Nous sommes à près de six mois des élections et le Décret les organisant est seulement soumis au Conseil d’Etat. N’est ce pas un peu tard ?
On l’avait déjà vu, avec la nouvelle loi électorale au Fédéral, les partis traditionnels n’aiment vraiment pas que le jeu démocratique soit trop ouvert. Il faut vraiment se débarrasser des « petits partis qui nous empestent » avait dit un jour un Louis Michel en veine d’honnêteté. Or, les nouveaux partis, même s’ils n’arrivent pas à passer le cap de l’élection sont cependant nécessaires à la vitalité du débat démocratique car ils structurent les demandes des citoyens, apportent des idées originales au débat public, obligeant les partis traditionnels à en tenir compte. Ils sont donc un stimulus utile à la vitalité du débat démocratique. L’histoire montre que les partis émergents contribuent à éviter une trop grande connivence entre les partis traditionnels associés, pour le meilleur ou… le pire, à l’exercice du pouvoir.
Or, à chaque fois, le système (les partis traditionnels) ajoutent des obstacles nouveaux au dépôt de candidatures. Ces obstacles se combinant à un contrôle presque parfait des médias et autres moyens de diffusion de l’information (comme l’affichage par exemple).
Il est donc à craindre que le projet de Décret, s’il apporte enfin des avancées en faveur de l’accès des handicapés aux bureaux de votes, par exemple, ne s’accompagne de nouvelles mesures favorisant les partis en place.
Tout semble bien l’indiquer. Si l’accès des électeurs aux bureaux de vote sera facilité, le dépôt d’actes de candidature lui en sera compliqué. Mais rassurez-vous on vous dira que c’est pour une bonne cause. Un bon prétexte. En réalité, diriger et confiner les votes des mécontents à l’extrême droite qui elle n’est pas dangereuse pour le système, mais ça on ne vous le dira pas.
A nous de refuser la fatalité !
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