Dans ses « Carnets du samedi » dans « Le Soir » du 18 février, Pierre Bouillon reprend l’opinion exprimée par le candidat surprise à la présidence du parti bruxellois FDF à propos du manque de projet politique à opposer aux partis flamands. Il remarque fort justement que s’il existe bien chez eux des « sensibilités », il y a un projet commun. « Une intersection » écrit-il pour ne pas choquer son lectorat. Excès de pudeur ?
Je ne peux m’empêcher, lorsque je lis la liste des différentes tendances "au sud" - belgicains pour un retour à la Belgique « d’avant », fédéralistes stationnaires ou optimistes, (rares) confédéralistes, séparatistes (des « dingues » précise-t-il), monarchistes radicaux ou modérés (c’est selon…), républicains (belgicains, fédéralistes, confédéralistes, séparatistes, régionalistes, ce n’est pas précisé…), des rattachistes (tiens ! Un belgicisme !), des régionalistes, des communautaristes - de le trouver quand même fort simplificateur. Il a raison de dire qu’il y a pas de projet commun à opposer (pourquoi opposer ?) aux Flamands. Il y en a trois. Deux utopiques et un réaliste.
Le choix majoritaire de la tendance pseudo unitaire allant du retour à l’ancienne Belgique aux différents avatars fédéralo-confédéralo-régionalo-communautariste (ouf !) est la plus répandue. Malgré l’échec historique du fédéralisme belge doublé d’une crise patente du régime, elle reste très mode comme celle « d’être monarchiste ». Mais elle ne peut aboutir. Il faut pour ça avoir un minimum de convergence avec le partenaire flamand. Ce qui n’est pas le cas. Basée sur le principe d'unanimité et de contagion qui joue sur la pression conformiste que le groupe exerce sur l'individu, cette position rassure (faussement) et permet de temporiser et (surtout) d’occulter le vrai débat en jouant les gros bras, tout en se donnant à peu de frais des allures de responsables face au désarroi de la population.
Ensuite, le choix du séparatisme wallon ou bruxellois ? Vous voulez rire ?
Le seul choix clair. C’est celui de la réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France, improprement qualifié de « rattachisme ». Choix certes peu rentable électoralement jusqu’ici, il est cependant le seul économiquement, culturellement, politiquement et socialement réaliste ainsi que l’exprimait au travers de citations historiques – mais toujours d’actualité - André Schreurs dans le courrier des lecteurs du même journal. Ancien Directeur du Palais des Congrès de Liège et compagnon de route du Mouvement wallon depuis fort longtemps, il écrivait là en observateur lucide.
C'est aussi le seul scénario politique craint par toute la Flandre. Ce n'est pas un hasard.
Et l'idée progresse dans les esprits.
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