« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
*
De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 12:00

Les temps et les propos changent…

 

Terrible retournement pour ceux qui se font (et même au sein de mouvements qui devraient mettre la Wallonie en valeur) les chantres de la « déclinologie wallonne ».

 

L’Echo, journal financier réputé sérieux, vient de publier un article au ton assez inédit montrant que la situation est loin d’être désespérée, bien au contraire.

En gros vous y retrouverez des analyses publiées ici même à plusieurs reprises : Par rapport aux régions de tradition industrielle, la Wallonie affiche un niveau de productivité supérieur tout en étant plus innovante. Au niveau des pensions, (…) la Wallonie a l'avantage de disposer d'une population plus jeune, tandis qu'en matière de soins de santé, les transferts Nord-Sud sont presqu'inexistants…

 

Voici qui va à l’encontre de propos inspirés chez d’aucuns par une certaine propagande flamande et belgicaine que je dénonce ici depuis des années et reprise sans aucun sens critique comme ce que je viens encore de découvrir sur un site internet récemment mis en ligne et  tenu par un nouveau gourou du « rattachisme catastrophiste » : « la Wallonie ne peut prétendre devenir une nation, dont elle n’a pas les caractéristiques nécessaires, encore moins accéder à une forme d’indépendance, du fait de son retard économique et social. La Région est désormais confrontée à des perspectives très défavorables, le retrait progressif de la solidarité financière belge, essentiellement financée par la Flandre, devant précéder et accompagner la dissolution inéluctable de l’Etat belge (…)»…

 

Evidemment, les arguments rationnels ne sont souvent que de peu de poids face aux croyances irrationnelles.

 

Mais quand même !

 

Extraits significatifs dans les propos de deux économistes qui ne sont pourtant pas séparatistes :

« Le taux de croissance wallon avoisine celui de la Flandre et la productivité wallonne est identique: c’est un cliché de dire que les Flamands travaillent plus. Parmi les régions de tradition industrielle, la Wallonie affiche un niveau de productivité supérieur et c’est la plus innovante. Côté société de la connaissance, les efforts financiers en R & D de la Wallonie et de la Flandre sont quasi identiques. Et le potentiel des ressources créées dans le domaine des sciences et des technologies est quasi identique de part et d’autre ». (Michel Quévit)

 

« En cas de divorce belge, la Wallonie devra fonctionner avec des ressources amputées par rapport à la situation actuelle. Se pose alors la question de voir s’il convient d’augmenter les impôts (avec une baisse du revenu disponible des ménages à la clé) ou de diminuer les dépenses publiques (signifiant également un tour de vis par rapport au train de vie actuel) ». « Tout est question de choix politique ». (Michel Mignolet)

 

« Je ne suis pas pour la scission du pays. Mais si elle nous est imposée, Wallons et Bruxellois n’ont pas à s’inquiéter au regard de ce qui se fait ailleurs en Europe ». (Michel Quévit)

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de coeur - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 20:39

http://www.lesoir.be/actualite/france/2010-09-06/un-depute-francais-propose-d-accueillir-wallons-et-bruxellois-791721.php 

 

http://www.debout-la-republique.fr/La-France-doit-se-preparer-a.html

 

 

La France doit se préparer à accueillir ses compatriotes Wallons et Bruxellois

lundi 6 septembre 2010 à 17h41

 

L’entrée en phase terminale de la crise belge conduit le pays au bord de l’éclatement. La France doit donc se préparer à assumer toutes ses responsabilités envers les francophones de Belgique, en les assurant le cas échéant de son accueil et de sa protection.

Ainsi, et pour paraphraser le Général de Gaulle, les Wallons "retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines".

Naturellement, cette évolution territoriale majeure en Europe ne pourrait s’accomplir que dans le strict respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, au terme d’un processus d’autodétermination incontestable par sa netteté et son ampleur.

Dans une Europe désormais prémunie contre les impérialismes territoriaux et les heurts nationalistes entre grands pays, le véritable risque serait au contraire que la France cède à ses inhibitions européistes en refusant à tout crin d’accompagner, voire d’anticiper, le sens de l’Histoire.

En effet, à vouloir marier contre leur gré des peuples différents et détruire les états-nations, les apprentis sorciers de la supranationalité belge ont créé depuis des années les conditions du rejet, de la haine et de la xénophobie.

Maintenir une fiction de Belgique nous conduirait à un divorce violent, à la Yougoslave, là où une séparation paisible à la Tchécoslovaque est possible.

Il est donc du devoir de la France de prouver qu’un autre modèle est possible en accueillant les Wallons et Bruxellois s’ils le souhaitent au sein de la République.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Député de l’Essonne

Président du rassemblement gaulliste

Debout la République

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de coeur - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 12:00

Les voltigeurs du PS (ou plus précisément de Di Rupo) ont fait ces derniers jours quelques déclarations qui ont fort marqué la presse aux ordres, toujours à l’affut de petites phrases permettant de relancer une opinion publique assoupie et à la conscience politique endormie par des années de propos lénifiants.

 

Les récentes déclarations ne sont sans doute que musculation et rodomontades qui ne sont que des écrans de fumée.

 

Le président de la N-VA qui est loin d’être un imbécile dit d’ailleurs ne pas comprendre le message envoyé par les socialistes francophones et les renvoie dans les cordes : . « Quelqu'un peut-il m'expliquer leur logique ? », déclare-t-il au « Het Laatste Nieuws ». « Lorsque vous lui demandez de faire en sorte que Bruxelles et la Wallonie soient plus responsables, le PS dit « non ». Et avec quelles menaces viennent-ils maintenant ? Faire exploser le pays, conséquence de quoi Bruxelles et la Wallonie seront totalement responsables de leur sort ».

 

En Flandre, la presse s’empresse de faire chorus. Et chose amusante, «  Le Soir », relatant les réactions dans la presse flamande s’associe complètement dans un article à cette dernière, y signalant que sa rédactrice en chef, Béatrice Delvaux, est d'avis que les menaces francophones relatives à la séparation du pays sont « stratégiquement et psychologiquement bien vues ». Elles permettent de dire que « les francophones ne sont pas réduits à conclure un accord à n'importe quel prix » et que, le cas échéant, « on empoignera sans complexe ce projet séparatiste, plutôt que de le subir ». Confirmant les propos de Guy Tegenbos dans le « Standaard », qui croit avoir décelé dans cette stratégie un « truc » visant à faire reposer la culpabilité sur les Flamands. C'est aussi, précise-t-il, un moyen permettant par la suite de légitimer un nouveau compromis, sur le mode « nous avons fait des concessions mais nous avons pu éviter une véritable catastrophe – la fin de la Belgique ».

 

Souvenons-nous, il y a déjà quelques années lors d'un congrès du PS (à Gembloux ?), Elio Di Rupo avait déjà menacé la Flandre de la même manière, ou peu s’en faut.

 

Au risque de décevoir les quelques excités compulsifs des forums, mais ça n’a pas d’importance, je ne pense pas qu’il y ait là matière à penser que les socialistes (ouvertement) et les autres (plus discrètement) soient prêts, cette fois ci encore, à oser prendre leurs responsabilités vis-à-vis des Wallons.

Comme des boxeurs, avant de commencer un nouveau round, les partis à la négociation sont en train de s'évaluer et de tester, de fixer, les limites à ne surtout pas dépasser. Certes, l'opinion publique évolue - mais comme toujours - lentement. Le fait que l’on ait demandé au roi de nommer deux médiateurs de chaque bord soit considéré par tout le monde comme très positif démontre que le chemin vers un compromis est actuellement très proche d’aboutir et est toujours préféré à celui vers la rupture.

Un compromis sera conclu entre les deux formations et suivi par les autres. Ce sera certes un mauvais accord, mais l'une comme l'autre partie à la négociation n'en ont cure. et ont besoin de cet accord, simplement pour subsister. En particulier le PS pour pouvoir dire qu’il a sauvé l’essentiel.

 

La négociation va se poursuivre puisqu’ils sont trop près d’un accord. Après tout, du point de vue de la Wallonie, nous pouvons nous réjouir des premiers acquis de la négociation pour les entités fédérées. Auparavant, les transferts (hors le service de la dette publique) qui représentaient 51% des ressources étatiques et passeraient à environ 70% de celles-ci, ce qui augmenterait considérablement l’autonomie wallonne. Tout en continuer à vider la Belgique de sa substance..

A ce propos, j’estime tout à fait ridicule et offensant pour les Wallons de présenter, comme la presse le fait généralement, l’accroissement d’autonomie comme quelque chose à quoi l’on doit se résigner !  La presse francophone n’a pas encore intégré le fait que même si on est entré à reculons dans le fédéralisme, la Belgique unitaire n’existera plus jamais.

 

Mise à jour : http://mediatheque.lesoir.be/v/le_kroll/432sept0710.jpg.html

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 12:38

Pourquoi les Régions n’appliqueraient-elles pas, entre elles, comme minimum, les règles qu’elles seraient conduites à accepter si elles devenaient indépendantes ? C'est la question que pose Philippe De Schoutheete, ancien représentant permanent auprès de l'UE, dans La libre de ce jour.

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 06:35

Nous assistons en ce moment à un retour médiatique du MR. Logiquement dans son rôle d’opposition et n’étant pas convié à la table de négociation, ce dernier juge très sévèrement les négociations en cours.

D’après ceux qui se sont exprimés, le MR aurait mieux défendu les intérêts des francophones (encore faut-il définir ce qu’il entend en utilisant ce terme non spécifique) dans la négociation s'il y avait été invité. « Il est tout de même curieux que le premier parti à Bruxelles et le deuxième parti en Wallonie ne soit pas associé » précisent-ils avec une touchante unanimité...

 

Voire ! Si mes souvenirs sont bons, De Wever était plus que favorable à la présence du MR à la table de négociation… Malgré la présence des ultras du FDF et pas uniquement parce que ce parti est de centre droit.

 

Fallait-il inviter le MR ? La politique ne se fait jamais sur base de bons sentiments, mais sur des rapports de force. Le MR a perdu les élections et si je compte bien, les partis francophones autour de la table représentent 62 % des élus francophones de BHV. Soit les deux tiers malgré les voix de cet arrondissement qui se sont perdues pour faire élire un personnage de l’ultra-droite – pour ne pas dire plus - en Brabant wallon par le biais de l’apparentement. (Et c’en est un fameux de biais !).

 

En face, les seuls CD&V et N-VA totalisent 44 élus flamands sur 88, soit exactement 50 %. Les 18 élus du SP.A et de Groen ! qui font l’appoint permettent de dépasser, là aussi, les deux tiers. Sans compter l'appui extérieur des... libéraux.

Les Flamands de BHV sont représentés, eux, par 78 % de leurs élus.

 

Pour aller plus loin, les deux camps sont donc largement représentatifs des deux communautés. Si l’on se base sur la seule Région clairement délimitable, les Wallons sont représentés par 35 élus sur 49, soit 71 %. Notons qu’il en va de même pour la Flandre (hors BHV) représentée par 56 élus sur 79, soit là aussi : 71 %.

 

La principale pierre d’achoppement étant les limitations de la Région de Bruxelles et son financement, la répartition des négociateurs des partis représentatifs des bruxellois - tant Flamands que Francophones - autour de la table est donc équitable et démocratique. Difficile de trouver d’autres marges de manœuvre compte tenu des résultats électoraux. C’est le choix logique du pré-formateur qui a privilégié les partis gagnants en premier. Ce qui n’a pas toujours été le cas dans le (proche) passé. Combien de majorités composées de battus aux élections n’ont-elles pas gouverné ?

 

Je peux comprendre la déception de ceux qui ne sont pas de cette négociation, mais toute autre considération ressort de la logique partisane. C’est le jeu.

 

Difficile d’en dire plus à cette heure sur les résultats. Nous n’avons – en tant que citoyens ordinaires - que peu d’informations sur les acquis des négociations. Certes, on est en train d’organiser une très grande réforme de l’Etat, il semble bien y avoir trop d’avancées pour dire arrêter, mais pas assez pour dire avancer vraiment.

On entend dire qu’on a parfois l’impression que les Flamands ont tout demandé et tout obtenu. Mais si on analyse concrètement le programme électoral de la N-VA, on se rend compte que c’est loin d’être vrai. Ecolo, Groen !, le CdH et le SP.A jugent qu’il y a suffisamment d’éléments sur la table pour un « compromis honorable ». Le CD&V aurait « vendu son âme au diable »  en 2007 pour obtenir le dixième de ce qui est sur la table aujourd’hui. Aucun des ténors bruxellois du PS ne se manifeste. Certes, on peut efectivement considérer que les partis francophones ont fait des concessions. Mais les Flamands avaient des revendications précises et nombreuses. Les « francophones » n'étaient « demandeurs de rien » suivant l'expression inventée par Monsieur Maingain (du MR !) (et reprise bêtement par tous les autres). Dans toute négociation, surtout si les points de vue sont diifférents, chacun doit céder un peu. Quand on part de rien, on ne peut que reculer. 

Attendons de juger sur pièce. Tout en nous réjouisant des avancées en matière d'autonomie pour la Wallonie.

 

Quelles que soient les péripéties à venir, les acquis de cette négociation serviront de socle aux prochaines.

 

Mise à jour : Suite à ce que j’écrivais ci-dessus et à la conférence de presse de Di Rupo de ce matin, entre le compromis ou le chaos, le choix semble… simple !

 

Décidément, « l'Histoire du futur » reste à écrire. 

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Journalistes et clubs presse
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