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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 00:01
Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe à Villers-Cotterêts une ordonnance de 192 articles. Cette ordonnance établit que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue administrative de l'époque.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts a en réalité été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet et est parfois connue sous le nom de Guilelmine (ça fait vachement érudit d’écrire ça… Non ?). C'est grâce à elle que le peuple a désormais accès aux documents administratifs et judiciaires. Sous réserve qu'il parle la «langue d'oïl» pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire… Le(s) Wallon(s) fait partie de cette aire linguistique.
 
L'article 111 énonce ainsi joliment : « Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement ».(*)
 
A noter qu’avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts, les élites du royaume ont déjà adopté la langue française. Même dans les provinces les plus éloignées. Il en va ainsi, dès 1448, peu après sa création, du Parlement de Toulouse qui a décidé qu'il n'emploierait plus que la langue d'oïl dans ses travaux et ses écrits, alors que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens. 
Sachez encore que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 à... Aoste ! 
 
Dans les faits, il va falloir beaucoup de temps avant que l'édit royal entre partout en application. Outre qu'il consacre le rôle unificateur de la langue française, il institue ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement des naissances, des mariages et des décès. 
Mais, il faudra du temps pour y arriver...
 
L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes, la France est une construction politique sans unité linguistique (pensons simplement au breton, alsacien, basque, flamand, corse, picard, wallon ou provençal… À l'exception de l'Ile-de-France et du val de Loire, toutes les provinces ont usé dans la vie quotidienne, jusqu'au début du XXe siècle, de langues plus ou moins éloignées du français de Paris.). En 1999, le linguiste et écrivain Claude Duneton a montré qu’en contraste, l'anglais, l'allemand, le castillan ou encore le toscan, qui sont aujourd'hui les langues officielles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, étaient déjà comprises par la majorité de la population, dans ces pays, au XVe siècle. 
 
C’est que comme il a déjà été largement démontré, la principale caractéristique, la singularité française dirais-je, c’est cette volonté de « vivre ensemble », malgré les différences, qu’on ne retrouve que très peu dans d’autres Etats d’Europe. Et certainement pas (plus ?) du tout en Belgique !
 
Chez nous, quelques militants de la cause flamande rejoints par les irréductibles partisans des « langues endogènes » remettent régulièrement en cause l’usage du français dans nos régions. Soit ! S’ils ont du temps à perdre… Je pense qu’on ne refera pas l’histoire. 
Des choix ont été faits dans le passé, ils partaient tous d’une très bonne intention, on l’oublie trop souvent. Ainsi, sous la IIIème République, le même désir que celui qui a présidé à l’élaboration de l’ordonnance de Villers-Cotterêts - faciliter une certaine promotion sociale assurer l'unité française - amena les responsables de l'enseignement à proscrire l'usage de tous patois ou parlers régionaux à l'école. Tout naturellement, il en a été de même, par saine « contagion » dans ce qui est devenu la Wallonie. Et c’est une bonne chose.
Mais il n’a pas fallu attendre aussi longtemps pour que des esprits éclairés, soucieux d’égalité républicaine y pensent. Deux exemples :
« … on peut uniformise le langage d’une grande nation … Cette entreprise qui ne fut pleinement exécutée chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l’organisation sociale et qui doit être jaloux de consacrer au plus tôt, dans une République une et indivisible, l’usage unique et invariable de la langue de la liberté ».
« … pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, … il faut identité de langage. … L’unité de l’idiome est partie intégrante de la révolution ».
Abbé Henri Grégoire (extraits de son rapport à la Convention)
« La monarchie avait des raisons de ressembler à la tour de Babel; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale… Chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous. »
Barère 
 
Voilà, me semble-t-il de bonnes raisons pour ne pas céder aux sirènes du retour aux « tout au patois » (même si ceux-ci, poursuivant leur existence, ont toujours pour vocation d’enrichir notre belle langue française et de jouer un rôle non négligeable de cohésion sociale) ou aux imprécations impérialistes et étrangères de retour aux « parlers historiques » disparus. Ou pire encore parce que c’est plus insidieux, à l’abâtardissement de notre langue par le recours au « basic English », sabir utilitaire, bien éloigné de la langue de Shakespeare… « Basic English » dont nos dirigeants et médias raffolent. (Splitsing, ring, trip, files, back stage, cents, etc…)
 
(*) Nous serions donc mal venus de critiquer la volonté flamande d’uniformiser et de généraliser l’emploi de leur langue à tous les actes de la vie publique sur son territoire… à condition que l’Etat flamand se définisse comme bien tel. Un Etat souverain, libre et indépendant. (Mais on y vient tout doucement…)

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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commentaires

autres références 29/10/2008 17:13

merci de votre avis sur Taine , mais...il y a cependant d'autres historiens , comme le juif I Eldad en anglais..., le français F Furet , l'allemand E Nolte qui parlent de ce problème... et concrètement les plaques rouillées  sur les lieux d'extermination et les registres paroissiaux tâchés etc... il y a aussi cette proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen, déposée sur le bureau de l'Assemblée Nationale en févier 2007 : mais pourquoi la France reconnaîtrait elle même ses torts sans aucune pression internationale ? ce serait vraiment une première , la démarche elle-même paraît un peu suspecte !Et en retour vous parlez de Toulouse :  Toulouse est souvent cité pour être le lieu des premiers procès en sorcellerie en France (suite aux massacres des cathares) : ce n'était  peut-être pas un modèle de tolérance pour les autochtones !!!De plus Villers-Ctterêts aurait été interprétés par les révolutionnaires : selon ma modeste source  Wikipédia il est écriten langage maternel francoysor le terme maternel semble bien contredire la version des révolutionnaires, car François 1er savait bien que les gens du peuple ne connaissaient pas le français de Paris mais un français déformé et dépendant des régions - un français que beaucoup ont encore dans l'oreille, d'ailleurs- Car  si c'est faux que la langue des révolutionnaires n'était pas totalement incompréhensible à la majorité des français-85 % à l'époque de la révolution -, mais je ne suis pas témoin oculaire -, sauf  aux angevins... ou aux vendéens, par exemple !!!- expliquez nous pourquoi je n'ai que trois générations derrière moi à parler français, et  pouvant témoigner qu'avant elles, la plupart  ne comprenait rien à ce langage des villes ? et pourquoi c'est pareil pour tous les descendants de paysans que je connais ? on peut constater soit-même la désinformation, sans historiens Si le français est partout en perte de vitesse, il y a sans doute d'abord une raison affective : c'est une langue qui a été massivement imposée Je comprends que certains puissent la choisir, mais je trouve un peu déplacé de citer l'exemple du français en  France comme vous le faites sans souligner qu'on ne nous a jamais demandé notre avis, et c'est peut-être pour cette raison, par manque de confiance dans l'amour du peuple français pour le français, que l'article 2 de 1992 précise que La langue de la République est le français

Claude Thayse 29/10/2008 19:11


Je ne vais pas polémiquer à coup de contre-exemples ou de contre-arguments. Ce billet a été écrit dans un contexte particulier. Les événements que vous citez également.
Je ne connais pas I. Eldad (entre-nous, juif n'est pas une nationalité...). Je retiens d'Ernst Nolte (quelle religion ?) qu'il a soutenu que les fascismes sont une double réaction à la fois contre
le communisme et le système démocratique libéral qui leur sont antérieures et qu'il a minimisé les crimes nazis... François Furet (choix philosophique indéterminé), c'est autre chose.
Je ne minimise pas les excès et débordement de la Révolution. Simplement, je constate avec Crozier que les systèmes n'évoluent malheureusement que dans la douleur.
Et que l'imposition de la langue française a été un instrument essentiel d'émancipation et d'intégration, y compris pour les paysans. De même que celle du système métrique... Autre acquis
essentiel. La France est évidemment une construction politique sans unité linguistique au départ, qui le conteste ?
Je vous écris d'une région fort lointaine de l'Anjou ou de la Vendée et où jusqu'à l'âge de 5 ans, j'ai parlé le wallon de mon village. Il n'y a donc pas trois générations. On ne parlait pas
le même patois (langue endogène) dans le village voisin. Dans ma région, la Wallonie, si on parlait de nombreux wallons différents, on y parle aussi picard, bas allemand, et le nom
m'échappe, mais le même que celui de Jeannne d'Arc. Le français a été pour nous une langue d'émancipation tout autant que d'unification.
Imaginez la France actuelle (mais c'est peut-être ce que certains veulent) comme une tour de Babel... Quelle serait encore sa place dans le monde ? Certes, l'imposition d'une langue commune ne fut
pas facile ni sans douleurs, mais quel héritage exceptionnel ! Rejeter le français, c'est faire le jeu de ceux qui ne l'aiment pas et n'aiment pas la France. Peut-être est-ce votre cas ? Un autre
vendéen que j'apprécie peu à dit un jour dans un contexte différent :" La France ? Tu l'aimes ou tu la quittes ! " Et pourtant, il est vendéen !
Et si nous n'avions pas le français... Commment aurions-nous pu avoir cette discussion ?

Et euh... J'ai parlé de Toulouse dans ce billet de 2007 ? A quel propos ?


Autres références 29/10/2008 15:40

la principale caractéristique, la singularité française dirais-je, c’est cette volonté de « vivre ensemble » ???Je profite de la liberté internet pour vous demander : Ou voyez -vous une volonté  ?vous citez Barère  :  citez donc le décret du 1er novembre 1793  sur rapport de Barère: " Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. "conséquence : génocide vendéen de 1793 : 150 000 à 400 000 personnes -Mais l' historien Taine a bien décrit la désinformation systématique à ce sujet

Claude Thayse 29/10/2008 16:11


Je n'ai pas dit que tout ça a été facile, ni que l'Histoire a été un long fleuve tranquille. Taine que vous citez, n'a-t-il pas dit : " Quel cimetière que l'histoire ! "
L'être humain est coutumier des excès ! Dans tous les sens...
J'aurais pu citer Renan également, mais ce n'était pas le sujet de ce billet.
Taine, s'il fut à sa manière un des promoteurs de "l'Histoire scientiste", est considéré comme un conservateur qui critique les extrêmes, n'oublions pas non plus qu'il fut récupéré politiquement
par ceux qui rejettent l'école méthodique républicaine. Qualifié d'injuste ou de hâtif dans ses conclusions à cause de ses interprétations et de son manque de recours aux archives, il est resté
pour beaucoup le père des doctrines politiques conservatrices et l'auteur de ce qu'il est convenu d'appeler les "légendes noires" de la Révolution... apprécié (récupéré) à ces divers titres par
Maurras et l'Action française entre autres...


didier 13/08/2007 10:56

Ma modeste contribution au débat "langue nationale vs langue vernaculaire": - en Allemagne, la langue standard est une langue "artificielle": c'est la version savante d'un dialecte "intermédiaire" (situé en plein centre de l''espace allemand et de fait compréhensible sur une aire très large). C'est notamment la bible de Luther (15ème siècle déjà) qui a standardisé cette langue à l'écrit, et la presse (Gutemberg) qui a permis son expansion rapide en même temps que la Réforme. Quand l'Allemagne est devenue un état (en 1871 seulement!), cette langue commune "Hochdeutsch" était déjà la langue savante de tout l'espace 'allemand' (prusse et autriche).- en Italie c'est la langue de Florence (en gros) dans sa version savante également, qui a servi de base à la langue nationale (l'Italie s'est aussi unifiée... en 1870 seulement!). Ce "dialecte" florentin était déjà de longue date la langue poétique, des élites, etc, et a tout naturellement été accueillie par les populations, car elle était compréhensible pour le plus grand nombre.En conclusion Italie et Allemagne étaient des "nations culturelles" longtemps avant de devenir des états.La France, au contraire ...  (je me limite ici aux dialectes latins, franchement majoritaires) s'est construite politiquement avant de se construire linguistiquement et culturellement. Ce qui rendait le français (souvent) incompréhensible au sud de la Loire, c'est la présence d'une autre langue savante, de longue date également, dans ces régions: l'Occitan, qui dès le moyen-âge était devenu langue de culture dans les régions du sud.Le français a donc en quelque sorte dû être décrété langue nationale.Le cas de l'Angleterre est légèrement différent: d'abord les distances y sont plus faibles (les dialectes sont donc plus proches), ensuite l'unification nationale s'y est faite très tôt (intialement en 1066!). Il est à noter que le français y est resté très longtemps la langue de la cour (jusqu'au 14ème siècle), mais l'anglais "de Geoffrey Chaucer" (14ème siècle) était compris partout, et il était la langue du peuple, et de la justice.

Claude Thayse 13/08/2007 11:35

J'ai les mêmes références.

Jacques Heurtault 12/08/2007 00:33

Je vais vous faire de la publicité sur mon blog! J'ai, même pendant le creux du mois d'Août, presque 300 lecteurs quotidiens ...Ca fera un proposition audacieuse de plus! 

Jacques Heurtault 11/08/2007 23:53

Alors, il faut continuer ... Vingt fois sur le métier remettre son ouvrage!Dans votre esprit, comment serait organisée cette "absorption"? Une région supplémentaire?Vous n'ignorez pas, je suppose, que les flamands de Belgique (cerains, pas tous!) revendiquent le retour de la Flandre française à la Belgique? J'ai été attaché parlementaire d'un député européen à Bruxelles en 1989 et 1990. J'ai été frappé par le fait que, en Flandres belge, on ne voit pas écrit Lille mais Rijsel! 

Claude Thayse 12/08/2007 11:53

Sans préjuger des négociations qui auront cours avant toute réunion, je ne puis que répéter ce que j'ai déjà écrit précédemment. Concrètement, la Constitution française prévoir une procédure de double referendum. Ensuite, les ressources et l'ingiénosité (la créativité) institutionnele permettra d'accorder un statut qui satisfera les deux (ou trois, n'oublions pas Bruxelles !) partenaires. Absorption, association avec intégration progressive, etc... Beaucoup de choses sont possibles. Une ou deux régions supplémentaires, oui fort probablement.Et uoi, je suis au courant que certains Flamands de Belgique et de très râres Flamands de France envisagent cette hypothèse, mais ils sont très marginaux, même en Flandre. Ceci dit, Lille est historiquement l'ancienne et la seule capitale des Flandres. Flandres dont le territoire ne correspond pas à la Flandre actuelle... Mais bon...

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
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*

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