José Fontaine, "parce qu'il peut être perçu comme autonomiste et fédéraliste, le FDF fait, a fait et fera encore, bien plus de tort à la cause wallonne
qu'aucune autre formation politique même flamande". En réalité, le
FDF a intégré et applique la logique communautaire (communautariste) flamande.
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