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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 18:42

Flandre, indépendance ou autonomie ? Il n’y a pas de malentendu possible.
 
Le flou savamment entretenu par les partis flamands autour du sens réel des revendications déposées sur la table - tout comme les doubles discours tenus devant les médias des deux communautés linguistiques par ailleurs - procède d’une stratégie trop subtile pour ne pas être concertée.
 
Leurs partis traditionnels parlant assez volontiers - « jésuitiquement » dirais-je - d’autonomie et sont ainsi considérés par nos beaux esprits en Communauté française (Oui, française comme l’a rappelé Alexandre Adler (*) dans une chronique récente du Figaro) comme des gens avec qui on peut discuter, mais malheureusement sous influence de dangereux extrémistes.
 
Ces autres partis considérés comme extrémistes, la NV-A par exemple, « ceux par qui tous les malheurs arrivent », sont pourtant les seuls à tenir un langage clair. Notons au passage que les défenseurs de « la Belgique de papa » leur donnent vraiment beaucoup d’importance en disant d’eux « qu’ils mènent le bal » et que les partis traditionnels suivent. Difficile d’imaginer Bart De Wever en joueur de flûte…

Plutôt que de les diaboliser, il faudrait plutôt bien écouter tout ce que dit le président de la N-VA. Son raisonnement sur l'indépendance de la Flandre est rationnel et il est par ailleurs très conscient du fait qu'une Flandre indépendante devra respecter les traités internationaux en matière de minorités et qu'il est dans l'intérêt du nouvel Etat que son principal partenaire commercial actuel - la Wallonie- aille beaucoup mieux. Toujours  à la différence des Leterme ou autres Van Rompuy et Anciaux, vous ne l'entendrez peu (pas ?) être humiliant à l'égard des Wallons et autres Bruxellois francophones (dur certes, mais pas humiliant).

Conscient qu’en tenant de tels propos je recevrai certainement en retour une volée de bois vert, je persisterai à dire que le rôle de ceux qui s’occupent de politique est de chercher la vérité et de la dire. Quitte à jouer les Cassandre… et aller à contre courant de ce que les gens ont envie d’entendre.

Une fois qu’on se rend compte que le fond du message - indépendance versus autonomie – n’a que faire du choix des mots, on est en droit de se demander pourquoi, systématiquement, le projet d’indépendance pourtant clairement affiché n’est pas considéré comme urgent.

Il y a deux raisons. 
La première est de type économique. La Flandre n’est pas encore tout à fait prête. C’est l’objet d’un certain nombre de propositions à portée économique qui sont sur la table des négociations. Vulgairement parlant, « il y a encore de l’argent à prendre ». Le Club de la Warande qui regroupe les milieux économiques ne dit rien d’autre.

      Bruxelles-Hal-Vilvorde, c'est le seul atout qu'il serait stupide de galvauder dans le dernier quart d'heure.
 
La seconde est d’ordre plus institutionnelle. La revendication de scission de BHV entre bel et bien dans la logique d’indépendance. La marche irrésistible de la Nation flamande suppose la fixation de frontières d'Etat : telle est en est le sens. La dissolution de la Yougoslavie a en effet consacré en Europe le principe selon lequel les limites administratives internes acquièrent, en cas de sécession, le caractère de frontières d'Etat protégées par le droit international. Les Etats européens sont liés par ce principe qui maintiendrait les communes à facilité dans la Flandre indépendante. Les effets d'une scission seraient irréversibles.  Encore faudrait-il que ces limites administratives soient établies de manière univoque et définitive. Or, tant que la scission de BHV n'est pas consommée, ce n'est pas le cas. Ses limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Elles sont une indication claire de l'opposition persistante d'une des parties à la limitation de Bruxelles aux 19 communes.
 
 
L’indépendance flamande étant écrite dans les astres, les négociateurs francophones ont raison de refuser de discuter de cette scission. C'est le seul atout qu'il serait stupide de galvauder dans le dernier quart d'heure. En cédant sur ce point (ça a failli être le cas lors des négociations précédentes), c’est sacrifier le moyen et le long terme, en particulier la continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles et leur avenir commun, à des satisfactions immédiates mais illusoires, comme le refinancement éventuel de la Région ou l'allégement partiel, hypothétique et transitoire des contraintes linguistiques. C’est consacrer l’objectif essentiel de la Nation flamande en devenir. La reconnaissance de frontières fermes et définitives. 
C’est sacrifier définitivement les habitants francophones. 
 
Que faire alors ? Rien ! Ou plutôt… préparer la suite. 
N’être demandeurs de rien, c’est bien la meilleure manière d’obliger les Flamands à sortir du bois. A dévoiler leur jeu. A prendre leurs responsabilités tout en sachant qu’une déclaration unilatérale d’indépendance dans les conditions actuelles provoquerait une réaction des pays voisins membres de l’Union européenne. Réaction qui se traduirait inévitablement par l’exigence d’un referendum sous contrôle international dans les territoires contestés dans un premier temps
 
Voilà pourquoi, dans les discours, les projets d’indépendance flamande sont minimisés ou mis provisoirement sous le boisseau. Mais nous ne perdons rien pour attendre.
 
De plus en plus de citoyens parlent maintenant ouvertement de divorce. Ils ont raison, le divorce, d’accord, mais pourquoi faire ensuite, telle est la question qu’il faut maintenant poser aux habitants de langue française de ce presqu’ex-pays.  Moi, j’ai choisi !
 
(*) « La Belgique va-t-elle demander le divorce ? » La chronique d'Alexandre Adler. Publiée le 25 août 2007
 
Le texte en italique a été supprimé de l'article original... mais le journal fait allusion à la position d'A. Adler en page 4

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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commentaires

Emmanuel Priels 31/08/2007 09:16

Le mot autonomiste est sans doute mal choisi, je voulais dire par la  l'ensemble des francophones qui considèrent que le moment est venu pour la Wallonie et Bruxelles de se séparer de l'état belge. Je suis aussi partisant d'une réunion à la France, pourquoi ne pas faire une manifestation pacifique dans le but de faire entendre ces idées au plus grand nombre.

Claude Thayse 31/08/2007 10:13

Oui, mais il faudra bien choisir le bon moment...

Emmanuel Priels 30/08/2007 09:39

Votre analyse est exellente mais je ne peux m'empêcher de penser que BHV sera tôt ou tard sacrifié aux flamands, les habitants de ces communes devraient faire pression pour la tenue d'un référendum quand à leur avenir. Mais bon la Flandre ne voudra pas en entendre parler préférant le droit du sol au droit des citoyens, je ne vois pas la fin de l'état avant 2012. Alors ne perdons pas de temps et que les mouvements autonomistes wallons se manifestent.

Claude Thayse 30/08/2007 11:19

Quels mouvements autonomistes wallons ?

Patrice Lambert 29/08/2007 00:31

Monsieur Thayse,C'est vrai qu'il y a longtemps que je n'ai plus fréquenté votre blog. J'ai donc du rater un épisode. Qu'est-ce que ce mouvemnt "Debout la Wallonie !" ?J'ai eu un frisson en lisant votre carte blanche dans le "Soir" de ce 28/08/2007. Auriez-vous viré votre cuti chez les indépendentistes wallons ?Heureusement, votre blog m'a rassuré. Ce n'est vraiment pas le moment pour les unionistes de se disperser. Au contraire, il faut faire bloc. Un regret:. Vous écrivez "Moi, j'ai choisi". Pourquoi ne pas avoir ajouté "la réunion de la Wallonie à la France" ?Cordialement

Claude Thayse 29/08/2007 08:30

Un club de réflexion, un droit de tendance, une voix...  Mais voyez vous même : http://www.deboutlawallonie.net    Il est important de diversifier les moyens de diffuser notre message. D'autant plus que le RWF n'a plus de site Internet officiel depuis que son Bureau exécutif en a confié la mise à jour et la refonte à son "Chargé de communication"...Je suis d'accord avec vous quand vous écrivez : "Ce n'est vraiment pas le moment pour les unionistes de se disperser. Au contraire, il faut faire bloc." C'est pourquoi je n'ai pas précisé le choix - qui paraît pourtant évident à la lecture du titre que le journal m'a attribué - de la réunion à la France. Le président en exercice du RWF ne l'avait pas fait non plus la semaine précédente. Je me suis conformé à son message.Bravo pour le sondage en ligne sur votre blog !

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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