Alors que chez nous le "droit de vote" est une obligation (pour ne pas tenir compte des résultats des urnes ...ou si peu), mais
qu'on interdit tout référendum, il est sain de voir que certains pays démocratiques fassent la nique à une Europe à laquelle on ne comprend plus rien. Le référendum irlandais est la preuve que la
démocratie n'est pas seulement une étiquette, mais peut aussi être une réalité.
Une Constitution, c'est un texte "fondateur",qui impose des règles communes mais un texte qui entérine une volonté de vivre ensemble, qui reconnaît une convergence de valeurs préexistantes
à toute organisation du système politique. Ce qui implique l'expression d'une volonté populaire. Or les institutions européennes ignorent totalement cette dimension. Pensons simplement que si on
ose les critiquer, elles engagent une société de marketing pour améliorer leur image !
C'est la troisième fois que le même message est envoyé par plusieurs millions de citoyens européens à une "élite" non élue à Bruxelles et qui n'a pas de comptes à rendre.
Comme l'écrit un humoriste suisse : "Ce n'est pas 1% des européens qui vont
dicter leur volonté aux 99% à qui on ne demande pas leur avis". Et pourtant, le message devrait être clair : L’Europe ne se construira plus sans les citoyens.
Quelques réactions que vous ne lirez pas dans votre journal
habituel...
Nicolas Dupont-Aignan, député, président de Debout la République :
David a fait tomber Goliath
Bravo et merci à l’Irlande d’avoir sauvé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! La morale et la démocratie triomphent !
Le seul peuple consulté par référendum sur le Traité de Lisbonne a massivement dit NON.
C’est un véritable vote par procuration pour les 495 millions d’Européens privés de référendum.
C’est un profond désaveu pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont voulu imposer la Constitution européenne malgré les référendums de 2005.
Les dirigeants européens n’ont plus le choix, ils doivent se rendre à la raison : les peuples d’Europe rejettent une Union supranationale, bureaucratique et inefficace.
Les Irlandais aujourd’hui, comme les Français et les Néerlandais en 2005, ne sont pas hostiles à l’Europe. Ils veulent tout simplement une Europe qui les respecte et les protège. Une Europe des
Nations et des projets. Une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès social.
Les élections européennes de juin 2009 seront l’occasion historique, notamment en France, de transformer ce magnifique essai irlandais en envoyant au Parlement européen des Députés défendant
cette autre vision de l’Europe.
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) :
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais, selon des projections de la
télévision publique, était "un service rendu à l'Europe tout entière".
"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et antisociale", a affirmé M. Chevènement
dans une déclaration à l'AFP.
Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à la France, dont le poids relatif
était affaibli par le Traité de Lisbonne, en
rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.
Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable, fondée sur des coopérations renforcées".
"Cela est particulièrement vrai pour le gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des domaines
Jacques Myard, député UMP, président du Cercle Nation et République :
En votant NON, le peuple irlandais vient de sauver l’Europe de l’application d’un très mauvais traité.
Le Traité de Lisbonne, qui n’est en rien un « mini traité » mais le copié-collé du traité constitutionnel rejeté par les peuples français et néerlandais par référendum est ainsi rejeté pour la
troisième fois.
Est-ce que les ayatollahs de l’eurocratie vont enfin prendre la mesure de leur échec et des réalités sociologiques et politiques ? Ce nouveau NON est une chance à saisir pour remettre à plat la
construction européenne afin de la
réconcilier avec la volonté des peuples.
L’Europe s’est élargie, elle doit désormais s’amaigrir et cesser de se mêler de tout.
Oui à la gestion en commun de certaines politiques essentielles à l’organisation d’un continent comme la libre circulation des biens et des services, la PAC, l’environnement, ou encore la
coordination monétaire et budgétaire. Mais de grâce arrêtons cette boulimie technocratique : il est urgent d’appliquer le principe de subsidiarité, de placer la Commission sous le contrôle étroit
du Conseil, afin de réaffirmer la primauté des Etats, c'est-à-dire des peuples.
La France n’a aucun intérêt à aliéner sa souveraineté, son libre arbitre dans une construction européenne largement dépassée par la globalisation : nos intérêts sont mondiaux et c’est une faute
que de vouloir appréhender le monde à travers l’étroitesse du prisme européen.
OUI à une construction européenne fondée sur la coopération de nations souveraines et indépendantes.
NON à l’intégrisme eurotechnocratique voué à l’échec.
En complément, la carte blanche de Sophie
Heine, Politologue à l'ULB, sur l'Europe des élites versus l'Europe démocratique et
celle de Jean-Claude Paye, sociologue : "L'Europe n'existe que par son insertion dans une structure
politique globalisée, sous souveraineté américaine"
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