On en parle beaucoup et certains se réjouissent - un peu tôt à mon avis – que selon les observations finales du Comité de l’ONU pour l'élimination de
la discrimination raciale réuni à Genève du 18 février au 7 mars, celui-ci se dit préoccupé par le Wooncode adopté par la Flandre. La Belgique devrait notamment « veiller à ce que les
exigences linguistiques ne conduisent pas à une discrimination indirecte exercée en raison de l'origine nationale ou ethnique ». Le même Comité enjoint la Belgique à ratifier la
Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités ainsi que la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs
familles.
Fort bien !
Certains, comme ce député FDF de la périphérie, analysent avec satisfaction que «Si les Nations-Unies se penchent sur le problème, c'est qu'il
est sérieux. (..) C'est assurément une bonne chose pour tous les démocrates, y compris les démocrates flamands qui ne doivent pas toujours être fiers devant les décisions prises par leur Région
et qui devraient enfin comprendre qu'ils ne doivent plus courir après le Vlaams Belang pour des raisons électoralistes. Il conclut que « la Flandre, qui tient beaucoup à son image de marque
au plan international, devrait à présent bien réfléchir sur les conséquences de ses actes. Il n'est pas trop tard, elle peut encore se ressaisir, mais il est temps ».
Je serais plus circonspect.
Certes, je suis, comme beaucoup de Wallons préoccupé par le sort des habitants francophones (surtout des plus pauvres) de la
périphérie de Bruxelles, tout comme de celui des Wallons de Fourons, Régions pour lesquelles il y a contentieux. Et je crois aussi que de telles condamnations internationales de la Flandre sont
importantes, non seulement car elles discréditent totalement la Flandre, mais aussi et surtout parce qu'elles nous renforcent en nous présentant de fait indirectement comme des résistants à l'
« agression flamande ».
Mais devons-nous pour cela toujours réagir en « belges » ? Les partisans de la cause de la réunion de la Wallonie à la France devraient peut-être
moins se préoccuper de ce qui se passe en Flandre. C’est un autre pays et c’est bien comme ça que les Flamands le comprennent. Ce n’est pas notre combat principal, c’est un peu comme ce curieux billet publié sur le site « seul officiel » du RWF qui s’inquiétait il
y a quelques temps de la dégradation du… néerlandais en Flandre !
Voyons plutôt comment nous pouvons rallier les Wallons à la cause que nous partageons.
Le Mouvement wallon doit se dégager de l’attitude défensive de ses origines, sortir de sa position de victime. Mais ça… C’est un autre combat… La
Nation flamande est un fait. Acceptons-le et avançons en ayant pour objectif le bien de nos concitoyens wallons.
Ceci dit, nous pouvons (ou plutôt : nous devons, en tant que démocrates) évidemment nous préoccuper de la situation des Droits de l’Homme
partout dans le monde, mais au même titre, que ce soit en Colombie, en Birmanie ou… en Flandre. Comme l’a dit un jour François Perin, «… nous Wallons, avons acquis la philosophie des Droits de
l’Homme à la Révolution française et c’est irréversible ». Ne le faisons pas mentir.
Je suis plus circonspect également parce que la Flandre ne reviendra pas en arrière dans ses projets. Le « Wooncode » a été validé aussi
bien par la Cour constitutionnelle (qui traîne à se prononcer... ) que par le Conseil d'Etat qui ont estimé qu’il ne lésait les droits fondamentaux de personne. Quant à la « Convention cadre
pour la protection des minorités », la Flandre sait qu'elle devra la ratifier et elle s'y prépare. Ayant appris dans le "Trends-Tendances" que les directeurs généraux de l’administration
flamande s’étaient réunis pour discuter d’un nouveau rapport à l’attention du gouvernement flamand qui complète, précise et corrige les 95 revendications de réforme de l’Etat, j’écrivais ceci, le 7 octobre 2007 : on
peut se dire que, par exemple, les habitants francophones de Flandre (Communes à facilités, Fourons, et autres…) auront bientôt des raisons supplémentaires de s’inquiéter. On sait, et les partis
qui se disent défenseurs des ces habitants francophones en font grand cas, que la pression internationale pousse à la ratification de la « Convention cadre pour la protection des
minorités ». Les directeurs généraux de l’administration flamande en sont à formuler une « définition juridique étanche de la minorité nationale qui ne présente aucun danger pour les
principes de territorialité et la législation linguistique »...
M.à j. : Excellent le Kroll du 13 mars !
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