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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 12:10

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les aspects géo-stratégiques de notre combat. Aspects trop souvents écartés de nos réflexions limitées aux frontières politiques héritées du passé. François Barberis, ingénieur, économiste, expert indépendant ("à la pensée totalement libre" préciserait-il), qui réalise des missions d'évaluations de politiques publiques et d'aides à la décision pour les services extérieurs de l'Etat (français) m'envoie ce texte que je m'empresse de partager avec vous.
 
Pour le développement de Bruxelles et de la Wallonie, il importe assez peu finalement de savoir si ces deux territoires doivent au préalable être indépendants, ou confédérés, ou fédérés, ou rattachés à la France et par quels moyens.
ce qui est important c'est que ces deux territoires puissent bénéficier d'une autonomie suffisamment large pour passer des accords internationaux avec leur partenaire naturel : la région Nord pas de calais pour la Wallonie et la capitale française Paris pour Bruxelles.
 
J'ai hésité un temps sur le fait de savoir si cette capacité de passer des accords internationaux devait être consentie à une fédération Bruxelles-Wallonie représentée par la Communauté française qui se trouverait ainsi fortifiée, ou si cette capacité devait être octroyée à chacun des deux territoires agissant de manière autonome.
 
Finalement, compte tenu de la nature technique et politique des partenariats à conclure je pense qu'il serait plus efficace et plus pertinent que cette autonomie internationale soit remise à chacune des 2 régions séparément, ce qui signifierait alors bien entendu l'effacement de la strate "communauté française" et l'existence de 3 régions quasiment indépendantes : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.
 
Pourquoi cette position ?
parce que la nature des partenariats que Paris pourrait conclure d'une part avec Bruxelles et d'autre part avec la Wallonie sont de nature différente.
 
- Avec la Wallonie : le partenariat est d'évidence économique et même plus : infra-structurel. Il s'agit de réaliser le grand axe qui va faire communiquer la conurbation Liège-Aachen (2,5 millions d'habitants) au port de Dunkerque, reliant au passage la conurbation Lille - Courtrai (2 millions d'habitants) Mons, Namur et Charleroi : autoroute à grand gabarit et capable de supporter des charges hyper-lourdes, zone de traitement, groupage dégroupage des EVP ayant transité à la fois par Dunkerque et Anvers, voie navigables à grand gabarit, protection et augmentation des ressources naturelles en eau, etc...
 
- Avec Bruxelles : le partenariat est d'évidence de nature culturelle et politique : il s'agit de soutenir la spécificité francophone de Bruxelles, faciliter l'intégration des minorités de langues arabes, soutenir par des interventions au quotidien la vie des francophones dans les communes à facilités, faire pression sur le futur gouvernement flamand pour qu'une continuité territoriale se réalise entre Bruxelles et la Wallonie . La République aura, sur chacun de ces points, un poids bien plus important que la seule Wallonie, voire même la Communauté française. Il se pourrait même que, la France étant le 1er pays à reconnaître une Flandre indépendante, des négociations directes entre Paris et Anvers, associant bien entendu Bruxelles et Namur, parviennent à des rectifications de frontières linguistiques moyennant des compensations économiques (par exemple une limitation volontaire dans le tirant d'eau du port de Dunkerque pour ne pas trop pénaliser Anvers qui va connaître, étant port fluvial, des difficultés pour recevoir les gigantesques futurs porte-conteneurs).
 
Cette possibilité de passer des accords internationaux aura pour Bruxelles et la Wallonie une contrepartie : la fin de la sécurité sociale fédérale. Mais cela n'est pas trop grave. Le développement qui suivra les partenariats avec la République seront suffisamment porteurs de fruits pour rétablir un haut niveau de protection sociale assez rapidement. Au besoin, Wallonie et Bruxelles pourront toujours passer des accords de solidarité sociale avec la France, accords temporaires ou définitifs, comme c'est le cas pour de nombreux DROM et COM français, tout en conservant une large autonomie de décision.
 
L'important est donc de faire cesser ce tête-à-tête mortifère entre flamands et francophones et que ceux-ci retrouvent leurs possibilités de négociation internationale.
 
Puis, dans 5 ans, dans 10 ans, ou jamais, les Wallons et les Bruxellois, fierté et prospérité retrouvés, pourront éventuellement nous aider, nous français, à construire une nation forte et sage. C'est avec plaisir et enthousiasme que nous nous rattacherons alors à eux...

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Published by François Barberis - dans Réflexions
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commentaires

Pitz Michael 13/03/2008 23:08

Sans compter qu'avec Bruxelles et sa périphérie, la "Wallobruxie" serait la 2ème région par PIB de France, à méditer.... Mais pour pouvoir prendre Bruxelles comme région à part entière il reste un détail de taille à réaliser: son élargissement et le retrait du Vlaams raad de Bruxelles, car enclavée en Flandre (dont elle est, ne l'oublions pas, la capitale), elle ne pourra jamais s'émanciper ni rejoindre la république comme écrit dans l'excellente note de François Barberis

Claude Thayse 14/03/2008 09:28

Je pense que Bruxelles doit sortir de la logique "communautariste" dans laquelle elle a été entrainée par la logique flamande et, il faut le reconnaître, par la peur de l'abandon des Wallons de Bruxelles qui ont été à l'origine du FDF. Bruxelles doit s'affirmer comme région à part entière, forte et autonome. Ce qui n'empêche pas un lien fort avec la Wallonie.Certains croient comprendre que mettre en valeur les régions c'est vouloir un repli de la Wallonie sur elle-même. Il n’en est évidemment rien.Simplement, nous n’avons pas l’impudence de prétendre décider pour les Bruxellois, ni pour les habitants des cantons de l’Est, ni même pour les Wallons. Nous voulons lancer un débat (Voir les 4 propositions du Manifeste pour la convocation d'Etats généraux de la Wallonie dont celle de la "Wallobruxie", d'autres diraient la "Brulonnie"...) qui sera suivi d’une analyse, sans œillères ni a priori, et sans orientation ni récupération politique aucune. Les Bruxellois d’expression française y ont toute leur place.C’est que paradoxalement, sous des déclarations répétées d’appel à un « Etat wallon-bruxellois au sein de la Belgique », ce que certains veulent éviter, ici comme en Flandre, c'est l'émergence d'un dynamisme régional wallon et d'un dynamisme régional bruxellois. Car ceux-ci seraient fatals à l'Etat belge.Les problèmes institutionnels sont voulus comme « communautaires », c'est à dire opposant les tenants des deux langues principales. C’est faire le jeu de la Flandre. Le jour où Wallons et Bruxellois ne se sentiront plus liés entre eux par ce lien qui n'a d'autre finalité que de donner la réplique au nationalisme flamand, la Belgique aura cessé d'exister. La Flandre n'ayant alors plus aucun espoir de conquérir Bruxelles qui se sera rendue autonome, et alors oui, elle prendra son indépendance. A contrario, si Bruxelles devenait flamande, la Wallonie serait, au mieux larguée, au pire colonisée. Les positions communautaires, au sens littéral du terme, sont donc, paradoxalement, nécessaire à la survie de l'Etat belge. Il fait partie du rôle de propagande, de la raison d’être, de certains partis de les entretenir en s’abritant derrière des prétextes linguistiques. Grâce à eux, la Belgique continuera d'exister tant qu'elle sera présente dans l'imaginaire francophone. Elle n'est pas menacée à court terme par l'impérialisme flamand où elle est déjà morte dans l’imaginaire. Ce qui est menacé à moyen terme, c'est bien le caractère francophone de Bruxelles. Aux Bruxellois à prendre leurs responsabilités et à ouvrir les yeux et vite !Un signe ? Dans la fuite en avant qui consiste à maintenir l'Etat belge à tous prix, la communautarisation (actuellement partielle) de la Justice est l’idée géniale du « premier paquet » de réformes. Ce nouvel édifice judiciaire a été ainsi annoncé en régionalisant le Code de la route et la partie du Code civil portant sur les baux à loyers. Il est d'ailleurs étonnant que le parti dit fédéraliste bruxellois estime ces deux points anecdotiques. Parions que la Flandre aura tôt fait de s’en servir, n’octroyant de valeur légale qu’aux contrats des baux à loyers rédigés en néerlandais dans la périphérie bruxelloise. Cette petite scission de la justice permettra ainsi à la Flandre d'épurer un peu plus son territoire actuel de l’utilisation de la langue française. A terme (dans le second paquet ?), la justice ne serait plus rendue qu'en néerlandais en Flandre, la composition des tribunaux et les attributions de compétence dépendront au Vlaams Raad. Cette compétence s’étendra aux flamands de Bruxelles, pour qui la fusion région-communauté n’est en fait qu’une négation du fait régional bruxellois.Après la culture et l'enseignement, on donnera ainsi à la Flandre une troisième voie d'entrée majeure sur Bruxelles, tout en lui offrant de « sécuriser » la périphérie d'un point de vue linguistique, puisque désormais la justice sera attachée au sol d'abord, en Flandre, tandis qu’elle dépendrait des individus à Bruxelles. Il est donc vain de retomber dans le piège d’un débat entre communautaristes et régionalistes masquant la réalité, mais au contraire de penser l’avenir.Merci à François Lemaire dont je me suis largement inspiré pour cette réponse. 

Pierre 13/03/2008 15:26

Du très bon François Barberis une fois de plus.Il demeure qu'il reste à savoir si ces thèses sont réelles.Si elles le sont les mandataires et dirigeants francophones belges sont-ils au courant de cette volonté française ?S'ils ne le sont pas, il va falloir les déniaiser.S'ils le sont et taisent l'idée, il faut dénoncer leur silence.

benoit 13/03/2008 12:40

Certes mais si on rétablit économiquement la wallonie avant de la rattacher, il se pourrait bien qu'on ne la rattache jamais, les régionalistes auront beau jeu de dire: "vous voyez bien c'est possible de s'en sortir seul..."

Claude Thayse 13/03/2008 12:58

C'est un regard... Par ailleurs, la situation de la Wallonie n'est pas si mauvaise que ce que la double propagande Flamande et Belgicaine le dit. Or, c'est la principale source d'information (ou plutôt de désinformation).A titre d'exemple, notre PIB nous place à la 8ème place des régions de France et à la troisième pour les exportations.Et oui, il est toujours possible de s'en sortir seuls. Prenez n'importe quel coin de la planète, même un désert, entourez-le d'une frontière, il existera. La Wallonie n'en est pas là. Riche ou pauver, peu importe, ce que nous voulons, c'est la réunion avec la France. C'est une démarche positive et pas une attitude de fuite comme certains réunionistes semblent le proposer... Donnant par là des arguments à nos adversaires.

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