Hier soir, Arlette Arlette Chabot interrogeait ses invités sur le passé colonial de la France : doit-on en avoir honte ? Comment l'assumer ? Qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui dans un pays aussi divers dans sa composition ? Comment être unis dans la République ?
Beaucoup de choses intéressantes ont été dites. On n’a pas échappé aux interventions habituelles de ceux qui confondent égalité des Droits et Droit à l’égalité de fait. Ni aux promoteurs du communautarisme et du multiculturalisme à l’anglo-saxonne. Ni à la simplification populiste de la Droite extrême. Ni à l’angélisme de la Gauche bien-pensante.
Face à eux, des démocrates, républicains, comme François Barouin, Max Gallo et surtout Elisabeth Badinter.
J’ai beaucoup aimé les (trop) rares interventions de cette dernière. Particulièrement quand, rappelant que la grande majorité des Français ont des ancêtres venus d’autres pays, ce qui est son cas, être Français aujourd’hui, c’est assumer complètement l’Histoire de France. Toute l’Histoire. Que l’intégration a toujours été difficile. Qu’être Français, c’est un choix assumé. Que c’est le choix de Valeurs. Celles qui sont inscrites dans la Constitution et aux frontons des Mairies. Et que c’est aussi le choix de la défense de ces Valeurs, ce qui a peut-être été négligé depuis une trentaine d’années au nom d’une notion déformée de la tolérance, a-t-elle ajouté.
Magnifique rappel !
Rejetant toute idée de multiculturalisme, de discrimination, de communautarisme, elle a plaidé, avec talent et sobriété, pour un retour aux Valeurs de la République, Valeurs qui sont les Droits de l’Homme. Et le civisme, la cohérence et la fermeté sur les principes.
L’émission s’est terminée sur le constat que le débat qui va s’ouvrir avec la campagne pour les élections présidentielles fera émerger celui (ou celle !) qui incarnera le mieux ces Valeurs.
J’ajouterais que dans l’identité française, je pense que l’héritage le plus important est celui des Lumières et des droits de l’Homme. Ce souci de l’universel hérité des Lumières ne doit pas conduire à la répression des particularités (on a essayé avec le jacobinisme) pas plus qu’à leur encensement (c’est le danger du communautarisme). Ce qui fait l’identité française, c’est à la fois cet attachement à l’universel qui fût l’un des moteurs du projet colonial tant décrié aujourd’hui, mais aussi cette ouverture aux particularités héritée de l’histoire coloniale et aux siècles d’intégration réussie de l'immigration.
L’identité, si elle forme un tout, a des composantes. L’identité française c’est ni le communautarisme (modèle ultra-libéral) ni un républicanisme aveugle (modèle de l’extrême droite comme de l’extrême gauche) qui ne veut pas voir les différences. On peut se sentir profondément bourguignon, wallon ou normand et français.
La France est héritière de son passé. La France est incroyablement diverse et en même temps indivisible parce que les Français le souhaitent ainsi. La France garde son identité par la transmission de ce souci de l’universel hérité des Lumières, ce qui n’est pas incompatible avec le fait que chacun assume ses particularités et respecte celles des autres.
Commentaires