« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès) *
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar) *
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de
conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en
entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.
Mercredi 30 novembre 2005
Le journal bruxellois « Le Soir » consacre une page entière et son édito à « ces Flamands qui veulent le divorce ». Il leur aura fallu 4 jours pour réagi au manifeste du groupe Warande dont j’ai signalé la sortie vendredi dernier.
Si Dirk Vanoverbeke cherche à minimiser l’impact possible (il a même trouvé deux "bons Flamands" sceptiques), David Coppi signe un éditorial qui est plus réaliste. Rappellant que le Mouvement flamand n’est pas une mode, il nous informe qu’un groupe d’universitaires et de politiques (de tous les partis francophones...) se réunit en secret (sic !) chiffrant les scénarios de la séparation. Et donc qu’on se prépare bien à la rupture… Intéressant message de la part d’un obligé du très unitariste Di Rupo… Dommage qu’en sa qualité de « Voix de son Maître », il se sente encore obligé de plaider pour une « Fédération Wallonie-Bruxelles indépendante en Europe » en réponse au manifeste flamand.
Une option catastrophique pour la Wallonie que même Charles Picqué ne veut pas…
Plus sérieusement, ce Manifeste est un tournant politique important pour la Flandre... et pour nous.
Les partis politiques flamands traditionnels – comme tous les partis de pouvoir – étant à la traîne de la société et des milieux économiques vont se sentir enfin dédouanés et pourront maintenant afficher clairement leur volonté d’indépendance dissimulée prudemment jusqu’ici sous le masque du "confédéralisme à la belge". Pourquoi dédouanés ? Parce que la revendication d’indépendance ne sera plus portée par le seul Vlaams Belang et étant reprise par les partis traditionnels - va peut-être leur permettre de récupérer quelques votes en passant – ne sentira plus le souffre. Ils pourront laisser au Belang son fond de commerce anti-immigrés, Eux se consacrant à une tâche plus noble, l’indépendance de la Flandre.
Les auteurs du Manifeste viennent là de faire œuvre utile pour la Flandre. Confiner l’extrême droite sur ses thèmes de prédilection et libérer les partis dits démocratiques traditionnels des derniers scrupules belgicains qu’ils pouvaient encore avoir.
Et pendant ce temps là, dans le même journal, le porte parole du MR – Charles Michel – déclare ne pas vouloir du séparatisme. Comme si les Flamands lui demandaient son avis…
Marcel Cheron (ecolo) s’aperçoit enfin que les Flamands se radicalisent… beau progrès ! Jean-Jacques Viseur (pscdh) rêve encore de faire de la Belgique un modèle pour l’Europe...
Mon texte d'avant-hier a été repris sur le forum de "La Libre" intitulé : "Pourquoi la Région wallonne s'est-elle fait rouler dans le dossier Francorchamps ?". La source n'est pas citée...
Par contre excellent édito, très lucide, dans "L'Echo" à propos du manifeste pour l'indépendance de la Flandre.
Enfin, toujours sur le même Forum de "la Libre", ce très beau texte, un peu hors propos, mais fort intéressant :
| Lettre ouverte aux Wallons qui aiment la France |
|
28/11 |
D’abord ignorant, j’ai découvert un peu par hasard, une bande de joyeux farfelus qui croient, avec la foi du converti à une union de la Wallonie et de la France.
Comment peut-on espérer une communion de la sorte pensais-je dans un premier temps, avec des français incapables d’entendre se qui se passe à deux heures de Paris, encore moins d’écouter ; trop occupés à geindre et à se morfondre sur leur nombril et leur plan d’épargne, dans un pays qui , tout le monde le dit, syndicalistes et politiques en tête, va à vau-l’eau !
Curieux, interloqué, puis assoiffé de connaissances sur l’Histoire Belge, je découvre ce communautarisme exacerbé des deux côtés, et ces blessures de l’Histoire, qui, de part et d’autre de cette ligne Maginot linguistique ne semblent pas refermées.
Un peu surpris, et ravi, je continue à vadrouiller sur la toile, essayant de prendre informations et opinions sur les sites et forum de tous bords.
Et puis une réflexion se fait jour : Un sentiment d’appartenance si fort, non contraint, alors que sur 1000ans, à peine une vingtaine d’années ont vu la Wallonie en France (je ne compte pas l’époque Carolingienne, un peu lointaine pour exacerber un sentiment national, inconnu à l’époque) force le respect et surtout à se re-pencher sur l’Histoire de France, ses valeurs, son message universel humaniste, précurseur même des valeurs de la République.
Alors oui je comprends, et un premier effet important se produit : je me mets à redécouvrir les mots patrie , nation, amour de la France et de ce qu’elle apporte, mais aussi des devoirs de ses citoyens !
Pour cela, déjà , je vous remercie de ce que vous faites, et de l’air frais qui nous vient de chez vous, et qui nous rappelle qui nous étions et que nous aurions toujours du rester.
Pourtant, ce combat semble à première vue d’arrière garde, dans une Europe post 68arde qui n’en finit plus de se chercher, sans valeurs et sans envie.
Vos idées ne trouvent pas un écho important (au vu des dernières élections) en Wallonie et surtout à Bruxelles , et je comprends que beaucoup en Belgique soient dubitatifs sur un avenir commun avec la France:
-une persuasion bien ancrée que la België reste la solution face à l'ogre flamand; persuasion entretenue (on le voit bien à l'exterieur) par les médias et politiques de façon quasi subliminale...
-une image savamment distillée de la France empêtrée dans ses problèmes (barbecues d'africains à paris, banlieues "losangelesisées" xénophobie latente zoomée à la lorgnette et j'en passe.
Rien sur les populations parfaitement intégrées (80% des français se reconnaissant de confession musulmane ne mettent pas les pieds à la mosquée et consomment avec plaisir bière et vin).
Cela fait longtemps que le centralisme jacobin n'est plus d'actualité; les régions (surtout celles à plus de 300km de Paris) ont maintenant les moyens de leurs ambitions internationales (Marseille-Cadarache, Sophia-antipolis, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille et j'en passe ne sont plus vues par les anglo-saxons comme des antennes syndicales depuis des lustres).
En y regardant de plus près , ces idées de réunion s'imposent pourtant assez logiquement si on réfléchit un tant soit peu :
je crois que la Wallonie aurait plus les moyens de s'exprimer, de se développer et d'apporter son expérience dans un cadre français qu'en dispersant son énergie comme elle le fait actuellement à travers je ne sais combien d'organes, de parlements, d'assemblées qui font la même chose, tout en luttant contre une Flandre unie et en ordre de bataille, avec des visions à moyen et long terme qui lui permettent d'avancer ses pions judicieusement.
Wallons et Bruxellois tâtonnent en aveugles, parent au plus pressé, écopent avec une cuiller à moka le bateau wallon, ne voient pas venir les coups, espèrent des concessions: on tend l'autre joue en espérant être mangé en dernier, on a vu la même chose en 1938!
J’ai envie de vous dire courage, votre combat est juste, mais je pense plutôt que la leçon de courage, c’est vous qui nous la donnez, en hurlant contre les vents : courage, France nous serons bientôt avec vous !
Goulven de Kermalet
Breton
_________________
kentoc'h mervel eget bezañ saotret
plutôt la mort que la souillure |
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Di Rupo est revenu ce dimanche sur le «pacte des générations » - le bien mal nommé- entre les partis de la majorité en mettant en garde les syndicats wallons : « si un accord avec les employeurs ne pouvait être obtenu au niveau national dans le cadre du Pacte, le système de concertation sociale belge risque d'exploser. La compétitivité des entreprises wallonnes en pâtirait lourdement ».
Culotté !
Nous traversons, une fois de plus, une période de délire politique collectif bien orchestré.
Le vrai problème n'est pas là où on veut nous le montrer.
Il n'y aurait pas assez de travailleurs âgés ?
- Faux en Wallonie et à Bruxelles. Il y est quasi impossible de maintenir les travailleurs au travail plus longtemps et d'embaucher des jeunes (et des moins jeunes) parce qu'il n'y a pas assez d'emplois, tout simplement. (pour rappel, le chômage est de 19 % en Wallonie avec des pointes à 35 % dans certaines régions (Mons, par exemple..).
Mais je n'invente rien, François Hollande tenait le même raisonnement sur TV5 hier soir à propos de l'allongement de la carrière...)
- Vrai en Flandre où 68% des pré pensionnés (souvent Canada dry) se trouvent. Où il y a de l'emploi, mais pas assez de gens compétents pour les occuper. La situation est semblable, mais bien plus grave en Finlande et en Allemagne, ce qui explique là le report de l'age de la pension. Est-ce un modèle ?
Par ailleurs, la Flandre va perdre 400.000 actifs (personnes entre 20 et 60 ans) d'ici 2015, la Wallonie n'en perdra que 10.000 connaissant une remarquable stabilité dans ce domaine, la population wallonne étant plus jeune que la population flamande. C'est la raison pour laquelle la Flandre ne demande pas la régionalisation des pensions puisque dans ce domaine c'est la Wallonie qui va payer la Flandre...
Le pacte du Gouvernement est donc surtout favorable pour l'économie flamande. (Mais est-ce étonnant ?)
On ne pourra pas payer les pensions parce qu'il va y avoir trop de personnes âgées ?
- Faux, tout simplement. Une simple observation des statistiques, pourtant officielles, montre ceci :
Actuellement, pour 100 actifs, il y a 238 inactifs (y compris les enfants et les personnes agées). Au plus fort du "papy boom", il y aura, toujours pour 100 actifs, 250 inactifs. L'augmentation sera marginale d'autant plus que d'ici là, le PIB aura naturellement augmenté et annulera la différence. En 2030, au plus fort du "papy boom", les + de 65 ans représenteront 43,7% des Flamands contre 38,5 %des Wallons. Et encore, ces chiffres ne tiennent pas compte du taux de mortalité plus important en Wallonie. Ils sont tirés des rapports et prévisions de l'INS (Institut national des statistiques) et à la dispôsition de tout les monde.
Tout ce débat a surtout pour but d'occulter le véritable scandale : celui du niveau extraordinairement bas des pensions en Belgique (hors pensions des fonctionnaires, et encore). Les chiffres sont connus. Mais en comparaison avec les pays voisins, ils sont effrayant.
Si on prend la France, par exemple, (où l'âge de départ à la pension est de 62 ans...) il n'est pas rare du tout que le montant net avoisine les 80 % du montant du dernier salaire !!! Après avoir payé moins d'impôts durant toute sa carrière...
Evidemment, on ne dit pas ça à nos « chers concitoyens » (comme dirait celui qui pourrait devenir sans doute le Vicomte « di Rupo di Calabria »… pour service rendu à la Belgique flamande, par exemple. ).
Par ailleurs, le fameux « Pacte entre les générations » qui n’est jamais qu’un accord entre les quatre partis de la majorité fédérale pourrait remettre au goût du jour l’expression « pacte à quatre » qui fait partie des charmantes injures puisées dans le vocabulaire fleuri du Capitaine Haddock !
Simple !
Comme nous sommes en particratie, aucune décision de quelque importance, surtout médiatique comme celle du Grand Prix ne se prend sans l'aval des présidents de partis de la majorité. En l'occurrence lors de la signature avec Ecclestone, Di Rupo et... Ducarme. Di Rupo ne pouvait donc pas ne pas savoir comment les choses se passaient et étaient organisées.
En bons petits soldats, Jean-Marie Happart et Michel Daerden protègent leur président.
Pour la suite, il suffit de voir dans la note interne du Parlement wallon comment la sortie de l'affaire est mise sous contrôle :
1. Le gouvernement dépose, le mardi 29 novembre, à l'attention de la commission du Budget et des Affaires générales, un rapport qui compile tous les documents connus sur la F 1. Certaines de ces pièces pourront être distribuées, d'autres devant être consultées sur place, pour des raisons de sécurité juridique.
2. Le 29 novembre, les membres de la commission fixent la méthode utilisée et le calendrier des travaux et désignent deux rapporteurs (PS-MR)... Tiens donc !
3. Les membres de la commission transmettent par écrit au président de la commission leurs questions, et ce, pour le 8 décembre au plus tard.
4. Le lundi 12 décembre, les membres peuvent poser oralement leurs questions en séance de la commission. Des questions complémentaires aux questions écrites "peuvent" être posées.
5. Les personnes à qui s'adressent les questions (ministres, responsables de Meusinvest, responsables de la société de promotion,...) "peuvent" répondre par écrit.
6. Les 14 et 15 décembre, la commission débat des réponses. Les personnes questionnées peuvent s'en tenir à leurs réponses écrites ou se présenter devant la commission.
7. Le 15 décembre, la commission clôt ses travaux par le vote d'un projet de motion.
8. Sous réserve de décision contraire de la commission, toute la procédure est publique.
9. Le 16 décembre, ce projet de motion est débattu en séance plénière du Parlement.
La procédure est ainsi parfaitement cadenassée. Elle laisse toute l'initiative au gouvernement (et à son ministre-président, l'inspirateur caché de ce machin ?) et enlève toute autonomie à la commission dans sa manière d'agir... Efficace, non ?
N'y avait-il pas dans ce pays un vieux principe de "séparation entre les pouvoirs législatifs et exécutifs" ?
Non ? J'ai du rêver alors...
Ou alors, voilà un 5 frimaire qui fait un peu penser à un 18 brumaire... Mais avec le panache et surtout les risques en moins…
Vendredi 25 novembre 2005
«Un groupe de dirigeants du monde économique flamand demande dans un manifeste la scission des structures de l'état belge. Ce manifeste, provenant du Warande Groep, est une initiative de Remi Vermeiren, ancien dirigeant du groupe KBC.
M. Vermeiren a réuni plusieurs personnes dans ce groupe intéressées par l'idée d'une Flandre indépendante. Il en résulte un livre et un plaidoyer pour une Flandre indépendante au sein de l'Europe. Autour de son manifeste, on retrouve Herman De Bode (McKinsey Belgique), René De Feyter (ancien administrateur-délégué du VEV), Manu Ruys (ancien rédacteur en chef de De Standaard) et Frans Crols (directeur Trends). Une cinquantaine de personnes ont signé le manifeste dont le baron Hugo Vandamme. (GFR) »
Du beau linge !
On avait toutes les raisons de craindre le pire hier soir. La RTB(f) avait en effet programmé une émission présentée par Jean-Claude Defossé, « Questions à la une » avec comme sujet : « Et si les Flamands nous lâchaient ? Faut-il lâcher les Flamands ? ».
Même si l’analyse était quelque peu simpliste, il y aurait beaucoup trop à dire et une émission n’y suffirait pas, surprise agréable, les deux journalistes principaux, Christophe Deborsu et Bernard Juncker, s’en sont tenu assez objectivement aux faits.
Bien sûr, particratie oblige, le PS étant le parti dominant à la RTB(f), ce sont les analyse de ce parti qui ont été mises en avant. Intéressant, mais pas relevé comme tel, la différence de point de vue entre Di Rupo (dans le style : « retenez-moi ou je fais un malheur ), pouvant se résigner à une Belgique continuée sans les Flamands alors que Picqué préfère un « Etat bruxellois » (qu’il sait pourtant invivable et ne dit pas forcément limité aux 19 communes actuelles), alors que le professeur David de l’ULB rejoint l’analyse que je faisait dans la carte blanche publiée dans le soir du 2 février dernier (http://rwf.be/archives/Carteblanche020205.htm), à savoir qu’en cas de rupture les frontières des régions deviennent les frontières des nouveaux Etats. Il est donc essentiel de ne rien céder sur les communes à facilités qui restent ainsi la preuve que les frontières ne sont pas encore parfaitement acceptées.
Même si les journalistes affichaient d’une manière un peu caricaturale, en cas d’éclatement de la Belgie-que, leur préférence pour l’option de plusieurs Etats indépendants, leur analyse montre que dans ce cas la Wallonie s’en sortirait mal. Ils reconnaissent, après avoir fait une comparaison avec la Slovaquie, que celle-ci ne tient pas la route.
Résignés, il leur restait à aborder rapidement l’option de la réunion à la France. Surprise là aussi, ils ont montré que les politiques français s’y déclarent favorables. Malgré le principe défendu depuis toujours par la diplomatie française de « non ingérence mais non indifférence » qui n’a pourtant pas été rappelé dans l’émission. Louis Miche également dans un de ses rares moments de franchise.
Emission intéressante donc pour notre cause, même si elle a été entourée de précautions comme l’intervention d’un ancien premier ministre flamand « repenti » au cours du JT qui l’a précédée et de la conclusion opposant un « pays réel » unitariste aux politiciens qui sont capable de tout (entendez : de penser au séparatisme).
Amusant enfin, cette émission est programmée le jour du début de la clôture des festivités des 175 virgule 25 ans de la Belgie-que. Un signe que les choses changent à la RTB(f), probablement l’institution la plus « belgicaine » de la Communauté française ?
Certains (moi-même...) restent choqués de l'attitude des administrateurs de la Société de promotion du circuit de Francorchamps qui ont signé sans le lire la fameuse convention qui fait scandale. Les révélations se poursuivent par ailleurs...
Mais, ça n'a rien de surprenant. Nos députés fédéraux, régionaux, communautaires, Wallons, Francophones ou flamands fonctionnent tous comme Jean-Marie Happart ou Yves Bacquelaine. On signe sans lire, même quand c'est en français.
La preuve ?
Ils ont tous voté le projet de traité pour une constitution européenne !
Et ça, ça nous aurait couté bien plus cher que le "Gros prix" de Francorchamps.
Heureusement que les "petites gens", le "peuple" (en France et en Hollande en tous cas, là où il y a eu débat) est parfois plus avisé...
Wallons ! Réveillez-vous !
En attendant d'y voir un peu plus clair sur le scandale de la Convention d'organisation du Grand (gros?) prix de Francorchamps, il est bon de se rendre compte que la vie politique de ce... pays (?) est rythmée par les scandales. Scandale de l'affaire Dutroux en 96 (je n'ai pas noté ce qui est venu ensuite mais...) et dans l'année qu'on vient de vivre du scandale de la douche d'Arena, puis du scandale des recommandations de Lizin puis du scandale de l'utilisation partisane des maigres ressources de son instittion par la Présidente de la Communauté française, puis du scandale des logements sociaux.
Heureusement, nous sommes à l'ère du zapping, de l'amnésie collective.
Ou alors, les scandales, ce n'est pas grave, c'est devenu la norme en Belgie-que.
Dimanche 20 novembre 2005
Faire une utilisation hasardeuse des deniers publics ne semble décidément pas être trop grave dans ce pays où on admet désormais tout et n'importe quoi.
Le monde de la finance peut même vous récompenser. Serge KUBLA vient d'être coopté au Conseil d'administration de Dexia.
http://www.dexia.be/pdf/News/20051115-nominations.pdf
Sortie du "Guide des résistances à l'extrême droite" aux Editions Labor.
Ecrit par Manuel ABRAMOWICZ et préfacé par Xavier MABILLE (président du
CRISP), ce livre de 250 pages est disponible depuis hier dans toutes les bonnes librairies.
Me citant, Manuel Abramowicz reprend mon analyse sur l'intégration de l'extrême droite dans le système belge...
La Libre a publié hier sous le titre : Opinion - WALLONIE - Crise et remèdes, une analyse de Paul-Henry
Gendebien.
Il y tient des propos très dur mais très vrais tels que : "La démocratie, c'est la révocabilité du pouvoir. En Wallonie, le pouvoir n'est plus révocable. D'où les comportements intolérables que
l'on connaît bien, mais qui sont malgré tout tolérés..."
Il invite les Wallons et les Bruxellois à réfléchir très activement et très sérieusement au destin qu'ils veulent se donner...
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=120&art_id=251632
Vendredi 18 novembre 2005
Après les JT d'hier soir, le Soir et La Libre révèlent ce matin que le gouvernement wallon était parfaitement au courant des détails de l'accord et du prix à payer pour le maintien du Grand prix de F1 à Francorchamps. Après quelques jours de déni et de silence (oubli ?), Michel Daerden s'est souvenu de la note à ce sujet qu'il avait remis au gouvernement. Note dont le gouvernement n'a pas teniu compte, Daerden non plus...
De toute façon, sale coup pour les grands principes de "bonne gouvernance" des partis traditionnels. Après les "petites magouilles du PS", voilà les méthodes gestionnaires des libéraux du MR (PRL-FDF-MCC-Fournaux & Co.) sérieusement écornées. Inquiétant quand on sait que Kubla est proposé pour le poste de Gouverneur du Brabant wallon. J'ai difficile à croire que ses démentis étaient liés à des problèmes de mémoire. C'est quand même inquiétant de voir la désinvolture avec laquelle il gère les deniers publics.
Pain béni pour l'extrême droite et la droite extrême, hélas !
Evidemment, il faut tout relativiser... Les "petites magouilles du PS" dans le logement social servent à enrichir des gens de chez nous. Ecclestone n'en profite pas... en principe.
Petite consolation !
La Région wallonne ne gère pas, elle subit.
Serge Kubla (1998)
Ce pays a un problème culturel : personne n’est jamais responsable de rien.
Jacky Morael (1998)
(…) La Région wallonne n’est plus un bâtiment en perdition qui se contente de naviguer à vue mais un vaisseau bien caréné, piloté aux instruments et barré d’une main ferme vers une destination clairement identifiée.
Van Cauwenberghe (2001)
J’ignore si Happart a raison, mais il a ses raisons…
Michel Daerden (1999)
En Wallonie, les gens ont l’impression que l’hiver ne finit pas.
Jean-Jacques Viseur (1998)
Sans commentaires
Mercredi 16 novembre 2005
Je ne résiste pas à vous présenter ce texte d'Alain Finkielkraust paru dans le Figaro de ce 15 novembre.
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http://www.lefigaro.fr/debats/20051115.FIG0096.html
Alain Finkielkraut : «L'illégitimité de la haine»
Le philosophe Alain Finkielkraut (1) dresse un premier bilan des émeutes dans les banlieues.
Propos recueillis par Alexis Lacroix
LE FIGARO. – Quels enseignements politiques et intellectuels tirez-vous des émeutes ?
Alain FINKIELKRAUT. – Je suis terrifié par cette violence. Terrifié, mais pas étonné. Il y avait des signes avant-coureurs : la Marseillaise conspuée lors du match France-Algérie, les agressions de lycéens pendant une manifestation contre la loi Fillon. Il y avait aussi des livres avertisseurs comme celui d'Emmanuel Brenner, Les Territoires perdus de la République, ou le rapport de juin 2004 du ministère de l'Education nationale sur les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans certains établissements scolaires des quartiers difficiles. On y apprenait notamment que l'enseignement de l'histoire était accusé par certains élèves et ceux qui les influencent de donner une vision judéo-chrétienne, déformée et partiale du monde. Les exemples abondent, du refus d'étudier l'édification des cathédrales ou d'entendre parler de l'existence de religions préislamiques, aux turbulences que provoque inévitablement l'évocation de la guerre d'Algérie ou du Moyen-Orient.
Certains ont été jusqu'à parler de «guerre civile». Qu'en pensez-vous ?
Il n'y a pas de guerre aujourd'hui entre les Français de souche et les autres, ni même entre la France des villes et celle des banlieues. Les premières cibles des violents sont les voisins. Et ce sont eux qui réclament une restauration de l'ordre républicain. La sympathie pour les vandales est beaucoup plus répandue chez les bobos écolos qui font du vélo à Paris que parmi les automobilistes pauvres du 9-3.
Y avait-il d'autres signes annonciateurs des émeutes ?
Voici un charmant couplet de rap : «La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser comme une salope, il faut la traiter, mec ! Moi, je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle.»
Mais les excès de la sous-culture musicale ont-ils vraiment un lien de causalité avec ces violences ?
Si ceux qui mettent le feu aux services publics, qui lancent du haut des tours d'immeubles des boules de pétanque sur les policiers ou qui agressent les pompiers, avaient la même couleur de peau que les émeutiers de Rostock dans l'Allemagne réunifiée des années 90, l'indignation morale prévaudrait partout.
L'indignation morale prévaut quand même dans certains lieux !
Non, ce qui prévaut, c'est la compréhension, la dissolution du sentiment de l'injustifiable dans la recherche des causes. Dans l'hypothèse Rostock, politiques, intellectuels, journalistes, responsables d'associations, chercheurs en sciences sociales – tous crieraient comme un seul homme : «Le fascisme ne passera pas !» Mais comme ces lanceurs de boules et de cocktails Molotov sont des Français d'origine africaine ou nord-africaine, l'explication étouffe l'indignation ou la retourne contre le gouvernement et l'inhospitalité nationale.
Au lieu d'être outragés par le scandale des écoles incendiées, on pontifie sur le désespoir des incendiaires. Au lieu d'entendre ce qu'ils disent – «Nique ta mère !», «Nique la police !», «Nique l'Etat !» –, on les écoute, c'est-à-dire que l'on convertit leurs appels à la haine en appels à l'aide et la vandalisation des établissements scolaires en demande d'éducation. A ce décryptage qui n'est que poudre aux yeux, il est urgent d'opposer une lecture littérale des événements.
Loin de la culture de l'excuse ?
Les casseurs ne réclament pas plus d'écoles, plus de crèches, plus de gymnases, plus d'autobus : ils les brûlent. Et ils s'acharnent ainsi contre les institutions et toutes les médiations, tous les détours, tous les délais qui s'interposent entre eux et les objets de leur désir. Enfants de la télécommande, ils veulent tout, tout de suite. Et ce tout, c'est la «thune», les marques vestimentaires et les «meufs». Paradoxe terminal : les ennemis de notre monde en sont aussi l'ultime caricature. Et ce qu'il faudrait pouvoir réinstaurer, c'est un autre système de valeurs, un autre rapport au temps. Mais ce pouvoir-là n'est pas au pouvoir des politiques.
La communication politique a-t-elle abdiqué devant la «vidéosphère» ?
La vulgarité sans fond des talk shows, la brutalité des jeux vidéos, l'éducation quotidienne à la simplification et à la méchanceté rigolarde par les «Guignols de l'info» – tout cela est hors de portée des hommes politiques. S'ils s'y opposaient d'ailleurs, les éditorialistes dénonceraient aussitôt une atteinte totalitaire à la liberté d'expression. Peut être le ministre de l'Intérieur – mais est-il le seul ? – a-t-il tendance à trop spectaculariser son action. Et le terme de «racaille» ne devrait pas faire partie du vocabulaire d'un responsable politique. Mais les mots manquent devant des gens qui, se sentant calomniés ou humiliés par cette épithète, réagissent en incendiant des écoles.
Mais ils sont frappés par des taux de chômage record !
Aujourd'hui où le coeur de l'humanisme ne bat plus pour l'école, mais pour ses incendiaires, nul ne semble se souvenir qu'on ne va pas en classe pour être embauché mais pour être enseigné. Le premier objectif de l'instruction, c'est l'instruction. Celle-ci, au demeurant, n'est jamais inutile. De même que la République doit reprendre ses «territoires perdus», de même la langue française doit reconquérir le parler banlieue, ce sabir simpliste, hargneux, pathétiquement hostile à la beauté et à la nuance. Ce n'est pas une condition suffisante pour obtenir un emploi, mais c'est une condition nécessaire.
Personne n'invente cependant les discriminations !
Dans cette affaire, il faut évidemment se garder de stigmatiser une population. Né polonais en France, je suis moi-même un immigré de la seconde génération, et je me sens résolument solidaire de tous les élèves noirs ou arabes qui, parce qu'ils préfèrent les diplômés aux dealers, se font persécuter, racketter, traiter de «bouffons». Ceux-là doivent être aidés ; la discrimination à l'embauche doit être inlassablement combattue ; il faut oeuvrer sans relâche à l'égalité des chances, aller chercher l'excellence dans les cités, détruire les grands ensembles, désenclaver les banlieues. Pour autant, il serait naïf de s'imaginer que ces mesures mettront fin au vandalisme.
Comment pouvez-vous en être sûr ?
La violence actuelle n'est pas une réaction à l'injustice de la République, mais un gigantesque pogrome antirépublicain.
Cette violence ne serait donc pas une riposte à l'abandon des «territoires perdus» ?
Si ces territoires étaient laissés à l'abandon, il n'y aurait ni autobus, ni crèches, ni écoles, ni gymnases à brûler. Et ce qui est proprement insupportable, c'est de décerner aux auteurs de ces exploits le titre glorieux d'«indigènes de la République». Au lieu de cela, on aurait dû décréter l'illégitimité de la haine et leur faire honte, comme on fait honte, bien qu'ils soient aussi des cas sociaux, aux supporters qui vont dans les stades pour en découdre et qui poussent des grognements de singe chaque fois qu'un joueur noir a la balle. La brûlure de la honte est le commencement de la morale. La victimisation et l'héroïsation sont une invitation à la récidive.
L'expiation des crimes du colonialisme conduit-elle à l'embrasement des banlieues ?
Non, bien sûr. Mais à vouloir apaiser la haine en disant que la France est en effet haïssable et en inscrivant ce dégoût de soi dans l'enseignement, on se dirige nécessairement vers le pire. Ces révoltés révoltants poussent jusqu'à son paroxysme la tendance contemporaine à faire de l'homme non plus un obligé, mais un ayant droit. Et si l'école elle-même les encourage, alors c'est foutu.
Est-ce le modèle français d'intégration qui est en crise ?
On parle beaucoup de la faillite du modèle républicain d'intégration. C'est absurde. L'école républicaine est morte depuis longtemps. C'est le modèle post-républicain de la communauté éducative supersympa et immergée dans le social, qui prend l'eau. Modèle, hélas, indestructible car il se nourrit de ses fiascos. A chaque échec, il réagit par la surenchère. Et c'est reparti pour un tour : au mépris de la vérité, l'école française noiera donc demain la diversité des traites négrières dans l'océan de la bien-pensance anti-occidentale. On enseignera la colonisation non comme un phénomène historique terrible et ambigu, mais comme un crime contre l'humanité. Ainsi répondra-t-on au défi de l'intégration en hâtant la désintégration nationale.
(1) Dernier ouvrage publié : Nous autres, Modernes (Ellipses).
Soufflant, non ?
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Mercredi 16 novembre 2005
Belle empoignade sur ce dossier qui engage la Région wallonne pour quelques années.
Incroyable de voir que personne ne veut en assumer la responsabilité.
Fabuleuse amnésie de tous les acteurs.
Etonnante naïveté d’Yves Bacquelaine et de Jean-Marie Happart (Les frères des autres).
Difficile de croire qu’au Gouvernement wallon, ce dossier n’a jamais été évoqué, quand on sait que toutes les décisions sont et doivent être collégiales et que Van Cauwenberghe et Kubla étaient comme cul et chemise. Certes, il n’a peut-être pas fait l’objet d’une décision formelle. Mais quand même, Daerden, Michel, Darras, Detienne, Foret ne pouvaient pas ne pas être au courant.
Même Ecolo qui a beau jouer les innocents dans cette affaire, eux aussi étaient d’accord. Leur combat portait sur l’interdiction de la pub pour le tabac et pas sur l’interdiction du Grand prix.
Bref, la région est maintenant le dos au mur. Il reste maintenant à faire de ce grand prix une opération rentable, sinon, le fameux « plan Marshall-Di Rupo » va encore être amputé d’un dixième, déjà que 50% du milliard promis n’était que virtuel…
La bonne gouvernance « à la Wallonne » vient encore d’en prendre un coup. A tous les niveaux !
A l’avenir, quitte à faire dans les Courses, vous verrez qu’ils vont finir par jouer le budget de la Région au Tiercé ?
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Rattachiste
Pour la réunion à la France Mon
action se base sur les Valeurs républicaines, les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793 La
République indivisible, laïque, démocratique et sociale
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