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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.

Samedi 8 mars 2008
Alain Destexhe nous informe sur son blog que : " le CD&V aurait fait réaliser (discrètement)  un sondage qui montre qu'une alliance "NVA + Lijst Dedecker + les plus 'modérés' du Vlaamse Belang" donnerait 25 à 30% d'intentions de vote... 

A suivre...
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Samedi 8 mars 2008
J'ai reçu ce texte engagé d'un réunioniste sincère, observateur assidu de l'évolution politique. Je le publie intégralement, il me plait bien. Merci Michel !
  
Souvenez-vous, il y a presque un an (27/03/2007), le Ministre-Président flamand, Yves Leterme (tiens !) enterrait de manière magistrale le principe de la vignette autoroutière après une visite aux Pays-Bas. Du côté francophone, André Antoine, ministre des transports,  parlait de trahison ! Michel Daerden quand à lui parlait de sacrifice des intérêts du pays (lequel ?).
Même l’Union wallonne des entreprises se demandait qui décidait de la politique en Belgique.
Dont coût pour la Région, 24 millions d’euros de rentrées escomptées.
 
Ce jeudi 06/03/2008en visite au Pays-Bas, Rudy Demotte, notre très bilingue ministre président wallon déclarait acceptable la création d’une taxe « intelligente » pour camions dès 2011 et en 2012 pour les voitures, se ralliant ainsi au point de vue défendu par la Flandre et par sa capitale, Bruxelles !
 
« Jusqu’à présent en Belgique, la Flandre y était très favorable ; plusieurs ministres bruxellois ont dit de même. Seule la Wallonie restait en retrait, tentant toujours d’imposer une vignette classique pour les camions. Le virage est donc notable, note Michel De Meulenaere dans le Soir de ce vendredi. « Si l’on ajoute le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne où le système existe déjà pour les poids lourds depuis plus de cinq ans, cela représenterait un espace et un trafic considérable au centre de l’Europe. Le principe ? Intégrer dans les véhicules une puce couplée à un GPS qui, par satellite, mesurait le nombre de kilomètres parcourus, mais aussi le type de trajet, l’heure à laquelle il est effectué et le type de véhicule hôte du système. A partir de là, les possibilités sont multiples: payer simplement le kilomètre, augmenter le prix aux heures de pointe, faire payer davantage lorsqu’il existe une alternative valable de transport en commun (une liaison ferroviaire, par exemple), etc. » 
« D’un coût modique, le système ne devrait pas alourdir la taxation sur les autos puisque la taxe de circulation serait supprimée. On ne paierait plus qu’à l’usage. Certains conducteurs qui choisiraient de réduire l’usage de leur auto verraient donc la facture diminuer. Et cerise sur le gâteau, un plus pour l’environnement et pour la mobilité espère les partisans du système.
Rappelez-vous, il s’agissait du même discours à propos de la libéralisation de la distribution du gaz et de l’électricité pour ne prendre que l’exemple le plus récent. 
  
Ainsi sur le papier, tout va pour le mieux. Oui mais voilà la Wallonie n’est ni la Flandre, ni Bruxelles.
Négligée, voir volontairement sacrifiée par la SNCB d’Etienne Schouppe, son ancien administrateur et actuel président du CD&V-NVA (!) son réseau n’a plus la densité d’autrefois, nombres de gares ont été vendues ou désaffectées et parmi celles qui restent, nombres d’entre elles sont délabrées. Ne parlons pas plus des kilomètres de voies qui non entretenues durant des décennies ne pourraient plus être remise en service sans des réparations trop lourdes et trop coûteuses pour notre région.
Son habitat dispersé, surtout dans le sud ne permet pas l’instauration hors agglomération de ligne de bus et de tram rentable (mot d’ordre actuel) en nombre suffisant  pour permettre une mobilité telle que l’exige notre époque.
 
Relevons également à ce propos le mot d’ordre du valet de la Flandre qui déclarait il y a peu de temps vouloir envoyer des chômeurs wallons travailler en Flandre. Sachant que les Tec ne desservent pas la Flandre et De Lijn la Wallonie, on leur promet bien du courage pour s’y rendre à moindre coût et dans un délai raisonnable. Cela sans tenir compte de l’accueil qui leur sera réservé s’il ne maîtrise pas la langue de nos toujours compatriotes du Nord.
 
« Dans l’entourage de Demotte, jeudi, on confirmait sa volonté d’être partie prenante à partir de 2011, « sans préjugé de ce qui se passera entre-temps ». En clair, le Sud ne renonce pas à l’idée d’une vignette forfaitaire à court terme. La Flandre y est cependant opposée et personne ne semble imaginer que les wallons pourront seuls concrétiser cette idée. Prélude à un nouveau virage ? »  ajoute courageusement le journaliste.
 
Degrelle ne renierait pas l’évolution actuelle des choses lui qui considérait que
« les Pays-Bas bourguignons avaient constitués le plus beau fleurons du Saint Empire germanique »*.
  
*Louise, duchesse de Valence, Degrelle m’a dit », Roubaix, 1961, pages 375-376, citée par Fr. Perin dans « Histoire d’une nation introuvable » 
par Michel Martens publié dans : Invités
Vendredi 7 mars 2008

Le site de la société batave « Kluwer » analyse l’actualité fiscale à l’attention des professionnels. Il y a parfois des informations intéressantes en matière de comparaison internationale. Voyez cette information qui m’avait échappé.
 
En bref, statistiquement, la quasi totalité de la population française est dispensée de payer un tribu suite au décès d’un de leurs proches. Cet impôt non payé augmentera ainsi corrélativement le pouvoir d’achat des héritiers, ce qui devrait indirectement permettre une relance de la consommation…
 

Et quelques autres informations pour ceux qui en ont les moyens...

Vendredi 7 mars 2008
On peut être un excellent « politique », mais un très mauvais « politicien ». L’idéal étant d’être les deux à la fois. N'être que « politique » n'amène généralement à rien...
Ayant côtoyé les Ecolos lors d’un bref passage, comme technicien, dans une majorité gouvernementale, je me dois de dire que quand ils disent « faire de la politique autrement », ils ont raison.
Ils sont effectivement « autrement plus fort » - pour reprendre une formule entendue à la RTB(f) - et ont moins de scrupules (sans doute parce qu’ils sont moins engagés) que les autres partis traditionnels dont qu’ils le veuillent ou non, ils font partie.
Ils viennent encore de le démontrer avec brio, clamant leur déception tout en étant ravis de ne pas devoir prendre leurs responsabilités. Et gardant ainsi, confortablement et sans se mouiller, la confiance des naïfs qui espèrent encore en la prolongation de l’aventure belge tout en faisant la fortune des marchands de drapeaux... 

Et, à propos d'écologie (la vraie, pas la politicienne), une petite vidéo américaine qui fera plaisir à certains : 
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Mercredi 5 mars 2008

Suite à mon billet du 21 février, D. L. de Liège (je le remercie , il se reconnaîtra…) m’envoie ce texte avec le commentaire suivant : «  ce décret, qui date peut être un peu (19 novembre 1792), je ne suis pas juriste et je doute qu'il ait encore une quelconque valeur, néanmoins il est tellement beau que je n'ai pas résisté au plaisir de vous le transmettre ».
 
« La Convention nationale déclare, au nom de la nation française, qu'elle accordera aide et secours à tous les peuples qui voudront recouvrer leur liberté et charge le pouvoir exécutif de donner aux généraux les ordres nécessaires pour porter secours à ces peuples. »
 
Décret de la Convention nationale de 29 brumaire an 1

par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Mercredi 5 mars 2008
Une pétition (*) circule pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.
 
Je ne résiste pas au plaisir de citer ce rappel qui lui est fait des propos qu'il avait tenu dans son discours du 9 mars 2007 à Caen lors de la campagne électorale : 
- « La France, c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le français disait Rivarol ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine ».
- « Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».
- « L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».
- « Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».

(*) Lancée par Régis Ravat - Président de l'A.FR.AV
par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Lundi 3 mars 2008

Une intéressante pétition que je vous invite à signer... pour montrer que notre communauté scientifique française ou francophone a encore la capacité de penser par elle-même et qu’il ne faut pas rejeter, comme insignifiant, tout ce qui s’écrit en français. 
   
Il existe au moins trois bonnes raisons de penser qu'il est indispensable que les scientifiques continuent d’écrire en français.  
– Puisque la recherche repose essentiellement sur des financements publics, une considération  élémentaire voudrait que les contribuables aient un accès en français à ce qu’ils ont  soutenu par le biais de leurs impôts.
– La deuxième raison concerne l’enseignement. La production de livres de synthèse et de manuels en français est une tâche extrêmement honorable et même nécessaire pour compléter un enseignement dispensé en français. Comment faire aimer une discipline en n'offrant que des livres en anglais qui ne sont en général pas adaptés, ni au niveau, ni aux habitudes que nous avons de structurer nos enseignements ?
– La troisième raison relève de l'apprentissage. Il faut un grand entraînement pour pouvoir s’exprimer dans une autre langue que sa langue maternelle avec le même sens de la nuance, avec la même richesse. Quel meilleur moyen d’accéder à la pensée d’un auteur que de discuter avec lui dans sa propre langue ?

par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Dimanche 2 mars 2008

Discutant récemment avec Guido Fonteyn, l'éditorialiste flamand de gauche bien connu, celui-ci me soutenait que nous avons une vision tronquée de la Flandre. Que le Peuple flamand de gauche s'opposerait à toute indépendance, entre autres, parce que dans ce cas, ils se retrouveraient avec un régime de droite assez dur.
Le
Manifeste des intellectuels réunis dans le "Gravensteengroep" montre au contraire qu'il y a certainement plus que des convergences entre les deux côtés de l'échiquier politique en Flandre. Ils ont une même vision de l'Histoire et des revendications communes pour le tout proche avenir. Et bien l'intention de les voir aboutir... Je n'avais pas encore eu l'occasion d'en parler.

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Dimanche 2 mars 2008

Je ferais un bilan en demi-teinte. Tout d’abord, il y a très longtemps que des Wallons ne se sont plus réunis aussi nombreux pour réfléchir à leur identité , mais curieusement ce mot n’a pas été prononcé de toute la soirée.

Mais si le thème était de présenter « un projet politique de la société wallonne pour son avenir », je reste sur ma faim. L’assistance était certes composée de militants wallons sincères (des rattachiste au partisans du "tout en wallon refondu", j'étais assis à côté de l'un d'entre-eux...) et d’une grande délégation de Fouronnais, mais n’avait attiré que peu de politiques, quelques syndicalistes et pas de représentants du monde économique. En particulier,seul des adhérents ( ?) du PS (si on peut encore qualifier ainsi les Van Cau, Dehousse, Eerdekens, Happart plutôt régionalistes et l’ultra-belgicaine Lizin - qui est juste passée le temps de se faire photographier - de « représentants du PS ») et quelques un de leurs apparatchiks représentaient le monde politique. Certes, des dirigeants ou militants de partis wallons ou confidentiels étaient présents (RWF, WALLON…). bravant leurs instances officielles. Seule bonne surprise, la présence  de quelques universitaires. Le pari de réunir la « Société wallonne », s’il a jamais existé n’est donc pas encore gagné… Mais c'est un premier pas.
 
Petit résumé des interventions (Je n’ai pas entendu celle de Jean Louvet…) :
 
Jean Pirotte, président de la Fondation wallonne a été clair et son discours, repositionnant le mouvement wallon, dans son histoire. (Le texte de son intervention est publié sous forme decarte blanche dans "Le Soir" du 4 mars)
 
Les différents dirigeants syndicaux présents - et leur présence est un fait important - ont mis l’accent (avec redondance et un ton très syndical) sur ce qu’a apporté la régionalisation des compétences économiques à la Wallonie, mais, curieusement tout en se référant à la pensée d’André Renard qui a eu (lui !) l’intelligence de lier le combat syndical au combat wallon. Ceux qui s’en réclamant maintenant ont tapé sur la Communauté française, sur la concentration des moyens à Bruixelles, sur leurs excellentes relation avec les "camarades flamands" tout en se livrant à des incantations pour le maintien de la solidarité fédérale et des professions de foi fédéralistes dont tout le monde sait que la Flandre - qui s’édifie en nation - n’en a plus rien à cirer. L’un d’eux à même parlé de symbiose, alors que le terme parasitisme eût mieux convenu. Clamant enfin leur solidarité avec Bruxelles mais tout en exprimant un certain malaise vis à vis du statut de cette ville-région.

Evidemment, ils font partie du système, il est bien loin le temps où les syndicats étaient des structures révolutionnaires. Wallons ? Oui, mais solidaires avec nos amis Flamands qui eux ne le sont pas. Il n’y a pas d’autre horizon que les frontières de la Belgique unie. En tous cas officiellement... Pour eux.
 
De l’intervenant présenté comme venant du « monde économique », en réalité le secrétaire adjoint à la fédération wallonne de l’agriculture et ancien membre du Cabinet de José Happart, alors ministre, il y a peu de chose à retenir, sauf une confirmation : c’est que la Wallonie est capable, après une période d’adaptation, d’absorber n’importe que transfert de compétences. Mais qui en doutait ?
 
De Thierry Haumont, romancier, présenté comme parlant au nom du monde culturel et associatif, je ne retiendrai qu’une chose d’une intervention laborieuse, confuse,  maladroite et improvisée (Méforme ou stress ?) : il n’y a presque rien qui a changé en 25 ans… Pour le reste, mieux vaut oublier, il est même parvenu à choquer un authentique résistant wallon de la guerre 40-45 et militant de la Wallonie libre !

 
Christophe Collignon, a sauvé la mise en résumant sa carte blanche publiée dans « Le Soir ». 

Bref, non au communautarisme, oui au régionalisme (3 régions distinctes et disparition de la Communauté française) mais dans le cadre de la Belgique… tant qu’elle assure la sécurité sociale. Point ! Rien de bien neuf, une position connue.
Alors que dans quelques mois, nous allons probablement assister à la grande rupture… On voudrait relancer le débat entre communautaristes et régionalistes qu’on n’aurait pas fait mieux. Certains cachaient mal une certaine jalousie à l’égard de Bruxelles tout en l’assurant de leur solidarité indéfectible. Il faut dire que la sortie provocatrice et méprisante de Maingain sur son projet d’Etat francophone était dans tous les esprits.

Tout ça manquait furieusement de hauteur.

Un pause bienvenue a permis à aux spectateurs de se rencontrer… Et d’échanger leurs points de vues.

Après une rapide présentation rapide de la « Déclaration pour un projet politique mobilisateur de la société wallonne » (ICI en pdf pour que vous puissiez vous en faire une idée et éventuellement réagir) un court débat avec la salle a surtout permis aux politiciens présents de s’adresser à l’assemblée pour leur dire – comme d’habitude – ce qu’elle souhaitait entendre. Van Cau plutôt régionaliste, Eerdekens partisan du rattachisme, Dehousse osant rappeler que c’est grâce à la Communauté française (omettant de dire qu’elle fut obtenue par F. Perin dans cet objectif) que la Région wallonne a pu exister. Pour ceux qui l’ont oublié, les Flamands voulaient un fédéralisme basé sur les Communautés linguistiques, les Wallons mettant en avant la maîtrise de l’économie par les régions. Le résultat fut un compromis boiteux dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences. (1) Particulièrement en matière d’enseignement où il faudrait adapter les programmes en fonction des besoins locaux. J’aime bien utiliser l’image suivante : « Un sanglier ne se chasse pas de la même manière dans le bois de la Cambre et dans les forêts d’Ardenne… »

Happart a conclu à sa manière inimitable. Dans un discours disant tout et son contraire.
Petit florilège :
- La Belgique vivra encore longtemps et la rupture risque de se faire dans les 6 mois qui viennent.
- La Wallonie Région de France ? Pourquoi pas, je n’y suis pas opposé (Ah bon ?) ? Mais les Français n’en veulent pas. (Ah booonnnn  ?)
- Il faut préparer l’avenir, mais le Parlement wallon ne veut pas en parler.
- Les politiques ont bien compris qu’on va dans le mur, mais ils doivent suivre l’opinion publique qui ne l’a pas compris.
 Bref une soirée décevante d’une part, ne représentant qu’une partie de la société civile wallonne et une fraction (en rupture de ban ?) du monde politique les orateurs inscrits au programme persistant à croire (ou à vouloir faire croire) à la poursuite d’une Belgique fédérale pourtant illusoire. Tandis que dans la salle, et autour d’un verre ensuite, les militants wallons se retrouvaient pour dire qu’il est temps de préparer l’avenir parce que le moment de la rupture est très proche. Le débat entre régionalistes et communautaristes risque d'être très vite dépassé... "On ne fait pas les cuivres quand la bateau coule"...

Mais malgré ça, un moment important d’autre part simplement parce qu’il a eu lieu. J'espère que les organisateurs vont en tirer les leçons nécessaire et poursuivre en élevant le débat. Ceci dit, je pense que sans un relai politique fort et pluraliste, tout ça risque de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau. Et à l'heure actuelle, ce relai n'existe pas. Il y a peut-être quelque chose qui est né ce vendredi soir de tempête à Namur...

Il est pourtant urgent maintenant de se réunir autour d’un vrai projet d’avenir pour la Wallonie, au-delà des partis et des divisions de la Société civile. Pour ça, il faut absolument une pression politique, une prise de conscience et une réflexion approfondie en mettant toutes les cartes sur la table. C’est l’objet de l’appel lancé dans le
Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie.
Je n'aimerais pas que vous restiez sur une mauvaise impression. Il s'est passé quelque chose ce 29 février à Namur. Et vous verrez que c'est en rapport avec ce que j'écrivais sur l'identité dans un billet précédent. Je vous invite vivement à lire
ce qu'écrit mon ami François Lemaire sur "Debout la Wallonie !", tout comme le regard d'Arnaud Pirotte.
 
(1) Il faut aussi savoir que les Flamands n’ont pas renoncé à faire valoir leur point de vue. Les projets de Maingain et Consort les rejoignent curieusement. Si vous relisez les résolutions que le Parlement wallon a voté le 3 Mars 1999, ces résolutions proposent une structure binationale avec deux Etats fédérés à part entière, la Flandre et la Wallonie et deux régions à statut spécial, la Région de Bruxelles-capitale et la Région de langue allemande. (Jusque là on peut les suivre sauf pour les statuts spéciaux… qui sont en réalité une façon de nier
la Région de Bruxelles)  Mais ce qui est sous entendu également, c’est qu’à l’instar de la Flandre, la Belgique francophone pourrait également procéder à une fusion de la Région et de la communauté, ce qui entraînerait plus de transparence et d’équilibre. C’est avec quelques nuances ce que Maingain propose. Pour les militants wallons, il n’en est évidemment pas question.

 
 
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Vendredi 29 février 2008

En marge de la réunion organisée ce soir à Namur à l’appel du Manifeste pour la Culture wallonne, et de ce que j’ai appelé dans le billet précédent le frémissement de la Société wallonne, après Paul Piret dans « La Libre » d’hier, « Le Soir » consacre aujourd’hui la page 20 de sa rubrique « Forum »  à deux cartes blanches.
Sous le chapeau : 
Quel projet politique pour la Wallonie ?
Au sein de la « nation francophone » ? Dans un fédéralisme des régions ?
Ou au-delà de la Belgique ? Si les avis divergent, les Wallons donnent de la voix 
 
-
Vous pouvez dire à nos mères que nous sommes régionalistes
Christophe Collignon, Jacques Gennen, Charles Jansens, Guy Milcamps, Sebastian Pirlot et Eliane Tillieux, tous députés wallons PS
- Wallons, exigez la convocation d'Etats généraux !
Qui est une adaptation, une mise à jour de l'appel du « Manifeste pour la convocation d’Etats-généraux de la Wallonie » que j’ai co-signé avec mes amis Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier. 
 
Et pendant ce temps là... Les sondages d'opinion continuent. C'est au tour de Vers l'Avenir. Tiens ? On y parle du RWF cette fois...

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Mardi 26 février 2008
Si on s’appuie sur la théorie de Darwin comme Gould et Eldredge qui, en 1972, ont avancé l'idée que l'évolution des espèces ne se réalise pas de façon graduelle et continue au cours des temps, mais au contraire que l´évolution se fait à travers des périodes ponctuelles d´intense activité évolutive séparées par de longues périodes stagnantes, nous pouvons nourrir de grands espoirs pour le Mouvement d’émancipation de la Wallonie.
 
Nous nous trouvons sans doute à l’aube d’une de ces périodes. On sent, en effet, plus qu’un frémissement au sein de la Société wallonne. Frémissement lié à la longue crise politique (crise de régime ?) sainement décapante que traverse notre pays hôte actuel, mais aussi à la prise de conscience d’un sentiment d’inachevé et surtout d’incertitude quant à l’avenir.
Comment expliquer autrement la renaissance de mouvements « dits régionalistes », les propositions d’associations Bruxelles-Wallonie de certains, ou encore la campagne « subite et spontanée » de séchage de drapeaux sur certains balcons, par exemple.
On ne peut évidemment pas nier qu’il y derrière ces prises de positions de nombreux arguments - certes tous intéressants et pertinents du point de vue de leurs auteurs - l’expression d’un sentiment d’urgence, d’angoisse ou encore celle de croyances basées sur des idées reçues, mais en pleine déstabilisation. Nos hommes et femmes politiques ne déclarent-ils pas se coaliser, se mobiliser, pour garantir nos droits alors que les mêmes nient nos identités, les négociations se déroulant sur la logique de blocs linguistiques, et non entre les représentants des trois Régions du pays, quatre avec la Communauté germanophone ? C’est aussi que je ne vois nulle part, derrière les prises de position, un complément qui me paraît utile : « pour quoi faire ? »
 
On ne peut pas nier nos identités. 
Pour faire simple et malheureusement forcément réducteur  : 
Les « régionalistes » mettent en avant, avec raison, l’identité wallonne. Elle existe. On la sent vivre quand on se retrouve entre Wallons, quelle que soit notre origine locale. Au-delà des mots, il y a un sentiment difficilement explicable - par moi – de communauté d’esprit. Il y a parmi les régionalistes, des « ultras » qui rêvent d’une langue différente du français par l’imposition d’un wallon standard… Je ne les cite que pour mémoire, ils font du tort au courant qu’ils prétendent défendre.
  
Les « Wallo-bruxien », des communautaristes, parlent d’une « identité francophone », concept flou destiné à répondre à une identité flamande forte. Elle me paraît plutôt être une construction artificielle par la juxtaposition d’identités basée seulement sur une langue commune ou une coalition d’intérêts face à une altérité.
 
Les « unitaristes » se retranchent derrière une « identité belge » qui veut sublimer les autres pour mieux les nier. Opposés depuis toujours aux revendications fédéralistes, et hélas pour eux, malgré leurs efforts sémantique - pensons seulement au terme « région » dont ils ont affublé les entités fédérée (or, ce sont des Etats, quoi !) qui renvoie à une notion de partie, de subdivision - ils ont échoué sur le territoire qui a choisi le combat culturel plutôt que le combat économique que ce dernier avait déjà gagné par la force de sa majorité numérique. La Flandre a ainsi une identité forte, elle est un Etat et se veut maintenant une nation. Il n’y a plus que des naïfs ou des nostalgiques pour défendre ou croire à « l’identité belge ». On peut peut-être les rassurer, cette « appellation belge » persistera encore dans les esprits fort longtemps après la disparition du territoire politique qui aura porté ce nom pour la dernière fois sans doute dans l’Histoire. Certains parmi eux bottent en touche vers un concept encore plus flou, « l’identité européenne » (pourquoi ne pas parler directement « d’espèce humaine » ?). Il en va ainsi, entre autres, du fumeux concept « d’Europe des Régions »… 
 
Les milieux rattachistes sont divisés entre ceux (rares, mais fort actifs) qui rejettent de l’identité wallonne (« sans identité fixe », ils ont simplement remplacé le mot « belge » par celui de « français ») et ceux qui sont profondément Wallons, justement. Ces derniers sont autant régionalistes que rattachistes parce qu’ils ont compris que dans le monde moderne, les identités sont complémentaires et empilables comme des poupées russes. Comme je l’ai dit un jour dans un discours, on ne peut pas se dire réunioniste (ou rattachiste, peu importe le terme) et en même temps nier notre identité wallonne. Comme on est Liégeois, Namurois, Brabançon wallon et Wallon en même temps. Comme en France, on est en même temps, Breton, Bourguignon, Corse, Normand ou autre, en même temps que Français.
 
Il y a donc entre ces rattachistes-réunionistes et régionalistes wallons des aspirations communes que séparent souvent des questions d’interprétation sémantique ou parfois de stratégie sur les choix d’avenir, sur les finalités. Le temps est peut-être venu de voir ce qui nous rassemble, sur les priorités pour nos concitoyens plutôt que d’insister sur ce qui nous sépare. Et se rendre compte que c’est là qu’est le plus important si nous voulons que demain, la Wallonie existe... encore !
 
Ce qui est certain, c’est que cette symbiose effectuée, les autres attitudes deviendront - pour revenir à l’esprit de la phrase d’introduction – que des culs-de-sac, des branches mortes sur l’arbre de l’évolution des espèces politiques 

M. à j. : Sous le titre « Militants wallons en reconstruction », et deux articles annexes (1) (2), Paul Piret confirme le sentiment exprimé ci-dessus dans « La Libre » de ce jeudi 28 février 2008.
A noter que dans la rubrique « repères »: écrivant « qu’en souhaitant des "états généraux de Wallonie", Jules Gheude et consorts tablent sur une autre perspective, celle d'une Belgique post-scission. On se rapproche ici davantage du RWF, dont la ligne rattachiste passe par nier non pas la Wallonie, mais la Région wallonne », s’il rappelle bien que l’objet du manifeste est d’appeler à positionner la réflexion sur la Belgique post-scission, nous ne nions pas, et bien au contraire, l’existence de la Région wallonne en tant qu’entité politique. Nous mettons au contraire en exergue l’existence d’une Société wallonne distincte et bien réelle à laquelle nous sommes fiers d’appartenir et que nous ne voulons plus voir subir, mais prendre son destin en main.
par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Vendredi 22 février 2008

Matin Première la chaîne de l’info de la RTB(f), ce matin. L’invité était le vice-président bruxellissime du MR. Il y a eu des propos d’une audace incroyable, jugez-en… 
 
« Les « Francophones » (*) ne doivent pas se croire protégés par l’Etat fédéral. Les Flamands se sont érigés en nation. » Quelle découverte !
 
Sa solution : imaginer un Etat Bruxello-wallon… Mais toujours dans le cadre de la Belgique, rassurez vous bonnes gens !

Voilà ce qu’on appelle un beau coup de pub à destination de ses électeurs bruxellois et de la périphérie (oui, ceux qui font la fortune des marchands de drapeaux) puisqu’il exige en même temps la continuité territoriale entre Bruxelles et la Wallonie par l’élargissement de l’entité politique bruxelloise à 31 autres communes… pour des raisons économiques. (le fameux Hinterland)
Bruxelles tirant la Wallonie, LA seule solution au retard de développement de cette dernière…
 
Et bien entendu sans qu’on ne demande l’avis de personne. Nous sommes toujours dans la logique du XIXème siècle mâtinée d’ancien régime qui sert de fil conducteur à toute la réflexion. (voir ce que j’écrivais à propos du « Groupe Wallonie-Bruxelles » dont il fait partie et auquel il fait référence pour justifier sa proposition).

Rien de bien neuf, on en conviendra.

(*) Il prononce « frankeupheunes »
 

Mise à jour :  José Fontaine a publié le 26/02 un billet sur le forum qu'il anime où il fait un rappel historique des relationsentre le Rassemblement wallon et le FDF après 1980. Pour avoir vécu cette période comme simple sympatisant RW et Wallon, je ne suis pas loin de partager sa conclusion. « Parce qu'il peut être perçu comme autonomiste et fédéraliste, le FDF fait, a fait et fera encore, je le crains, bien plus de tort à la cause wallonne qu'aucune autre formation politique même flamande. Les ennemis de la Wallonie sont au FDF. »

par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Vendredi 22 février 2008
« La Wallonie s’est classée cinquième du TOP 25 des régions et des villes les plus séduisantes d'Europe en termes d'investissement, derrière Londres, la Flandre, Paris et Leipzig. Elle est cinquième encore derrière l'Ecosse, la Flandre toujours, l'Irlande du Nord, et le Kent, si l'on s'en tient aux seules régions. »
 
C’est ce qu’annonce le journal  « L’Echo » en ligne ce jour.
« Ce palmarès annuel des pays et régions les plus performantes sur le plan du développement économique et les plus attractives sur le plan de l'investissement étranger émane de l'édition de mars du fDI Magazine. Filiale du « Financial Times», fDI Magazine est spécialisé dans la promotion des pays, des régions et des villes et dans la localisation d'investissements étrangers ». Voilà qui ne doit pas faire plaisir aux déclinologues et à tous ceux qui veulent minoriser notre Wallonie.
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Vendredi 22 février 2008
Au lendemain (ou presque) de la déclaration du Ministre-président sur l'Etat de la Wallonie,

 

le Conseil Economique et Social de la Région Wallonne vient de publier Son édition 2007 des   "Regards sur la Wallonie", un portrait  des synthétique de la Wallonie économique, sociale et environnementale
 
Regards sur la Wallonie 2007 s'articule en 6 chapitres :
1. La Wallonie au coeur de l'Europe
2. Quelle croissance, quels investissements, dans quels secteurs, pour quels emplois 
3. L'emploi et la formation
4. La recherche et le développement
5. Les ménages
6. L'environnement et l'énergie

Au sein de ces grandes thématiques, plusieurs "zooms" ou "focus" ont été intégrés, choisis en fonction des enjeux qu'ils représentent pour la Wallonie. Un CD-ROM reprenant l'ensemble des données statistiques dans les différents domaines étudiés et sur lesquelles s'appuient les analyses est annexé à la publication.
 
Regards sur la Wallonie 2007 est disponible
en cliquant ici (format PDF) tout comme les annexes statistiques. La version imprimée peut être obtenue sur simple demande auprès du Service Communication du CESRW (04/232.98.64 - info@cesrw.be).
 
N'hésitez pas !

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Jeudi 21 février 2008

Tiré de la Constitution française

Art. 88. - La République peut conclure des accords avec des Etats qui désirent s'associer à elle pour développer leurs civilisations.

Même si cet article était destiné à l'origine aux pays qui, après avoir acquis l'indépendance, auraient souhaité conserver des liens étroits avec la France, il pourrait avoir une autre interprétation...

 

Rattachiste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

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- Message improvisé pour les législatives de 2007
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- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
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- Aux origines de la frontière linguistique 
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La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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