« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /2010 09:54

Les « partis francophones » (*) semblent avoir réalisé qu’avec ou sans la N-VA, tous les partis flamands veulent une avancée significative. De Wever qui n’est pas historien pour rie a tiré les leçons de l’Histoire et ne se limitera pas une réformette de l’Etat. Et ses élus au Parlement comme ceux qui rêvent d’être ministres n’ont d’ailleurs pas peur des élections.

On se souvient de la phrase de Di Rupo : «« Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du fédéral vers les entités fédérées. Mon souhait est que cela puisse se passer d'une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges »…

 

Avez-vous remarqué qu’il s’agit là, mine de rien, d’une belle récupération du principe de confédéralisme, tellement décrié par les mêmes jusqu’il y a peu ?

 

C’est à la fois triste et grave.

Le pire est sans doute à venir quand ils nous annonceront qu’ils travaillent à une Belgique rééquilibrée…stabilisée sans oser dire pour combien de temps ? Solution temporaire imposée par la force des choses, on entrera dans le confédéralisme comme on est entré dans le fédéralisme… à reculons.

Que de temps et d’énergie perdue à refuser de se rendre compte d’une réalité que le Mouvement wallon a clairement démontrée depuis plus d’un siècle maintenant. Il y a plusieurs peuples qui sont piégés sur un même territoire. Alors qu’une solution simple et équilibrée, préservant les choix d’avenir existe dans l’immédiat.

 

Beaucoup de commentaires laissés sur ce blogue reprochent aux citoyens de ne pas se rendre compte de ce qui se passe. Mais comment leur en vouloir, si ceux qui doivent, non pas les représenter, mais les informer ne font pas leur devoir ?

 

Comment, sans passer par eux, faire connaître ou faire prendre conscience de l’ampleur de la manipulation des foules ?

Non, il n’y a jamais de prise de recul par rapport à la réalité révélée. Les schémas caricaturaux (*) sont plus pratiques et donnent bonne conscience. Ils sont simples à manier. La plupart des dirigeants acceptent l’idée que le public est trop idiot pour comprendre une réalité toujours jugée complexe et surtout décrite comme telle. Puisque ce même public fera toujours nécessairement des impasses sur ce qui le concerne directement et apparemment le moins. Il restera à lui distiller des schémas prémâchés qu’il n’aura plus qu’à avaler.

 

Ce sont des minorités qui font ou faisaient bouger les choses. Hélas, chez nous, depuis la prise du contrôle des médias par les partis l’impossibilité légale (et de fait) de concourir au jeu démocratique, les minorités ne parviennent plus à se faire entendre.

 

Attendons-nous donc à des propos lénifiants et simplificateurs dès que la phase actuelle de dramatisation sera terminée et qu’un accord équilibré provisoirement définitif nous sera vendu – à « notre »grand soulagement. Prolongeant l’existence d’une certaine Belgique. Le « préformateur » se muant en un.. prolongateur. A moins que... Di Rupo n'ayant intégré que la séparation est ineluctable 
et  joue le jeu en faisant sembant d y croire encore pour laisser l'initiative de la rupture aux Flamands et negocier la separation tout en restant officiellement  demandeurs de rien. Vous y croyez, vous ?

 

 

(*) Curieux paradoxe, non ? Ils sont organisés sur base communautaire, mais sont ou seraient, ou encore se diraient (en tous cas dans leur dialogue avec les Flamands) plutôt partisans de régions… Et en tous cas, Ils se présentent comme les défenseurs des régions de Bruxelles et de la Wallonie. N’y aurait-il pas là des arrière-pensées ?  Quand on sait que par ailleurs ils rêvent depuis longtemps d’une mini-Belgique continuée composée de Bruxelles et de la Wallonie … Oubliant par là le caractère bilingue de Bruxelles où les Flamands bruxellois sont aussi chez eux. Calcul politique ? Ou bien ne se présentent-t-ils en régionalistes que - seulement - pour défendre Bruxelles ? Lisez ceci qui montre bien que le souci régionaliste actuel n'est que de façade

 

(**) Les Wallons sont paresseux, les Flamands travailleurs, les francophones opprimés, la Wallonie « rouge » en déficit, la Flandre riche et bien gérée, le fédéralisme est un échec, le confédéralisme est le fédéralisme des cons, la sécurité sociale belge est une des meilleures du monde… et j’en passe. Vous en voulez encore ?

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /2010 06:04

Ceux qui connaissent ce blog depuis sa création (avec plus d’un million de pages vues depuis le 14 novembre 2005 !) à l’époque où j’ai été amené à reprendre la présidence d’un parti devenu si peu rassembleur auront suivi l’évolution, ou plutôt « l’affinage » de ma vision. Partant rattachiste militant pur et dur, sans trop de nuances, sympathique mais inefficace, cette évolution a été nourrie de divers apports dont l’excellent texte sur «  Le vrai visage des Français ».

 

Du billet militant : « Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm ! » à celui sur «La fin du syndrome de Waterloo ? » et « La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? » ou encore « La Wallonie sur la voie d'une organisation nouvelle ? » à ceux plus récents, mais nullement contradictoires avec les premiers, sur l’indispensable identité wallonne dont je retrouve une belle synthèse dans ce beau texte d’Arnaud Pirotte qui fait le tour du sujet, je retrouve – modestement - une constante qui me rassure. Celle d’être capable d’intégrer, d’écouter, de continuer à réfléchir, à prendre du recul, bref à évoluer. Ce n’est pas simple dans le milieu politique, fait de croyance ou d’opportunisme ou encore d’hyper-certitude, de continuer à marcher hors des sentiers battus. Une éducation à la pratique du « doute raisonné », si elle n’est pas un handicap n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire des « amis » dans ce monde où règnent les croyances parfois irrationnelle qui - précédant et prédéterminant les convictions - s’opposent à la vérification et demeurent inaccessible à la contradiction et aux arguments raisonnables.

 

Ethiquement, ma position, mon message politique ne peut se baser que sur la multitude d’éléments factuels, d’indices, de témoignages, sérieux et souvent concordants recueillis personnellement ou rapportés par d’autres. C’est – je le reconnais - une forme d’intime conviction, qui est une « croyance raisonnable » en quelque sorte.

 

En mai dernier au premier (et dernier !) congrès de « W+ », je disais que « nous étions les vrais continuateurs du Mouvement wallon, celui de nos grands anciens, les Albert Dubois, Jules Destrée, François Bovesse, Maurice Bologne et tant d’autres qui avaient déjà clairement défini la voie à suivre en parlant de « peuples indépendants et libres ainsi que d’intégrité française de la Wallonie ». J’ajoutais que, dans cette logique, « nous devions réclamer d’urgence l'émergence de quatre Régions autonomes par le transfert de nouvelles compétences et des moyens correspondants de l’Etat fédéral. Dans un souci de cohérence, de simplification de dynamisation et surtout d’efficacité. En particulier le transfert des compétences de l'actuelle Communauté française aux Régions, wallonne et bruxelloise. Régions égales en Droits, libres et autonomes. C’est que, pour la Wallonie, cette maîtrise indispensable de compétences essentielles, comme l’enseignement et la culture, vont renforcer une identité négligée, mais historiquement fondée sur la fraternité et l’égalité, et agiront comme un puissant moteur de changement social, culturel et économique ». J’ajoutais à ces notions de Régions (avec une majuscule car il s’agit d’entités humaines qui ont rang d’Etats, quelle que soit par ailleurs la terminologie utilisée.) libres et égales en Droits, « le droit de s’associer deux à deux en fonction de leurs intérêts propres, mais aussi de s’adosser à un pays voisin pour les mêmes raisons ». Autonome en effet, la Wallonie peut sortir de la logique belge qui veut que son économie soit mise au service des autres. Le monde a changé, les frontières et les relations entre états européens ne sont plus les mêmes. Une Wallonie souveraine pourra – librement – choisir ses alliés ». Ajoutant : «  Par exemple, un pays voisin dont nous partageons tant de chose sans perdre pour autant nos spécificités. Une Wallonie souveraine sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec ses voisins. Sans subir ! »

 

J’ai constaté que ce terme « d’adossement » a été repris à plusieurs reprises dans la presse ou sur des fora politiques.

 

Et confirmant la justesse de ma vision, dans l’interview donnée dans le « Paris-Match – édition Belgique » du 8 juillet dernier, Jean-Pierre Chevènement disait clairement que « si nous le demandions, et si en toute hypothèse les Flamands prenaient leur indépendance – conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies – je trouverais juste de les accueillir dans la République française sous un statut à déterminer. Ce pourrait être le statut actuel avec un simple rattachement de la sécurité sociale wallonne à la sécurité sociale française ».

 

Le confédéralisme n’est donc absolument pas le « fédéralisme des cons » suivant une expression autant malheureuse que ridicule, mais une étape essentielle, la meilleure chose qui puisse arriver à la Wallonie pour le moment. Je répète : celle-ci, souveraine, sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec - tous - ses voisins. Sans subir ! 

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /2010 06:00

 Comme prévu, le dialogue communautaire a commencé. Sur base communautaire et non régionale. Exactement ce que voulaient les Flamands.

 

A l’heure actuelle, il est impossible de deviner ce qui va sortir des négociations. Mais ce ne seront de toute façon que des solutions insatisfaisantes et temporaires. Les sources de conflits ne pouvant y être traitées à fond. Il faut mettre sur pied de toute urgence une association temporaire de partis – idéalement issus des quatre entités, mais on peut commencer avec moins - qui décident de centrer leurs programme de réformes institutionnelles sur base d’une organisation au départ des régions. Sortant ainsi des blocages récurrents. Les « vrais problèmes » finalement puisqu’ils empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

Autour de la table pour nous représenter, si je compte bien : 5 « francophones » sur 7 peu suspects de prendre en compte les spécificités régionales (avec un léger bénéfice du doute pour Picqué et Ludgen). Il ne manque que le MR qui aurait renforcé le camp communautariste. Et ce sont ces gens avec les pouvoirs exorbitants que leur donne le système politique de « présidentocratie » (*) qui vont décider pour tout le monde de la nouvelle architecture institutionnelle d’un pays qui n’en finit pas de mourir.

 

On connaît les revendications sentimentales et historiques des partis flamands sur Bruxelles. Mais ce sont là des gens patients et pragmatiques. Je suis curieux de voir leur évolution au cours de ces négociations. Après tout, ils avaient déjà fait preuve d’ouverture lors des négociations précédentes. Sans oublier que la configuration actuelle sur base des communautés leur convient très bien puisqu’elle leur donne de fait un pouvoir de contrôle sur ce qui est un des principaux enjeux pour eux : Bruxelles.

 

C’est là toute la perversité du système de partage entre communautés rivales de fait. Elles n’arrêtent pas de s’accuser des blocages et dysfonctionnements du fédéralisme. Le mantra du « front francophone » ayant conforté les vœux des nationalistes de Flandre d’imposer un jeu à deux.

 

S’il a été – pour nous Wallons – un incontestable progrès et a permis de stopper le déclin économique imposé par l’Etat unitaire, le fédéralisme est incomplet puisqu’il nous manque, entre autres à cause de l’existence des Communautés, la maîtrise de compétences essentielles et complémentaires en matière d’éducation et de culture. Sans compter ce qui reste au niveau fédéral où les choix sont basés sur des rapports de force qui nous sont défavorables.

 

En l’état, ce fédéralisme qui montre ainsi ses limites a de moins en moins de chance de pouvoir bien fonctionner à l’avenir puisqu’il y est impossible de définir des systèmes de solidarité mutuellement acceptables. Le système est largement ingouvernable et le restera tant qu’il restera des zones de chevauchement de compétences de type linguistico-communautaires.

 

Intéressante à ce sujet, la déclaration du ministre-président du gouvernement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz au magazine allemand Focus où en cas de scission de la Belgique, il envisage trois hypothèses : le retour à l’Allemagne, le rattachement au Luxembourg ou la création d’un État indépendant.  

Il est hautement significatif de constater que « la minorité la mieux protégée du monde » montre – par la voix de son premier dirigeant - que malgré la situation extrêmement favorable dont elle jouit, elle se prépare et surtout prépare ses 60.000 citoyens aux choix d’avenir possibles.

Certes, rien n’étant innocent, il s’agit peut-être là d’un appel du pied aux négociateurs pour qu’ils n’oublient pas cette entité…  

Il n’empêche. Cette déclaration donne raison aux propos tenus dans les années trente par les responsables du Mouvement wallon qui parlaient déjà d’organisation du pays sur base – à l’époque  – de trois régions. La Wallonie, la Flandre et la Région bilingue de Bruxelles.

 

C’est cette position – aménagée - que j’ai défendue auprès de mes amis du Rassemblement wallon (alors W+) quand j’ai parlé de réorganiser ce pays – dans un premier temps – sur base de quatre régions (en fait des Etats confédérés) libres et égales en Droits. Libres de s’associer deux à deux entre elles ou encore de s’adosser à l’un ou l’autre pays voisin de leur choix. Des associations « à géométrie variable » en quelque sorte. Sur base d’accords négociés et équilibrés où chacun trouverait son compte.

L'interview récente de Jean-Pierre Chevènement dans le  « Paris Match »  montre que l’option de l’adossement négocié est tout à fait envisageable.

 

J’y vois d’énormes avantages. Y compris - et surtout - pour les Bruxellois qui vivent une forme originale d’expérience de cohabitation multiculturelle et multicommunautaire. Ils pourraient ainsi continuer à développer cette nouvelle forme de citoyenneté, respectant les langues en présence tout en édifiant un projet commun porteur d’avenir pour tous les habitants. Il est patent que beaucoup de Bruxellois néerlandophones se sentent d’abord bruxellois avant d’être Flamands. Il en va de même pour les Bruxellois francophones dont peu se sentent Wallons. Les autres communautés – ni flamandes ni d’expression française – fort représentées s’identifiant à la culture bruxelloise en plus de leur culture originale. (Le succès de foule de la « Zineke parade » en est un des signes les plus visibles.)

 

Cette réorganisation sur base de quatre entités laisserait la porte ouverte à différentes possibilités en fonction de la volonté exprimée par les populations. Garder une Belgique sous une forme confédérale ou, à l’inverse, permettre une transition en douceur vers la réunion de l’une ou l’autre des entités avec un pays voisin. Ménageant même pour l’une ou l’autre entité qui serait tentée la possibilité du choix de l’indépendance.

 

Hélas, la structure exclusivement linguistique des partis traditionnels constitue un frein considérable. Tant que ceux-ci ne se détermineront pas sur une base essentiellement régionale, on ne pourra pas mettre sur pied un projet politique cohérent.

Les tensions communautaires sont les « vrais problèmes » - finalement - puisqu’elles empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

 

(*) « Les Français ont inventé la démocratie représentative, les Belges ont inventé la démocratie non-représentative». (d’après Huntington)

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /2010 13:14

Annoncé dans "De Morgen" puis mis sous le boisseau par le préformateur, le coup de la scission des allocations familiales est un coup de maître pour les Flamands.

Du point de vue flamand, l'appartenance à une communauté est indissociablement liée à l'appartenance à une Région, la seule exception étant basée sur les choix linguistiques des habitants de la Région bilingue de Bruxelles.  Cete matière communautarisée, les « néo-Flamands bruxellois » risquent de se révéler nombreux demain. Les populations les plus faibles économiquement (mais pas seulement elles)  vont évidemment se précipiter pour se déclarer néerlandophone pour avoir droit à des prestations sociales plus élevées. Comme c’est déjà le cas dans d’autres domaines comme le sport amateur.

Il est à noter que cet accord de principe ne date pas d'hier : les « Francophones » ont déjà dit à maintes reprises dans le passé être prêts à discuter de la scission des allocations familiales. Sans qu'il y ait eu- jusqu’ici - toutefois d'accord qui se dessine sur les modalités de la scission.

 

Le Morgen qui diffusé l’information nous informe également que « le financement fédéral se poursuivrait, mais une partie des allocations seraient régionalisée ou... communautarisée ». Le principal point de discussion porte en effet sur le niveau des compétences: la N-VA veut transférer les allocations familiales vers les Communautés. Comment vont réagir les partis francophones ? Régionaliser pour ne pas exclure Bruxelles ? Ou céder ? Le silence imposé par Di Rupo est un signe.

  

Toujours pour la presse, la scission des allocations familiales doit faire partie d'un grand « paquet » visant à réformer l'Etat. Curieusement, on ne parle pas (encore ?) du tout des pensions, domaine dans lequel la Wallonie est contributrice nette aux recettes de la sécurité sociale. Il y a plus de retraités en Flandre qu'en Wallonie où la vitalité démographique est comparable à celle de la France. Vitalité qui est une des plus grande d’Europe.

En d’autres termes, si on maintient le régime des pensions dans le fédéral, ce sont les Wallons qui vont supporter majoritairement les retraités de Flandre.

C’est un risque, rappelons nous la lamentable négociation sur le refinancement des Communautés qui n’a pas tenu compte des projections démographiques et qui a mis l’enseignement à Bruxelles et en Wallonie dans une situation financière intenable. A un point tel que la Wallonie a du venir au secours des Institutions bruxelloises. Ce qui risque d'être le cas égalment demain pour les allocations famillialles.

 

Les Flamands travaillent sur une base communautaire. Il en va curieusement de même du parti pourtant bruxellois FDF... Et, hélas, par contagion, ces alliés objectifs, entraînent les partis "dits francophones" sur le même terrain. Il suffit de lire les conclusions lamentables du groupe de réflexion initié par Arena en son temps. Groupe dit « Busquin-Spaak » dont je parlais ICI

 

La seule façon de leur résister efficacement, c'est d'organiser au plus tôt les partis politiques à Bruxelles, en Wallonie et en Région de langue allemande sur base régionale.

Tant que des structures wallo-bruxiennes comme PRL, le MCC, Ecolo, le PS, le CDH etc... continueront à fonctionner sur base communautaire - comme les Flamands - il n'y aura de solution gagnante que pour ces derniers. Et hélas, je ne pense pas qu’ils vont évoluer. La tendance lourde a plutôt été de marginaliser systématiquement les régionalistes.

Pourtant, les acquis les plus positifs du fédéralisme ont été le fait des revendications régionalistes.

 

Plutôt que la poursuite d’un fédéralisme (ou un confédéralisme ne jouons pas sur les mots) déséquilibré et conflictuel, la meilleure solution à court terme serait une vraie réforme de l’Etat Belgique en quatre Régions libres et égales en Droits, libres de s’associer deux à deux ou avec d’autres Etats voisins. Mais pour ça, il faut sortir de la logique communautariste.

 

PS : Je partage complètement l'avis de Robert Collignon publié dans la DH de ce dimanche : http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/319180/plutot-que-le-senat-supprimons-la-chambre.html

 

(*) Si la Wallonie dépendait du régime social français, comme nos structures de population sont voisines, on pourrait imaginer une amélioration des prestations au titre de la branche famille, car les prestations françaises pour cette branche sont très généreuses (ce qui explique le dynamisme démographique).

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /2010 23:17

 

La Cour internationale de Justice de La Haye a donc reconnu la légalité internationale de l'indépendance du Kossovo (*), proclamée unilatéralement voici deux ans et demi. Cet avis juridique, non contraignant, et portant si j'ai bien compris sur la méthode, est une évolution juridique considérable.

 

Certes, cette reconnaissance est la porte ouverte à d’autres déclarations d’indépendances. Reste à voir si les régions qui se sentent pousser des ailes auront le courage politique de le faire. L’Ecosse, la Catalogne probablement. La Flandre ? Ça reste à voir. Aura-t-elle vraiment les cinq minutes de courage politique que ça demande ?

 

Cette jurisprudence pourrait bien ouvrir la porte à une échappatoire honorable au « problème belge. Nul doute que les négociateurs réunis autour du préformateur doivent y penser…

 

Les bruxellois qui ne se sentent ni Wallons, ni Flamands vont-ils profiter de l’occasion pour absorber dans leur rêve (nationaliste) de « District européen » en sortant les communes colonisées de la périphérie flamande du « joug flamand » ? Les « francophones de la périphérie » feront-ils mieux ou aussi bien que les Albanophones du Kossovo ?

 

Quoi ? Parler de « colonies » à propos de communes à facilités vous choque ?

 

Rien n’est plus éloigné de mon esprit que la provocation. Face à la réalité historico-sociologique à laquelle nous sommes confrontés, il s’agit bien de cela! Le terme de « colonisation » est beaucoup plus adéquat à la situation de ces communes (comme de celles des Fourons d’ailleurs) qu’il ne l’était à l’ère dite « coloniale », pour laquelle il constituait une sorte d’abus de langage. A l’ère dite « coloniale », et qu’il vaudrait mieux vaudrait appeler « impériale », l’Etat impérialiste ne transférait pas sa population. Il conquérait, fondait un empire. Ce fut d’ailleurs une brève parenthèse vite refermée. Tandis que la colonisation actuelle, francophone comme flamande, mais aussi « économico-religieuse » pour élargir le concept, mérite bien mieux son nom, étymologiquement. Elle a d’ailleurs des conséquences mille fois plus graves, puisqu’elle implique un remplacement, d’une population par une ou plusieurs autres. Il ne s’agit pas, cette fois, pour le « peuple colonisé » (Flamands comme Fouronnais mais pas seulement), de perdre son indépendance un moment : il s’agit de disparaître, de s’effacer, de se dissoudre et même. D’être persuadé qu’il n’a jamais existé, qu’il a rêvé son histoire et son existence même.

C'est un des effets néfastes de l'existence de la Communauté française. Néfaste aux Wallons, on ne le dira jamais assez !

 

Tiens, avez-vous remarqué que le terme générique « francophone » remplace presque systématiquement celui de wallon pour qualifier les populations du… « Sud du pays ».

Que devenons-nous ? Que Wallons-nous encore ? Comment Wallons-nous réagir ?

 

Ce n’est pas de la provocation de ma part, mais bien du ressentiment. Cette volonté d’effacement de notre identité n’aurait pas été possible sans l’effondrement culturel dû, pour la plus grande part, au désastre du système éducatif. Un peuple qui connaît son histoire et qui sait ses classiques ne se laisse pas mener béatement dans les poubelles de l’Histoire. L’enseignement de l’oubli, l’inoculation scolaire de l’inculture, la bêtification de masse sont les conditions indispensables à la survie de la Belgique.

 

(*) Kosovo étant un anglicisme. En français, on écrivait jusqu’il y a peu « Kossovo »…

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
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