En commençant par le plus récente, l'augmentation de capital de la banque
KBC (ultra-flamande et fière de l'être - CD&V, Boerendond etc…)… par l'Etat belge, c'est-à-dire également par les Wallons. Grâce à la recapitalisation d'Ethias on avait compris que le
principe de péréquation 64/40 (60 % des investissements en faveur de la Flandre évidemment…) qui est la règle (de solidarité… à la belge) ne joue pas dans tous les cas, voilà qui est confirmé.
L'état belgo flamand vient au secours d'une banque flamande avec notre argent. Finançant ainsi une institution qui a pris fait et cause pour, si pas l'indépendance de la Flandre, au moins sa plus
grande autonomie. La KBC est au service de la Flandre uniquement, son pendant CBC n'ayant pour seul objectif que de pomper une partie de l'épargne wallonne.
Et pourtant, la KBC ne souffre d'aucun problème de solvabilité,
puisqu'elle possède des fonds propres bien au-delà des exigences réglementaires, ni d'aucun problème de liquidité. Il y a simplement un problème de confiance en Bourse comme en témoigne
l'agence de notation Fitch Ratings qui a placé vendredi le rating à long terme de KBC sous surveillance négative (AA-). L'agence de notation a également rétrogradé le
rating individuel de l'activité bancaire à 'B/C contre 'B', précédemment. La bonne gouvernance flamande étant ce qu'elle est, je ne serais pas vraiment étonné qu'on
découvre encore plusieurs milliards de produits pourris
que la KBC n'a pas encore passé en pertes et profits et pertes. Fitch se basant sur des faits pour émettre ses avis. Rien d'inquiétant, mais fallait-il céder à cette pression des milieux financiers
déboussolés et en pleine panique irrationnelle ? Non, sauf à faire un somptueux cadeau à la banque flamande pour la sortir de la tourmente des marchés. L'Etat belge et plus particulièrement les
ministres wallons et francophones (Voir Bernard Clerfayt du FDF (!) apporter son assistance à une institution flamingante dans ses actions et son fonctionnent est assez cocasse) n'auront
" le
droit d'approbation pour un certain nombre de décisions" et en contrepartie "KBC émettra à l'intention de l'Etat belge pour 3,5 milliards d'euros de titres non
transférables et sans droit de vote".
Difficile de dire ce que le Gouvernement va faire de ce cadeau. S'il
reste simplement dans le capital, on peut en tirer une analyse politique intéressante : Après avoir vendu ou adossé les banques "nationales" que sont Fortis ou Dexia, le fait de ne pas avoir la
même attitude envers KBC montrerait qu'après avoir consacré la frontière qui avait pour but de protéger l'homogénéité linguistique des régions, on constate que celle-ci s'étend maintenant au
domaine de l'épargne. Et évidemment au bénéfice de la Flandre…
L'asbl " www.vivwal.be " réagit aux pertes d'emploi en Flandre en écrivant, à juste titre, que "lorsque des travailleurs se retrouvent au
chômage, en quelque endroit que ce soit dans le monde, c’est toujours un drame social pour les familles. Si, aujourd’hui, la Flandre subit des coups durs en matière d’emploi, cela ne peut réjouir
personne. Par contre, - précisent-ils - cela pourrait peut-être inciter quelques personnages politiques flamands à opérer une courbe rentrante dans leurs discours". Ils lancent une pique à
Rudy Aernoudt, ce politicien tribunicien, lui signalant "qu'il est fort possible que l’on ait besoin de ses précieux services là d’où il vient. On ne voudrait pas priver nos amis flamands d’une
pareille compétence, d’un pareil preux chevalier hardiment lancé à l’offensive contre les chômeurs, ces paresseux qui déshonorent l’essor triomphant de la richesse économique flamande". Bien vu
!
Ceci dit, gageons que pour beaucoup, en Flandre, ce seront les Wallons
qui seront les responsables de ces pertes d'emploi. Nous devrions en avoir la confirmation dans leur presse dans quelques jours.
La crise peut être une occasion de remettre en cause, chez-nous, un
certain nombre de croyances. Et provoquer un réveil du Mouvement wallon qui pourrait prendre l'initiative de notre libération.
Jean-Pierre Chevènement vient de faire cette analyse qui confirme ce que
j'écrivais il y a quelques jours. C'est l'interventionnisme de l'Etat qui a permis l'accroissement de la richesse collective en même temps qu'une plus grande protection sociale avant son
démantèlement sous l'influence de l'école économique de Chicago avec la complicité de tous les partis, de gauche comme de droite. Bref, il a eu récemment cette fort jolie image qui résume bien
cette évolution à la lumière des derniers événements : « Aux trente glorieuses, ont succédé les trente piteuses ! »
Mais, en politique responsable qui sait qu'il ne suffit pas de critiquer, mais qu'il faut aussi proposer, il ne s'est pas arrêté là : « seuls les Etats en temps de crise ont en effet la
légitimité démocratique pour imposer des plans d'urgence (...) armés d'un solide euroréalisme, allons à la rencontre d'un avenir que chacun pressent difficile, en nous appuyant sur les nations,
là où vit la démocratie, avec une idée simple : Autant d'Europe que possible, mais autant de France que nécessaire ! »
Enfin, Pierre Larrouturou, auteur du « Livre noir du libéralisme » (Le
Rocher), publiera prochainement une intéressante analyse de la
crise dans Marianne, une tribune allant à contre-courant des idées reçues. « Ceci n'est pas une crise financière ! ». A recommander !
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