« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
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On ne voit pas, à l'heure actuelle ce qui pourra empêcher le Parlement (Organe législatif en principe indépendant (*) du
gouvernement, pouvoir exécutif) de voter (ce 8 mai, anniversaire de la fin de la guerre contre le fascisme...) la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). De quoi
marquer unilatéralement par les Flamands l'unicité linguistique de leur territoire.
Face aux responsables politiques flamands plus nationalistes que jamais, des Francophones feignent de faire le gros dos. Incapables qu'ils sont de s'entendre sur un projet d'avenir.
A moins de trouver un truc évitant un vote qualifié d'humiliant pour les francophones pour qui, la Belgique est encore ressentie (pour combien de temps ?) comme protégeant un quotidien
douillet...
Différentes pistes sont lancées :
- le conflit d'intérêts d'abord, mais il doit être lancé avant le vote. Cela suppose donc de réunir en urgence le Parlement wallon... Est-ce logique ? BHV est situé en dehors de la juridiction de
la Région. Les 6 communes de la périphérie n'ont jamais été wallonnes, Fourons oui. Les 6 n'ont jamais demandé à se rattacher à la Wallonie, Fourons oui. Une votation populaire à Fourons en 1962
a clairement officialisé cet état de fait. Mais il est vrai qu'on n'a jamais demandé leur avis aux habitants de la périphérie...
- Curieusement, on ne parle pas du Parlement bruxellois qui devrait se sentir plus impliqué... Il est vrai que la Région bruxelloise célèbre sa Fête de l'iris...
- La sonnette d'alarme (On reporte le vote et on gagne 30 jours, mais on renvoie le dossier au gouvernement.).
- Le dépôt d'amendements pour gagner le temps de leur examen par le conseil d'Etat.
- Le droit d'évocation par le Sénat mais celui-ci ne peut intervenir qu'après le vote.
Par ailleurs, il semble bien qu'on prépare l'opinion publique. Ce matin, j'endentais un journaliste de la RTB(f) dire que si BHV avait une charge symbolique importante, la scission n'était, somme
toute, qu'un fait... relativement anodin !
Le vote flamand en commission de la Chambre a été présenté l'an passé comme un événement sans précédent. alors que cela s'est déjà produit plusieurs fois en Belgique, notamment en octobre 1962
(**), en 1938 (***)et, de mémoire, à au moins une autre occasion, (en 1921 ?).
2008 devrait donc venir s'ajouter à ces dates.
Le mouvement flamand n'a aucune raison de renoncer à ses objectifs, dans la mesure où un mouvement politique doit son dynamisme aux victoires dont il peut se nourrir.
L'attitude des partis flamands est assez grossière. En votant la scission, ils remplissent le contrat passé avec leurs électeurs et en demandant (****) aux partis francophones d'accepter de
prendre l'initiative de ralentir la procédure, ils se proposent d'obtenir d'autres acquis d'ici à la mi-juillet. Grossier, mais bien joué. De même que l'attitude de Leterme qui, en temporisant,
joue également sur les deux tableaux.
(*) En principe... Mais en réalité, et tout le monde sait - mais feint de l'ignorer - que le Parlement (tout comme le gouvernement) n'est qu'une chambre d'entérinement de décisions prises par les
présidents de partis. Le seul véritable pouvoir dans cet ersatz de pays démocratique.
(**) Fixation de la Frontière linguistique et transfert des Fourons en Flandre. La Chambre comptait 212 députés répartis comme suit : 76 Wallons, 29 Bruxellois et 107 Flamands. Le projet a été
approuvé par 130 députés (dont 93 Flamands) contre 56 (dont 45 Wallons), en tenant compte de 12 abstentions et 14 absences.
(***) Division linguistique de l'armée.
(****) On parle maintenant d'un accord implicite sur une procédure de conflit d'intérêt qui aurait permis la formation du gouvernement. Tout bon négociateur sait que dans une négociation, tout ce
qui est implicite, est une source de contestation inévitable. Tout doit être pesé et surtout explicite. Au Congrès de Vienne en 1814 , Talleyrand, qui savait ce que négocier voulait dire, a
eu cette phrase historique : «Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant.»
Ceci dit, il aussi dit à une autre occasion : «Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite.»...








