« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 19:04

Ça fait un moment que je dois vous en parler, mais…


L’idée d’une taxe écologique aux frontières de l’Union Européenne fait  tout doucement son chemin. Ce serait une première brèche dans le « laissez-faire » inspiré de la politique commerciale dominante américaine. Ce serait un aspect utile de l’Europe… que n’ont pas prévu les tenant manichéens de « l’anti-protectionnisme ».

Lisez donc cette tribune écrite par un professeur de Sciences po, parue dans Libération en décembre dernier.

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Parlons politique
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 05:15

A lire dans « La libre »…

Comme quoi qu’il n’y a pas que dans le domaine institutionnel que nous vivons dans un régime de parti unique qui ne veut pas dire son nom. Je l’ai déjà dénoncé sur ce blog…

Le bon sens finirait-il par revenir dans la presse et l’opinion ? A mois que… à la lecture de la phrase de conclusion, des arrière-pensées sont toujours possibles, évidemment. Mais laissons-lui le bénéfice du doute.

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de coeur - Communauté : Parlons politique
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 12:25

L'interview du Pr Quévit, paru dans "Le Soir" du vendredi 22 janvier, revêt, à mes yeux, une importance considérable... pour la Wallonie !

Pour la Flandre, la fermeture d'Opel Anvers est un drame économique et social auquel le gouvernement flamand se doit se remédier. Pour la Wallonie, c'est un avertissement dont les responsables de notre économie doivent tirer les leçons.

A la lumière de ce qui se passe en Flandre, le cadre géopolitique dans lequel doit désormais s'inscrire l'économie wallonne se dessine clairement. Le système prédominant en Europe de l'Ouest ne permet pas à une Région, fût-elle aussi dynamique que la Flandre, de peser sur le comportement des grosses entreprises multinationales. Un relais de soutien politique doit être assuré par une nation qui « compte » au sein de l'Union européenne ; ce n'est pas le cas de la Belgique. (...) Pour Michel Quévit, le cadre belge ne semble d'ailleurs même plus exister puisqu'il ne l'évoque même pas. A moins qu'il ne pense que la Flandre se comportera désormais comme si, économiquement, elle avait fait sécession !

C'est au niveau régional qu'il faut stimuler la mise en place d'un tissu dense de PME. Mais, ce qui est vrai pour la Flandre doit également l'être pour la Wallonie : les PME créées doivent pouvoir se positionner hors de leurs limites territoriales. (...)

Alors soyons conséquents avec ce discours... Si les grand pays sont les seuls capables de s'opposer au comportement abusif des grandes entreprises multinationales, ils seront vraisemblablement aussi les seuls à pouvoir cautionner le développement de leurs PME, à travers leurs propre pays et à travers l'Europe. C'est d'ailleurs ce à quoi nous assistons actuellement...

Au moment où la Flandre s'apprête à faire sécession, le réalisme politique et économique n'impose-t-il pas aux Wallons de se tourner vers la France dont ils se sentent si proches dans de multiples domaines ?

Par Edgard Baeckeland - Publié dans : Invités - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 18:00

L’article que VdW consacre aux réflexions de Jean-Luc Dehaene dans « La Libre » de ce jour incite à l’optimisme. Voilà que le « sage » (ou en tous cas considéré comme tel par les « anciens belges » qui le considèrent comme un Flamand modéré)

 

En gros, l’idée devrait satisfaire tout le monde (ou presque si on excepte les tenants du statu quo du FDF) est la suivante : Pour les Flamands, on va bien scinder BHV mais pour les « francophones »,  on scindera. Mais bien plus tard. Tout le monde devrait s’y retrouver… La monnaie d’échange est la subtile : « on présenterait un ensemble de réformes institutionnelles importantes sur lesquelles s’engageraient les francophones et les Flamands »  :

- Un transfert de compétences aux entités fédérées dans « les domaines les plus divers »  : politique économique et industrielle, logement, mobilité et agriculture. Il s’agissait en particulier, de la législation sur les loyers et les implantations commerciales, l’accueil de la petite enfance, une partie substantielle du code de la route, l’économie sociale, le fonds des calamités agricoles ou encore le fonds de participation. (l’accord Verhofstadt de mars 2008)

- Un accord de révision de la constitution sur « un ensemble très important » d’articles à réviser. Ce qui permettrait, lors de la prochaine législature, d’organiser des transferts massifs de nouvelles compétences dans des domaines cruciaux : politique de l’emploi, politique de la santé, politique familiale, fonction publique et justice.


Pas mal, non ? Beau dégraissage de l’Etat fédéral. La question à laquelle je n’ai pas de réponse sera de savoir qui bénéficiera de ces transferts de compétences. Du côté flamand ou germanophone, pas de problème, Communauté et Région ne forme qu’une seule et même entité juridique et territoriale. Chez nous, il restera l’obstacle de la Communauté dite Wallonie-Bruxelles à passer. L’idéal serait d’en profiter pour achever le tout aux régions. Mais j’ai des doutes, les esprits de nos politiciens doivent encore évoluer…

 

Prenons du recul… ou plutôt faisons un peu de politique fiction en cas (heureux !) de « tout aux régions ». Même si évidemment, c’est beaucoup plus compliqué que ce que j'écris ci-dessous…

 

Si on régionalise (ce qui reste de) la santé et la famille, ça devrait impliquer logiquement la régionalisation de l’INAMI et autres organismes ayant une action dans les domaines concernés et donc de nombreuses  parties de la sécurité sociale (depuis la fixation des niveaux de cotisations, leur recouvrement et leurs transferts en conséquence de la régionalisation de la politique familiale et de la santé).  


Justice et fonction publique régionalisée ? Cela entraine la régionalisation de la police qui deviendrait ex-fédérale, de la politique pénale, etc… Quid alors de la régie des bâtiments (Palais de Justice et prisons) ? Tant qu’à faire…

 

Régionalisation de la Fonction publique… A quoi servirait encore le Fédéral, ou plutôt comment fonctionnerait-il encore ? Ça entraîne la régionalisation du financement de l'économie et de la statistique économique, des finances, donc des administrations des impôts. Ça veut dire la scission de la BNB et de l’INS et autres parastataux...

 

La régionalisation de l'emploi, de l'industrie, de l'agriculture pour ce qu’il en reste au fédéral permettrait d’avoir enfin des politiques claires.

 

Resterait alors au Fédéral des compétences dans les domaines de la défense, la diplomatie, la SNCB et… Tiens, curieusement…  les pensions de retraite (et donc les principaux transferts « sud-nord »… comme par hasard).

 

La vigilance s’impose donc de plus en plus, même si la perspective de la poursuite des transferts de compétences ne peut que me réjouir.

 

Le confédéralisme que craignent certains semble bien être l’objectif de Dehaene. Il restera alors à scinder BHV pour achever l’avant dernière étape de la main mise des « Flamands modérés » sur la Belgique devenue coquille vide. La coquille restant entière grâce à l’existence de cette glu appelée improprement communauté française. Si les politiciens wallons parviennent à s’en extirper au plus vite en exigeant d’aller plus loin en matière de transfert que les propositions Dehaene, tous les espoirs sont permis.

Mais, comme chacun le sait, le meilleur moyen de torpiller un projet est de le sortir dans la presse... La seule chose certaine dans tout ça, c'est que les Flamands ne sont pas prêts à renoncer à leur feuille de route.


Voici ce qu'en pense Charles Bricman...

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 12:06

Le parti bruxellois (FDF) a annoncé qu’il adapte son « image de marque » à la réalité politique qui l’entoure. « Image de marque » ? Curieux terme... mieux adapté à une boîte de conserve qu'à un pari politique.
Alors, opération marketing de ravalement ou réalité profonde ?

 

Si la nouvelle signification à l’acronyme est de : « s’identifier aux citoyens qui partagent leurs convictions - les fédéralistes -, plutôt que de demander aux gens de s’identifier à une structure »…  J’avoue ne pas vraiment voir de changement par rapport au passé, sauf à effacer le côté « anti-flamand » (1) de « front » en accentuant (pour ratisser large) la notion de « communauté naturelle » entre « Wallons et les Bruxellois (qui) vivent (vivraient ?) cette unité francophone dans leur réalité familiale, professionnelle, culturelle ». Ce à quoi ce parti s’est attaché depuis des années : préparer les esprits à une Belgique continuée par la fusion de Bruxelles (2) élargie à la Wallonie dans une sorte de « Fédération Wallonie-Bruxelles ».

 

Ils ne lésinent pas à utiliser des accents populiste que ne renieraient pas certains partis qui utilisent les sentiments antipolitiques primaires. Quelques exemples, mais vous verrez, tout est dans la nuance :

A la manière de

- « Pirenne à B+ » : « Nous avons un attachement sincère à la Francophonie, bien éloignée d’un « nationalisme français ombrageux » (sic !) » (3)

- «  PP (très à la mode dans la presse) » : « Les citoyens sont fatigués des égocentrismes des partis, des querelles d’influences, de la médiocrité de ceux qui croient que le pouvoir leur permet toutes les bassesses ou toutes les pitreries ».

Ou encore : « Ces dernières années, nous avons connu trop de manquements aux principes fondateurs de l’Etat de droit. Ces atteintes viennent tant du monde politique que du monde judiciaire. La séparation des pouvoirs est malmenée, l’indépendance des magistrats est devenue incertaine »

- « De Dekker & De Wever » : « Le fédéralisme est toujours menacé dans notre Etat et (…) est menacé par les dévoiements d’une gestion publique au sud du pays qui minent le sens des responsabilités »…

- « BUB » :

« Scinder BHV, c’est enfermer la Flandre dans cette logique nationaliste infernale qui la conduira non seulement à un recul démocratique mais aussi, tôt ou tard, à sa perte économique et sociale. » (4)

- « journalistes et politiques bruxellois (il y a trop de noms à citer…) » : « Aujourd’hui, les fédéralistes d’union de la Wallonie et de Bruxelles ont convaincu bien plus d’esprits « au sud du pays » (re-sic !) que les tenants d’un repli régionaliste (5) qui ne renforce en définitive que le sous-régionalisme et le féodalisme provincial. »

 

Sans oublier les incontournables messages incomplets :

- « …parce que la Wallonie a payé un lourd tribut social à des mutations économiques mal maîtrisées, nous n’ignorons pas ce que peuvent être les revirements de la vie économique. »… Incomplet parce qui oserait rappeler que la reconversion économique de la Wallonie a été volontairement différée par l’Etat belge (« gardez vos charbonnages ainsi que votre sidérurgie en l’état, ne les modernisez surtout pas, nous en avons besoin pour gagner la bataille économique (1945-1960), nous pourrons ainsi développer la Flandre avec des investissements européens et des outils modernes (1955 et suivantes))

 

- « Par le confédéralisme, l’Etat belge peut, à tout moment, basculer dans le vide institutionnel. C’est une pente dangereuse vers l’inconnu, le chaos ». Pourquoi ? Parce que « le confédéralisme qui menace l’avenir de la Belgique est la cohabitation cynique de l’Etat PS et de l’Etat CD&V ». « Nous ne sommes ni des régionalistes bruxellois, ni des régionalistes wallons »(6). « Nous savons tous que face à l’Etat flamand qui se construit, seule l’unité de la Wallonie et de Bruxelles nous permettra de faire jeu égal, tant sur le plan économique et social que sur le plan politique ».

Incomplet et faux. C’est un message politique en contradiction avec le « plutôt que de demander aux gens de s’identifier à une structure » puisque dirigé contre une autre formation politique en Wallonie. Mais bon, c’est de bonne guerre.

Faux, puisque le fédéralisme est dépassé dans les faits et qu’un peu plus loin, ils reconnaissent que le fédéralisme belge (la nuance est d’importance) « est menacé par la force centrifuge du nationalisme flamand qui remet en cause les solidarités. La Belgique n’est pas encore un véritable Etat fédéral car l’autonomie et la solidarité qui caractérisent tout système fédéral n’ont pas encore trouvé leurs véritables assises ». On est loin d’un parti qui énonce curieusement que « Les citoyens ont le droit à la vérité »… Pourquoi ne pas dire alors ce que tous les politiques savent, c’est que les partis flamands sont déjà un pont plus loin dans leur réflexion ? Que le fédéralisme mal implanté et mal conçu est dépassé dans les faits et les esprits en Flandre alors que grâce à la pusillanimité des«  politiques francophones » - et du rôle de la presse qui leur doit sa survie financière - les esprits en Wallonie - presqu’autant qu’à Bruxelles - sont encore dans la Belgique unitaire ?

 

Enfin : si, « le fédéralisme est une exigence de respect du pluralisme mais aussi le refus que la société soit partagée entre piliers philosophiques ou religieux, qui ne correspondent plus à la réalité sociologique de nos populations », voilà un avis que je peux tout à fait partager. Mais pourquoi ne pas aller plus loin dans la définition et la corriger par la reconnaissance de réalités économiques, et surtout sociologiques et culturelles différentes ?  Evidemment, si l’objectif est de gommer la réalité wallonne dans une « Belgique francophone » uniforme, ils ne peuvent le reconnaître…

 

 

(1)    « Nous sommes des francophones. Nous ne le sommes pas par rejet d’une autre langue ou d’une autre culture ». 

(2)    « Nous avons été les premiers à plaider l’unité de nos deux Régions »

(3)    « nationalisme français ombrageux »… et « le fédéralisme est à l’opposé du nationalisme car le nationalisme menace la démocratie ». Ils ne semblent pas faire de différence entre le nationalisme à la Renan et celui, germanique, de Bismarck qui est plutôt celui d’une certaine Flandre…par sa volonté d’expansion territoriale. Oups… c’est justement aussi la position du FDF… Damned !

(4)    « Il faut sauver la Flandre »… Sympa ça, non ?

(5)    Bon sang, la vieille « théorie du repli » qui, sert depuis les grèves de l’hiver 60-61… J’ai vraiment eu peur qu’on l’oublie.

(6)    Voilà qui a le mérite d’être clair. Bruxelles et la Wallonie indifférenciées ne peuvent donc qu’être une seule entité.

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Journalistes et clubs presse
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