Intéressant ce retour de BHV (et très bon dessin de Kroll dans "Le Soir") !
Comme prévu, la symbolique émotionnelle qu'ont cultivée tous les partis flamands se retourne aujourd'hui contre eux. Impossible désormais de faire machine arrière, à moins de perdre la face. A
preuve, l'intervention du plus pur style : "Retenez-moi, sinon je fais un malheur !" du sénateur Vandenberghe ce dimanche sur une chaîne de télévision "francophone".
Depuis 1830, le Mouvement flamand et les discours identitaires sans nuance les ont amenés au point de rupture. Pas simple d'être acculés à se montrer chaque jour "le meilleur flamand".
Les temps semblent bien désormais venus pour eux d'aller plus tôt que prévu au bout de leur logique et, évidemment, de risquer de ne pas réaliser complètement leur véritable agenda, à savoir la
mise en coupe réglée de l'état belge et leur prise d'indépendance lorsqu'il n'y aura plus rien à en tirer.
A moins... A moins qu'en face, cédant au bluff, on ne leur donne le coup de main permettant de sauver provisoirement la Belgique. Rien ne dit qu'in extremis, nos politiques n'entreront pas dans
ce jeu de dupes. Ce matin, à la RTB(f), le ministre de la Coopération retrouvait des accents dignes des politiciens de années '60 qui, traitant les problèmes communautaires de faux problèmes en
leur préférant les vrais problèmes des gens (*) ont par aveuglement fait rater le processus de fédéralisation qui aurait pu sauver leur Belgique. Idem pour la ministre de l'emploi lors du congrès
de son parti. Seuls les écolos semblent, à l'heure actuelle, se montrer fermes. Mais c'est logique, ils sont dans l'opposition et le font pour gêner le gouvernement, sans risques.
A moins que ce ne soit le bon moment pour négocier. C'est-à-dire éventuellement accepter des sacrifices des deux côtés. Nous, Wallons, avons ainsi déjà donné en acceptant il y a quelques années
de sacrifier les Fouronnais (dont je salue le combat et accessoirement un mayorat, celui de José Happart, qui il est vrai qu'il en a été bien récompensé) en échange de la création de la Région
bruxelloise. Les Flamands étant cette fois demandeurs (et détail amusant, de territoires leur appartenant..) c'est une occasion à saisir, la politique étant un rapport de forces...
Sinon... La constitution spécifie qu'une province peut être divisée par une simple loi. Les partis flamands, poussés par leur Peuple (**), s'ils sont logiques avec eux-mêmes, doivent voter la
scission de BHV (Après tout, il suffit de 5 minutes, et même pas de courage). Et en tirer toutes les conséquences... Et elles seront nombreuses, tant locales... qu'internationales.
Nous n'avons pas à en avoir peur.
(*) Les gens, pas les citoyens... Et comme si tout n'était pas lié...
(**) A la question : "BHV splitsing nu ?" ("scission maintenant"), 87% des internautes ont répondu : "oui !" sur le site Internet du journal (dit modéré) "De Standaard".
M. à J. : La revue de presse de Jules Gheude de ce 28 avril sur "Debout la
Wallonie" sous le titre : « Poker
menteur, roulette russe et clash en vue »
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