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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.

Jeudi 1 mai 2008

En Europe, le 1er mai était autrefois dédié à l'amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d'une couronne de feuillages et de fleurs ou d'en offrir une à la personne aimée. En témoigne la célèbre enluminure ci-contre. Elle illustre le mois de mai dans les « Très riches Heures du duc de Berry », un livre de prières réalisé au début du XVe siècle (à voir au musée de Chantilly).
 
La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans, poète de la même époque.
 
    «
Le Dieu d'Amour est coutumier,
      À ce jour, de fête tenir,
      Pour amoureux coeurs fêter
      Qui désirent de le servir;
      Pour ce fait, les arbres couvrir
      De fleurs et les champs de vert gai,
      Pour la fête plus embellir,
      Ce premier jour du mois de mai » .
 
Cette tradition n'est pas tout à ,fait perdue puisque les écoliers de certains régions d'Europe cultivent encore la tradition des couronnes de feuillages. Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l'honneur du printemps selon le rite ancestral de l'arbre de mai, que l'on retrouve dans différentes régions d'Europe. Le canton de Fribourg célèbre ce jour-là le printemps avec chants et distribution de friandises aux enfants.
 
Mais aujourd'hui, c'est le plus souvent le travail ou plutôt la diminution du temps de travail qu'évoque le 1er mai avec la Fête du Travail. C'est en effet à cette date; le 1er mai 1886, que la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amènera les Européens, quelques années plus tard à instituer la Fête du Travail
.
 
J'aime bien cette vieille tradition d'un jour dédié à l'Amour...

Mercredi 30 avril 2008

J'aime bien cette phrase de Gandhi.

 

Récemment, discutant avec un journaliste, celui-ci a eu une réflexion interpellante. Parlant de la floraison (toute relative en ce qui concerne Nivelles) de drapeaux "noir-jaune-rouge" il constatait, en s'étonnant, de la difficulté qu'on puisse avoir à s'afficher "Wallon". Et il est vrai qu'on voit peu de drapeaux frappés du coq hardy sur les maisons particulières. Même les édifices publics hésitent à respecter la loi qui veut que ce dernier soit arboré en même temps et de manière identique aux autres emblèmes officiels belgo-européens.

Il est vrai, me confiait-il, qu'on hésite à se dire Wallon. "Ça fait encore un peu extrémiste", peut-être en référence à ce qui se passe en Flandre. Or, s'il y a bien un emblème qui n'a jamais été mêlé à des dérives politiques nationalistes, c'est bien notre drapeau.  C'est plutôt le symbole de la résistance aux extrémismes dans ce pays.

Les extrémistes ne sont-ils pas plutôt ceux que vont au bout d'une logique qu'ils savent pernicieuse et même néfaste pour nous, en défendant un Etat qui nous a pillé, minorisé et dont la majorité des habitants nous méprise (*) ? Ceux dont la douce naïveté finirait par nous attendrir, nostalgique d’un pseudo âge d’or de la Belgique idéale, à l’instar des nostalgiques de Staline en Russie, ce sont des gens qui refusent le dialogue, qui refusent la réalité, et qui confits dans leurs certitudes pratiquent un terrorisme intellectuel largement diffusé par les médias. Mais, attention ! Il ne faut pas les confondre avec la grande partie des gens qui sont mal informés - et voulus comme tels par le régime - des vrais enjeux du combat politique.

On le sait, une bonne part des opinions que nous professons se sont ancrées en nous sous la pression des groupes auxquels nous appartenons par la force des choses ou par choix et dont parfois, par esprit grégaire, nous souhaitons vraiment partager les valeurs. C’est normal.

Il existe alors et en conséquence une dérive, une « spirale du silence », un climat d’opinion à l’encontre duquel la plupart ne souhaite pas aller, par peur de se mettre à l’écart. Ces citoyens se sentant isolés, ont alors tendance à renoncer à leur propre jugement, à se taire. L’opinion publique devenant celle que l’on peut exprimer en public sans risque de sanctions, celle que l’on perçoit dans son environnement, celle qui est diffusée dans les médias.  Il y a ainsi dans "l’idéologie belgeoisante" (oui, je sais je ne peux pas résister à un néologisme amusant !) une forme de fascisme, osons le dire, qui se dissimule sous une neutralité bienveillante et prétendument "apolitique" qui n’est que du conservatisme peureux, mais très souvent intéressé. Et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Observez que plus se creuse le fossé déjà profond qui sépare les opinions publiques flamande et wallonne ou francophone, plus on cherche à renforcer le belgicanisme de nombreux Wallons et Bruxellois.

 

S'il y a une chose que le mouvement wallon a raté, c'est bien la création d'une identité wallonne.  Il faut dire que le défi était difficile. Les Wallons (et nous savons qu'il y a plus que des sensibilités différentes entres des Liégeois et des Picards par exemple pour en citer parmi d'autres) ont été réunis pour la première fois de leur histoire sous la République et l'Empire. Et la référence était française. Malgré (ou plutôt à cause de) la Belgique, cette identité commune basée sur la langue et la culture "officielle" n'a pu se réaliser, peut-être à cause de nos différences. Et pourtant, une de nos réalité, c'est "qu'on se sent Wallon ", même si on hésite à le dire. Or ce n'est pas plus ringard que d'être Ch'timi, Parisien, Bruxellois ou Auvergnat ! Dans ce contexte, soyons donc fiers de ce que nous sommes. Se dire Wallon n'est pas faire preuve d'extrémisme. Au contraire !

(*) J'ai commencé ce billet en citant Gandhi, je le terminerai en citant Jules Destrée :  "Si la Belgique disparaît dans cette tourmente, l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants" : Source : Maurice Bologne  - Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175. On ne peut mieux dire !

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Mardi 29 avril 2008
Le 21 janvier 1984 à l'émission "Samedi première", François Perin avait eu ces mots définitifs et prémonitoires à propos de la procédure de ce dispositif constitutionel : " La sonnette d'alarme est comparable à un camion-suicide bourré de dynamite plutôt qu'à un bouclier de protection des francophones. C'est une machine à faire sauter les gouvernements et même l'Etat."
Pour la petite histoire, c'était lors de l'affaire fouronnaise. Il avait été question de tirer la sonnette d'alarme à l'occasion de la prise en considération à la Chambre de la proposition de loi Galle, prévoyant l'obligation pour les élus des communes à facilités de prouver leur connaissance de la langue de la région.

A suivre...
Lundi 28 avril 2008

Point n'est besoin d'en rajouter sur les déviances qu'ont connues les sociétés de logement social en Wallonie (La situation est probablement pareille en Flandre et à Bruxelles, puisque le système politique y est le même... à la différence qu'en Flandre, il faut parler la langue de la Région avant de faire usage des passe-droits habituels...).
Le principe du logement social est un excellent système pour permettre aux plus pauvres de se loger décemment.
On sait que ce n'est pas toujours le cas, hélas. Et que certains (J'en connais et je pensais que c'était de rares exceptions) profitent du système.

J'ai quand même été soufflé par cet article paru (ce n'est pas un gag !) dans
le Soir - Edition Brabant wallon à propos de l'inauguration, à Nivelles, de quinze nouveaux logements à l'impasse de la Grosse Pompe. Jugez-en vous-même, deux extraits à lire attentivement :
« Je suis très contente car j'ai obtenu un appartement. J'attendais depuis plus de cinq ans. J'habite rue Théodore Bartels depuis 20 ans mais avec ma petite pension, celle de mon mari qui était directeur aux Chemins de Fer, je ne peux plus payer 30.000 francs par mois. » (...)
Un autre appartement sera occupé par un jeune homme de 21 ans. « Je l'ai inscrit sur la liste d'attente alors qu'il avait 16 ans, précise sa maman qui profite (sic !) d'un autre des 2.629 logements des Habitations sociales du Roman Pais, au Vert Chemin. Il se met en ménage. Il n'y a plus assez de place chez moi. J'ai conseillé à ma belle-sœur d'en faire de même pour son enfant de 12 ans... »

Bref, on n'est jamais assez prudent...
Conclusion, comme on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait, voici un
conseil aux futurs parents : au moment de réserver une place à la crèche pour vos futurs enfants (ou même le jour de leur conception, tant qu'à faire !), inscrivez les également comme demandeurs d'un logement social. Sans oublier de choisir leur école secondaire...

Suite aux « affaires », le gouvernement wallon a décidé un renforcement des contrôles. Le commissaires Benoît Dembour, compétent pour cinq sociétés dont celles du Brabant wallon, précise que : « Le milieu n'est pas pourri comme on a pu le dire. Et avec la réglementation beaucoup plus stricte, les possibilités de clientélisme sont devenues très réduites. » Mais là non plus, on n'est jamais trop prudent. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...
 

par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Lundi 28 avril 2008

Intéressant ce retour de BHV (et très bon dessin de Kroll dans "Le Soir") !

Comme prévu, la symbolique émotionnelle qu'ont cultivée tous les partis flamands se retourne aujourd'hui contre eux. Impossible désormais de faire machine arrière, à moins de perdre la face. A preuve, l'intervention du plus pur style : "Retenez-moi, sinon je fais un malheur !" du sénateur Vandenberghe ce dimanche sur une chaîne de télévision "francophone".

Depuis 1830, le Mouvement flamand et les discours identitaires sans nuance les ont amenés au point de rupture. Pas simple d'être acculés à se montrer chaque jour "le meilleur flamand".

Les temps semblent bien désormais venus pour eux d'aller plus tôt que prévu au bout de leur logique et, évidemment, de risquer de ne pas réaliser complètement leur véritable agenda, à savoir la mise en coupe réglée de l'état belge et leur prise d'indépendance lorsqu'il n'y aura plus rien à en tirer.

A moins... A moins qu'en face, cédant au bluff, on ne leur donne le coup de main permettant de sauver provisoirement la Belgique. Rien ne dit qu'in extremis, nos politiques n'entreront pas dans ce jeu de dupes. Ce matin, à la RTB(f), le ministre de la Coopération retrouvait des accents dignes des politiciens de années '60 qui, traitant les problèmes communautaires de faux problèmes en leur préférant les vrais problèmes des gens (*) ont par aveuglement fait rater le processus de fédéralisation qui aurait pu sauver leur Belgique. Idem pour la ministre de l'emploi lors du congrès de son parti. Seuls les écolos semblent, à l'heure actuelle, se montrer fermes. Mais c'est logique, ils sont dans l'opposition et le font pour gêner le gouvernement, sans risques.

A moins que ce ne soit le bon moment pour négocier. C'est-à-dire éventuellement accepter des sacrifices des deux côtés. Nous, Wallons, avons ainsi déjà donné en acceptant il y a quelques années de sacrifier les Fouronnais (dont je salue le combat et accessoirement un mayorat, celui de José Happart, qui il est vrai qu'il en a été bien récompensé) en échange de la création de la Région bruxelloise. Les Flamands étant cette fois demandeurs (et détail amusant, de territoires leur appartenant..) c'est une occasion à saisir, la politique étant un rapport de forces...

Sinon... La constitution spécifie qu'une province peut être divisée par une simple loi. Les partis flamands, poussés par leur Peuple (**), s'ils sont logiques avec eux-mêmes, doivent voter la scission de BHV (Après tout, il suffit de 5 minutes, et même pas de courage). Et en tirer toutes les conséquences... Et elles seront nombreuses, tant locales... qu'internationales.
Nous n'avons pas à en avoir peur.

(*) Les gens, pas les citoyens... Et comme si tout n'était pas lié...

(**) A la question : "BHV splitsing nu ?" ("scission maintenant"), 87% des internautes ont répondu : "oui !" sur le site Internet du journal (dit modéré) "De Standaard".
 


M. à J. : La revue de presse de Jules Gheude de ce 28 avril sur "Debout la Wallonie" sous le titre :  « Poker menteur, roulette russe et clash en vue »

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Lundi 21 avril 2008

Mais était-ce son objectif ?

Un des avantages de ne pas avoir de responsabilités politiques ou de savoir qu'on n'a pque peu d'influence, c'est de pouvoir prendre du recul par rapports aux événements et de ne pas se sentir obligé de réagir à chaud. Il en va ainsi des réactions à la "Carte blanche" publiée par Messieurs Demotte et Picqué jeudi dernier.

Ce recul me permet de dire que :
ce que disent principalement Picqué et Demotte, c'est que les " francophones " sont d'abord Wallons ou Bruxellois, et non l'inverse. Il est important de le souligner.
- Tous les partis qui comptent sont d'accord sur un point : faire en sorte qu'à l'avenir, les ministres wallons et les ministres bruxellois francophones composent ensemble un gouvernement commun, qui fera le lien entre les deux Régions.
- Les mêmes partis ne sont évidemment pas d'accord sur la nature de ce lien, sur les compétences qui seraient exercées encore de manière autonome au niveau de l'institution qui ne peut disparaître sans l'accord des Flamands lors d'une hypothétique révision constitutionnelle ultérieure. (Ce n'est pas prévu cette fois-ci et le partage du pays en Communautés (La N-VA n'est-elle pas partisane d'une fusion de la Communauté française et de la Région wallonne.. un peu comme le FDF !) étant la position bien arrêtée et essentielle du Mouvement flamand pour qui "Brussel" est la capitale de la Belgique mais également de la Flandre... Le ministre-président flamand Kris Peeters ne s'est-il pas déclaré "douloureusement surpris" par la nouvelle ? Seul, le ministre Sp.a (bruxellois, ceci expliquant peut-être cela) Pascal Smet a dit partager l'analyse selon laquelle les Régions sont les principaux centre de décision du pays, il s'est fait traiter de "Flamand de service" (en français dans le texte)en même temps que Guy Vanhengel (Open Vld) qualifiés de "plus faibles représentants flamands dans le gouvernement bruxellois depuis vingt ans" par Eric Van Rompuy (CD&V) ).

Derrière les propos du style "c'est ce que nous avons toujours dit", les prises de position sont assez contradictoires et vont de la vision la plus régionaliste à la plus communautariste... Soit entre ceux voulant que le centre de gravité de la future " Fédération " soit régional avant tout ; et, de l'autre côté, ceux qui, tout en souhaitant la formation d'un gouvernement commun composé de ministres wallons et bruxellois, estiment que celui-ci doit disposer de compétences fortes (et au moins celles détenues aujourd'hui par la Communauté française), distinctes de celles exercées par les Régions. Pour ces derniers, une future « Fédération Wallonie-Bruxelles » ne peut se concevoir qu'avec un pôle " francophone " renforcé, dominant.  Petit florilège :
- Jean-Claude Van Cauwenberghe : " pense que la thèse de Charles Piqué et Rudy Demotte, qui ne fait finalement que confirmer la thèse de nombreux régionalistes wallons, fait franchir un pas important dans le scénario qui devrait réunir demain Bruxelles et la Wallonie, et qui n'est pas la Communauté française mais qui est une cogestion, une fédération. (...) Des Bruxellois et des Wallons respectés chacun dans leur structure et leur sensibilité". Ajoutant : " Pour moi on la supprime et ses matières sont cogérées par les ministres bruxellois francophones et par les ministres wallons".
- Philippe Moureaux ne se mouille pas et se félicite de ce que ce projet affirme clairement "l'identité" bruxelloise, et wallonne, tout en énonçant clairement le "lien Wallonie-Bruxelles. Le projet des deux ministres-présidents a le mérite d'apporter un "éclaircissement dans le débat, il est bon d'énoncer la "primauté des Régions" tout en maintenant la volonté de "travailler ensemble" entre Wallons et Bruxellois". Les Régions sont les institutions "qui se sont le mieux installées dans le paysage".
- Marcel Cheron (Ecolo) : "l'idée d'une fédération Wallonie-Bruxelles va plutôt dans le bon sens, dans la mesure - et ça, c'est nouveau dans ses propos! - où l'on parle du fait régional wallon incontestable dans ses différentes composantes, de Bruxelles comme Région reconnue à part entière et à financer, mais aussi d'une fédération d'intérêts entre la Wallonie et les Francophones de Bruxelles". Pour lui, les compétences d'éducation, de culture, de formation continuée et d'emploi, communes à la Wallonie et à Bruxelles, doivent en effet pouvoir être appliquées au mieux selon les milieux de vie auxquels on a affaire. Ceux-ci ne sont pas les mêmes dans le Borinage que dans le Brabant wallon ou à Bruxelles. Belle évolution ! Mais, ajoute-t-il ne s'agit pas de la disparition de la Communauté française: "Il est important de constituer dans l'espace fédéral belge une fédération Wallonie-Bruxelles au travers d'une Communauté Wallonie-Bruxelles revisitée par le fait régional".
- Serge Kubla est encore plus prudent que Moureaux : " Cela correspond au schéma que défend Didier Reynders depuis des mois: donnons plus de clarté et d'efficacité aux institutions francophones, wallonnes et bruxelloises. Et la meilleure façon d'y arriver est de faire siéger les ministres régionaux wallons et bruxellois dans le gouvernement de la Communauté française ". Ce que confirme Didier Reynders : " En fait, Demotte et Picqué ont écrit ce que nous disions au MR, rien de plus : il faut un gouvernement commun simplifié, composé de ministres wallons et bruxellois". Le MR dénonce le danger de scission de l'enseignement de la culture, de l'aide à la jeunesse, contenu dans les propositions des ministres-présidents.
- Le CDH se dit favorable à l'architecture institutionnelle proposée et à l'idée de "fédération des Francophones", mais il ne peut être question pour lui que cette Communauté se réduise à une peau de chagrin. Il ne veut pas non plus de " repli régionaliste " frileux. (Il y avait longtemps...) " L'identité régionale est certes importante mais elle doit être ouverte et compatible avec une identité francophone forte dans un Etat fédéral respectueux des autres communautés"...
- Enfin, mais ce n'est pas étonnant, la proposition prend le parfait contre-pied de sa thèse,  Olivier Maingain (MR bruxellissime) se dit " satisfait de voir " enterrer la vieille idée de certains socialistes de créer des États wallons et bruxellois séparés ", mais ajoute  " qu'il ne peut être question de régionaliser les compétences de la Communauté française telles que l'enseignement et la culture ". " L'Etat Wallonie-Bruxelles se justifie par un projet économique commun. Mais il faut une coupole politique forte, plutôt qu'un organe technique commun ". Finalement, il reste le dernier à défendre le principe des communautés sur base linguistique hérité de la volonté flamande puisqu'il précise que" l'Etat flamand est en marche car on n'y trouve pas de Région séparée de la Communauté. La seule réponse valable que l'on puisse y apporter est celle de l'Etat Wallonie - Bruxelles".

Hors concours, puisque ne prenant pas position sur le fond :
-Francis Delperée qui a jugé le projet " flou, flou, flou ", et doute, que l'on puisse jamais juxtaposer une fédération Wallonie-Bruxelles, une fédération Belgique, et une fédération européenne... Ce en quoi il n'a pas tort, mais n'énonce pas ce qu'on pourrait mettre à la place.
- Estimant qu'il s'agit d'un effet de manche, le RWF pense qu'il s'agit avant tout " d'un contre-feu du Parti Socialiste destiné à faire oublier les " affaires " et trouve que le moment est particulièrement mal choisi : les francophones sont à nouveau demandeurs de quelque chose vis-à-vis de la Flandre..." (Voilà qui rappelle furieusement le fameux "Nous ne sommes demandeurs de rien..."). " Constatant que la proposition Demotte-Picqué émane uniquement du Parti Socialiste et a donc peu de chance d'obtenir la majorité requise devant les divers Parlements de nos institutions ". 

De toute façon, on le sait, le fédéralisme belge est difficilement améliorable. C'est pourtant le moment que choisi Didier Reynders qui invite les partis francophones à se revoir pour débattre ensemble de la réforme de l'Etat.
Maintenant, il faut prendre du recul, puisque, comme d'habitude, on vient de le lire, chacun interprète la proposition au travers de ses filtres.

Si l'idée de Demotte et Picqué est de régionaliser, dans un premier temps, toutes les compétences de la Communauté française et de créer ensuite une "instance commune disposant de compétences et d'un budget propres" pour gérer les matières qui seraient redéclarées communes, manière de consacrer la solidarité entre Wallons et Bruxellois, je n'y vois pas d'inconvénient. Ça correspond, en gros à ce qui pourrait être l'architecture institutionnelle des deux nouvelles régions de France que seront demain Bruxelles et la Wallonie.

Si la proposition est surtout sémantique, s'inscrit dans la volonté d'atteindre à un équilibre institutionnel et se situe dans la perspective d'une Belgique fédérale qui a un futur (Les deux éminences socialistes disent qu'il s'agit d'une "Communauté française revisitée" semble le montrer), je suis plus réservé... puisqu'en fait en fait le rassemblement des deux gouvernements régionaux bruxellois et wallons, ce serait finalement la fusion des deux régions. Il convient donc de souligner que les déclarations de Picqué et Demotte formeraient alors avant tout un simple constat de l'utilité du Wallo-Brux... Et viendraient au secours de la Commission Spaak-Busquin...
Ce serait une erreur de plus de trop ?). La Communauté française qui semble être une alliance contre les Flamands fait leur jeu (sans le vouloir), parce que cette institution a été voulue par eux. Elle n'a jamais vraiment décollé dans les esprits puisqu'on peut constater qu'elle a bénéficié d'énormément d'appuis, qu'on a essayé avec de gros budgets de populariser ses fêtes. On ne peut nier que beaucoup de médias francophones ont longuement soutenu l'idée de la Communauté. Peine perdue ! Elle est de plus en plus impopulaire parce qu'elle est ignorée et elle est de plus en plus ignorée parce qu'elle est impopulaire... Et inefficace, c'est ce que je sous-entendais (pour l'enseignement et la formation, mais il en va de même pour d'autres matières) dans le billet  précédent intitulé :"
On ne chasse pas le sanglier de la même manière dans le parc de Bruxelles et dans les forêts d'Ardenne ".

Quoi qu'il en soit, le manifeste du 17 avril enclenche une réflexion chez-nous. Ce n'est pas une révolution. Mais ça pourrait bien (peut-être involontairement...) être le départ "d'autre chose" en prévision de la rupture Nord-Sud, purement et simplement.

Le choc risque en tous cas d'être frontal avec les Flamands de Flandre. Si l'espoir des proposants est que la Flandre ouvre les yeux et redevienne raisonnable, je rigole !

Mais tout n'est pas fini. Un vent favorable fait état d'une importante conférence de presse convoquée ce jeudi 24 avril à 15h30 à la maison de la Francité (18, rue Joseph II à Bruxelles) par un groupe de personnalités d'expérience et importantes du PS et qu'on peut considérer comme des "sages"...

A suivre, donc !


Mise à jour : La chronique de VINCENT DE COOREBYTER au SOIR :  Renforcer la Communauté française ?

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Jeudi 17 avril 2008

Curieux titre pour un billet ce blog… Non ?

Rassurez-vous, je ne me suis pas transformé en "Jo Gérard" ni en "Christian Laporte" ou pire encore, en "Patrick Roegiers"…

Je me demandais simplement si le prénom choisi n'est pas un indicateur précieux du choix fait par la monarchie…

"Eléonor"… "Elle est au Nord"… Message subliminal ?

par Claude Thayse publié dans : Clin d'oeil
Mardi 15 avril 2008

L'agence BELGA nous informe que, d'après De Standaard et De Morgen, Spirit changera de nom samedi lors d'un congrès.
Ce changement a été décidé après les mauvais résultats engrangés aux élections de 2007.
On apprend ainsi qu'après le scrutin, Spirit a sondé ses membres et a rassemblé leurs réactions dans un rapport qui a servi à élaborer un nouveau projet pour le parti.
 
Au lieu de faire toujours plus de la même chose et fort logiquement d'obtenir les mêmes résultats, les dirigeants de ce parti font preuve d'intelligence en appliquant la conclusion de bon sens qui veut que quand quelque chose (un comportement, une communication...) ne marche pas, il faut faire autre chose !

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Lundi 14 avril 2008

Dans le dernier numéro du « Vif » , Dorothée Klein fait référence au « retour du fait régional » . Et sans doute parce que ce retour est commun aux deux régions, bruxelloises et wallonne, elle ne parle plus de « repli »... Ce terme n'étant applicable qu'à la Wallonie, c'est bien connu...
 
C'est qu'il se passe quelque chose. J'en avais déjà parlé dans différents billets (
ici) (ici) et (ici) autour de l'événement qu'à constitué la réunion du 29 février dernier à Namur. L'agence BELGA fait état d'une interview donnée au Soir par le député bruxellois écolo Doulkeridis sous le titre : « Arrêtons d'avoir peur »

S'il est consacré à un appel à l'union des politiques au sein de sa région, il se termine par : (...)« je défends l'idée que la politique d'enseignement à Bruxelles doit être définie par les Bruxellois. Cela ne veut pas dire qu'il faut une rupture de solidarité avec la Wallonie ! »

Décidément, les choses (et les esprits) évoluent très rapidement. Dans les billets ci-dessus, j'écrivais que les différentes régions ont des besoins particuliers. Précisant « qu'on ne chassait pas le sanglier de la même manière dans le parc de Bruxelles et les forêts d'Ardenne »...

Beaucoup commencent à se rendre compte que le communautarisme (revendication flamande à l'origine et donc incontournable (mais qui a été indispensable pour permettre en échange aux régions wallonnes et bruxelloises de naître) commence à être dépassé dans les faits. Il faut maintenant inventer de nouveaux mécanismes réciproques et équilibrés de solidarité entre les deux régions. Tout de suite et en attendant mieux... C'est-à-dire un véritable Etat... Suivez mon regard.

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Lundi 14 avril 2008

La presse « francophone belge » (pléonasme ?) monte au créneau pour critiquer l'interview que Leterme a accordée à la chaîne européenne Euronews. Il y défend le code du logement flamand qui oblige les candidats à un logement social à se dire disposés à apprendre le néerlandais. « La méconnaissance d'une langue en Belgique est source d'injustices sociales » dit-il. Ajoutant : « La méconnaissance du français ou du néerlandais est source d'injustices sociales. Il y a des enfants, aujourd'hui, qui entament leur scolarité sans connaître ni le français ni le néerlandais ».
 
Ne trouvez-vous pas qu'il a raison sur le fond ?
 
Je travaille dans le milieu hospitalier à Bruxelles. Il est courant de rencontrer, dans cette ville qui se veut « Capitale de l'Europe », des personnes qui y passent toute leur vie sans jamais parler une des langues officielle. Sans même parler d'intégration, que penser de leur situation sociale ou culturelle ? Ils vivent dans un monde à part, soumis à on ne sait quelles règles tribales, sans alphabétisation qui leur permettrait d'appréhender leur environnement et le monde moderne. (*)
 
L'éducation obligatoire (en français), héritée de la Révolution, avait justement comme premier objectif démocratique de lutter contre les injustices sociales liées à l'ignorance des lois. La Constitution adoptée en septembre 1791 rangeait l'instruction publique parmi les «Dispositions fondamentales garanties par la Constitution». : « Il sera créé et organisé une Instruction publique commune à tous les citoyens, gratuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes et dont les établissements seront distribué graduellement, dans un rapport combiné avec la division du royaume. - Il sera établi des fêtes nationales pour conserver le souvenir de la Révolution française, entretenir la fraternité entre le citoyens, et les attacher à la Constitution, à la Patrie et aux lois ».  Des décrets d'application furent déposés avec pour auteurs : Talleyrand, Condorcet, Le Peletier, et Lakanal... Excusez-moi du peu.
 
Des exemples : Rapport et projet de décret sur l'organisation des écoles primaires présentés à la Convention nationale, au nom de son Comité d'instruction publique (1792); par François Lanthenas.
TITRE III : Dispositions particulières pour les pays ou la langue française n'est pas d'un usage familier au peuple
ART. 1. L'enseignement public sera partout dirigé de manière qu'un de ses premiers bienfaits soit que la langue française devienne en peu de temps la langue familière de toutes les parties de la République.
ART. 2. A cet effet, dans les départements où la langue allemande s'est conservée jusqu'à présent, on enseignera à lire et à écrire tant en français qu'en allemand ; et le reste de l'enseignement dans les écoles primaires se fera dans les deux langues.
ART. 3. Dans les contrées où l'on parle un idiome particulier, on enseignera à lire et à écrire en français ; dans toutes les autres parties de l'instruction, l'enseignement se fera en même temps dans la langue française et dans l'idiome du pays, autant qu'il sera nécessaire pour propager rapidement les connaissances utiles.


Il s'agit d'une tendance historique lourde dans tous les pays. Pour en revenir à la France, L'ordonnance de Villers-Cotterets, a servi de cadre juridique de la politique linguistique des rois de France. Ces mesures à l'égard des idiomes locaux ont recherché, au coup par coup, l'unité politique en respectant la diversité culturelle. Les révolutionnaires y ont d'ailleurs rendu témoignage à leur façon. Ainsi Barrère dans le Rapport du comité de salut public sur les idiomes : « Dans la monarchie même chaque maison, chaque commune, chaque province, était en quelque sorte un empire séparé de mœurs, d'usages, de lois, de coutumes et de langage. Le despote avait besoin d'isoler les peuples, de séparer les pays, de diviser les intérêts, d'empêcher les communications, d'arrêter la simultanéité des pensées et l'identité des mouvements. Le despotisme maintenait la variété des idiomes... ».

L'égalité républicaine animait ainisi les esprits éclairés, exemples :
« ... on peut uniformiser le langage d'une grande nation ... Cette entreprise qui ne fut pleinement exécutée chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l'organisation sociale et qui doit être jaloux de consacrer au plus tôt, dans une République une et indivisible, l'usage unique et invariable de la langue de la liberté ».
« ... pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale (*), ... il faut identité de langage. ... L'unité de l'idiome est partie intégrante de la révolution ». Abbé Henri Grégoire (extraits de son rapport à la Convention)
« La monarchie avait des raisons de ressembler à la tour de Babel; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale... Chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous.(*) » Barère
 
Je pense qu'on ne refera pas l'histoire (et je suis souvent en ma qualité de Wallon, partisan de la réunion à la France, le premier à le regretter). Les choix qui ont été faits dans le passé partaient tous d'une très bonne intention, on l'oublie trop souvent. Ainsi, sous la IIIe République, le désir de faciliter une certaine promotion sociale, et d'assurer l'unité française, amena les responsables de l'enseignement à proscrire l'usage de tous patois ou parlers régionaux à l'école. Ce qui fut une période difficile, rappelons-nous les expressions : «  Interdit de cracher et de parler en ... » (Choisissez celle à laquelle vous pensez...). Tout naturellement, il en a été de même, par « contagion » dans ce qui est devenu la Wallonie. Et c'est une bonne chose, à condition de respecter les particularités locales qui font la richesse d'une nation. Cette période est heureusement dépassée.
 
C'est ce qui est compris dans la Loi constitutionnelle n° 92-554 du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution de la république le titre : « Des Communautés européennes et de l'Union européenne » À cette occasion, il fut inséré, après le premier alinéa de l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958, une disposition proclamant le français comme « langue de la République ». Si l'adoption de cette disposition avait comme but premier de protéger le français contre l'influence excessive de l'anglais, notamment par la crainte de l'imposition de cette langue par plusieurs instances européennes, le garde des Sceaux, Roland Dumas, a bien précisé (25 juin 1992) aux députés et sénateurs que cette précision ne nuirait aucunement aux langues régionales
 
S'il se vérifie que l'objectif du « Wooncode » est dirigé uniquement contre les nouveaux habitants d'expression française, c'est évidemment éminemment critiquable, antidémocratique, xénophobe, et donc inadmissible. S'il a bien comme objectif ce souci de démocratie sociale (**) sur l'ensemble du territoire de l'Etat Flamand (hors communes dites « à facilités (**) »), je ne peux que l'approuver.
 
 (*)
A l'heure où, en Belgique, de futurs enseignants (biologistes, normaliens...) se montrent réticents à l'idée de dispenser la théorie de l'évolution, préférant les thèses créationnistes affirmant que la naissance de l'univers et des êtres vivants ont été « dirigés » par une entité supérieure, il est bon de se rappeler ces résolutions pleines de bon sens. La situation est inquiétante, puisque pour Jean-Christophe de Biseau, responsable de l'agrégation en biologie (ULB). « Certains futurs profs de bio présentent de sérieuses lacunes en matière de théorie de l'évolution. Et puis il y a ceux qui se refusent à enseigner cette matière. C'est le cas de certains musulmans ou de stagiaires venus du Maroc. On ne peut pas transiger là-dessus : à chacun ses croyances ; mais la science, c'est autre chose. » Il n'y a pas que les musulmans, les autres fondamentalismes religieux (Georges W. Bush en est un exemple) ne valent pas mieux.
 
(**) Si j'ai bien lu, on ne demande pas de connaître effectivement le néerlandais, mais de faire un effort pour l’apprendre. Il n'y a aucune obligation de résultat : il n’y a pas d’examens et il ne faut pas apporter la preuve de la conaissance de la langue... 
  
(***)
La situation dans ces communes est différente et reste un point de discussion important. Le statut de ces facilités pour l'usage du français dans la sphère publique accordées à l'origine à titre transitoire aux habitant francophones de ces communes situées sur le territoire flamand a évolué pour devenir permanentes (uniquement) dans l'esprit des francophones (ayant été considérées comme bétonnées à plusieurs reprises, mais on sait ce qu'il faut penser du béton belge...).
Seul l'avenir nous dira ce qu'il en sera réellement.

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Vendredi 11 avril 2008

Le site de « l'Echo » nous informe que Michel Quévit vient de publier une étude qui démonte une série de clichés sur les économies wallonnes et flamandes. Pour lui, la première n’est pas à la traîne de l’Europe et la seconde n’est pas au sommet. Elles sont toutes deux dans le peloton, même si la Flandre est bien entendu mieux placée que la Wallonie. Quand il analyse la productivité, les efforts d’innovation ou le rythme de croissance, l’économiste retrouve chaque fois la même relativisation des différences régionales. (*)

Il constate par ailleurs que l’économie wallonne affiche toutefois une santé comparable aux autres régions de tradition industrielle, qui peinent toutes à se reconvertir dans une économie mondialisée. Les difficultés sont structurelles et «il n’y a dès lors aucune raison objective de stigmatiser les Wallons comme étant les responsables de la situation de mal-développement de l’économie régionale», écrit-il.(*)

L'économiste relève que ces régions industrielles sortent de la crise. Mais lentement. « Le chemin à parcourir pour se hisser au niveau de la moyenne communautaire continuera à exiger pendant de nombreuses années encore des politiques proactives de développement ciblées sur les nouveaux facteurs de compétitivité". (*)

Voilà une pierre de plus dans le jardin de ceux qui donnent une image misérabiliste de la Wallonie en stigmatisant une prétendue paresse des Wallons.

Intéressant ! Venant de cet économiste dont les publications ont monté à suffisance les origines du mal-développement wallon. Michel Quévit qui se demandait déjà le 31/08/2007 dans le même journal  « si la stratégie actuelle de la Flandre ne consiste pas à récupérer les moyens financiers qui lui permettraient d’intégrer le peloton de tête européen ? Ce qui expliquerait pourquoi la pression flamande porte surtout sur des compétences à incidence financière »…

Faisant remarquer comment la Flandre en est arrivée là en détournant beaucoup de moyens à son profit depuis 1945… grâce par exemple à la rigidité du principe de péréquation financière. Cette péréquation qui fait qu’ailleurs, les entités fédérées riches contribuent au développement des entités plus pauvres. La clé de répartition (60/40) bétonnée dans les lois de financement est anormalement rigide à la différence du modèle allemand par exemple, où les Länder contribuent au pot commun en fonction de leur croissance économique respective. Dans tout Etat, les régions riches contribuent ainsi au développement des régions moins riches au prorata de la richesse qu'elles créent. C'est le fondement même de la solidarité. Sauf en Belgique.

Ce contingentement de la solidarité « à la belge » est une des causes peu citée et donc peu connue, mais à mon sens essentielle du retard (qui est plutôt du «mal-développement» comme l'écrit Quévit) de la Wallonie.

(*) © L'Echo

par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Vendredi 11 avril 2008

Le sondage l’institut Dedicated Research, pour le compte du Soir et de la RTBF indique une relative stabilité des intentions de vote pour le parti unique qui nous gouverne avec des gains ou des reculs pour certaines tendances. Ce qui n'intéressera que ceux qui y ont quelque chose à y gagner.

Une information intéressante concernant la nomination des bourgmestres francophones de Linkebeek, Wezembeek et Kraainem, qui pour certains constitue une condition préalable à toute nouvelle réforme institutionnelle.

Les Bruxellois francophones et Wallons semblent assez partagés vis-à-vis de cette question puisque les partisans ou ceux qui se déclarent "pas d'accord" avec cette attitude sont à égalité. Les autres sont-ils indifférents ? J'aurais plutôt tendance à le penser… à moins que la lassitude ? En additionnant ces "sans réponses" à ceux qui ne sont pas d'accord on arrive à 66 %... Il serait intéressant d'en connaître l'origine géographique.

 

A. Tout à fait d'accord       18 %

C. Plutôt pas d'accord        15 %

B. Assez d'accord              15 %

D. Pas du tout d'accord      17 %

D. Sans réponse                31 %

 

Sondage effectué par téléphone du 5 au 8 avril sur un échantillon de 601 Flamands (46%), 303 Bruxellois (23%), 401 Wallons (31%). Marge d'erreur: environ 2,6% sur l'échantillon total. SOURCE: Dedicated Research

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Jeudi 10 avril 2008

Le TRENDS-TENDANCES de cette semaine (10/4/2008) contient un rapport très intéressant qui fait des comparaisons entre fiscalité belge et française, ainsi que des autres voisins du pays sous le titre : "Tous grugés par un système fiscal pervers... nous payons trop d'impôts trop vite !"

 

Un exemple cité : pour un célibataire gagnant 20.000 euros par an : impôts en Hollande : 428, en France : 1243, au Luxembourg : 1245, en Angleterre : 2680, en Allemagne : 3007 et en Belgie-que… : 4989 euros !

 

J'y reviendrai…

Mercredi 9 avril 2008

Un petit film qui n'est pas inintéressant... Elio Di Rupo, président du "parti socialiste francophone belge", au Forum social européen de Paris, en novembre 2003. Analyse de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique) et du sociologue Alain Accardo. Tiré du DVD «Avanti Popolo!», de Yannick Bovy et Mathieu Sonck, Zogma, 2006, 45'. Infos: http://www.zogma.org/

Mardi 8 avril 2008

Une fois n'est pas coutume, je fais un peu de pub... en empruntant une partie de titre d'une conférence.

Ces 19 et 20 avril à Nivelles, « Aclot toudi » organise des activités ludiques pour faire découvrir (ou redécouvrir) les parlers locaux du Brabant wallon. Aussi appelés « langues endogènes », « langues régionales » ou « parlers minoritaires », ils font partie de notre patrimoine au même titre que les monuments ou le paysage. Ils ont façonné notre façon d'appréhender le monde, en parfaits compléments de notre culture française qui elle nous l'a ouvert en touchant à l'universel.

A ce titre, le Brabant wallon est une Wallonie en miniature puisqu'on y retrouve pratiquement toutes les variétés de wallons. On trouve le picard dans la région de Rebecq, Clabecq et Saintes, le liégeois du côté d'Hélécine. Le namurois sur la partie du territoire s'étendant de Jodoigne jusqu'à Ottignies, tandis qu'entre cette dernière ville et Nivelles, on entend le parler de l'ouest wallon. Seul le champenois, utilisé dans la région de Bouillon et en France, et le lorrain (Gaume) y sont absents.

C'est que, malgré une forte immigration extra-wallonne et l'influence de la télévision, les parlers wallons se maintiennent encore chez-nous - même si ce sont surtout des personnes âgées qui le parlent - et particulièrement à Nivelles (mais ce n'est pas le seul endroit) où existe une troupe de théâtre jouant en aclot. Des cours de wallon local y sont également donnés et un des organisateurs (qui a participé à la traduction des bijoux de la Castafiore) m'a confirmé que de nombreux participants n'étaient pas originaires de Wallonie. Beau signe d'intégration, non ?

La Fédération culturelle wallonne du Brabant et de Bruxelles, qui a pour objectif de  « promotionner » (sic !) le wallon auprès du grand public, s'est associée à la Bibliothèque publique centrale de la Communauté française de Nivelles pour ces deux journées au Waux Hall (focsal !) de Nivelles.

En bref, un programme riche, varié, où toutes les générations peuvent trouver leur compte, afin d'inviter jeunes et moins jeunes à (ré)apprendre à connaître ces langues trop souvent méprisées qui sont pourtant savoureuses et poétiques. Des expositions, des spectacles et des conférences se succéderont du samedi 19 avril dès 15 heures au dimanche 20 avril à 18 heures

NB : Contrairement aux idées reçues, en France les langues régionales comptent, sont aidées et font partie du patrimoine.
Exemple : On nous parle souvent des Bretons qui seraient brimés. Effectués régulièrement, les sondages relatifs à l'opinion des Bretons sur la langue bretonne montrent une nette progression de l'attachement à cette langue :
« ... l'opposition au Breton a pratiquement disparu : 92 % de l'ensemble des Bretons (5 départements) pensent qu'il faut la conserver et 82 % la reconnaissent comme leur langue régionale(...) même s'il faut nuancer plus loin quand à ceux qui, non pas estiment que c'est leur langue régionale, mais l'utilisent et le parlent effectivement (là on tombe entre 30 % et 1 % selon les sous-régions bretonnes et entre 50 % et 5 % selon l'âge, les plus jeunes n'ayant qu'un usage marginal de la langue)» (Extrait de BREIZHmag).
Il faut aussi savoir que les langues régionales bénéficient de subsides : Budget alloué aux langues régionales par les conseils régionaux : Breton (304.000 locuteurs adultes) 3.930.000 euros, Occitan (523.000 locuteurs adultes) 2.700.000 euros, Basque (74.000 locuteurs adultes) 840.000 euros, Catalan (132.000 locuteurs adultes) 840.000 euros...

Toutes les activités sont accessibles gratuitement. Tout renseignement peut être obtenu au 067.89.35.81 ou par courriel : marieroselixon@skynet.be

par Claude Thayse publié dans : Brabant wallon
 

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