Jacques Attali vient de publier sur son blog et sous le titre : "La Wallonie Francaise ?", le billet suivant. Certes, il y a quelques approximations (il y a bien un gouvernement - je pense que ce billet date de juillet -
et écrire que la Wallonie n'est pas viable montre que la propagande belgo-flamande est très efficace... Mais passons...) , mais le dernier paragraphe mérite votre intérêt.
Une fois de plus, le gouvernement belge est tombé ; et les partis flamands, lancés dans une surenchère entre eux
avant les prochaines élections , avancent des exigences d'autant moins acceptables que, pour beaucoup de Flamands, un refus wallon serait une bonne nouvelle, précipitant la
naissance d'un Etat flamand, ni belge, ni néerlandais.
La goutte qui pourrait faire déborder le vase est la question des 6 communes dites « à facilités linguistiques
» limitrophes de Bruxelles. Elles sont géographiquement incluses en Flandre mais pas linguistiquement : alors Bruxelles est à 85% francophone, les communes
voisines le sont aussi ; deux d'entre elles, Linkebeek et Rhode St Genèse , le sont même à 70 et 88%. Or, les Flamands veulent
inclure ces 6 communes dans leur unilinguisme. Cela y entrainerait la fermeture des écoles francophones, quand elles existent, la fin du droit de vote en
faveur de partis francophones, et la fermeture des services publics et judiciaires dans la langue de Molière. Déjà, trois bourgmestres francophones
de ces communes se voient refuser le droit d'entrer en fonction bien qu'élus au suffrage universel, parce que la Flandre refuse de confirmer le vote. Si les
Flamands tentent ainsi d'imposer aux francophones voisins de Bruxelles de vivre en flamand, et considèrent Bruxelles comme leur seule capitale, les Wallons
ne pourront l'accepter et cela en sera fini de la Belgique.
La Belgique est un grand acquis de l'Histoire : comment espérer en l'unité de l'Europe si
s'effondre celle de la Belgique ? Mais la situation en arrivera peut-être bientôt à un point de non-retour ; et les Wallons, comme les Bruxellois,
doivent savoir ce que fera la France s'ils décident de rompre avec la Flandre, ou si la Flandre divorce : soutiendra-t-elle encore une Belgique devenue
imaginaire, ou une Wallonie non viable ?
A mon sens, sans faire campagne pour le rattachement de la Wallonie, la France devra bientôt dire publiquement que,
si, par malheur, la Belgique venait à se défaire, cela pourrait etre de son intérêt d'accueillir la Wallonie et de voir accorder à Bruxelles un statut de
district européen, indépendant de la Flandre. Le prix à payer pour la France serait surement plus faible que ce que cela lui rapporterait, ne serait-ce que par
l'augmentation de ses droits de vote dans les institutions européennes. C'est un beau débat. Qu'il commence !!!!!
Commentaires