J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les aspects géo-stratégiques de notre combat. Aspects trop souvents écartés de nos réflexions
limitées aux frontières politiques héritées du passé. François Barberis, ingénieur, économiste, expert indépendant ("à la pensée totalement
libre" préciserait-il), qui réalise des missions d'évaluations de politiques publiques et d'aides à la décision pour les services extérieurs de l'Etat (français) m'envoie ce texte que je
m'empresse de partager avec vous.
Pour le développement de Bruxelles et de la Wallonie, il importe assez peu finalement de savoir si ces deux territoires doivent au préalable être indépendants, ou confédérés, ou fédérés, ou
rattachés à la France et par quels moyens.
ce qui est important c'est que ces deux territoires puissent bénéficier d'une autonomie suffisamment large pour passer des accords internationaux avec leur partenaire naturel : la région Nord pas
de calais pour la Wallonie et la capitale française Paris pour Bruxelles.
J'ai hésité un temps sur le fait de savoir si cette capacité de passer des accords internationaux devait être consentie à une fédération Bruxelles-Wallonie représentée par la Communauté française
qui se trouverait ainsi fortifiée, ou si cette capacité devait être octroyée à chacun des deux territoires agissant de manière autonome.
Finalement, compte tenu de la nature technique et politique des partenariats à conclure je pense qu'il serait plus efficace et plus pertinent que cette autonomie internationale soit remise à
chacune des 2 régions séparément, ce qui signifierait alors bien entendu l'effacement de la strate "communauté française" et l'existence de 3 régions quasiment indépendantes : la Flandre, la
Wallonie et Bruxelles.
Pourquoi cette position ?
parce que la nature des partenariats que Paris pourrait conclure d'une part avec Bruxelles et d'autre part avec la Wallonie sont de nature différente.
- Avec la Wallonie : le partenariat est d'évidence économique et même plus : infra-structurel. Il s'agit de réaliser le grand axe qui va faire
communiquer la conurbation Liège-Aachen (2,5 millions d'habitants) au port de Dunkerque, reliant au passage la conurbation Lille - Courtrai (2 millions d'habitants) Mons, Namur et Charleroi :
autoroute à grand gabarit et capable de supporter des charges hyper-lourdes, zone de traitement, groupage dégroupage des EVP ayant transité à la fois par Dunkerque et Anvers, voie navigables à
grand gabarit, protection et augmentation des ressources naturelles en eau, etc...
- Avec Bruxelles : le partenariat est d'évidence de nature culturelle et politique : il s'agit de soutenir la spécificité francophone de Bruxelles,
faciliter l'intégration des minorités de langues arabes, soutenir par des interventions au quotidien la vie des francophones dans les communes à facilités, faire pression sur le futur
gouvernement flamand pour qu'une continuité territoriale se réalise entre Bruxelles et la Wallonie . La République aura, sur chacun de ces points, un poids bien plus important que la seule
Wallonie, voire même la Communauté française. Il se pourrait même que, la France étant le 1er pays à reconnaître une Flandre indépendante, des négociations directes entre Paris et Anvers,
associant bien entendu Bruxelles et Namur, parviennent à des rectifications de frontières linguistiques moyennant des compensations économiques (par exemple une limitation volontaire dans le
tirant d'eau du port de Dunkerque pour ne pas trop pénaliser Anvers qui va connaître, étant port fluvial, des difficultés pour recevoir les gigantesques futurs porte-conteneurs).
Cette possibilité de passer des accords internationaux aura pour Bruxelles et la Wallonie une contrepartie : la fin de la sécurité sociale fédérale. Mais cela n'est pas trop grave. Le
développement qui suivra les partenariats avec la République seront suffisamment porteurs de fruits pour rétablir un haut niveau de protection sociale assez rapidement. Au besoin, Wallonie et
Bruxelles pourront toujours passer des accords de solidarité sociale avec la France, accords temporaires ou définitifs, comme c'est le cas pour de nombreux DROM et COM français, tout en
conservant une large autonomie de décision.
L'important est donc de faire cesser ce tête-à-tête mortifère entre flamands et francophones et que ceux-ci retrouvent leurs possibilités de négociation internationale.
Puis, dans 5 ans, dans 10 ans, ou jamais, les Wallons et les Bruxellois, fierté et prospérité retrouvés, pourront éventuellement nous aider, nous français, à construire une nation forte et sage.
C'est avec plaisir et enthousiasme que nous nous rattacherons alors à eux...
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