Lundi 22 novembre 2010
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On savait Ivan De Vadder un peu… tiède dans son engagement pour l’autonomie flamande. L’émission de la VRT sur la
possibilité d’un plan « B » (la scission de la Belgique) montre que l’unitarisme n’est pas encore tout à fait mort à la VRT. Ou plutôt – mais on le savait - que tous les Flamands ne
sont évidement pas sur la même longueur d’onde.
Les « experts » invités – tous Flamands, même le « francophone » de service - ont joué le jeu comme
le sifflaient les recommandations du groupe de la Warande. Globalement, leur message : « réalisable, mais pas réaliste et coûteux », comme l’ont compris les journalistes politiques
de la presse francophone, conforte les tenants d’un statut quo qui pourrait se résumer pr on garde l’Etat belge, avec un Etat flamand qui dicte sa loi puisqu’il est « le plus riche »,
un Etat « pauvre », la Wallonie et un condominium géré par les deux premiers, Bruxelles.
Bravo ! C’est très bien joué de la part des Flamands. Message clair pour leur Peuple : « pourquoi aller à la
scission puisque de toute façon, nous avons tout, nous contrôlons tout ».
Ils ont ainsi mis en difficulté la N-VA, le parti démocratique le plus radical et finalement le plus honnête dans son
message, et permis aux partis traditionnels de reprendre pied sur le terrain médiatique où leur traditionnelle hypocrisie (enfin, soyons politiquement correct, leur stratégie traditionnelle de
conquête) fait merveille auprès des négociateurs de l’autre camp.
Cette émission est un véritable coup monté. La preuve, sans prendre le moindre recul, tout ce qui s’exprime à Bruxelles
comme « presse nationale » (et en Wallonie, mais que nous reste-t-il comme presse ?) ou comme commentateurs politiques s'engouffre dans la brèche pour souligner que le plan
« B » a du « plomb dans l'aile ». Le meilleur en la matière – mais est-ce étonnant ? – étant Olivier Deleuze (Ecolo) qui estimait que l’explication télévisuelle d’hier
est de nature à mettre de l’huile dans les rouages du dialogue communautaire… Je suppose que maintenant que l’on constate que ces braves gens ne méritent pas les reproches que nous leur faisons,
ils vont vite aboutir à un « compromis satisfaisant toutes les parties »... comme on dit après chaque négociation… Une paix des braves. Flamande, évidemment. C’est qu’il faut
« sauver la Belgique ».
Pourtant, le feuilleton des négociations qui n'aboutissent pas tant les points de vue sont éloignés, l’extraordinaire
volatilité de la situation politique, ce long psychodrame est un cruel aveu de faillite, de totale impuissance. Le marasme politique comme celui dans lequel nous vivons est une preuve de
l'inexistence de toute nation belge.
L'Etat belge que nous avons connus et voulu réformer est voué à disparaître dans l’immense fossé qui sépare deux
communautés antagonistes développant chacune une vision du monde spécifique. Et si pas à disparaître, à coller à la vision claire de la majorité « réaliste » flamande puisque si nos
négociateurs ont abandonné leur incohérence stratégique en n’étant demandeurs de rien, ils n’ont pas pour autant un projet sérieux et crédible tant pour Bruxelles que pour la Wallonie, et surtout
pas pour la Wallonie puisqu’ils restent englués dans la vision communautariste imposée par la Flandre et ce FDF ethnique à la stratégie tellement
toxique pour l’existence de la Wallonie qu’ils suivent pourtant aveuglément.
Il est aussi tout à fait extraordinaire de constater que la disparition de l'Etat belge soit si régulièrement évoquée.
Aucune nation digne de ce nom ne mettrait ainsi en discussion l'éventualité de sa propre disparition. Imagine-t-on une émission examinant les possibilités de scinder l'Etat allemand ou l’Etat
français, pour expliquer ensuite que ce serait difficile, couteux et que tout le monde y perdrait ? Même des états, pourtant menacés, comme l’Espagne
ou la Grande Bretagne n’y pensent même pas.
On sait aussi que le… euh… conciliateur ( ?) peine à établir une liste de point communs entre les négociateurs.
Imagine-t-on combien de nouvelles élections, alors que le gouvernement fédéral est toujours en affaires courantes, seraient en tant que tel un séisme politique tout à fait inédit.
J’espère que l’assemblée-débat qui se tiendra ce soir à Charleroi permettra vraiment « d’explorer les voies d’un
Avenir wallon relié désormais aux choix conscients, positifs et solidaires, des citoyens, pour la Wallonie, et non plus aux simples enchaînements de contrecoups aléatoires liés aux pilotages de
systèmes qui lui sont largement indifférents ou étrangers » comme l’annoncent les organisateurs.
Ce serait un progrès énorme. Au-delà des analyses orientées ou théoriques, le politique doit reprendre sa place.
Irréaliste, difficile, couteux, impossible ? Ne sont pas les mots d‘une vision positive. Ils ne balisent pas un
projet mobilisateur.
En 1789, en 1830, ils ne savaient pas non plus que ce serait difficile et couteux, pourtant, je suis certain que les
mêmes augures ont du leur tenir un même langage que ceux d’aujourd’hui, avec les mêmes arguments. Et pourtant... La réunification allemande était aussi irréaliste et difficile pour les
mêmes raisons...…
Rappelons-nous aussi les paroles de Churchill à propos de ceux qui ont arrêté la puissante machine nazie : « ils ne
savaient pas que c’était impossible, et ils l’ont fait. Et si l'avenir de la Wallonie ne demandait que cinq minutes de courage politique ?
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