On le sait, "les Belges" aiment à donner des leçons au monde entier. Des ministres aux journalistes, ils ne se privent pas de
critiquer les comportements ou attitudes de dirigeants d'autres pays. Ceux qui suivent l'actualité au travers des différents organes de presse s'en rendent compte. Si les politiques français sont
- vieille tradition - les premiers visés, peu de dirigeants y échappent. Il faut dire que les risques sont minimes, la Belgique ne compte pas dans le concert des nations.
Je ne vous parlerai donc pas de l'attitude et des propos de Karel De Gucht qui critique ouvertement la
"mal-gouvernance" de pays étrangers. A tort ou à raison, peu importe ici. Ce qui est par contre intéressant à observer, c'est la logique qui est à l'œuvre.
Que se passe-t-il, en effet ?
"On" observe - à juste titre - le manque de cohérence du gouvernement Leterme-Reynders-Milquet-Onckelinx. "On"met en
évidence les contradictions, les conflits de compétences. Les relations internationales en sont un bel exemple. Quelques faits récents :
- Leterme au Pérou annonçant unilatéralement la poursuite d'une certaine coopération sans en
parler à son ministre responsable (en tous cas, c'est ce que ce dernier a prétendu...)
- De Gucht faisant la leçon aux Congolais sur le sujet du respect des Droits de l'Homme, alors qu'ici, ceux-ci ont été bafoués dans les
Fourons où la Flandre, incapable de pratiquer l'épuration linguistique, a favorisé l'immigration (comme dans l'ancienne Yougoslavie...) d'une population hollandaise pour arriver à ses fins et
obtenir une majorité néerlandophone.
Mais, ce manque d'unité de la politique étrangère n'est pas vraiment nouveau. Rappelons-nous le
lâchage de la vignette autoroutière par la ministre président flamand lors d'une visite en Hollande il y a quelques années. Et je pourrais citer d'autres exemples.
La politique du fait accompli - par les Flamands - est devenue un mode de fonctionnement normal. Sans reprendre leur vieux
principe de négociation qui veut que "Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est négociable", il faut reconnaître qu'il n'y a plus de cohérence en matière de politique étrangère, et
donc, plus vraiment de... Belgique ! Ceux qui se disent ses représentants ne parlant plus d'une même voix.
Si on veut continuer à cohabiter comme le souhaitent certains, il faudra s'y habituer. On le sait, ce n'est pas mon
choix.
C'est pourquoi, je me suis réjoui, contrairement à certains, de la décision du Président du Parlement wallon, José Happart,
(loin d'être exempt de critiques par ailleurs, mais c'est un autre débat) d'avoir accepté une invitation à se rendre en Syrie (*)sans en référer au ministre fédéral des affaires étrangères.
Où est le problème ? Le régime politique syrien n'est pas très fréquentable ? Et alors ? Il n'est pas le seul !
Après tout, même si on feint de l'ignore, nous sommes dans un Etat fédéral (c'est écrit dans la Constitution). Un Etat fédéral est constitué d'Etats, même si on les a baptisé "Régions". Les
Flamands l'ont déjà compris, chez-nous, ça tarde à venir (hélas !).
Je ne sais pas si c'est cette logique qui a consciemment présidé à l'acceptation de cette visite en Syrie, mais je trouve que le Président du Parlement wallon est donc parfaitement dans son
droit. Les esprits chagrins qui y verraient d'autres raisons devraient penser à abandonner leur façon belgicaine d'appréhender le monde.
Alors les problèmes et les tensions liées à la cacophonie dans le domaine des relations extérieurs ne serait pas un problème
communautaire selon certains ? Mon œil !
(*) Accompagné de son Directeur de Cabinet et d'un Conseiller-Expert. Ouf ! Il ne devrait pas y avoir fait trop de
dégâts...
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