Dans une interview au journal « Le Soir », Joëlle Milquet déclare : (…) « nous nous trouvons dans une crise d'Etat immensément profonde, avec un équilibre
dans le pays terriblement fragile, avec un gouvernement fédéral condamné à réussir… S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel
gravissime »… Elle poursuit par : « c'est la première fois que l'existence même de l'Etat est sur la table aussi brutalement, que l'option d'une séparation est aussi réelle, au
point que les francophones en arrivent à se préparer… Une crise dans ces conditions, ce serait l'aventure. »
Et à la question : « On a l'impression que du
côté socialiste, ils se préparent déjà… », elle répond : « Se préparer, oui, mais attention à ne pas participer à l'accélération du processus », reconnaissant par là qu’elle
acte déjà l'échec annoncé.
« S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel gravissime »… La phase de dramatisation est donc loin d’être terminée. Les prochains mois vont être
passionnants.
Tout est possible… Entre la vision transférant aux sciences humaines (et donc à la politique) les principes déterministe acquis sur base des théories
« raisonnables » ou économiques (c’est à dire toutes les raisons (les idées reçues ou toutes faites) de rester dans un pays unitaire, uni, « fédéral d’union » ou encore de
créer une petite Belgique résiduelle « Wallo-bruxienne » ou « Brulonie ») et l’imprédictibilité, les lois du hasard (le vrai chaos, c'est-à-dire – comment vont réagir les électeurs Flamands ?) Prigogine (*) a montré que « quelque chose d'autre » peut émerger d’une faille entre le
déterminisme et le chaos. Une petite perturbation qui peut prendre des proportions gigantesques et aboutir à une nouvelle cohérence, un nouvel état.
Nous sommes le 22 mars… Il y a 40 ans, « Mai 68 » a commencé par une manifestation d’étudiants mécontents de se voir interdire l’accès au dortoir des filles à Nanterre. Notre monde n’a
plus jamais été pareil après…
Qui sait ce que l’avenir très proche réserve en cette période d’instabilité.
(*)Selon I. Prigogine, « s’éloigner de l’équilibre réserve des surprises ». En effet, « il est impossible de
prolonger ce que l’on a appris de l’équilibre, on découvre ainsi de nouvelles situations, parfois plus organisées qu’à l’équilibre. Cela se produit en des points particuliers, qui correspondent à
des changements de phases de non-équilibre, ce que j’appelle des points de bifurcation. » N’est-ce pas un beau filtre pour observer l’évolution des réformes successives de
l’Etat ?
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