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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 06:25

Le 24 juillet 1967, bouleversé par l'accueil délirant de Montréal, le général de Gaulle criait sa phrase la plus célèbre de ce côté-là de l'Atlantique, du haut du balcon de l'Hôtel de ville. Celle que personne n'avait osé attendre : « Vive le Québec libre ! » 
Je reste stupéfait de la force, de la justesse et de la pertinence de ce discours... et de son actualité.

 

 
Ce n’était pas un accident.
En juillet 1967, les Québécois étaient encore des Canadiens français, René Lévesque n'avait pas encore quitté le Parti libéral, les partis indépendantistes récoltaient moins de 9 % des suffrages.
La visite du chef de l'État français, sous le prétexte de l'Expo 67, était minutieusement planifiée. Pour éviter de passer au préalable par la capitale fédérale, de Gaulle avait ainsi refusé de prendre l'avion. Il était venu en bateau, à bord du Colbert, pour être «forcé» d'arriver par la ville de Québec, le matin du 23 juillet. Empruntant le Chemin du Roy, le long du majestueux fleuve Saint-Laurent, il vit des milliers de personnes l'acclamer, sur terre et sur mer, dans les villes et villages entre Québec et Montréal.
C'était l'époque où les Québécois aspiraient à l'autonomie et à la reconnaissance de leur caractère distinct.
 
Peu avant la visite du général, le Canada officiel se laissait bercer par une douce illusion d'unité en fêtant le 100ème anniversaire de la Confédération… Tiens donc, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? 

Hélas, il n'a jamais pu le faire chez-nous !
 

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Published by Claude Thayse - dans Coup de coeur
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commentaires

Defechereux 18/09/2007 13:04

Cher Claude,Felicitations pour ton blog. Simple remarque concernant le refus wallon du bilinguisme generalise en 1932 : c'est hypocrite de la part des Flamands car ils ne parlent pas vraiment neerlandais, mais des dialectes de la meme famille linguistique. De plus, pourquoi devrions-nous subir l'obligation d'appremdre cette langue qui ne nous menerait a rien au plan professionnel ?Bon courage !

Demarcq 25/07/2007 12:51

Je me méfie de la capacité d'indifférence des élites françaises.

Voyez le Val d'Aoste. Cas intéressant! En 150 ans de pression continue, les Italiens sont parvenus à leur objectif, faire d'une province 100% francophone un pays où le bilinguisme n'est plus qu'une convention folklorique et où le français est dans les faits en perdition. Ils ont joué successivement sur tous les registres : attachement sentimental à la dynastie (les Savoie), invocation à la logique économique et géographique, préférence aux italophones dans les emplois publics, complicité croissante du clergé, phases d'épuration ethnique ouverte (sous Mussolini), union sacrée (en 1944-45) des fascistes, catholiques et socialistes italiens pour empêcher l'autodétermination du territoire, puis autonomie bidon présentée comme hautement préférable à l'affreux centralisme français, utilisation de l'effet de levier procuré par l'arrivée d'électeurs extérieurs à la province (comme aux Fourons), prétextes européistes (il n'y a plus de frontières, n'est-ce pas...), et aujourd'hui dernières facilités scolaires grignotées les unes après les autres...

Tandis que la petite Autriche a fait reconnaître son droit de regard sur le Sud-Tyrol, la grande France s'est totalement désintéressée de ce qui se passait au Val d'Aoste, à part une velléité en 1945 — vite réprimée par nos grands amis américains.

C. Thayse 25/07/2007 13:32

Vous avez tout à fait raison de le faire remarquer. Beaucoup, en France, surtout parmi les "gaullistes" et apparentés partagent vos inquiétudes.

Demarcq 25/07/2007 01:14

Je reste épaté de ces propos de De Gaulle. Quelle hauteur de vue, quel sens de la responsabilité historique, et en même temps quelle dignité, et quel tact.
Et aussi quelle prescience: 1965, c'était encore le temps où la généralité des francophones, même se sachant minorisés, se croyaient encore les maîtres naturels du pays — jusqu'à ce que l'affaire de Louvain leur prouve le contraire deux ans plus tard.

"ce sont les Wallons qu'il nous faut convaincre, pas les Français" : n'est-ce pas un ministre ou un conseiller de François Mitterrand qui, lorsqu'on évoquait l'éventualité d'une réunion de la Wallonie à la France, avait sèchement répondu: "Nous avons déjà nos pauvres !" C'est l'expression (certes brutale) d'un point de vue qui me paraît assez répandu chez les dirigeants français.

Claude Thayse 25/07/2007 08:45

Ne croyez pas ça !Cette expression malheureuse d'un ministre "à bretelles et havanes",  "socialiste" et  fort controversé à son époque (il n'a même pas été réélu Député par la suite), si elle est passée quasi inaperçue en France, a en effet fait fortune en... Belgique francophone. C'est hélas du pain béni pour les francophobes et "belgicains" de tout poil !Cette sortie malheureuse est encore sévèrement critiquées, en France même, par ceux qui ne l'ont pas oubliée. Lors des contacts que j'ai pu avoir avec des hommes politiques de premier plan ces dernières années, je peux vous confirmer que l'attitude de la France et de ses dirigeants reste fidèle à celle définie comme "non ingérence, mais non indifférence". Ce qui explique la prudence diplomatique. En colloque singulier, les propos sont tout autres. Essayez !Et voici quelques commentaires datant de la même époque...De Jean-Pierre Chevènement, Ministre de la République " Je me sens proche de vous de vos questions et de vos inquiétudes. Je pense que dans l'avenir nous aurons beaucoup de choses à faire ensemble. La position officielle des autorités françaises est de ne pas prendre position. Naturellement, le gouvernement respecte les traités qu'il a signés. On pourrait appliquer à la Wallonie le propos que M. Juppé a appliqué au Québec : " Quel que soit le choix du peuple québécois il trouvera la France à ses côtés ". Je ne suis pas venu à Liège prôner le rattachement. Le rattachement est un choix qui appartient essentiellement aux Wallons et dans lequel je ne veux pas m'immiscer. Naturellement j'ai de l'amitié pour les Wallons. Je comprends leur situation géographique culturelle, je dirai presque par affinité. Quel que soit votre choix futur, nous serons à vos côtés. "" Si les Flamands souhaitaient répudier la Belgique, et pour peu que les Wallons le souhaitent, ce serait évidemment le devoir de la France d'accueillir la Wallonie en son sein." (RTL, Journal télévisé du 11 juillet 1996) De Jacques Chirac, Président de la République "...Je voudrais surtout vous dire que Liège occupe une place à part dans le cœur des Français. Ces liens ont été tissés par l'Histoire. Dans toutes les épreuves vous avez été à nos côtés..... J'irai plus loin; c'est une région qui fait honneur à la culture française... C'est dire l'estime, l'affection, l'amitié que nous éprouvons pour vous...Aujourd'hui, ce ne sont pas des visiteurs étrangers qui sont présents à l'Elysée mais des compagnons, des frères..." (Allocution de Monsieur le Président de la République lors de la visite d'une délégation liégeoise, le 3 juin 1996) De Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand " S'ils étaient consultés demain sur l'éventuel rattachement des francophones de Belgique à la France, 95 % des habitants de l'Hexagone répondraient favorablement..." De Jacques Legendre, Sénateur du Nord et ancien Ministre de la République " Quand on voit les évolutions qui ont cours actuellement en Europe, on ne peut considérer a priori comme une aberration ou une monstruosité, que des gens aussi proches l'un de l'autre qu'un Wallon de Mons et un Français de Valenciennes se retrouvent un jour dans un même ensemble. Cela n'aurait rien de plus bizarre que de voir des Allemands se retrouver " (Le Soir, 16 juillet 1996) De Michel Jobert, ancien Ministre des Affaires étrangères de la République "...Quoi de plus naturel que d'aller vers votre Mouvement, mémoire et action en faveur des liens exceptionnels qui joignent les Wallons au pays qu'ils n'ont cessé d'honorer d'une indéfectible confiance. Les années, les siècles s'éclairent ainsi de la connaissance de l'histoire, mais bien au-delà, de la fidélité familiale qui abolit les frontières avec la force de l'évidence. " (Lettre à Maurice Lebeau du 24 octobre 1995)

jean 24/07/2007 15:42

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=gaulle+belgique&num_notice=2&total_notices=12

didier 24/07/2007 12:04

et oui, comme je commence maintenant à le dire assez souvent: "ce sont les Wallons qu'il nous faut convaincre, pas les Français"

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

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