Ou des bluffeurs...
Rien de vraiment surprenant, la presse « francophone » subsidiée a sauté à pieds joints sur l’aubaine. Verhofstadt est l’homme d’Etat
qu’il nous fallait. Il va tout sauver ! Pour faire bonne mesure la RTB(f) invite Mark Eyskens qui fort subtilement aligne les sophismes et rassure les malheureux électeurs désemparés que
nous sommes sensés êtres.
Qu’entendons nous ? Il faut tout mettre à plat, se baser sur l’économique, examiner froidement les avantages et inconvénients de tout ce
qui existe t a été mis en place depuis que la Belgique existe. Et puis faire les bons choix... Rien que çà !
Soyons clair ! L'arrivée de Verhofstadt permet surtout de faire retomber la pression et de faire diversion vis-à-vis des citoyens, excédé
à juste titre, en lui donnant enfin l'impression qu'on va s'occuper de ses problèmes immédiats (en fait et au mieux, on activera quelques mesurettes en terme de pouvoir d'achat, mais rien de
structurel ni de conséquent). Pour mémoire, c’est lui qui par sa politique de mise au frigo des revendications flamandes a permis de pourrir la situation.
Soyons clair ! Les propos de Marc Eyskens sont de la poudre aux yeux. La « science socio-économique » n’est pas une science
exacte, loin de là. Aucun choix technique dicté par l’économie n’est exempt de choix politique. Ce que font Eyskens ou encore Maingain (avec sa délirante proposition de fusion des provinces
wallonnes et flamandes avec Bruxelles sous prétexte d’Hinterland économique), c’est prendre la science pour alibi à des arrières pensées politiques de vassalisation de la Wallonie.
C’est tromper.
Les économistes, c’est leur métier, peuvent décrire ou analyser les choses en fonction de critères. Sortir de cette approche, c’est le rôle du
politique. Notre rôle à tous.
Méfions nous des experts. Un humoriste anglo-saxon dont j’ai oublié le nom a dit fort justement un jour : « les économistes ont
remplacé les astrologues auprès des dirigeants avec exactement les mêmes résultats. Ils sont tout aussi incapables de prédire l’avenir, mais ont tout autant d’excellentes raisons pour expliquer,
à posteriori, pourquoi la réalité n’a pas été conforme aux prédictions ! »
Que les derniers partisans de la Belgique ne se leurrent pas, le problème dans cette crise ce n'est pas les personnes, les compétences des uns
ou les incompétences prétendues des autres. Non, si on ne parvient pas à former un gouvernement, c'est parce que aucun terrain d'entente n'existe sur des problèmes de fond, aucune marge de
négociation n'est possible entre Flamands, Wallons et Bruxellois francophones. (Comme le disait Milquet au « Vif », « L’avenir de la Belgique tient à une virgule, à une
crise de nerfs, à rien du tout ». « Verhofstadt ne roulera évidemment que pour lui-même... Fort de ce vieux principe bien connu de toutes les religions : « Charité bien
ordonnée commence par soi-même ! » C’est lui qui fera avaler la « cuiller de sucre » promise en son temps par un des négociateurs flamands… à moins que… de la
vaseline… ?
Cette crise va durer. Les hommes politiques de Wallonie et de Bruxelles continuent à prendre des positions comme celles d'avant la
crise. Qu’ils n’ont pas vu venir… Et ce n’est pas la Commission Arena « Wallonie-Bruxelles » qui va changer les choses. Je vous invite à lire le coup de gueule de Jean-Yves Huwart sur son blog.
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