Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 13:27

Les choses bougent, les propos des journalistes évoluent. Logique. Malgré leurs rôles d’institutions du régime et leurs engagements dans des organes financés par celui-ci, ils sont sensés être généralement un peu mieux informés que leurs lecteurs.  
Constatons qu'une fois les précautions d’usage respectées : «  personne ne souhaite la fin de la Belgique », le « mais… » qui suit inévitablement est lui, lourd de sens.

Merci donc aux journalistes de commencer à oser. Puisqu’il ne faut pas attendre grand-chose des politiques, les yeux rivés sur les sondages et à la remorque d’une opinion publique anesthésié, sonnée, déboussolé par l’évolution péjorative qu’elle perçoit semi-consciemment. Même si cette opinion publique évolue. Les Wallons sont de moins en moins nombreux, encore avec fatalisme souvent, à croire à la survie de l’Etat belge.  Toutes les manifestations n'y changeraont rien.
Luc Delfosse, en appelait ainsi hier à cesser cette « drôle de guerre » en terminant son éditorial dans « Le Soir » par : « (…) tout le monde connaît la solution : un gouvernement d'Union nationale quitte à constater… la séparation de corps ! » 
Dorothée Klein dans « Le Vif » appelle les Wallons et les Bruxellois à se préparer : ils « ne doivent pas attendre que le pire arrive… »
 
Pourtant certains politiques commencent à réagir avec prudence… Comme Hervé Hasquin qui cite Didier Reynders : « Dire non à tout, c'est faire exploser la Belgique » et précise courageusement, mais un peu tard : «Mais je pense qu'il faut faire à présent de la pédagogie. Cela ne sert à rien d'anesthésier les opinions publiques en n'osant pas leur expliquer les choses.. »  dans « La Libre » de ce samedi. Ou comme le RWF qui dans un communiqué a appelé à rompre définitivement avec une tutelle belgo-flamande tout en semblant curieusement encore se situer dans une « perspective belge » en déplorant la création d’un nouvel « abcès fouronnais » de plus de 50.000 habitants dans la périphérie bruxelloise. Le vote en Commission de la Chambre de la prise en considération de la scission de l’arrondissement BHV consacre l’homogénéité linguistique des Régions. Qu’on le veuille ou non. Les représentants flamands étaient unanimes, l’abstention de la députée bruxelloise de « Groen » s’explique par cette dernière qualité.
 
Si de nombreuses personnes n'ont pas encore intégré l'existence des régions et des communautés, la fête de la Communauté allemande vient de le rappeler, il y a plusieurs entités qui forment ce pays. La Communauté allemande est bien vivante. On aurait tort de l’oublier. On parle souvent de la Wallonie et la Flandre, mais Bruxelles est devenue une communauté à part entière grâce à la pression flamande qu’on connaît, mais aussi à la fièvre obsidionale (*) entretenue par un parti anciennement fédéraliste devenu expansionniste (les Brabançons wallons et flamands en connaissent la volonté d’annexion) et défenseur de « Francophones ». Enfin de certains « Francophones » parmi lesquels de nombreux Flamands ayant fait le choix de la langue française (**), les seuls vrais Belges, quoi ! Difficile d’en sortir quand on est prisonnier de ses engagements. Bref, le fait national bruxellois existe et curieusement se défini par rapport et en opposition à ses voisins. Ce sont ces faits nationaux (flamand et bruxellois) qui vont avoir raison de la Belgique. Les Wallons ne connaissent pas cet état d’esprit, ayant été acquis les Droits de l’Homme à la Révolution française et le sentiment d’identité dominant est du même domaine que celui décrit par Renan.
 
Ce qui est agaçant, c’est  l’espèce d’aveuglement (ou de conformisme) de ceux qui devraient faire preuve de pédagogie, d’ouverture d’esprit et qui se refusent à lire les faits. Deux exemples récents : Henry Capron qui ce matin, à la RTB(f), balayait d’un revers de la main l’option de la réunion de la Wallonie à la France parce qu « les Wallons n’en veulent pas » ou encore, le dossier spécial du « Vif » consacré aux scénarios de « l’après Belgique » qui considère la probabilité de la Wallonie de devenir française comme « faible » suivant en ça l’avis du Prof. Bruxellois (St Louis) Hugues Dumont qui estime que les Wallons y perdraient leur âme… 
Heureusement, toujours vert, François Perin sauve la mise en rappelant que l’intégration, particulièrement économique, ne serait pas difficile à encaisser puisque le "capitalisme français" est déjà largement implanté en Wallonie. Tandis que Karl-Heinz Lambertz (Ministre président de la Communauté germanophone), lucide, ajoute « l’Allemagne, nous en avons déjà fait partie. Alors pourquoi pas à nouveau ? ».
 
(*) Qui concerne le siège d'une ville…
(**) Ceux qui ont "opprimé" les Flamands, les fameux "franskillons"... et qui sont à l'origine de la destruction de la Belgique.

Partager cet article

Repost 0
Published by Claude Thayse - dans Coup de gueule
commenter cet article

commentaires

Jean - Louis 25/11/2007 10:23

J'ai enfin retrouvé votre article complet sur " La fin du syndrome de Waterloo " . Il est daté du 9 septembre dernier et non du 9 décembre comme indiqué par erreur ci- dessus . J'ai donc d'abord été chercher en décembre 2006 et avant et ne l'ai pas trouvé , ce qui m'a d'ailleurs permis de lire d'autres de vos contributions toujours très intéressantes . Quelle somme , bravo et merci pour tout ce travail militant ! Ceci dit , " La fin du syndrome de Waterloo " est un article essentiel dans la situation actuelle car il répond très clairement aux interrogations fondamentales des Wallons quant au rattachement à la France , ce serait donc souhaitable d'en corriger la référence temporelle , merci et bon dimanche ! 

Jean - Louis 23/11/2007 20:53

Assez tardivement , je vous prie de bien vouloir m'en excuser , je tiens à vous remercier d'avoir pris le temps de taper cette explication très claire et détaillée . J'espère que beaucoup en profiteront .Encore une question que je me pose : l'argent est le nerf de la guerre et il est bien clair qu'une Wallonie " indépendante " n'est absolument pas à même de financer le budget des allocations sociales . Autrement dit , en cas de rattachement , la République serait priée de bien vouloir nous aider financièrement . A l'heure de la contestation des réformes entreprises en France au nom de la réduction de la dette , sujet d'unanimité dans la campagne présidentielle ,on peut penser que cette nouvelle source de dépenses ne serait pas très populaire , même si notre région a pas mal d'atouts à mettre au service de notre nouvelle patrie , qu'en pensez - vous ?

Claude Thayse 24/11/2007 09:49

Je n'ai pas les chiffres sous la main, mais l'accroissement du déficit public français serait marginal. Il ne faut pas dramatiser le déficit wallon. Nous sommes presque dans la moyenne des régions d'Europe (la 8ème de France !). Le déficit dans le secteur social, souvent cité, serait de 20 %. Ce qui est vrai mais dans quelques secteurs spécifique. Le manque global est plutôt de 4 %, ce qui est certes important , mais plus relatif. Il y a même des secteurs où la Wallonie est contributive !J'ai cité dans le billet concernant le "syndrome de Waterloo" quelques données officielles venant de la Région wallonne et toirées des statistiques d'Eurostat. Pour le reste, n'hésitez pas à diffuser par tous les moyens qui vous parraissent intéressant les informations que vous estimez pertinentes ! Merci !

Jean - Louis 17/11/2007 22:48

D'après Hugues Dumont , non seulement elle y perdrait son âme (? ) mais aussi son autonomie si chèrement acquise . Cet éminent Professeur semble tenir pour négligeables les importants pouvoirs dévolus aux régions dans la République . Comme cette opinion , le centralisme jacobin , est malheureusement encore très répandue parmi les Wallons et leur fait peur , je crois qu'il est vraiment indispensable , mais je suppose que  cela a déjà été fait , de publier une brochure mettant bien les choses au point . Pour le reste il n'y a rien de spécial à faire et il serait même contre - productif pour l'instant de heurter de front les sentiments belgicains enracinés dans notre population , quand les Wallons réaliseront à quel point ils seront asservis  par la Flandre triomphante dans le régime confédéral qui se concrétise , ils se tourneront tout naturellement - du moins j'ose l'espérer , vers la France , ce sera vers 2010 , en attendant , faisons surtout de la pédagogie et éliminons toutes les idées fausses malheureusement toujours bien vivantes .  Bien cordialement !

Claude Thayse 18/11/2007 08:49

Je suis d'accord, nous devons faire preuve de pédagogie.Pour le reste je vous invite à relire le billet suivant : La fin du syndrome de Waterloo ?  publié le 9 décembre dernier et particulièrement cet extrait qui montre la grande diversité des statuts des entités locales françaises.Quels pourraient être les statuts la Wallonie et Bruxelles dans cet Etat que l’on dit « centralisateur à un degré névrotique » ?L’Histoire nous éclaire. En 1919, l’Alsace et la Lorraine ont réintégré la République, et gardé un certain nombre de dispositions de droit allemand qui étaient favorable et qui sont toujours d’actualité : droit sur la faillite personnelle (depuis élargi à tout le territoire), traitement des membres des clergés, dispositions particulières sur les langues locales (De vraies facilités en quelques sorte…). Pour le reste c’est le Droit français, plus favorable qui s’applique.Depuis, la Loi de Décentralisation de 1982 a organisé un transfert de compétences de l’État à des institutions distinctes de lui : les collectivités territoriales, parmi lesquelles les régions. Celles-ci bénéficient ainsi d’un pouvoir politique, une certaine autonomie de décision et de leur propre budget (principe de libre administration). Sous la surveillance d’un représentant de l’État (l’autorité de tutelle) qui n’est pas un supérieur hiérarchique, mais vérifie simplement la légalité des actes émis par ces collectivités.Toutes les régions n’ont pas le même statut. Récemment la Corse (on nous prédit souvent une vocation à devenir des « Corses du Nord »…) a acquis un statut spécial, avec une Assemblée détenant des pouvoirs plus élargis que les autres régions, dotée d’un exécutif doté aux larges responsabilités qui dirige l’action de la collectivité. Un mécanisme permet à l’Assemblée de Corse de mettre en cause la responsabilité du conseil exécutif. Le conseil économique et social s’y est vu reconnaître une vocation culturelle. Actuellement, c’est le seul en France métropolitaine. Des compétences, qui feraient même rêver… la Flandre, ont ainsi été transférées à la collectivité territoriale de Corse, dans des domaines très variés : éducation, communication, culture et environnement, aménagement du territoire, aides au développement économique, agriculture, tourisme, industrie, logement, transports, formation professionnelle, etc… Le conseil régional est aussi l'interlocuteur et le partenaire de l'État pour les programmes importants et de longue durée. Certes, contrairement à nos décrets ou ordonnances, aucune de ces entités ne possède, jusqu’à présent, de compétence législative. Seul le Parlement vote les lois de la Nation ; et seul le gouvernement conduit la politique de la République. Mais ça a le mérite de la clarté et d’éviter les conflits de compétences que nous connaissons. La Constitution protège les droits personnels (*). Ce découpage administratif en régions et en collectivités d’outre-mer (anciens DOM-TOM) n'a pas été réalisé de manière purement arbitraire : il respecte, tant que faire se peut, les identités culturelles, témoins du passé, de l'histoire. La Bretagne, par exemple, a une identité très forte, liée aux péripéties de l'histoire…Les statuts des régions leur sont adaptés. Il en va ainsi, pour l’exemple, de toute la palette des collectivités d’outre-mer, avec la Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna - qui ont trois rois qui gouvernent et sont… rémunérés par l’Etat français (!) ou la Polynésie devenue complètement autonome et dont les liens avec la France se limitent pratiquement à recevoir le chèque de son budget de fonctionnement… En France, ces particularismes ne posent pas, ou si peu, de problèmes ni de déséquilibres et personne y trouve à redire ou revendiquer.Les Wallons et les Bruxellois auront ainsi à leur disposition un large choix de possibilité respectant leurs sensibilités. On pourrait craindre que faire entrer la Wallonie et Bruxelles au sein de la République, c’est ouvrir la boîte de Pandore d’un fédéralisme centrifuge pour les régions des marches de France. Mais ce risque est-il vraiment si important ou ne serait-ce qu’un chiffon rouge ? Nul doute que le risque, négligeable pour qui est informé, a été évalué. Les marques d’intérêt « officieuses » affichées par les voltigeurs des médias proches du pouvoir (Alexandre Adler dans Le Figaro) depuis la démission d’Yves Leterme de ses fonctions de formateur ressemblaient plutôt à des signaux.Les médias (et dirigeants) français sortiraient-ils enfin du syndrome de Waterloo qui les a empêchés jusqu’ici de s’intéresser à ce qui se passe à un peu plus de 200 km de Paris ? Syndrome qui, par la volonté des despotes d’ancien régime à qui la philosophie des Droits de l’Homme a fait très peur,  a confiné le Peuple de France dans ses frontières d’avant 1789.Concrètement, la Constitution française prévoit une procédure de double referendum pour l’association de nouveaux territoires. Ensuite, les ressources et l'ingéniosité (la créativité) institutionnelle permettra d'accorder un statut qui satisfera les deux (ou trois, n'oublions pas Bruxelles !) partenaires. Association, absorption, association avec intégration progressive, etc... Beaucoup de choses sont possibles en conservant toute l'armature administrative et réglementaire qui conditionne notre quotidien. (Voir les articles 53 et suivants de la Constitution)

Math 17/11/2007 19:55

CONTROVERSE CE DIMANCHE 12h00 La guerre froide : que peut faire le Roi ? Cette semaine, la crise politique n’a cessé de s’amplifier : nouvelle « gifle » des Flamands, le front francophone pas vraiment soudé, un formateur invisible… et une issue improbable à cette crise qui n’en finit pas de commencer. Que peut faire le Roi dans pareille pagaille ? Est-il manipulé ? Instrumentalisé ? Pieds et poings liés ? Pourrait-il poser un geste fort ? A-t-il rendez-vous avec l’Histoire ? - Isabelle Durant, Co-présidente d’Ecolo - Francis Delpérée, Chef de groupe au Sénat (CDH) - Constitutionnaliste - Philippe Moureau, Vice-président du PS - Hervé Hasquin : Administrateur délégué du Centre Jean Gol - MR - Hugo Vandenberghe : Sénateur CD&V - Jean-Marie Dedecker : Liste Dedecker - LDD - ---->>>>>>>>>>Paul-Henry Gendebien : Président du Rassemblement Wallonie-France

Baré 17/11/2007 16:53

Je suis allé écouter hier le pianiste de jazz Brad Mehldau, à l'Ancienne Belgique, située à deux pas du centre de Bruxelles (un délice). J'ai tout de suite eu la confirmation de ce que mon fils m'apprenait, soit le rachat de cette salle par la Communauté Flamande : après le mot Bonsoir en 3 langues, la suite - pas de photos - GSM coupés - bref historique de la carrière du musicien), in het vlams, punt. Vous avez dit "ancienne Belgique" ?

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Recherche

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Dans Le Rétro...

Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !

Sur Le Feu...