On reparle de la vignette autoroutière.
Souvenons-nous. Un accord était intervenu entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles pour mettre en place un mécanisme de vignette forfaitaire dont
devraient s’acquitter les usagers de la route. Peu de temps avant les élections, le ministre-président flamand de l’époque, Yves Leterme (CD&V), a fait voler l’accord en éclats, à l’issue
d’une visite au premier ministre néerlandais.
La vignette autoroutière n'est sans doute pas la meilleure méthode de faire payer aux étrangers les coûts de la mobilité. » En une visite en Hollande
et une phrase lapidaire, Yves Leterme coulait l'instauration d'une mesure qui faisait pourtant l'objet d'un accord entre les trois Régions de Belgique.
Détail amusant et pour la petite histoire, le ministre-Président flamand a renié cet accord inter-régional le lendemain du bulletin environnemental
de l'OCDE demandant plus de coordination entre les différents niveaux de pouvoir et l'élaboration d'un plan national de mobilité.
Cet accord sur notre dos a été ratifié fin 2007 entre la Flandre et la Hollande. Il faut dire que ça les arrangeait bien tous les deux. Au programme,
entre autres : de grands travaux de dragage du lit de l’Escaut. Et ça n’a pas traîné, les travaux d'approfondissement commencés le 20 décembre. Ils doivent cette fois permettre à des bateaux avec
un tirant d'eau de 13,10 m de remonter l'estuaire jusqu'à Anvers, quel que soit l'état de la marée (actuellement 11,85 m).
C’est qu’Anvers doit rester pour la Flandre le débouché « naturel » des produits finis wallons. Or, avec ses limitations (tirant
d’eau insuffisant), ce ne serait bientôt plus possible. Pour des raisons économiques, les bateaux doivent être de plus en plus gros, donc de plus en plus profonds. Seuls les ports hollandais
(Rotterdam) ou français peuvent et pourront toujours le faire. Et les Flamands le savent, la France développe actuellement Dunkerque, idéalement situé en eaux profondes, relié à l'est par l'autoroute de Wallonie (qu'on met à
trois bandes de bout en bout). Et de tout le continent, la France est le seul Etat qui a accès à la
mer libre, avec la pointe de Bretagne et le golfe de Gascogne.
Dans une Europe où les flux économiques et humains se sont recréés d’Ouest en Est (et vice-versa) depuis la chute du Mur, l'importance stratégique du
carrefour wallon qui dispose d'un sol résistant situé à l’écart des reliefs importants est indéniable.
La preuve ? Observez : décisif pour le développement français en Europe, le TGV passe par la Wallonie, il n'y a qu'à rectifier la courbe de
Louvain. Les Français construisent actuellement le canal de liaison entre Paris et l'Escaut, seule raison de l'existence de Strépy-Thieu.
Flinguer la vignette comme l’avait fait Leterme contribue de la logique flamande qui s’empresse de se rendre incontournable économiquement. On le
verra encore prochainement avec la ratification du nouveau traité « BENELUX ». C’est aussi pour ça qu’elle met sur la table de négociation des demandes qui vont dans le sens d’une plus
grande autonomie économique tout en cherchant à garder la Belgique. Une Belgique dominée par elle et elle seule. Notre intérêt n'est pas là.
Ne soyons pas dupes !
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