Le site de « l'Echo » nous informe que Michel Quévit vient de publier une
étude qui démonte une série de clichés sur les économies wallonnes et flamandes. Pour lui, la première n’est pas à la traîne de l’Europe et la seconde n’est pas au sommet. Elles sont
toutes deux dans le peloton, même si la Flandre est bien entendu mieux placée que la Wallonie. Quand il analyse la productivité, les efforts d’innovation ou le rythme de croissance, l’économiste
retrouve chaque fois la même relativisation des différences régionales. (*)
Il constate par ailleurs que l’économie
wallonne affiche toutefois une santé comparable aux autres régions de tradition industrielle, qui peinent toutes à se reconvertir dans une économie mondialisée. Les difficultés sont structurelles
et «il n’y a dès lors aucune raison objective de stigmatiser les Wallons comme étant les responsables de la situation de mal-développement de l’économie régionale»,
écrit-il.(*)
L'économiste relève que ces régions
industrielles sortent de la crise. Mais lentement. « Le chemin à parcourir pour se hisser au niveau de la moyenne communautaire continuera à exiger pendant de nombreuses années encore des
politiques proactives de développement ciblées sur les nouveaux facteurs de compétitivité". (*)
Voilà une pierre de plus dans le jardin de
ceux qui donnent une image misérabiliste de la Wallonie en stigmatisant une prétendue paresse des Wallons.
Intéressant ! Venant de cet économiste dont
les publications ont monté à suffisance les origines du mal-développement wallon. Michel Quévit qui se demandait déjà le 31/08/2007 dans le même journal « si la stratégie actuelle de la Flandre ne consiste pas à récupérer les moyens
financiers qui lui permettraient d’intégrer le peloton de tête européen ? Ce qui expliquerait pourquoi la pression flamande porte surtout sur des compétences à incidence financière
»…
Faisant remarquer comment la Flandre en est
arrivée là en détournant beaucoup de moyens à son profit depuis 1945… grâce par exemple à la rigidité du principe de péréquation financière. Cette péréquation qui fait qu’ailleurs, les entités
fédérées riches contribuent au développement des entités plus pauvres. La clé de répartition (60/40) bétonnée dans les lois de financement est anormalement rigide à la différence du modèle
allemand par exemple, où les Länder contribuent au pot commun en fonction de leur croissance économique respective. Dans tout Etat, les régions riches contribuent ainsi au développement des
régions moins riches au prorata de la richesse qu'elles créent. C'est le fondement même de la solidarité. Sauf en Belgique.
Ce contingentement de la solidarité « à la
belge » est une des causes peu citée et donc peu connue, mais à mon sens essentielle du retard (qui est plutôt du «mal-développement» comme l'écrit Quévit) de la
Wallonie.
(*) © L'Echo
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