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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 21:15

En général 

Après les propositions publicitaires de lutte contre (le sentiment de) l’insécurité, le 1er mai montre une évolution de la pensée  "socialiste". 

Evolution (publicitaire, elle aussi) annoncée dans une interview de Di Rupo dans la Libre du 28 avril. Adoptant une attitude très martiale (il s’y montrait déguisé en conducteur viril de char d’assaut…), ce digne successeur de Leburton reprenant l’antienne qui a si bien réussi à détruire la Belgique unitaire - « occupons nous des vrais problèmes ! » - a montré les dents (qu’il a longues…) menaçant (seulement…) de demander l'élargissement de Bruxelles-Capitale où vivent 90 pc de francophones…

Au fédéral 

Onkelinx a mis en garde les politiques flamands contre la façon dont se dérouleront les prochaines négociations communautaires. Soit il s'agira de voir comment faire mieux fonctionner l'Etat pour améliorer la vie des citoyens, soit il s'agira d'un dialogue de sourds fait de "revendications insensées". "Si c'est dans cette voie que s'engagent nos amis flamands, ils doivent savoir que les temps ont changé, que leur agressivité use notre patience et que, s'ils nous méprisent, nous sommes déterminés, quant à nous, à dessiner sereinement notre propre avenir. Voilà notre choix: ce sera avec eux mais pas pour le meilleur et pour le pire. S'ils devaient s'échiner à choisir le pire d'eux-mêmes, ils doivent savoir que, pour nous aussi, il existe d'autres voies...", a-t-elle averti. (LLB)

A Bruxelles

Moureaux a dit ses craintes face à certains discours francophones: les MR Alain Destexhe et François-Xavier de Donnea, qu'il accuse de complaisance à l'égard du flamingantisme (comme disent les enfants : « c’est celui qui dit qui est » ?), et la présidente du cdH, Joëlle Milquet, qui verrait bien les Régions s'effacer au profit de la Communauté française. « Nos Régions ont toute leur place, la Wallonie comme Bruxelles. Mme Milquet est une personne de bonne volonté mais qui ne connaît pas très bien les terrains sur lesquels elle s'aventure » (LLB) (Sur ce dernier point, on ne peut pas donner tort à Moureaux !)

En Wallonie

Daerden, vice-président du Gouvernement wallon a surtout évoqué la défense des francophones de Wallonie et de Bruxelles au sein du pays face aux velléités des Flamands. "Qu'on ne s'y trompe pas : si la Flandre veut son indépendance, un Etat francophone fédéral basé sur deux régions fortes (la Wallonie et Bruxelles) verra le jour !", a-t-il déclaré. (LLB) 

Il semble bien que les « PS » (on ne dit plus socialistes) sont décidés à continuer une expérience belge à tout prix (pour nous, simples citoyens). Quelle est vraiment la différence à une Belgique réduite à la Communauté française et un Etat francophone fédéral (sic !) basé sur deux régions (re-sic !) ? Un Wallo-brux, Belgique continuée à la Delperée ? Chou vert et vert chou ! 

A quoi servirait un Etat Bruxello-Wallon en Europe ? 

Tout ça manque de sérieux… Mais on prépare quand même les esprits. J’espère que le peuple sera plus malin que ses dirigeants…  le jour venu. Et celui-ci approche à grand pas ! 

 

N'empêche, c'est le grand retour de l'institutionnel !

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Published by Claude Thayse - dans Actualité
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commentaires

Feully 06/05/2006 17:51

Tous ces problèmes d’indépendance, de régionalisme et de fédéralisme sont complexes. Ils m’interpellent depuis de nombreuses années. Il ne s’agit pas, comme certains de nos concitoyens le pensent encore, de tentatives purement politiques qui finalement ne concerneraient pas la population. Les phrases du style « Il n’y a jamais eu de problèmes avec les Flamands avant que les dirigeants ne régionalisent le pays » n’ont plus de raison d’être. La vérité est que la Belgique est un pays fabriqué de toute pièce en 1830 par la volonté d’autres puissances et qu’elle n’a jamais eu d’âme propre, malgré tout ce que l’on a voulu nous faire croire. 
 

Depuis 175 ans ce pays s’est cherché en vain une identité sans la trouver vraiment. On a beau dire que la langue et la culture ne sont pas les conditions premières pour cimenter un état, elles y contribuent cependant fortement. Il n’y a qu’à voir comment la Tchécoslovaquie ou la Yougoslavie ont éclaté sur des critères linguistiques dès qu’elles en ont eu l’occasion. Et chaque fois que dans un pays uni des régions riches réclament plus d’autonomie, ce n’est tout de même pas un hasard si les critères linguistiques et culturels se retrouvent au premier plan (Catalogne,  Pays basque, etc.).
Donc, dès le départ, l’idée de faire cohabiter deux communautés était vouée à l’échec. Evidemment, tant que la langue française a été la langue véhiculaire de l’Etat belge, on a pu donner l’illusion qu’une certaine unité existait. Au XIX° siècle, la bourgeoisie flamande s’exprimait en français et c’est encore en français que des écrivains comme Verhaeren ou Maeterlinck (par ailleurs prix Nobel de littérature) se sont rendus célèbres. Il faut voir les efforts qui ont été  tentés à l’époque pour essayer de donner un sens spécifique à la Belgique, laquelle aurait allié le romantisme et la « brutalité » germaniques au raffinement latin. Belles théories qui prouvent simplement que le nouvel Etat cherchait à se trouver une spécificité qu’il n’avait évidemment pas. Il suffit de rappeler que Maeterlinck lui-même a regretté de ne pouvoir écrire dans sa langue maternelle et d’être obligé d’emprunter une langue qui lui restait étrangère même s’il la maîtrisait à merveille, pour comprendre que le ver était dans le fruit.
Une fois que la Flandre s’est donné le droit légitime de parler en flamand, l’unité du pays n’était plus possible. Les francophones, bizarrement, se sont évertués à croire que rien n’avait changé. Un écrivain comme Pierre Mertens, par exemple, a continué à revendiquer sa « belgitude » (concept qu’il a d’ailleurs créé lui-même) pour se singulariser de la France. Or ce sont là, des combats d’arrière-garde, car la Belgique est morte. Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, la réalité est là. La Flandre se pense aujourd’hui en pays ou en région autonome. Elle est occupée à scinder le pays en deux et cette initiative vient d’elle seule, même si certains Wallons wallonisants veulent nous faire croire qu’ils participent aussi activement à ce combat.
Non, la réalité  est que demain nous allons nous retrouver seuls et qu’il serait grand temps de savoir ce que nous voulons faire. Nos politiciens actuels, toutes tendances politiques confondues,  mènent un combat dépassé qui consiste à s’accrocher désespérément à ce qui resterait de l’Etat belge moribond. On ne sait s’ils agissent ainsi par manque de clarté et de vision à long terme ou simplement pour continuer à profiter encore quelque temps d’un système qui leur est favorable pécuniairement parlant.
Il est vrai que la réponse à apporter sur notre devenir n’est pas si évidente que cela. Pour les Flamands, c’est facile : ils ont une langue et un territoire qui leur sont propres. Pour nous, qui sommes d’expression et de culture françaises, il semble impossible de trouver une spécificité à un futur état francophone. Ceux qui tentent de le faire (et je pense au mouvement qui s’articule autour de la revue TOUDI) sont obligés quelque part de renier leur langue française pour tenter de créer les bases d’un futur état wallon, lequel s’articulerait sur un certain état d’esprit (en gros le passé sidérurgique et les luttes syndicales) et la langue wallonne. En outre, pour que leur système fonctionne, ils sont obligés de renier Bruxelles, laquelle n’entend évidemment rien à la mentalité wallonne.
Tout d’abord et avant d’aller plus loin, je voudrais féliciter le groupe de Toudi pour ses prises de position, même si je ne les partage pas vraiment. En effet, ils ont au moins le mérite d’exister et de poser les vrais problèmes, ce qui est déjà mieux que de pratiquer la politique de l’autruche comme le font habituellement nos dirigeants.
Par contre, les solutions qu’ils préconisent me semblent fragiles et contestables. Tout d’abord, en cherchant à définir un état d’esprit wallon, ils commettent la même erreur que nos ancêtres aux débuts de la Belgique : tenter de prouver que l’unité existe. Or, concernant la Wallonie, il est clair que cette unité n’existe pas. Fonder un futur état wallon sur les lutes syndicales du passé, c’est déjà exclure toute la région de l’Ardenne, laquelle n’a pas connu l’industrialisation. Le Brabant wallon ne me semble pas non plus concerné par cette définition. Je me souviens d’ailleurs très bien que dans les années soixante le terme Wallonie désignait exclusivement le sillon industriel de la Sambre et de la Meuse. Maintenant il est vrai que la Wallonie n’est pas la France. Disons que pour des raisons historiques elle est restée au stade médiéval de l’indépendance urbaine (ceci étant dit sans aucun mépris) . Chaque ville a sa mentalité et ses particularismes propres sans qu’il y ait vraiment d’esprit unificateur et de  projets fondateurs comme c’est le cas dans les grands pays. Mais se servir de ce particularisme wallon (une mosaïque d’éléments assemblés), par ailleurs archaïque, pour chercher à fonder un état wallon me semble utopique. S’il y a une singularité wallonne, elle est justement dans cet éclatement. On conviendra que c’est là une bien mauvaise base pour tenter de fonder un état unifié.
Quant à la langue wallonne, qui a toute ma sympathie par ailleurs, c’est faire preuve de naïveté que de croire qu’on peut encore la faire ressusciter. D’ailleurs le projet de réapprendre cette langue à l’école prouve déjà en soit qu’elle est bien morte ou en tout cas plus que moribonde. A une époque où le français lui-même se trouve menacé par l’anglais, on ne voit pas bien l’intérêt de se replier sur soi en réapprenant une langue pour le moins inadaptée aux réalités et aux concepts contemporains. Et puis quel wallon apprendre, il en existe autant que de villages…
L’idée d’un état wallon oblige également ses partisans à se couper de Bruxelles, l’ancienne capitale qui a toujours été un peu méprisante à l’égard de sa province. C’est sans doute là une belle revanche, mais je ne suis pas sûr qu’il soit stratégiquement utile de se priver ainsi d’un quart de ses forces vives.  Sans compter que Bruxelles est une ville internationale de grand renom dont l’éclat pourrait précisément rejaillir sur le nouvel état à créer pour autant qu’il faille en créer un.
Conclusion : obligés de renoncer à Bruxelles pour mieux définir leur état wallon (laissant du même coup un million de locuteurs francophones aux prises avec les appétits flamands), les indépendantistes sont également obligés de prendre leurs distances avec la France avec laquelle ils ont trop de points communs. Bref le nouvel état ne manquera pas d’être passéiste dans son concept et l’attitude fondatrice qui consiste déjà à se couper du monde n’augure rien de bon pour ses relations internationales futures.
Ceci étant dit, deux problèmes se posent tout de même.
1)      En unissant Bruxelles et la Wallonie dans un même combat ( ce que fait logiquement le RWF) on risque de donner des armes à ceux de nos concitoyens qui voudraient conserver l’idée d’un état belge. Une fois la Flandre partie, la Belgique continuerait d’exister, mais réduite à sa portion francophone. Une telle solution ne me semble intéressante que si cet état se pense comme francophone et non comme belge. Après tout on a bien failli avoir un état québécois francophone indépendant. Mais justement cet état québécois aurait était un îlot francophone en terre anglophone. Pour nous, l’idée de créer un état francophone le long de la frontière française semble plus saugrenue.
2)      Par le rôle symbolique qu’a pris Bruxelles (capitale de l’Union européenne) dans le monde, il paraît peu probable que la France puisse l’annexer un jour. Aucun autre pays ne laissera faire cela.
Comment, dès lors, sortir de ce dilemme?  La question reste ouverte.
"Feuilly"

Claude Thayse 06/05/2006 18:17

Merci de votre message !
Ma réponse sera brève, je partage presque complètement votre commentaire.
Vous dites : "Maintenant il est vrai que

la Wallonie n’est pas

la France. Disons que pour des raisons historiques elle est restée au stade médiéval de l’indépendance urbaine (...). Chaque ville a sa mentalité et ses particularismes propres sans qu’il y ait vraiment d’esprit unificateur et de  projets fondateurs comme c’est le cas dans les grands pays." Je suis moins catégorique. Il est vrai que si physiquement et politiquement nous avons été séparés de

la France , l'influence de celle-ci est énorme. Et je pense sincèrement que malgré nos évolutions politiques différentes, un "rattrapage" ne devrait pas poser trop de problèmes. Par ailleurs,

la France est extraordinairement hétérogène et

la Wallonie , comme Bruxelles, pourront s'y intégrer facilement. Nous manquons surtout d'un grand projet politique mobilisateur. (En avons-nous déjà eu un vrai ?)

 
En guise de réponse aux deux problèmes posés.
 
Nous déclarons clairement (et je viens de le faire ci-dessus) que les deux régions, Bruxelles et

la Wallonie , deviendront (deviendraient ?) des régions à part entière, mis différentes. Ceci respectant leurs spécificités.
 
Ensuite, il n'est pas question d'annexion. Sans faire de la politique fiction, il est évident que les demandes de réunions étant acceptées de part et d'autre, la disparition de

la Belgique va provoquer un choc politique et psychologique en Europe. Il y aura forcément redistribution des sièges au niveau européen, sachant que Berlin se positionne déjà (et indépendamment de l'existence ou de la disparition de

la Belgique ) pour obtenir le siège de


la Commission. C ’st une question de temps.
 
La seule chose dont nous pouvons être certain c'est qu'il y aura des négociations et des changements. Mais ça, bien malin qui pourra prévoir en quel sens.
 
Il vaut mieux anticiper que subir.

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

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