« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
*
De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 19:03

Je l’ai déjà écrit, et André Schreurs qui vient de décéder pensait la même chose, l’option communautariste sur laquelle ont été basées les différentes réformes de l’Etat mène tout droit à la catastrophe. Il s’agit là d’une forme grave de néo-colonialisme (au mieux) et de nationalisme d’exclusion (au pire). C’est une forme de racisme larvé. Comment sur un même territoire refuser le principe d’égalité des droits à tous les citoyens ? Ne nous leurons pas, c'est bien là le fond du problème. 

 

Nos prédécesseurs qui sentaient monter les totalitarismes dans les années ’30 l’avaient bien compris. Eux qui ont milité et obtenu de haute lutte le principe de régions culturellement homogènes. Néerlandaise en Flandre, française en Wallonie et bilingue par respect des droits de tous les citoyens à Bruxelles.

 

Ils avaient raison. Le principe de territorialité reste le meilleur principe pour assurer la cohésion d’un état. Tout ce qui s’est passé ces dernières années partout dans le monde l’a bien démontré. Etre reconnus citoyens d’un pays au-delà de toute référence communautaire, religieuse ou linguistique est la meilleure garantie d’intégration. Comme on l’a dit à propos de la Wallonie, est Wallon tout qui vit en Wallonie. Tout comme est français tout qui se reconnaît comme tel. Un territoire, un même peuple uni par un même choix.

 

Toute autre approche reproduirait la situation de la Yougoslavie ou de la… Belgique.

Le scénario de « Belgique francophone » est – il faut le faire remarquer -  contradiction avec ces propos, déjà anciens, de Rudy Demotte, ministre-président de la communauté française et de Wallonie  : « Un modèle à trois Régions est un modèle que j'appuie fortement parce qu'il permet la reconnaissance pleine et entière de Bruxelles » (Belga). Trois régions, dans le contexte que nous vivons, trois états.

 

Il faut rejeter la propagande comme celle que « Le Soir » publiait dans un dossier de plusieurs pages il ya quelques temps. «  Si la Belgique devait éclater, de tous les scénarios institutionnels, c’est celui de l’Etat Wallonie Bruxelles qui semble le plus probable. C’est celui que défendraient à la table tous les partis francophones ».

C’est une ineptie.

D’ailleurs, « Le Soir » relevait que : «  Tous les Wallons ne sont sans doute pas prêts à payer le prix fort pour décrocher « la lune bruxelloise »(sic !). Et, surtout, Bruxelles, s’est découvert, en trois ans, une vraie identité régionale, plurilingue, multiculturelle et se pose des questions quant à son union avec la Wallonie ».

 

Malgré ça, malgré ces évidences ; les partis traditionnels continuent à réfléchir (façon de parler évidemment) sur une base essentiellement communautariste. Quelle erreur !

 

On sait peu de chose les négociations. On sait qu’il devrait y avoir des avancées en matière institutionnelles. On pense qu’un accord serait possible sur la loi de financement. C’est ce lundi que l’on saura ce qu’en pensent les partis flamands.

 

C’est le moment que choisi l’homme qui a inventé l’expression « les francophones ne sont demandeurs de rien » pour proposer – en vue d’un échec des négociations - de revenir à la vieille doctrine belgicaine : « sacrifier l’institutionnel pour le socioéconomique ». Quel meilleur moyen de maintenir la Wallonie dans un état de colonisation.

 

C'est qu'on ne le dira jamais assez, la Wallonie est une colonie de la Belgique. Les « francophonistes » veulent maintenir cet état. Il faut les combattre.

Je suis assez d’accord avec ce billet de José Fontaine.

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 05:48

Au moment le « conciliateur royal » soumet ses réflexions (qu’il estime équilibrées) aux négociateurs pour l’éventuelle formation d’un gouvernement fédéral, il est bon de rappeler qu’il n’y a pas qu’au fédéral qu’il y a des choses importantes à changer. Réunis lundi soir à Charleroi, des militants wallons ont confronté leurs points de vue.  Voici la résolution proposée en fin de débats.

 

« La Wallonie par choix, non par défaut »

 

Nous, citoyennes et citoyens de Wallonie, issus du monde politique, économique, syndical, culturel et associatif, militants du Mouvement wallon et acteurs de notre société dans sa diversité, réunis ce 22 novembre20 10 à Charleroi, à titre individuel ou comme représentants de divers groupements, voulons faire entendre notre voix dans le débat institutionnel actuel qui influencera directement l'avenir de notre Région. A cette fin, nous avons adopté la présente Déclaration qui réaffirme les principes fondamentaux sur lesquels nous voulons construire l'avenir de la Wallonie:

 

§ 1 er Partant des constats que: 

1) La posture politique de n'être « demandeur de rien» a été néfaste aux intérêts des Wallonnes et des Wallons. Elle a même nourri, en Flandre, une forte frustration qui s'est traduite par l'émergence d'un puissant courant nationaliste: celui-ci accule les négociateurs fran9ophones à une grande réforme de l'Etat: ceux-ci n'y adhèrent que forcés et contraints, par reculades successives et sans grande préparation. Cela, c'est s'occuper de la Wallonie - et de Bruxelles - par soustraction, par dépit, la peur au ventre, par défaut d'une vie commune devenue bien difficile.

Nous plaidons, au contraire, pour un sursaut de fierté, pour la volonté d'assumer un choix: celui d'assumer notre destin, celui de rendre une ambition pour notre Wallonie, pour notre Région, seul cadre de référence à la fois comme élément d'identification et comme moteur d'une stratégie de développement.

 

2) L'institution communautaire francophone, basée sur une simple appartenance linguistique, est porteuse d'enfermement et de repli identitaires. Incapable de répondre aux aspirations des populations qui la composent, elle ne sera jamais à même de déclencher une mobilisation citoyenne capable de générer un «vouloir vivre ensemble ».

 

3) Rien n'émergera de la nostalgie de la Belgique de grand papa, où, dans les faits et durant plus d'un siècle, les décisions politiques nationales furent très souvent contraires aux intérêts wallons. Aujourd'hui encore, bien des compétences restées fédérales, sont gérées à l'encontre de nos intérêts: l'armée, le transport ferroviaire, la politique fiscale en sont des exemples récemment exposés dans l'actualité. Le risque d'appauvrissement ne tient-il pas surtout à un attentisme pénalisant, à un report continuel d'initiatives audacieuses au service d'un plan global ambitieux?

 

4) La Wallonie s'est construite sur des valeurs de solidarité et se conçoit autour d'un projet constructif de citoyenneté, davantage que sur un sentiment d'appartenance national.

 

5) Les discussions sur une hypothétique fédération Wallonie-Bruxelles, juridiquement inapplicable, constituent une impasse politique. Ce scénario ne répond pas aux véritables questions que la Wallonie doit affronter.

 

§ 2 Nous estimons que:

1) Il est temps de laisser derrière nous un État belge où deux Communautés se font face, pour mettre les institutions en phase avec la réalité de la population du pays, en permettant l'épanouissement des Régions, chacune avec son identité propre, des institutions cohérentes et la capacité de développer entre elles des coopérations efficaces, car tissées entre des partenaires égaux.

 

2) La demande des dirigeants germanophones de se constituer en une quatrième Région-Communauté doit être soutenue. Elle rejoint notre volonté de voir les Régions responsables intégralement de leur politique culturelle.

§ 3 Nous considérons que:

 

1) La liste des compétences fédérales devra être établie de manière limitative tout en garantissant une fiscalité identique dans l'ensemble du pays et en renforçant la solidarité interpersonnelle (la sécurité sociale) et l'unicité du droit au travail, appréhendés, tous deux, dans un sens large, et ce pour l'ensemble des travailleurs, indépendamment de leur lieu de travail ou de domicile.

S'il advenait, dans le cadre des négociations, que ces principes ne puissent être respectés ou que le prix de leur maintien soit insoutenable (tant financièrement qu'au plan des principes et de leur mise en œuvre concrète), il s'imposerait d'élaborer rapidement une alternative quant à la récupération des moyens, à leur affectation et au mode de contrôle des mécanismes à initier au plan des Régions.

 

2) La solidarité et la complémentarité entre la Wallonie et les autres Régions se matérialisera et se renforcera de manière réellement efficace par une collaboration large de Région à Région, sans impliquer, par définition, le recours à des institutions communes.

 

3) Le transfert complet à la Wallonie de compétences déjà largement régionalisées (mobilité, environnement, énergie, agriculture, santé, etc.) doit être considéré c6mme constituant une évolution logique dans une optique de renforcement de la cohérence et donc de l'efficacité des politiques régionales.

 

4) La tenue, à des moments distincts, des élections fédérales et des élections régionales est l'un des fondements du fédéralisme et doit donc demeurer en vigueur.

 

§ 4 Nous réclamons que:

 

1) Complémentairement au transfert prochain de nombreuses compétences fédérales vers les entités fédérées, soit mise en œuvre une réorganisation approfondie du paysage institutionnel francophone en consacrant la maîtrise et la gestion par les Régions, et donc par la Wallonie et par Bruxelles, des compétences culturelles au sens large à savoir l'enseignement, la recherche, la politique culturelle et sportive et les médias ; compétences essentielles pour relever les défis du redéveloppement global et durable spécifique à chaque Région.

 

2) Tout transfert de compétences s'accompagne des moyens financiers et humains requis, ils ne peuvent conduire à l'appauvrissement direct ou indirect des citoyens d'une ou de plusieurs Régions.

 

§ 5 Nous appelons :

 

1) Au lancement sans plus attendre d'un débat sur un projet politique mobilisateur pour la Wallonie, facteur indispensable à un développement cohérent intégrant les dimensions économiques, sociales, environnementales, éducatives, sportives et culturelles.

 

 

2) A ce que ce projet soit d'ores et déjà débattu au sein de toutes les institutions, organes, associations constituant la société civile wallonne dans toute sa complexité et sa diversité et ce dans le respect de nos valeurs de liberté, de solidarité et d'ouverture à l'Europe et au monde.

 

Nous, citoyennes et citoyens de Wallonie, issus des mondes politique, économique, social, culturel et associatif, militants wallons et acteurs de notre société dans sa diversité, prenons l'engagement, chacun à notre niveau de responsabilité, tant du point de vue personnel que collectif, de faire le choix de la Wallonie et de prendre part activement à toute réflexion ou action sur son avenir.

 

Fait à Charleroi, le 22 novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 04:06

Matthias E. Storme, juriste, professeur de droit à l’U. Antwerpen la K.U.L. (Il y enseigne le droit civil, la procédure civile, le droit comparé et européen) et « orangiste » a publié récemment un texte intéressant sur son blog. Il y apporte un éclairage peu conforme à ce qu’on entend généralement en matière de devenir des ex entités belges en cas de scission de l’Etat. Sa proposition aurait l’avantage pour la Flandre d’éviter les obstacles régulièrement cités en matière de reconnaissance internationale.

 

Evidemment, je ne partage pas - mais alors, pas du tout et pour cause -  l’extension qu’il fait de sa proposition à la Wallonie !

 

Voici son texte :

 

Un Plan “N” pour la Flandre (et Bruxelles).

 

Un des moyens de chantage régulièrement invoqués ces derniers mois contre les partisans d’une sécession de la Flandre consiste à dire qu’une Flandre qui se séparerait de la Belgique serait automatiquement en dehors de l’Union Européenne et que, si elle voudrait en faire partie et bénéficier de ses atouts, devrait demander son admission comme état-membre, sous-entendu que les francophones te leurs alliés seraient bien en mesure de créer des conditions draconiennes à une telle accession.

 

En premier lieu, cette thèse implique que ce qui resterait de la Belgique resterait aussi automatiquement en tant que tel état membre de l’Union, mais oublie un peu vite que celui qui hérite la Belgique, hérite ses dettes et sera tenu à la dette entière de la Belgique. En plus, certains juristes font une distinction très spécieuse entre une sécession et une dissolution de la Belgique. Je n’entre pas dans ce débat pour le moment, par ce qu’il y a une autre possibilité très intéressante pour la Flandre de se libérer de ce chantage, un Plan “N”.

 

Le fondement de ce Plan “N” se trouve dans l’article 355 alinéa 3 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) combiné avec le Statuut voor het Koninkrijk der nederlanden (Statut du Royaume des Pays-Bas) (1). Ce Statut a été créé par une loi du 28 octobre 1954, modifié plusieurs fois depuis lors, et est reconnu dans les Traités européens.

 

Ce Statut des Pays-Bas (au pluriel) règle les relations entre les pays “Nederland” - au singulier -, Aruba, Curaçao et Sint-Maarten en tant que quatre pays qui ont convenu de mener une politique étrangère commune et de maintenir une défense commune et une nationalité commune (Nederlanderschap) et de former un royaume sous la maison d’Orange. D’autres matières peuvent être déléguées de commun accord aux institutions communes du royaume (art. 3 du Statut). En d’autres mots, il s’agit d’une confédération entre Nederland et 3 pays plus petits.

 

La Flandre pourrait également accéder en tant que pays à ce Statut du royaume des Pays-Bas (au pluriel) en gardant toutes les compétences sauf celles qui viennent d’être nommées. On devrait fusionner notre armée avec celle des Pays-Bas et les relations étrangères seraient transférées aux institutions communes du royaume. Et on pourrait bénéficier de notre nationalité naturelle, la néerlandaise.

 

Une telle accession mettrait directement fin au chantage “Union européenne”. La Flandre continuerait à faire partie intégrante de l’Union européenne en tant que territoire européen faisant partie de la confédération des Pays-Bas. Le statut de Flandre ne se réduirait non plus à celui d’Aruba, Curaçao et Sint-Maarten. Ces 3 pays sont membres associés de l’Union européenne en tant que “pays d’outremer” (2), statut par lequel ils font partie du Marché commun mais ne sont pas soumis au droit de l’Union européenne dans tout ses aspects. Puisque la Flandre est un territoire européen et non pas un territoire d’outremer, l’article 355 alinéa 3 du TFUE serait applicable. Cet alinéa dispose que “Les dispositions des traités s'appliquent aux territoires européens dont un État membre assume les relations extérieures”.

 

Cette solution est également attrayante pour les Pays-Bas: le royaume aurait 6 millions de citoyens supplémentaires et la moitié de son potentiel économique en plus. Le royaume rapprocherait les grands pays auxquels il aimerait être un peu plus égal. Si une majorité des Néerlandais n’exclue même pas une union complète, cette solution intermédiaire trouverait certainement suffisamment de soutien au Nord.

 

En plus, ce Plan “N” ne serait pas seulement intéressant pour la Flandre, mais également pour Bruxelles. Bruxelles pourrait accéder au Royaume des Pays-Bas en tant que pays à part entier (et non seulement région à part entière) sans déléguer plus de compétences que celles susnommées, sans faire partie de la Flandre, et ayant sa propre voix dans le Royaume. Et une telle accession ne changerait pas le statut linguistique.

 

Il serait d’ailleurs même pour la Wallonie une bonne idée de réfléchir à une accession au royaume, en tant que pays à part entier évidemment.

 

Est-ce le scénario idéal pour la Flandre ? Pas à tout les égards, p.ex. par ce que cela ne nous donne pas une voix séparée aux délibérations européennes; cela exige en effet une révision des Traités. Mais au moins cette solution nous immunise contre le chantage “franco-belge”.

 

(1) http://wetten.overheid.nl/BWBR0002154, ou http://nl.wikisource.org/wiki/Statuut_voor_het_Koninkrijk_der_Nederlanden

(2) http://europa.eu/legislation_summaries/development/overseas_countries_territories/index_nl.htm

 

 

Texte original : http://vlaamseconservatieven.blogspot.com/2010/11/een-plan-n-voor-vlaanderen-en-brussel.html

Par Claude Thayse - Publié dans : Invités - Communauté : Journalistes et clubs presse
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 06:30

On savait Ivan De Vadder un peu… tiède dans son engagement pour l’autonomie flamande. L’émission de la VRT sur la possibilité d’un plan « B » (la scission de la Belgique) montre que l’unitarisme n’est pas encore tout à fait mort à la VRT. Ou plutôt – mais on le savait - que tous les Flamands ne sont évidement pas sur la même longueur d’onde. 

  

Les « experts » invités – tous Flamands, même le « francophone » de service - ont joué le jeu comme le sifflaient les recommandations du groupe de la Warande. Globalement, leur message : « réalisable, mais pas réaliste et coûteux », comme l’ont compris les journalistes politiques de la presse francophone, conforte les tenants d’un statut quo qui pourrait se résumer pr on garde l’Etat belge, avec un Etat flamand qui dicte sa loi puisqu’il est « le plus riche », un Etat « pauvre », la Wallonie et un condominium géré par les deux premiers, Bruxelles. 

  

Bravo ! C’est très bien joué de la part des Flamands. Message clair pour leur Peuple : « pourquoi aller à la scission puisque de toute façon, nous avons tout, nous contrôlons tout ».

Ils ont ainsi mis en difficulté la N-VA, le parti démocratique le plus radical et finalement le plus honnête dans son message, et permis aux partis traditionnels de reprendre pied sur le terrain médiatique où leur traditionnelle hypocrisie (enfin, soyons politiquement correct, leur stratégie traditionnelle de conquête) fait merveille auprès des négociateurs de l’autre camp. 

  

Cette émission est un véritable coup monté. La preuve, sans prendre le moindre recul, tout ce qui s’exprime à Bruxelles comme « presse nationale » (et en Wallonie, mais que nous reste-t-il comme presse ?) ou comme commentateurs politiques s'engouffre dans la brèche pour souligner que le plan « B » a du « plomb dans l'aile ». Le meilleur en la matière – mais est-ce étonnant ? – étant Olivier Deleuze (Ecolo) qui estimait que l’explication télévisuelle d’hier est de nature à mettre de l’huile dans les rouages du dialogue communautaire… Je suppose que maintenant que l’on constate que ces braves gens ne méritent pas les reproches que nous leur faisons, ils vont vite aboutir à un « compromis satisfaisant toutes les parties »... comme on dit après chaque négociation… Une paix des braves. Flamande, évidemment. C’est qu’il faut « sauver la Belgique ». 

  

Pourtant, le feuilleton des négociations qui n'aboutissent pas tant les points de vue sont éloignés, l’extraordinaire volatilité de la situation politique, ce long psychodrame est un cruel aveu de faillite, de totale impuissance. Le marasme politique comme celui dans lequel nous vivons est une preuve de l'inexistence de toute nation belge.

L'Etat belge que nous avons connus et voulu réformer est voué à disparaître dans l’immense fossé qui sépare deux communautés antagonistes développant chacune une vision du monde spécifique. Et si pas à disparaître, à coller à la vision claire de la majorité « réaliste » flamande puisque si nos négociateurs ont abandonné leur incohérence stratégique en n’étant demandeurs de rien, ils n’ont pas pour autant un projet sérieux et crédible tant pour Bruxelles que pour la Wallonie, et surtout pas pour la Wallonie puisqu’ils restent englués dans la vision communautariste imposée par la Flandre et ce FDF ethnique à la stratégie tellement toxique pour l’existence de la Wallonie qu’ils suivent pourtant aveuglément. 

  

Il est aussi tout à fait extraordinaire de constater que la disparition de l'Etat belge soit si régulièrement évoquée. Aucune nation digne de ce nom ne mettrait ainsi en discussion l'éventualité de sa propre disparition. Imagine-t-on une émission examinant les possibilités de scinder l'Etat allemand ou l’Etat français, pour expliquer ensuite que ce serait difficile, couteux et que tout le monde y perdrait ?  Même des états, pourtant menacés, comme l’Espagne ou la Grande Bretagne n’y pensent même pas. 

  

On sait aussi que le… euh… conciliateur ( ?) peine à établir une liste de point communs entre les négociateurs. Imagine-t-on combien de nouvelles élections, alors que le gouvernement fédéral est toujours en affaires courantes, seraient en tant que tel un séisme politique tout à fait inédit.

 

J’espère que l’assemblée-débat qui se tiendra ce soir à Charleroi permettra vraiment « d’explorer les voies d’un Avenir wallon relié désormais aux choix conscients, positifs et solidaires, des citoyens, pour la Wallonie, et non plus aux simples enchaînements de contrecoups aléatoires liés aux pilotages de systèmes qui lui sont largement indifférents ou étrangers » comme l’annoncent les organisateurs.   

Ce serait un progrès énorme. Au-delà des analyses orientées ou théoriques, le politique doit reprendre sa place.

 

Irréaliste, difficile, couteux, impossible ? Ne sont pas les mots d‘une vision positive. Ils ne balisent pas un projet mobilisateur.

 

En 1789, en 1830, ils ne savaient pas non plus que ce serait difficile et couteux, pourtant, je suis certain que les mêmes augures ont du leur tenir un même langage que ceux d’aujourd’hui, avec les mêmes arguments. Et pourtant... La réunification allemande était aussi irréaliste et difficile pour les mêmes raisons...… 

  

Rappelons-nous aussi les paroles de Churchill à propos de ceux qui ont arrêté la puissante machine nazie : « ils ne savaient pas que c’était impossible, et ils l’ont fait. Et si l'avenir de la Wallonie ne demandait que cinq minutes de courage politique ?

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Journalistes et clubs presse
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 09:55

La loi spéciale du 16/01/1989 relative au financement des Communautés et Régions a été adoptée en vertu des articles 175, 176 et 177 de la constitution; rafistolée à plusieurs reprises, elle règle et détermine les vases communicants entre les différents niveaux de pouvoirs en Belgique. C'est  une des clés de voûte des finances publiques belges. 
 

 

 

Belge, parce qu'alors que cette loi de financement prévoit des mécanismes de solidarité qui sensés bénéficier aux Régions se situant sous la moyenne nationale de l’IPP, et connaissant dès lors un retard de développement économique, dans la réalité, Plus une Région est riche, plus sa dotation reçue de la part de l’Etat fédéral est élevée...
 

L'étude réalisée par la Fondation André Renard est disponible en PDF depuis quelques jours.  
Ce texte reprend de façon détaillée les mécanismes mis en place et qui servent de bases aux exigences exprimées dans les rudes négociations pour le formation (ou non?) d'un gouvernement fédéral.
 
http://www.far.be/far/publications2010/etude20101109.pdf

Par Claude Thayse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Wallon & Républicain

Rattachiste tranquille 

Le livre...

Acheter Les Wallons : un Peuple, un avenir ?

La Wallonie sera confrontée à court terme et inéluctablement à des choix imposés mais douloureux.

Ni d'un cocorico flamboyant ni défaitisme stérile, ce livre donne aux Wallons les raisons d'optimisme inspirés d'une observation des faits.
Achat uniquement en ligne...

Recherche

Sur votre mobile

Recommander

Rejoignez-nous !

vignette RW 

Syndication

  • Flux RSS des articles

Solidarité francophone

Drapeau de la Francophonie internationale

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés