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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 09:47

On a re-parlé à propos de la « proposition Uytendaele » de ce groupe de « sages » (encore ? Il n’y a décidément plus que ça dans ce pays…) chargé de plancher sur la définition d’un avenir souhaitable pour les habitants de langue française de Wallonie et de Bruxelles. J’ai parcouru, par curiosité, leur site Internet. Décevant et avec, comme prévu (hélas !), un rabotage très net des objectifs. Voici, ci-dessous, la copie d’un courrier envoyé à Philippe Busquin, coprésident wallon de ce groupe de travail.

Monsieur le Président,
 
Je viens de parcourir le site Internet dédié au « Groupe Wallonie-Bruxelles » que vous coprésidez avec Madame Spaak.
 
J’avoue avoir été quelque peu surpris du libellé de vos mission sur la page d’accueil : « ce groupe de travail qui réfléchit à l’avenir de nos institutions francophones, dans le cadre d’un état fédéral équilibré et solidaire pour une Communauté française forte et deux Régions – wallonne et bruxelloise –, chacune établie dans ses compétences propres. »
 
Or, à l’époque du lancement de la proposition par Madame Arena de « réunir politiques et société civile en vue de définir un projet francophone », il était question d’un programme plus vaste et résumé en cinq questions :
1° Quel projet pour les francophones dans l'Etat fédéral actuel ?
2° Comment concilier l'identité régionale et le lien, la solidarité entre
les francophones de Bruxelles, de Wallonie et des communes périphériques à la frontière linguistique ?
3° Quelles synergies concrètes dans quelles politiques ? Comment dépasser certaines concurrences, notamment en matière économique ? Quels liens avec les Communautés flamande et germanophone ?
4° Quelle place pour les francophones au sein de la Belgique, de l'Europe et du monde ?
5° « Et si demain, on devait se séparer ? »

 
Déjà, à l’époque, ces questions destinées à baliser la réflexion me laissaient sur un sentiment de perplexité. Elles restaient confinées à des questions qui auraient du faire l’objet de débats et de résolutions dans le passé, en particulier lors de la publication du programme du gouvernement flamand du… 29 février 1996 appuyé par une large majorité et elles arrivaient fort tard. Je craignais que la composition de votre commission ne la limite à certaines pistes déjà largement débattues comme cette fameuse « union Wallonie-Bruxelles ».
  
 
Je m’interroge en effet depuis quelques temps sur la volonté des ces deux « partenaires obligés » de construire quelque chose ensemble. Existe-t-il (encore) vraiment aujourd’hui des arguments qui corroborent la logique d’un espace commun Wallonie-Bruxelles ? Lors du lancement de la réflexion que vous pilotez, Luc Courtois, historien à l’UCL rappelait dans « La Libre » qu’« il n’y a rien, dans l’histoire, qui oblige à aller vers tel ou tel projet. Les identités sont des constructions intellectuelles et symboliques. Elles s’enracinent dans un substrat historique et sociologique, mais celui-ci ne suffit pas ». Marc Jacqmain, Responsable du service des identités contemporaines (ULg) affirmait qu’il n’a « pas trouvé d’argument massue en faveur d’un espace Wallonie-Bruxelles ». Faute de données suffisantes…  Et enfin, Vincent de Coorebyter (CRISP) rappelait que « l’identité francophone n’a jamais été le souci premier des Bruxellois. Que si la francisation de la ville est incontestable, dans le même temps, les relations entre francophones et néerlandophones n’ont jamais été aussi bonnes, les Flamands de Bruxelles sont maintenant convaincus qu’ils ont besoin d’une Bruxelles forte ». Et je ne reprendrai pas de déclarations de politiques.

 
Il y a là, à Bruxelles, une sorte de nationalité (un nationalisme) en puissance qui ne veut pas encore dire son nom. Alors qu’en contraste, la Wallonie a toujours manifesté une solidarité sans faille avec les Bruxellois francophones, ce qui a permis d’obtenir, malgré l’opposition de la Flandre, l'existence de la Région de Bruxelles. (Au prix de l’abandon des Fourons, entre autres…). Il y a là plus qu’un terrible malentendu.

Force est de constater que la mission telle que vous en décrivez les termes, et qui est logiquement déclinée dans les différentes sous-commissions chargées d’apporter des résolutions, est très en deçà de ce qui avait été annoncé en septembre 2007 et se limite à essayer de répondre aux deux ou trois premières questions.
Alors que l’urgence inclinerait plutôt à développer les pistes d’avenir réelles et réalistes contenues dans les questions suivantes. Le grand jeu auquel se livrent les Flamands risquant de les amener, sous la pression de leur propre opinion publique, plus tôt que prévu à une position de rupture.
En cantonnant vos réflexions au sein de l’Etat et des frontières actuelles, ne risquez-vous pas de passer à côté de l’intérêt véritable des Wallons et des Bruxellois francophones ?
Quelles sont les raisons qui vous ont menées à abandonner une partie important de la réflexion devant mener à un « projet francophone » pour reprendre les termes de Marie Arena ?
 
Si je reçois une réponse, je la publierai ici…

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Published by Claude Thayse - dans Coup de gueule
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commentaires

André 10/02/2008 01:57

Il ne faut pas s'y tromper, Claude.Des idioties telles qu'"identité bruxelloise", "Brussels-DC" ne peuvent provenir que d'un cerveau flamand (par définition mal intentionné).

Claude Thayse 10/02/2008 17:41

où mettez-vous Maingain? Ou Picqué ?

André 08/02/2008 23:35

@ Benoît BBof, ce n'était qu'un coup de gueule de Claude que j'apprécie beaucoup par ailleursMais là, devant ce battage en retrait trop facile, il me fallait réagir. C'était mon coup de gueule à moi :-)A la différence de Claude sans doute, je suis un réunioniste non point défensif mais OFFENSIF.Je n'ai jamais perçu les Bruxellois comme se construisant une identité propre. Et il est hors de question pour moi de laisser Bruxelles et sa périphérie dans le giron des Flamands, de leur faire cadeau d'une Région bruxelloise quasiment à 100 % d'expression française. Les Flamands n'attendent qu'un tel cadeau pour en finir avec cette Belgique maudite.Bruxelles est cette pomme de discorde sans laquelle la Belgique n'existerait plus depuis belle lurette.Je conseille vivement aux réunionistes liégeois de faire un "reset" sur Bruxelles et sa périphérie pour mieux appréhender leurs propres intérêts.@ Claude : sans rancune, j'espère ?

Claude Thayse 09/02/2008 16:56

Certes ! Mais où êtes-vous allé chercher que je suis un réunioniste "défensif" ? Parce que je pense qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre ?

fage 07/02/2008 20:10

Uytendael n'est visiblement qu'un sage du PS... rien de bien terrible donc.

Olivier 07/02/2008 14:48

Comment faire confiance à des gens comme Monsieur Busquin, qui avec quelques autres, nous ont leurré pendant tant d'années sur l'espoir d'un avenir meilleur pour la Wallonie. C'est un changement d'état d'esprit qu'il faut en Wallonie, c'est une prise de conscience qu'un nouveau projet est à construire. A mes yeux, ce nouveau projet ne pourra voir le jour d'au prix d'une rupture avec le passé et d'une union des francophones. Saissons d'être les victimes compatissante d'un état à l'agonie. Osons un projet plus ambitieux.

Claude Thayse 07/02/2008 16:49

Oui, il est temps d'oser un nouveau projet qui fait sens.

Benoit B 07/02/2008 09:55

ca m' étonnerait qu' il daigne vous répondre .....

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

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