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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 12:10

Une fois n'est pas coutume, je fais un peu de pub... en empruntant une partie de titre d'une conférence.

Ces 19 et 20 avril à Nivelles, « Aclot toudi » organise des activités ludiques pour faire découvrir (ou redécouvrir) les parlers locaux du Brabant wallon. Aussi appelés « langues endogènes », « langues régionales » ou « parlers minoritaires », ils font partie de notre patrimoine au même titre que les monuments ou le paysage. Ils ont façonné notre façon d'appréhender le monde, en parfaits compléments de notre culture française qui elle nous l'a ouvert en touchant à l'universel.

A ce titre, le Brabant wallon est une Wallonie en miniature puisqu'on y retrouve pratiquement toutes les variétés de wallons. On trouve le picard dans la région de Rebecq, Clabecq et Saintes, le liégeois du côté d'Hélécine. Le namurois sur la partie du territoire s'étendant de Jodoigne jusqu'à Ottignies, tandis qu'entre cette dernière ville et Nivelles, on entend le parler de l'ouest wallon. Seul le champenois, utilisé dans la région de Bouillon et en France, et le lorrain (Gaume) y sont absents.

C'est que, malgré une forte immigration extra-wallonne et l'influence de la télévision, les parlers wallons se maintiennent encore chez-nous - même si ce sont surtout des personnes âgées qui le parlent - et particulièrement à Nivelles (mais ce n'est pas le seul endroit) où existe une troupe de théâtre jouant en aclot. Des cours de wallon local y sont également donnés et un des organisateurs (qui a participé à la traduction des bijoux de la Castafiore) m'a confirmé que de nombreux participants n'étaient pas originaires de Wallonie. Beau signe d'intégration, non ?

La Fédération culturelle wallonne du Brabant et de Bruxelles, qui a pour objectif de  « promotionner » (sic !) le wallon auprès du grand public, s'est associée à la Bibliothèque publique centrale de la Communauté française de Nivelles pour ces deux journées au Waux Hall (focsal !) de Nivelles.

En bref, un programme riche, varié, où toutes les générations peuvent trouver leur compte, afin d'inviter jeunes et moins jeunes à (ré)apprendre à connaître ces langues trop souvent méprisées qui sont pourtant savoureuses et poétiques. Des expositions, des spectacles et des conférences se succéderont du samedi 19 avril dès 15 heures au dimanche 20 avril à 18 heures

NB : Contrairement aux idées reçues, en France les langues régionales comptent, sont aidées et font partie du patrimoine.
Exemple : On nous parle souvent des Bretons qui seraient brimés. Effectués régulièrement, les sondages relatifs à l'opinion des Bretons sur la langue bretonne montrent une nette progression de l'attachement à cette langue :
« ... l'opposition au Breton a pratiquement disparu : 92 % de l'ensemble des Bretons (5 départements) pensent qu'il faut la conserver et 82 % la reconnaissent comme leur langue régionale(...) même s'il faut nuancer plus loin quand à ceux qui, non pas estiment que c'est leur langue régionale, mais l'utilisent et le parlent effectivement (là on tombe entre 30 % et 1 % selon les sous-régions bretonnes et entre 50 % et 5 % selon l'âge, les plus jeunes n'ayant qu'un usage marginal de la langue)» (Extrait de BREIZHmag).
Il faut aussi savoir que les langues régionales bénéficient de subsides : Budget alloué aux langues régionales par les conseils régionaux : Breton (304.000 locuteurs adultes) 3.930.000 euros, Occitan (523.000 locuteurs adultes) 2.700.000 euros, Basque (74.000 locuteurs adultes) 840.000 euros, Catalan (132.000 locuteurs adultes) 840.000 euros...

Toutes les activités sont accessibles gratuitement. Tout renseignement peut être obtenu au 067.89.35.81 ou par courriel : marieroselixon@skynet.be

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Published by Claude Thayse - dans Brabant wallon
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commentaires

francolâtre 09/04/2008 14:52



Du renfort (inattendu) pour les rattachistes!Lizin dénonce une politique étrangère et de sécurité trop flamande


BRUXELLES 09/04 (BELGA)



La sénatrice Anne-Marie Lizin (PS) s'est offusquée de ce que la représentation belge au dernier sommet de l'OTAN ne se soit exprimée qu'en néerlandais mercredi au parlement, où elle était interrogée par les députés et sénateurs des deux groupes linguistiques sur les conclusions de la réunion.
Le premier ministre Yves Leterme, le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht et le ministre de la Défense Pieter De Crem sont revenus mercredi en commissions réunies des Relations extérieures et de la Défense de la Chambre et du Sénat sur les conclusions du Sommet de l'OTAN à Bucarest.
"Ils n'ont répondu qu'en néerlandais y compris aux parlementaires francophones, c'est une première", s'est insurgée Mme Lizin, qui a interpellé en néerlandais le premier ministre sur cette question.
M. Leterme s'est engagé à ce que dorénavant les ministres du gouvernement répondent dans la langue de leur interlocuteur au parlement, soulignant que cela vaudrait aussi pour les ministres PS./.OCH

Claude Thayse 09/04/2008 18:20


Amusant... Elle sent le vent tourner et veut se montrer plus "francophone" (ce qui ne veut pas dire grand chose). Elle a compris que lmes Wallons et autres "francophones" ne veulent plus se laisser
humilier, mais c'est probablement purement conjoncturel de sa part.


Feuilly 09/04/2008 11:40

« …l'imposer comme "langue nationale" et le faire coïncider avec un Etat wallon. »
 
C’est en effet ce qui m’a profondément dérangé autrefois sur le forum de Toudi. Ce retour nostalgique au passé m’inquiète, d’autant que je ne me retrouve pas dans ce « wallon refondu ». Vouloir réapprendre la wallon, c’est le tuer une deuxième fois, disait mon ancien professeur Jean-Marie Klinkenberg. Une langue d’un pays doit être présente spontanément, si elle ne l’est pas et qu’on doit l’enseigner à l’école, on en fait malgré soi l’objet d’un folklore et l’instrument désuet de la recherche d’un passé révolu.
Personnellement, je suis de langue maternelle française et c’est sur le tas que j’ai appris le wallon, quand à cinq ans je retournais dans le village de mon père. Je ferai tout pour le protéger et le défendre mais rien pour en faire la langue officielle de notre Wallonie, d’autant plus qu’on sent qu’on veut s’en servir pour nous distinguer de la France.
 
Petite remarque : le champenois n’est pas parlé à Bouillon mais dans les trois villages que sont Sugny, Pussemange et Bagimont

Claude Thayse 09/04/2008 12:56


Je partage tout à fait votre analyse !


Yannick 09/04/2008 10:44

Puis-je quand intervenir et plaider pour un retour de cours de wallon pour celui qui le souhaite?Certaines communes de wallonie proposent des cours de wallons standards. Bien sûr, ce n'est pas le wallon particulier à chaque coin de notre belle région mais, ça reste du wallon. J'ai 25 ans le 27 juillet prochain et je peux vous dire que ma décision est prise : Je vais prendre des cours de wallon standard auprès de ma commune sur les hauteurs de liège à partir de septembre prochain, le samedi matin. Je suis fier d'être né d'une famille cosmopolite issue de l'immigration mais, tout aussi fier de vivre dans une région telle que la nôtre. Bien sûr, si nous n'avions pas tous ces empêcheurs de tourner en rond, cela irait beaucoup mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, j'ai décidé de reprendre mes études en cours du soir et aussitôt qu'elles seront terminés de préparer mon départ vers Maubeuge et les environs. Je pourrai ainsi faire valoir les atouts de notre région auprès de la france et des français.Par ces mots, très cher Claude, je vous salues et vous pries de croire en mes salutations fraternelles et républicaines. Vive La Wallonie Française ! Vive La République ! Vive La France ! PS : Dans l'espoir de pouvoir vous rencontrez un jour, qui sait, continuez à tenir ce blog car je le trouves très vivant et je m'y connectes tous les jours.

Claude Thayse 09/04/2008 12:55


Merci !
Le wallon fait partie de nous... Il est très complémentaire du français qui est et doit rester notre langue de culture principale.


hippolyte 08/04/2008 16:17

Cela dit, "promotionner", c'n'est nin biau !

Alain Olikier 08/04/2008 13:10

Mon Cher Claude, Peut-être ne faut-il pas oublier que les parlers wallons ont été méprisés, à
l'instar du breton, du corse, il y a eu dans nos cours de récréation des
indications: "défense de cracher à terre et de parler wallon."
Puis-je rappeler que les « grandes »
langues sont impérialistes et que les politiques s’en servent.
Exemple peu connu, le bac, dans la région
de Nice pouvaient être passé en « vieux niçois » (langue parlée par
une infime minorité de la population dans l’arrière pays, +/- 1.000 personnes)
mais.. pas en corse ! Si je trouve les initiatives sympathiques, elles sont sans doute vouées à
décliner. Qui voudra encore l’apprendre, si ce n’est comme activité de loisir à
la place du macramé ?
Ceci dit cela ne nuit à personne, ne
dérange personne, et réjoit ceux qui le pratiquent.
Qui connaîtra encore le wallon dans 20 ans.
Sorti de rhéto en 1967, sur une petite centaine nous n'étions qu'une poignée à
le connaître suffisamment que pour le comprendre, le lire, le parler.
Cordialement

Claude Thayse 08/04/2008 13:56


Merci Alain.

Je n'oublie rien de tout ça, d'autant plus que j'ai "été élevé en wallon" jusqu'à l'entrée à l'école primaire.
Tout ça fait partie de notre patrimoine local et comme tu le dis fort justement, "cela ne nuit à personne, ne dérange personne et réjouit ceux qui le pratiquent".

Par ailleurs, même si elle était déjà largement adoptée auparavant, l'imposition de la langue française (et une seule langue unifiée) par l'unification qu'elle a apporté après la Révolution a
permis de grands progrès sociaux. C'était la principale motivation des initiateurs.

Tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui rêvent d'imiter les Flamands en regrettant de ne pouvoir imposer une langue pour la simple raison qu'elle a existé dans le passé. Les Wallons ont dépassé ce stade. Celui où quand un peuple s'interroge sur son identité, il veut remonter à ses sources. Même si ces questions sont respectables, là où ça dérape, c'est
quand les recherches linguistiques sont mises au service d'une idéologie déterministe, d'un souci de pureté qui conduit immanquablement vers la purification... (Que n'a fait Robespierre au nom de
la Vertu !)
Je suis donc clairement opposé à cette approche qu'on appelle le "wallon refondu" quand certains veulent l'imposer comme "langue nationale" et le faire coïncider avec un Etat wallon par admiration
pour ce qui s'est passé en Flandre. C'est une perversion du régionalisme.
Nos différents patois ont trop de charme pour en faire une obligation.
Méditons ceci : "Le fanatisme est aveugle, il rend sourd et aveugle. Le fanatique ne se pose pas de question, il ne connaît pas le doute: il sait, il pense qu'il sait"
Elie Wiesel - Mémoire à deux voix"


« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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