On le sait, nous avons un système de formation des salaires quasi unique qui repose sur deux piliers :
l'indexation automatique et la norme salariale (laquelle balise la progression des salaires pour deux ans, elle est actuellement de 5 %). Cette dernière sera dépassée suit à l'augmentation
importante de l'inflation.
Le principe de l'indexation des salaires destiné à préserver la capacité des ménages à acquérir les biens de
première nécessité et on doit donc protéger les plus faibles de la hausse du prix des produits énergétiques et alimentaires est une bonne chose. Elle est protectrice pour les des petites
pensions, des bas et moyens salaires. Confortable également pour les employeurs, les syndicats et les pouvoirs publics en évitant des négociations à répétitions, puisque celles-ci sont
automatique (ou presque) et suivent en théorie le coût de la vie, (mais de plus en plus loin depuis les manipulations de l'index dans les années '80 et suivantes pour en retirer les produits qui
augmentaient plus que la moyenne). A titre purement informatif, une étude de la KBC a montré qu’une famille moyenne a dépensé cette année 600 euros de plus en énergie. Sur ces 600 euros, 100 vont à l’Etat
sous la forme de 21% de TVA. 100 euros fois 4,5 millions de familles, cela signifie 450 millions d’euros de rentrées supplémentaires pour les pouvoirs publics. Soit beaucoup plus que les 200
millions que le gouvernement a dégagés jusqu’ici pour augmenter le pouvoir d’achat des plus bas revenus.
Il faut aussi démentir l'accusation simpliste selon laquelle l'indexation alimenterait l'inflation dès l'instant où elle cherche à culpabiliser les salariés au moment précis où ils
n'arrivent plus à "boucler les fins de mois". Comme si, dans la poussée inflationniste, la hausse des salaires tenait chronologiquement le premier rôle alors que chacun sait que l'adaptation des
rémunérations à la hausse du coût de la vie se fait avec décalage (un d'un trimestre ou un an) et incomplètement. Ne tombons pas dans le piège, c'est
bien la hausse des prix, et non l'inverse, qui constitue le phénomène premier.
Ce ne sont pas non plus les salaires qui sont le principal élément inflationniste. Le coût des matières
premières et des énergies (sorties du calcul de l'index…), mais aussi les charges en capital (marges bénéficiaires et autres dépenses publicitaires) ont un
effet direct sur la formation des prix.
Evidemment, la position de Quaden se tient dans le système actuel, les gros salaires sont privilégiés
puisque un pourcent d'augmentation ne se traduit pas de la même manière en agent-poche lorsque vous gagnez 1000 € plutôt que 10.000… (Encore faudrait-il s'entendre sur la
définition de "gros salaire" et éviter le piège d'oublier d'indexer les plafonds comme pour les contributions... A quoi sert (ou servira) l'observatoire des prix ?). Ces augmentations
ne sont évidemment plus nécessaires à l'achats des produits e base. En période d'inflation, les gros salaires augmentent plus vite que les petits et l'écart se creuse. Et nous savons que
le système fiscal belge très inégalitaire ne permet pas de corriger cet état de fait. Bien au contraire.
Des pistes ont déjà été lancée dans le passé comme l'allocation universelle ou verser l'indexation sous
forme d'un montant unique pour tous et directement en Euros. Mais toute manipulation de l'index est une façon de le remettre en question. On comprend mieux que les syndicats campent avec
détermination sur cet acquis social essentiel.
Poussons la réflexion un peu plus loin. J'ai toujours été frappé que l'index progresse (logiquement) en
période d'inflation, c'est-à-dire au pire moment pour les entreprises, quand les exportations et les investissements sont en baisse et que la baisse du pouvoir d'achat freine
la consommation. Alors qu'en période de forte conjoncture, quand l'économie est au mieux, le pouvoir d'achat n'augmente pas, puisque les salaires restent stables. Prévoir un système d'indexation
basé sur le taux de croissance économique ne serait-il pas un moyen de faire participer tout le monde aux fruits de la croissance ? Et serait bénéfique pour tout le monde, y compris les
entreprises.
Evidemment, tout ça devrait faire l'objet d'études et de simulations. Ce n'est qu'une
réflexion.
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