« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Parmi les nombreuses réactions, en tous sens, suscitée par mon billet sur les populismes, certains me soupçonnent de rancœur à l'égard du parti qui incarne - seul à leurs yeux - une cause qui m'est chère. Même si je ne vois pas comment éviter de citer parfois ce parti quand on traite de la réunion à la France. Difficile, en effet ! Curieusement, quand j'ai réagi lorsque Didier Reynders a tenu des propos semblables à ceux que je critique, les mêmes personnes ne se sont pas exprimées...

Il ne faut pas rester sur un malentendu. J'ai beaucoup d'affection, de sympathie, pour les militants de base. Militants honnêtes, sincères et désintéressés. Et je m'excuse auprès d'eux s'ils ont pu en quelque manière se sentir visés. Ce n'est évidemment pas du tout mon objectif.

Sans être une justification, l'écrit est un moyen de communication imparfait et comme pour toute communication, celle-ci passe par de nombreux filtres, facteurs d'interprétations. Il est impossible à l'émetteur de réagir à l'effet de la communication sur le récepteur. C'est d'autant plus difficile quand ce dernier est multiple.

 

Ce que je critique, ce n'est pas une cause partisane (je la partage !), c'est la manière dont elle est portée. Ne pouvant agir de l'intérieur - et pour cause, je n'y suis pas – j'ai le choix entre ma taire et assister impuissant ou réagir. C'est ce que je fais. Dans toute démocratie, le droit de tendance existe. Pourquoi n'en serait-il pas de même dans le cadre du rattachisme (ou du réunionisme ?). En quoi un débat serait-t-il néfaste à une cause ? N'y aurait-il qu'une seule vérité révélée ? Est-ce aussi personnaliser des critiques quand une seule personne incarne à elle-seule tout un parti et qu'on le sait ?

La pensée doit-elle être figée ? Quel est bon militant ? Celui qui suit sans réfléchir ou celui qui cherche à penser par lui-même et à argumenter ? Quand on entre en politique, faut-il absolument laisser son cerveau au vestiaire ? N'aurait-on plus le droit de penser par soi-même ?

Agir ainsi, est-ce vraiment donner des armes à nos adversaires communs ? Devient-on automatiquement un "traître" quand on exprime son désaccord ? Et en quoi est-ce trahir au juste ? En ayant raison trop tôt ? Talleyrand qui fût - lui - un grand spécialiste de la chose ne disait-il pas que la trahison n'est qu'une question… de date ?

Il est vrai aussi que jouer le rôle de Cassandre… n'a jamais été apprécié.

 

Et si c'était au contraire l'absence de débat, de contenu ou les certitudes ânonnées qui servaient de repoussoir ?

 

Ce que j'écris là est valable pour tous les partis. Simplement, il y en a avec lesquels on se sent plus en phase. Voilà !

Puisque j'ai commencé par parler de rancœur, la mienne, mon amertume est à la hauteur des espoirs déçus. Du gaspillage d'énergie, de temps et de compétences. C'est humain, non ? 

Mais rassurez-vous, ce n'est qu'une question de temps. Il y a encore de nombreuses raisons d'espérer pour notre Wallonie. De plus en plus, en fait.

J'ai reçu d'un des lecteurs (et que j'espère encore ami), une fois sa colère passée, cet extrait de l'essai "Sculpture de soi" de Michel Onfray et publié chez Grasset :

" Requis par le ressentiment, le sujet n'existe plus que dans l'espoir d'une vengeance, il veut opposer la violence au souvenir du désagrément et entretient, pour ce faire, la bête qui croupit en lui.  La mort est à l'œuvre, en chacun de nous, sous de multiples formes.  Rancœur et rancune sont parmi les plus actives, les plus redoutables. () L'homme du ressentiment macère dans son incapacité à consumer le mal, à l'exprimer pour expier.  La rancune se nourrit de la sève masochiste et de la puissance qu'à cette pulsion à détruire et mettre à mal les équilibres précaires installés au creux de la chair.  L'homme de rancœur est le contraire du dispendieux : il garde, conserve, chérit presque ce capital de douleur qu'il porte en lui. () Le ressentiment n'est pas acceptable parce qu'il gâche l'existence, parce qu'il induit du déplaisir et de la douleur, parce qu'il est économie et thésaurisation du négatif. () L'hédonisme du dispendieux oblige à la dépense de ces forces noires, car il vise une pleine et entière disposition de soi-même : narcissisme négateur, nihilisme en acte, épuisement radical.  C'est moins pour autrui que pour sa propre sauvegarde qu'il faut œuvrer à la destruction de la rancune. "

 

Voilà qui est dit. Il a raison. Pourquoi donner à d'autres du pouvoir sur soi ? En valent-ils vraiment la peine ?
Maintenant, c'est un texte qui convient à tout le monde. Chacun peut en faire son profit.

Il est vrai qu'en politique… rien n'est définitif. Mais ne nous trompons pas de colère et tournons la page, mais restons nous-mêmes, c'est sain. Pour moi, c'est fait.

Au-delà des désaccords sur la manière, n'est-ce pas la cause qui importe ?

De toute façon, quoi qu'on fasse, il y aura toujours quelqu'un pour critiquer et interpréter... C'est ça aussi la réalité. Alors, bien faire et laisser dire… 

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