« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
*
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.
Période calme sur le plan politique… Les Flamands et les autres crient tous victoire après l’arrêt de la Cour de Justice de Luxembourg, et le gouvernement se cherche une raison d’exister.
Pour le reste, l’actualité nous
tiens au courant avec minutie des moindres faits du procès de Charleville-mézières à un point tel que ce Fourniret va en devenir plus le symbole que Rimbaud. Un peu comme Dutroux qui a fait plus
pour la réputation de Charleroi que Jules Destrée… Hélas !
Merci à la presse et à ce qu’elle est devenue...
Je suis allé voir le film de Dany Boon dont tout le monde parle. Et je n’ai pas été déçu. Au contraire. Certes, il s’agit d’une comédie bon enfant, pleine de cliché, mais savoureuse. Un bon moment de cinéma. Beaucoup de tendresse et de bonnes intentions. J’ai vraiment bien aimé.
Wallon ordinaire, les dialogues en patois ne m’ont pas dérangés. Bien au contraire. Que d’expressions communes, et pour le reste, que de ressemblance avec mon coin de Wallonie.
L’ambiance du bureau de poste, la
tournée du facteur, l’accueil et le naturel des gens, la chicorée dans le café… C’est mon village d’il y a quelques années (d’avant la forte immigration bruxelloise) transposé de l’autre côté de
la frontière.
Emouvant. Un film sain.
Certes, et c’est la raison de ce
billet, certains esprits chagrins verront ça d’une autre manière. Comme dans ce courriel que j’ai reçu et qui s’est retrouvé sur de nombreux fora… (j’en connais l’auteur, et cette violence m’a
vraiment étonné jusqu’au moment où j’ai appris qu’il avait assisté à une conférence commune de P.-H. Gendebien et de De Dekker à Louvain-la Neuve…).
Je vous le cite intégralement :
« Ce film que j'ai vu en France a un succès extraordinaire. Comment comprendre cela?
Les Français seraient-ils de plus en plus intéressés à leur "particularismes" régionaux?
Dans ce film les Ch'tis sont présentés de façon ridicule et caricaturale mais sympathique voire jovial.
Cela met aussi en scène des employés de la Poste sous un jour peu favorable.
Au premier abord le film se veut rigolard comme souvent les films français de cette veine. J'ai ri aussi mais quand je suis sorti je ne souhaitais pas vraiment être un
Ch'ti
Comme toujours c'est à la grosse louche.
Les wallons pourraient être aussi caricaturé de cette façon.
Au match de foot PSG(Paris)-Lens(Nord-Pas de Calais) ce dimanche les parisiens ont sorti une banderole sur laquelle ils avaient inscrit: " Pédophiles, chômeurs,
consanguins, bienvenue chez les Ch'tis".
Voilà sans doute l'accueil dont rêvent certains wallons rattachistes de la part des parisiens. »
Passons sur l’affaire de la banderole des supporteurs de foot. C’est con, mais qu’attendre d’autre ? Ce jeu, ce spectacle (le sport professionnel n’est plus vraiment du sport) incite à la haine, c’est bien connu. J’ai cru comprendre que le même genre d’attitudes débiles se retrouve régulièrement dans nos stades locaux. Bof… C’est toléré par les autorités (c’est même là que se passent le moments forts des négociations partisanes) et ça canalise la violence, pendant ce temps là, ces « gens » (comme dirait Di Rupo, ça sonne mieux que « sujets ») ne sont plus des citoyens conscients, ni actifs. Le foot, opium du Peuple…
Non, ce qui m’a frappé dans ce
message, c’est le ressenti inconscient d'appartenance ethnique avec les Ch'tis. C’est ce mélange complexe d’attraction et de répulsion, de fascination et de peur de ceux qui n’osent pas affirmer
leur appartenance ou plutôt qui la sentent fragile. C’est pourtant une grande force que d’appartenir à un terroir, de se caricaturer soi-même. Plutôt que se replier sur soi, se
« victimiser », soyons fiers de ce que nous sommes !
Merci à Dany Boon, ce qui est vrai pour les ch'tis vaut pour les Wallons. Il a fait là oeuvre utile.
Je laisserai le dernier mot au correspondant (un rien sarcastique !) en France du journal « The Independent ».
J’y relève ce petit
extrait: " To the French, who seldom go there, the most northerly region of France is a frozen, post-industrial wasteland.
It is a part of Belgium which is, unaccountably, part of France. It is a place where unemployed miners speak a dialect which sounds like a blend of Polish and Portuguese. It only
rains three timesa year but each shower lasts for four months."
Traduction : « Pour les Français, qui s’y rendent rarement, la région la plus septentrionale de la France est une
friche post-industrielle figée. C’est une partie de la Belgique qui s’est, inexplicablement, retrouvée en France ».
Sacrés Britaniques va, ils sont mêmes capables de se moquer de leur créature…
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" La tolérance n'est d'ailleurs pas le point fort de la Compagnie des Indes occidentales. Organisation féodale,
celle-ci impose à tous les colons désireux d'émigrer en Nouvelle-Belgique une série de règles strictes : outre l'exercice de la religion réformée, les colons doivent faire usage
exclusif du bas-allemand - langue à l'origine du flamand et du néerlandais actuels -, dans tous les actes publics rendus à la colonie." |
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Des ouvriers (Wallons en majorité) s'étaient rassemblés à Paris pour tenter une invasion
républicaine de la Belgique. Le 29 mars 1848 un heurt eut lieu près du village de Risquons-Tout, situé à la frontière franco-belge, entre un détachement de troupes belges et la légion
républicaine « belge », victime de nombreuses trahisons, qui revenait de France. Le gouvernement du roi de Belgique Léopold profita de l'occasion pour régler leur compte aux démocrates. On
mit en scène le « procès de Risquons-Tout » qui se déroula à Anvers du 9 au 30 août 1848.
Dans l'édition du 2 septembre 1948 de « la Nouvelle Gazette
Rhénane », F. Engels écrivit un article engagé qui se terminait par : « Le gouvernement, dit Le Libéral liégeois, a voulu se montrer fort,
il n'a réussi qu'à être féroce. » Et ce fut, certes, de tout temps le sort de la nation flamande.
Dans une interview au journal « Le Soir », Joëlle Milquet déclare : (…) « nous nous trouvons dans une crise d'Etat immensément profonde, avec un équilibre
dans le pays terriblement fragile, avec un gouvernement fédéral condamné à réussir… S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel
gravissime »… Elle poursuit par : « c'est la première fois que l'existence même de l'Etat est sur la table aussi brutalement, que l'option d'une séparation est aussi réelle, au
point que les francophones en arrivent à se préparer… Une crise dans ces conditions, ce serait l'aventure. »
Et à la question : « On a l'impression que du
côté socialiste, ils se préparent déjà… », elle répond : « Se préparer, oui, mais attention à ne pas participer à l'accélération du processus », reconnaissant par là qu’elle
acte déjà l'échec annoncé.
« S'il échoue en juillet, je crains un chaos institutionnel gravissime »… La phase de dramatisation est donc loin d’être terminée. Les prochains mois vont être
passionnants.
Tout est possible… Entre la vision transférant aux sciences humaines (et donc à la politique) les principes déterministe acquis sur base des théories
« raisonnables » ou économiques (c’est à dire toutes les raisons (les idées reçues ou toutes faites) de rester dans un pays unitaire, uni, « fédéral d’union » ou encore de
créer une petite Belgique résiduelle « Wallo-bruxienne » ou « Brulonie ») et l’imprédictibilité, les lois du hasard (le vrai chaos, c'est-à-dire – comment vont réagir les électeurs Flamands ?) Prigogine (*) a montré que « quelque chose d'autre » peut émerger d’une faille entre le
déterminisme et le chaos. Une petite perturbation qui peut prendre des proportions gigantesques et aboutir à une nouvelle cohérence, un nouvel état.
Nous sommes le 22 mars… Il y a 40 ans, « Mai 68 » a commencé par une manifestation d’étudiants mécontents de se voir interdire l’accès au dortoir des filles à Nanterre. Notre monde n’a
plus jamais été pareil après…
Qui sait ce que l’avenir très proche réserve en cette période d’instabilité.
(*)Selon I. Prigogine, « s’éloigner de l’équilibre réserve des surprises ». En effet, « il est impossible de
prolonger ce que l’on a appris de l’équilibre, on découvre ainsi de nouvelles situations, parfois plus organisées qu’à l’équilibre. Cela se produit en des points particuliers, qui correspondent à
des changements de phases de non-équilibre, ce que j’appelle des points de bifurcation. » N’est-ce pas un beau filtre pour observer l’évolution des réformes successives de
l’Etat ?
Une fois n'est pas coutume, je vous propose ce communiqué de l'agence Belga :
« Nous n’avons pas peur de l’autonomie. Il faut faire taire toute ironie qui dit que les Wallons ont peur de se prendre en main », a déclaré le ministre-président wallon, Rudy Demotte,
ce mercredi devant le parlement wallon, lors du débat initié par son prédécesseur Jean-Claude Van Cauwenberghe sur la position de la Wallonie dans le débat
institutionnel.
Les instances régionales sont partagées sur la
question de savoir si la question doit être débattue uniquement dans le groupe de travail Wallonie-Bruxelles, ou si elle doit faire l’objet de discussions au parlement wallon. « La légitimité
démocratique réside dans un parlement et non pas dans un groupe de travail », a remarqué M. Van Cauwenberghe, s’opposant ainsi à Michel de Lamotte (cdH), mais rejoint dans ses propos par
Serge Kubla (MR).
Le ministre-président a pour sa part souligné que la réflexion ne devait pas se tenir dans un lieu unique. Il a précisé qu’il
s’était forgé une opinion, entre la réforme défendue par Marc Uyttendaele et le Manifeste pour des Etats-généraux de
Wallonie. « La Wallonie a son administration, son parlement, son gouvernement, son budget et sa capacité à se prendre en main », a-t-il souligné, invitant les partis
démocratiques à prendre contact entre eux pour établir une position commune sur le sujet.
M. Van Cauwenberghe s’est finalement félicité d’avoir mis le débat sur le tapis au parlement. « Et je vois que M. Demotte devient plus régionaliste que moi… C’est un bonheur de faire des
émules et de voir que le corpus de la pensée wallonne de M. Demotte s’enrichit », a-t-il conclu, rappelant que sa volonté n’était pas un « repli wallon » mais bien une « volonté
de s’entendre avec Bruxelles, dans le respect des compétences des uns et des autres ».
(D’après
Belga)
Finalement, il semble bien que parfois, la fonction crée l'organe... en politique en tous cas. Encore un petit effort, Rudy !
En tous cas dans la presse francophone… N’est ce pas un peu abusif ? Il est vrai que je n’imagine pas que les électeurs flamands estiment que leurs attentes communautaires aient été rencontrées… Bart De Wever n’a-t-il pas précisé : « nous avons un bon accord avec le CD&V sur la manière de progresser ces prochains mois » . Finalement, dire « Leterme premier » c’est une façon de reconnaître que c’est une nouvelle mouture de gouvernement intérimaire.
Alors, un gouvernement pour trois ans ou pour trois mois ? Sans vouloir être exagérément cynique, le terme, ça fait plutôt penser à « dernier » qu’à « premier ».
N’ayant pas la responsabilité de la communication d’un quelconque parti politique d’opposition ou de la majorité, je ne prendrai pas position sur le texte de l’accord qui contient surtout des déclarations d’intentions. Je voudrais simplement revenir sur l’indécence des déclarations des présidents francophones des partis de la majorité qui se congratulaient dans l’euphorie hier matin sur les ondes de la RTB(f). Sont-ils tellement coupés des réalités ?
Par ailleurs, le fait qu’ils reconnaissent qu’ils retrouvent tous l’essentiel de leur programme montre qu’en dehors de grands points sur lesquels tout le monde est d’accord, les différences sont bien d’ordre sémantiques plutôt qu’idéologique. Quand je disais que nous vivons dans un régime de parti unique et avec des tendances qui se cachent bien mal sous des étiquettes…
Etiquettes ? Et l’éthique là-dedans ?
Par contre, la différence de perception de l’efficacité des différentes entités politiques entre la Flandre et Bruxelles ou la Wallonie est intéressante. Elle montre bien que nous ne sommes vraiment plus dans une même logique.
© Infographie La Libre
Inquiétant pour l’avenir quand on sait que le niveau fédéral va encore être dégraissé prochainement !
Sans compter le sentiment d’éloignement entre les politiques et les citoyens. Le samedi 15 mars Luc Van der Kelen écrivait à
ce propos dans « Het Laatste Nieuws » que : « Jamais la confiance dans la politique n’aura était aussi basse qu’aujourd’hui, si ce n’est peut-être lors des jours les plus noirs
de l’affaire Dutroux. (…)
Il se passe dans notre société des choses qui inquiètent fortement les gens et auxquelles
la politique n’apporte aucune réponse, peut-être parce que les responsables politiques se préoccupent surtout de leur propre agenda et non des souci des citoyens.
Quelques exemples : le terrible drame d’Heverlée (?), qui a fait quatre victimes le week-end dernier, n’a pas suscité la moindre réaction,
comme si ce n’était pas important. L’affaire Belliraj passe comme un simple fait divers, qui se passe quelque part sur mars. Aucun de nos dirigeants ne porte un avis sur le sujet, personne ne
ressent la nécessité de protéger mieux la société, alors qu’une nouvelle « guerre des flics » se produit autour de nous, cette fois entre la police et les services de sécurité. Ils ne
semblent pas s’intéresser au fait que des terroristes peuvent agir librement, trafiquer des armes et tuer çà et là. La même chose vaut pour le pouvoir d’achat. Le dossier donne lieu à des
querelles politiques, mais en attendant les gens se saignent. On attend au moins de la politique une vision (…) »
Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Bart De Wever à
« La Libre » qui vont rassurer…
"Chers abonnés,
Vous êtes destinataire de notre publication "Statistiques en bref" disponible en trois versions linguistiques, anglais, français et allemand. En janvier 2008 Eurostat a pris la décision de rationaliser la production de cette collection. En conséquence, à partir du 1er avril 2008, les Statistiques en bref ne seront plus produites qu'en anglais, les versions en langues française et allemande ne seront plus publiées. A partir de maintenant vous ne recevrez plus que la version anglaise."
Eurostat, c'est-à-dire la Commission européenne, a donc "décidé" de rayer la langue française des publications en question. On se demande bien de quel droit, puisque le français est l'une de ses langues officielles depuis sa naissance il y a plus de 50 ans et que d'ailleurs, aucun des membres fondateurs de la CECA (traité signé le 18 avril 1951), ni des signataires du Traité de Rome (25 mars 1957) n'était anglophone. Le motif invoqué aujourd'hui est donc la rationalisation.
J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les aspects géo-stratégiques de notre combat. Aspects trop souvents écartés de nos réflexions
limitées aux frontières politiques héritées du passé. François Barberis, ingénieur, économiste, expert indépendant ("à la pensée totalement
libre" préciserait-il), qui réalise des missions d'évaluations de politiques publiques et d'aides à la décision pour les services extérieurs de l'Etat (français) m'envoie ce texte que je
m'empresse de partager avec vous.
Pour le développement de Bruxelles et de la Wallonie, il importe assez peu finalement de savoir si ces deux territoires doivent au préalable être indépendants, ou confédérés, ou fédérés, ou
rattachés à la France et par quels moyens.
ce qui est important c'est que ces deux territoires puissent bénéficier d'une autonomie suffisamment large pour passer des accords internationaux avec leur partenaire naturel : la région Nord pas
de calais pour la Wallonie et la capitale française Paris pour Bruxelles.
J'ai hésité un temps sur le fait de savoir si cette capacité de passer des accords internationaux devait être consentie à une fédération Bruxelles-Wallonie représentée par la Communauté française
qui se trouverait ainsi fortifiée, ou si cette capacité devait être octroyée à chacun des deux territoires agissant de manière autonome.
Finalement, compte tenu de la nature technique et politique des partenariats à conclure je pense qu'il serait plus efficace et plus pertinent que cette autonomie internationale soit remise à
chacune des 2 régions séparément, ce qui signifierait alors bien entendu l'effacement de la strate "communauté française" et l'existence de 3 régions quasiment indépendantes : la Flandre, la
Wallonie et Bruxelles.
Pourquoi cette position ?
parce que la nature des partenariats que Paris pourrait conclure d'une part avec Bruxelles et d'autre part avec la Wallonie sont de nature différente.
- Avec la Wallonie : le partenariat est d'évidence économique et même plus : infra-structurel. Il s'agit de réaliser le grand axe qui va faire
communiquer la conurbation Liège-Aachen (2,5 millions d'habitants) au port de Dunkerque, reliant au passage la conurbation Lille - Courtrai (2 millions d'habitants) Mons, Namur et Charleroi :
autoroute à grand gabarit et capable de supporter des charges hyper-lourdes, zone de traitement, groupage dégroupage des EVP ayant transité à la fois par Dunkerque et Anvers, voie navigables à
grand gabarit, protection et augmentation des ressources naturelles en eau, etc...
- Avec Bruxelles : le partenariat est d'évidence de nature culturelle et politique : il s'agit de soutenir la spécificité francophone de Bruxelles,
faciliter l'intégration des minorités de langues arabes, soutenir par des interventions au quotidien la vie des francophones dans les communes à facilités, faire pression sur le futur
gouvernement flamand pour qu'une continuité territoriale se réalise entre Bruxelles et la Wallonie . La République aura, sur chacun de ces points, un poids bien plus important que la seule
Wallonie, voire même la Communauté française. Il se pourrait même que, la France étant le 1er pays à reconnaître une Flandre indépendante, des négociations directes entre Paris et Anvers,
associant bien entendu Bruxelles et Namur, parviennent à des rectifications de frontières linguistiques moyennant des compensations économiques (par exemple une limitation volontaire dans le
tirant d'eau du port de Dunkerque pour ne pas trop pénaliser Anvers qui va connaître, étant port fluvial, des difficultés pour recevoir les gigantesques futurs porte-conteneurs).
Cette possibilité de passer des accords internationaux aura pour Bruxelles et la Wallonie une contrepartie : la fin de la sécurité sociale fédérale. Mais cela n'est pas trop grave. Le
développement qui suivra les partenariats avec la République seront suffisamment porteurs de fruits pour rétablir un haut niveau de protection sociale assez rapidement. Au besoin, Wallonie et
Bruxelles pourront toujours passer des accords de solidarité sociale avec la France, accords temporaires ou définitifs, comme c'est le cas pour de nombreux DROM et COM français, tout en
conservant une large autonomie de décision.
L'important est donc de faire cesser ce tête-à-tête mortifère entre flamands et francophones et que ceux-ci retrouvent leurs possibilités de négociation internationale.
Puis, dans 5 ans, dans 10 ans, ou jamais, les Wallons et les Bruxellois, fierté et prospérité retrouvés, pourront éventuellement nous aider, nous français, à construire une nation forte et sage.
C'est avec plaisir et enthousiasme que nous nous rattacherons alors à eux...
M.à j. : Excellent le Kroll du 13 mars !
Tant mieux si c’est vraiment un processus d’intégration. Après tout, la composante religieuse n’a peut-être pas joué, ce serait à analyser.
Je persiste et signe : je souhaite que tout parti démocratique - à commencer par ceux qui se réclament du rattachisme - mettent la laïcité (qui est très différente de la neutralité) de l'Etat en tête de leur programme.
On le sait, la Belgique est loin d'être un modèle : le taux de mortalité liée aux cancers y est plus élevé que la moyenne. L'absence de plan de
lutte global et intégré n'est pas étrangère à ces piètres performances, malgré la qualité des équipes.
Maintenant, il faudra voir comment les recommandations des experts en cancérologie qui ont mis en évidence l'impréparation des autorités publique seront transformées au travers du Plan
Onkelinx présenté ce matin à la presse.
Si, la France (depuis 2003), le Canada ou la Finlande se sont dotés avec succès d’un plan de ce type. Il faudra voir s’il sera encore possible de le faire (et comment ?... Sur quelle clé de
répartition des moyens et à quel prix) en coordination avec (et entre) les Communautés, compétentes pour la prévention et le dépistage, et avec les Régions, responsables des infrastructures de
soins.
Onkelinx reconnaît elle-même que ça prendra du temps… L’Etat belge en dispose-t-il encore ?
Depuis que j’ai ouvert ce blog, je pense avoir toujours cherché à être le plus clair possible et à aider à la réflexion, soit par des analyses, soit
en apportant des arguments à l’appui d’une cause que j’ai embrassée dans les années ‘80. Si je suis rattachiste (ou réunioniste), c’est la suite logique de mes engagements depuis mes dix-huit ans
par amour de la Wallonie et des Wallons. Je refuse l’idée du noir et du blanc. Les choses sont évidement plus complexes. Je cherche à mettre mes concitoyens devant des faits, des situations, en
essayant qu’ils soient le plus pertinent possible, à eux, ensuite, de se faire leur opinion.
Je vois notre société comme un ensemble de situations particulières.
Certes,
c’est là une attitude assez éloignée de certains - et ils ne se privent pas de me le reprocher, parfois avec véhémence sur les fora (*) - pour qui il faut toujours présenter, en politique,
des options claires et simples à l'électeur.
Faire simple en politique, c’est encourager le fanatisme. C’est bâtir une société guidée essentiellement par des émotions.
Par ailleurs, en fonction des circonstances et des intérêts, on peut dire que tous les points de vue sont valables et aucun ne l’est. Je crois en la vertu de l’information (je n’ose pas utiliser
le terme d’éducation). Cette dernière ne rend pas nécessairement plus intelligent - je n’aurai pas l’impudeur de le penser – mais ce que je sais, c’est qu’elles rendent, à coup sûr, moins
con…
(*) N’hésitant pas non plus à user de méthodes qu’on aurait pu croire réservées à l’extrême droite, comme ce dirigeant non élu du parti réunioniste qui intervient courageusement sous le
pseudonyme de « Léon » sur le forum que « Le Soir » a consacré à notre appel à la convocation d’Etats-généraux de la Wallonie et qui me convainc ainsi de ne pas
renouveler ma carte de membre…


