« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
*
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.
J'aime bien cette phrase de Gandhi.
Récemment, discutant avec un journaliste, celui-ci a eu une réflexion interpellante. Parlant de la floraison (toute relative en ce qui concerne Nivelles) de drapeaux "noir-jaune-rouge" il constatait, en s'étonnant, de la difficulté qu'on puisse avoir à s'afficher "Wallon". Et il est vrai qu'on voit peu de drapeaux frappés du coq hardy sur les maisons particulières. Même les édifices publics hésitent à respecter la loi qui veut que ce dernier soit arboré en même temps et de manière identique aux autres emblèmes officiels belgo-européens.
Il est vrai, me confiait-il, qu'on hésite à se dire Wallon. "Ça fait encore un peu extrémiste", peut-être en référence à ce qui se passe en Flandre. Or, s'il y a bien un emblème qui n'a jamais été mêlé à des dérives politiques nationalistes, c'est bien notre drapeau. C'est plutôt le symbole de la résistance aux extrémismes dans ce pays.
Les extrémistes ne sont-ils pas plutôt ceux que vont au bout d'une logique qu'ils savent pernicieuse et même néfaste pour nous, en défendant un Etat qui nous a pillé, minorisé et dont la majorité des habitants nous méprise (*) ? Ceux dont la douce naïveté finirait par nous attendrir, nostalgique d’un pseudo âge d’or de la Belgique idéale, à l’instar des nostalgiques de Staline en Russie, ce sont des gens qui refusent le dialogue, qui refusent la réalité, et qui confits dans leurs certitudes pratiquent un terrorisme intellectuel largement diffusé par les médias. Mais, attention ! Il ne faut pas les confondre avec la grande partie des gens qui sont mal informés - et voulus comme tels par le régime - des vrais enjeux du combat politique.
On le sait, une bonne part des opinions que nous professons se sont ancrées en nous sous la pression des groupes auxquels nous appartenons par la force des choses ou par choix et dont parfois, par esprit grégaire, nous souhaitons vraiment partager les valeurs. C’est normal.
Il existe alors et en conséquence une dérive, une « spirale du silence », un climat d’opinion à l’encontre duquel la plupart ne souhaite pas aller, par peur de se mettre à l’écart. Ces citoyens se sentant isolés, ont alors tendance à renoncer à leur propre jugement, à se taire. L’opinion publique devenant celle que l’on peut exprimer en public sans risque de sanctions, celle que l’on perçoit dans son environnement, celle qui est diffusée dans les médias. Il y a ainsi dans "l’idéologie belgeoisante" (oui, je sais je ne peux pas résister à un néologisme amusant !) une forme de fascisme, osons le dire, qui se dissimule sous une neutralité bienveillante et prétendument "apolitique" qui n’est que du conservatisme peureux, mais très souvent intéressé. Et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Observez que plus se creuse le fossé déjà profond qui sépare les opinions publiques flamande et wallonne ou francophone, plus on cherche à renforcer le belgicanisme de nombreux Wallons et Bruxellois.
S'il y a une chose que le mouvement wallon a
raté, c'est bien la création d'une identité wallonne. Il faut dire que le défi était difficile. Les Wallons (et nous savons qu'il y a plus que des sensibilités différentes entres des
Liégeois et des Picards par exemple pour en citer parmi d'autres) ont été réunis pour la première fois de leur histoire sous la République et l'Empire. Et la référence était française. Malgré (ou
plutôt à cause de) la Belgique, cette identité commune basée sur la langue et la culture "officielle" n'a pu se réaliser, peut-être à cause de nos différences. Et pourtant, une de nos réalité,
c'est "qu'on se sent Wallon ", même si on hésite à le dire. Or ce n'est pas plus ringard que d'être Ch'timi, Parisien, Bruxellois ou Auvergnat ! Dans ce contexte, soyons donc fiers de ce que nous
sommes. Se dire Wallon n'est pas faire preuve d'extrémisme. Au contraire !
(*) J'ai commencé ce billet en citant Gandhi, je le terminerai en citant Jules Destrée : "Si la Belgique disparaît dans cette tourmente, l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des
flamingants" : Source : Maurice Bologne - Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175. On ne peut mieux dire !
Commentaires
Je suis flaté. ;-).
Ceci étant dit, je me suis fait la remarque en regardant Liège-Bastogne-Liège, on vois malgré tout de plus en plus de drapeaux Wallons (à vue de nez 40% de Drapeaux Wallons contre 60% de drapeaux Belges). Ce n'est plus un frémissement, c'est déja un bruissement.
Et encore bravo au RWF-Liège est ses drapeaux rattachistes sur la ligne d'arrivée.
Habituellement, je cite mes sources, sauf quand elles sont... virtuelles. Difficile de remecier un pseudonyme.
Il reste à trouver les bons arguments ! Sur le fond et la forme.
Sans vouloir porter le fer dans la plaie, j'apprends que des dissensions existent au sein du Mouvement réunionistes. Ainsi, à vous
lire, " vous n'auriez plus aucun contact avec le RWF " . Est ce exact et
quelles en sont les raisons principales ? Les réunionistes sont ils si nombreux qu'ils faillent qu'ils se disputent encore entre eux ? On compte aussi un groupe " Liége-France " dissident , me semble t- il.
Cordialement
Je suppose que ses conseillers ont trouvé qu'il était préférable pour la visibilité du parti que je n'y figure plus. Pour ces conseillers, la cause réunioniste doit désormais être symbolisée par une seule et même personne. C'est un choix.
Liège-France n'est pas un groupe dissident, il est associé à la section de Liège du RWF.
Et en plus, vous avez de bonnes lectures !
;-)
Trackbacks
Aucun trackback pour cet article









Les partis autoritaires ne supportent pas la contradiction interne. Que dis-je la contradiction... le débat !