Aujourd’hui, je voudrais donner un petit coup de pouce à un livre qui devrait être déclaré d’utilité publique de toute
urgence car ce qu’il propose relève de la salubrité de l’endroit où on travaille, et même au delà. Son ambition ? Dégommer les abrutis qui pullulent au travail et coûtent très cher aux
entreprises. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous propose ce petit test basé sur l’étude universitaire (*) consacrée au management des entreprises qui fait l’objet de ce livre. Mais
ça s’applique à d’autres milieux… La politique (qui semble bel et bien un lieu de grande concentration, on le voit tous les jours) ou toute forme de vie associative par
exemple !
Ce test est une « checklist » qui doit vous permettre d’évaluer si un futur chef peut être un sale con. Il
fait le point en 10 questions. Vous pouvez demander aux gens que vous connaissez et ayant travaillé pour votre chef potentiel de répondre à ces questions.
Analyser les réponses à ces questions avant d’accepter un travail peut vous
éviter beaucoup de désillusions. Un des points clés dans Objectif Zéro-sale-con, c’est que l’un des
moyens les plus efficaces pour éviter d’être laminé par des sales cons (et en devenir un vous-même), c’est de « résister dès le commencement » (Léonard de Vinci !), autrement dit d’éviter de
travailler pour un sale con ou de rejoindre une organisation totalement infestée.
1 « Lèche-bottes/botte-culs
– « Comment le futur chef se comporte-t-il avec les personnes d’un rang supérieur et avec celles d’un rang inférieur
? »
– « Pouvez-vous donner des exemples précis ? »
Une caractéristique des sales cons certifiés est qu’ils ont tendance à rabaisser ceux qui ont moins de pouvoir
qu’eux et à cirer les pompes de leurs supérieurs.
2. Zéro critique
– « Comment le futur chef supporte-t-il la critique ou le blâme quand cela devient un peu chaud ?
»
Méfiez-vous des gens qui critiquent tout le temps les autres mais ne tolèrent pas même une dose minimale de
critiques à leur égard…
3. Pétage de plombs
- « Dans quelles situations avez-vous vu le futur chef perdre son sang-froid ? »
La colère est parfois justifiée, ou peut même être efficace si elle est utilisée avec parcimonie, mais quelqu’un qui
« tue le messager » trop souvent peut générer un climat de peur.
– « Est-ce que les collègues sont effrayés à l’idée de prendre l’ascenseur avec lui ? »…
4. La maison ne fait pas crédit
– « Quel style décrit le mieux le futur chef : il reconnaît le mérite sans contrepartie, il le reconnaît aux bonnes
personnes, ou il croit que chacun devrait être son propre champion ? »
Cette question vise à savoir si la personne peut avoir tendance à prendre le mérite sur lui sans reconnaître le
travail de son équipe.
5. Cancer généralisé …
- « Que disent les anciens collaborateurs ?
Les sales cons sont généralement connus pour répandre la zizanie dans les équipes et susciter des conflits
improductifs. Certes le monde entier semble bien vouloir tolérer les sales cons qui ont du talent, mais cela ne signifie pas que devez aussi le faire.
6. Incendiaire
- « Quel genre d’email envoie le patron en question ? »
La plupart des sales cons ne peuvent pas se retenir dans le courrier électronique : incendier les gens, mettre le
monde entier en copie, utiliser la copie cachée pour se couvrir. Analyser les en-têtes de ses emails est une véritable porte ouverte sur son âme.
7. Déprimant
- « Quel genre de personnes trouvent difficiles de travailler avec le chef en question ? »
- « Quel genre de personnes semblent facilement travailler avec le chef en question ? »
Soyez attentif aux réponses qui suggèrent que seules les personnes très volontaires ou très motivées travaillent
mieux avec cette personne : les sales cons ont tendance à laisser autour d’eux des gens déprimés et découragés.
8. Jouer perso
- « Est que le futur chef partage l’information pour le bénéfice de tous ? »
La tendance à cacher son jeu (c’est-à-dire la répugnance à partager l’information) est le signe que la personne
considère ses collègues comme des adversaires qui doivent être battus pour pouvoir avancer.
9. Cordon protecteur
- « Est-ce que les gens prendraient ce futur chef dans leur équipe ? »
Parfois, cela met tout sens dessus dessous d’avoir un sale con dans votre équipe, mais cela n’a pas d’importance si
les autres membres de l’équipe refusent de travailler avec cette personne. Cette question vous permettra de déterminer si le bénéfice d’avoir la personne en question dans votre équipe l’emporte
sur les inconvénients liés à son comportements de sales cons.
10. Apparition
- « Que se passerait-il si un exemplaire d’Objectif Zéro-sale-con apparaissait sur le bureau du futur chef ? »
Méfiez-vous si la réponse est : « Tous aux abris… »
Décoiffant, non ?
(*) L’auteur Robert SUTTON est professeur de management à la Stanford Engineering School. Il étudie les liens entre les
connaissances en management et l’organisation de la prise de décision, de l’innovation, de la performance.
Objectif Zéro-sale-con Ed. Vuibert mars 2007
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