« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
*
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.
La presse nous confirmait ce 27 juin que la haine sévit via les courriels en chaîne sur
Internet. Le racisme ordinaire certes. Qui d'entre-nous n'a pas reçu ces courriels nauséabonds. Il en va de même pour les fora où, sous couvert de pseudonymes, de courageux anonymes (facilement
reconnaissables à leur style) règlent leurs comptes et versent leur bile sans crainte d'être démasqués. Leurs victimes n'étant mises au courant que par hasard de ces agissements. J'ai ainsi du
intervenir quelques fois auprès des modérateurs du Soir, de la Libre ou de Voxlatina pour qu'ils fassent respecter leur propre charte éthique.
Coïncidence, c'est ce même jour qu'un certain Bernard C. de Namur (ou plus précisément de Jambes, que j'ai du croiser trois ou quatre fois) a choisi pour
envoyer un pourriel multiple qui circule actuellement et que vous avez peut-être reçu. Prenant ombrage du fait que je fais ce que j'ai toujours dit et annoncé, c'est-à-dire faire ce que je crois
possible pour rassembler les différents courants de la mouvance wallonne autour d'un commun dénominateur (un programme commun pour reprendre une expression qui a fait fortune dans les années '70
et '80) voici comment il interprète (fanatisme sectaire ou émotionnel des nouveaux convertis ?) mon attitude qu'il vient probablement de découvrir: " Voilà l'alliance de l' aveugle et du
paralytique.. l'enfant en sera un borgne unijambiste..Pauvre Claude Thayse , toujours aussi malade de son ego surdimensionné…" (Sic !)
Jalousie ? A sa façon, cet individu reconnaît implicitement que j’ai un égo et, ce que je trouve le plus important, que je
n’ai pas une âme de courtisan ou de… laquais ! Eclair de lucidité de sa part
?
Certes, tout ce qui est excessif est insignifiant. N'empêche, c'est irritant. Et serait parfaitement ridicule et anecdotique si cet énergumène inculte de surcroit (*) n'était un des dirigeants
d'un parti qui se dit rassembleur (et wallon !). Et que, la veille au soir, un des autres hommes de confiance de son président ne m'avait affirmé que ce type de pratiques calomnieuses, directes
ou sournoises, y était désormais interdit. Aveu implicite que certaines manières de fonctionner de dirigeants actuels de cette formation rappellent étrangement ce qui avait cours en des temps
beaucoup plus sombres pour la démocratie… ou que ne renieraient pas des partis non démocratiques. Peut-être y aurait-il là un peu de ménage à faire…
Tout ça est évidemment lamentable. La division entre Wallons et plus particulièrement entre partisans d'un
même avenir pour notre Peuple est suicidaire. Ce n'est pas avec des injures et des invectives qu'on peut bâtir l'avenir. Je le regrette d'autant plus que j'ai présidé le RWF pendant deux ans, que cette dérive me désole. et qu'il semble bien que ce type
d'attitude y soit maintenant de plus en plus encouragé. Je le regrette pour la grande masse des militants de cette cause qui, eux, sont sincères, honnêtes et respectueux des principes
républicains.
Finalement je suis heureux d'en avoir été "démissionné" un beau jour de juin 2007 pour avoir dénoncé les dérives du fils spirituel (et ce n'est pourtant pas un comique !) du
président.
Bref, un nouvel épisode peu glorieux de la longue histoires des divisions au sein du Mouvement wallon commencée avec la désastreuse dissolution du Rassemblement wallon.
Sans vraiment beaucoup d'importance et à oublier au plus vite.
(*) Comme l'a montré Paul De Tarse qui pourrait être son modéle, pas besoin de culture, la démagogie suffit et avec elle sa perpétuelle alliée : la haine de l'intelligence.
26 juin, comme chaque année, on fêtait l'anniversaire de la bataille de Fleurus
(1794) qui vit la victoire de l'armée des patriotes (les légendaires volontaires de l'An II, je préfère le terme de "patriotes" à celui de "révolutionnaires") contre les
coalisés, commandées ce jour-là par un certain... feld-maréchal Frédéric de Saxe-Cobourg !
Fleurus est, on le sait, la ville aux trois victoires françaises (1690(*) - 1794 - 1815), même si la dernière est plus connue sous le nom de bataille de Ligny.
Ce qu'on sait moins, c'est qu'on y trouve un monument érigé là grâce à Maurice des Ombiaux.
Installé à Paris dès 1921, des Ombiaux, s'il est surtout connu en France pour ses ouvrages sur la gastronomie, est avant tout l'un des artisans du réveil de la conscience
wallonne au travers de ses artistes et de son histoire.
Il défendra ainsi l'identité wallonne au travers de multiples ouvrages.
des Ombiaux défendra toute sa vie l'idée que la Wallonie est l'un des berceaux de l'Art occidental, que cet apport doit être reconnu et sa filiation française proclamée.
C'est dans ce double attachement à la France et à la Wallonie qu'il faut replacer son initiative de faire construire à Fleurus le mémorial aux trois victoires françaises.
Comme quoi... On peut être à la fois Wallon et Français. Il n'y a pas d'incompatibilité dans ces identités complémentaires, bien au contraire !
(*)1er juillet 1690, dans la guerre dite "de la Ligue d'Augsbourg", l'armée française de Louis XIV, commandée par le maréchal de
Luxembourg défit les armées d'une coalition rassemblant les Provinces-Unies (Hollande), les Impériaux (Saint empire germanique Prusso-autrichien), l’Espagne et, comme d'habitude,
l'Angleterre.
Pour l'anecdote, le fils du célèbre d'Artagnan s'illustra dans cette bataille.
Le Pôle Interuniversitaire sur l’Opinion publique et la Politique de l’Université catholique de Louvain vient de publier une analyse sur la base de l’enquête post-électorale de 2007.
Les résultats ont été largement commentés dans la presse francophone qui se réjouit d’une évolution semblant très belgicaine : 44 % (37% en 2003) veulent le retour de l'Etat unitaire, 22 % renforcer les compétences du fédéral, 12 % de partisans du statu quo. Ce qui laisse 21 % de soutien aux forces centrifuges – 17 % veulent confier davantage de compétences aux Régions et Communautés, 4 % la scission. Ce qui est à mettre en rapport avec la même étude publiée par la KUL : 11 % seulement des sondés flamands veulent un retour à la Belgique unitaire, 11 % sont favorables au renforcement du fédéral, 20 % rêvent d'un statu quo, ce qui laisse la majorité (46 %) en faveur d'une régionalisation accrue et 9 % d'une scission. Intéressant, non ?
Mais pas étonnant. Je discutais récemment avec un journaliste parisien spécialiste des Balkans qui a passé les années de guerre civile dans cette région. Il me confirmait l’espèce de cécité et d’incompréhension, voire de détachement de la population par rapport aux réalités observables. Les gens (dans les différents états de la fédération) se déclaraient encore partisans encore à l’existence d’une Yougoslavie unitaire alors que la guerre faisait rage à moins de 50 km. Intéressant parallèle, non ?
Mais, entre les souhaits et la réalité, la réponse à la question suivante montre bien que les Wallons pensent à des solutions alternatives en cas de crise.
La question a été posée sous la forme suivante : « Imaginons que la Belgique vienne à disparaître. Pouvez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d’accord ou non avec chacune des propositions suivantes ? 1. Une Wallonie indépendante et Bruxelles indépendant ; 2.Une fédération indépendante comprenant la Wallonie et Bruxelles ; 3. Le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France ; 4. Bruxelles cogéré par une Wallonie indépendante et une Flandre indépendante ».
Pour chacune de ces propositions, le répondant est invité à marquer son accord ou son désaccord.
Pourcentage des électeurs wallons qui sont tout à fait d’accord et d’accord avec chacune des propositions (données pondérées par l’âge, le genre, l’éducation et le vote)
|
% des Wallons ayant marqué leur accord pour chacune des propositions |
|
|
Wallonie et Bruxelles indépendants |
20,5 |
|
Fédération Wallonie-Bruxelles |
56,5 |
|
Rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France |
29 |
|
Bruxelles cogérée par la Flandre et la Wallonie |
16 |
« En cas d’éclatement de la Belgique, les Wallons se prononçaient donc en 2007 en majorité pour un scénario de « Fédération Wallonie-Bruxelles » (56,5 % des Wallons privilégient cette
solution). Le choix de l’indépendance de la Wallonie et de Bruxelles ne comptait que 20,5% de partisans (…)
La solution flamande de cogestion de Bruxelles est l’alternative la moins souvent évoquée par les Wallons (16%). Cela devrait rassurer les Bruxellois, cette position politique reprenant de la vigueur du côté flamand. »
« Le choix rattachiste à la France en cas de crise
(29%) n’est pas aussi minoritaire que les résultats électoraux actuels des partis qui s’en réclament le laisseraient penser ».
La partie importante de la phrase est : « en cas de crise ». A méditer...
Ce vendredi, a lieu à Liège une réunion préparatoire pour ces
Etats-Généraux.
On y entendra des politologues, des professeurs d'université, des écrivains, des hommes politiques (*), des syndicalistes...
Tous les signataires du Manifeste sont invités à cette réunion, qui se tiendra dans la salle académique de l'Université, le 20 juin, de 19h à 22h30.
Venez débattre de l'avenir de la Wallonie et forcer son destin !
Mise à jour : Résumé des intervention
(*) Tout en gardant en mémoire cette phrase de Napoléon : « Les grands orateurs qui
dominent les assemblées par l’éclat de leurs paroles sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres ; leur force est dans le vague, la pratique les tue… »
Index, Compétitivité, coût de la main d'œuvre, on dit beaucoup de choses…
Eurostat (Office statistique des communautés européennes) révèle dans un communiqué récent
que les coûts horaires de la main d'œuvre dans les différents Etats membres de l’Union européenne à 27 varient dans un rapport de 1 à 20. Pour un coût horaire moyen de la main d’œuvre de
20,35 euros en 2006.
Cette année là, la Suède connaissait le coût horaire de la main-d’œuvre le plus élevé
(32,16€), suivie du Danemark (31,98 € en 2005), du Luxembourg (31,98 €), de la Belgique (31,58 €) et de la France (30,31€). Les coûts horaires les plus bas étaient en Bulgarie (1,65€), en
Roumanie (2,68€), en Lettonie (3,41€) et en Lituanie (4,21€).
Ces chiffres incluent la rémunération des salariés (salaires et traitements en
espèces et en nature, cotisations patronales), les frais de formation professionnelle, les autres dépenses (frais de recrutement, etc.), ainsi que les impôts relatifs à l’emploi considérés
comme coûts de la main-d’œuvre, déduction faite des subventions reçues.
Vous trouverez des informations plus détaillées dans « L’Europe en
chiffres – Annuaire Eurostat 2008 » qui présente l’évolution d’indicateurs clés (démographie, économie, éducation, protection sociale, sciences et technologie, commerce international,...) au cours des onze dernières années dans l’Union à 27, la zone euro, les Etats membres et les pays
candidats.
Uniquement accessible dans sa version anglaise (of course !) à l'heure actuelle,
l’annuaire devrait être prochainement disponible en français gratuitement en ligne (et en PDF).
Sélection de sites :
Statistiques générales et régionales sur Eurostat
La diversité de l’UE (les statistiques)
Statistiques structurelles sur les salaires et le coût de la main-d’œuvre
Le portail des services publics européens et nationaux en ligne
Alors que chez nous le "droit de vote" est une obligation (pour ne pas tenir compte des résultats des urnes ...ou si peu), mais
qu'on interdit tout référendum, il est sain de voir que certains pays démocratiques fassent la nique à une Europe à laquelle on ne comprend plus rien. Le référendum irlandais est la preuve que la
démocratie n'est pas seulement une étiquette, mais peut aussi être une réalité.
Une Constitution, c'est un texte "fondateur",qui impose des règles communes mais un texte qui entérine une volonté de vivre ensemble, qui reconnaît une convergence de valeurs préexistantes
à toute organisation du système politique. Ce qui implique l'expression d'une volonté populaire. Or les institutions européennes ignorent totalement cette dimension. Pensons simplement que si on
ose les critiquer, elles engagent une société de marketing pour améliorer leur image !
C'est la troisième fois que le même message est envoyé par plusieurs millions de citoyens européens à une "élite" non élue à Bruxelles et qui n'a pas de comptes à rendre.
Comme l'écrit un humoriste suisse : "Ce n'est pas 1% des européens qui vont
dicter leur volonté aux 99% à qui on ne demande pas leur avis". Et pourtant, le message devrait être clair : L’Europe ne se construira plus sans les citoyens.
Quelques réactions que vous ne lirez pas dans votre journal
habituel...
Nicolas Dupont-Aignan, député, président de Debout la République :
David a fait tomber Goliath
Bravo et merci à l’Irlande d’avoir sauvé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! La morale et la démocratie triomphent !
Le seul peuple consulté par référendum sur le Traité de Lisbonne a massivement dit NON.
C’est un véritable vote par procuration pour les 495 millions d’Européens privés de référendum.
C’est un profond désaveu pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont voulu imposer la Constitution européenne malgré les référendums de 2005.
Les dirigeants européens n’ont plus le choix, ils doivent se rendre à la raison : les peuples d’Europe rejettent une Union supranationale, bureaucratique et inefficace.
Les Irlandais aujourd’hui, comme les Français et les Néerlandais en 2005, ne sont pas hostiles à l’Europe. Ils veulent tout simplement une Europe qui les respecte et les protège. Une Europe des
Nations et des projets. Une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès social.
Les élections européennes de juin 2009 seront l’occasion historique, notamment en France, de transformer ce magnifique essai irlandais en envoyant au Parlement européen des Députés défendant
cette autre vision de l’Europe.
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) :
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais, selon des projections de la
télévision publique, était "un service rendu à l'Europe tout entière".
"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et antisociale", a affirmé M. Chevènement
dans une déclaration à l'AFP.
Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à la France, dont le poids relatif
était affaibli par le Traité de Lisbonne, en
rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.
Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable, fondée sur des coopérations renforcées".
"Cela est particulièrement vrai pour le gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des domaines
Jacques Myard, député UMP, président du Cercle Nation et République :
En votant NON, le peuple irlandais vient de sauver l’Europe de l’application d’un très mauvais traité.
Le Traité de Lisbonne, qui n’est en rien un « mini traité » mais le copié-collé du traité constitutionnel rejeté par les peuples français et néerlandais par référendum est ainsi rejeté pour la
troisième fois.
Est-ce que les ayatollahs de l’eurocratie vont enfin prendre la mesure de leur échec et des réalités sociologiques et politiques ? Ce nouveau NON est une chance à saisir pour remettre à plat la
construction européenne afin de la
réconcilier avec la volonté des peuples.
L’Europe s’est élargie, elle doit désormais s’amaigrir et cesser de se mêler de tout.
Oui à la gestion en commun de certaines politiques essentielles à l’organisation d’un continent comme la libre circulation des biens et des services, la PAC, l’environnement, ou encore la
coordination monétaire et budgétaire. Mais de grâce arrêtons cette boulimie technocratique : il est urgent d’appliquer le principe de subsidiarité, de placer la Commission sous le contrôle étroit
du Conseil, afin de réaffirmer la primauté des Etats, c'est-à-dire des peuples.
La France n’a aucun intérêt à aliéner sa souveraineté, son libre arbitre dans une construction européenne largement dépassée par la globalisation : nos intérêts sont mondiaux et c’est une faute
que de vouloir appréhender le monde à travers l’étroitesse du prisme européen.
OUI à une construction européenne fondée sur la coopération de nations souveraines et indépendantes.
NON à l’intégrisme eurotechnocratique voué à l’échec.
En complément, la carte blanche de Sophie Heine, Politologue à l'ULB, sur l'Europe des élites versus l'Europe démocratique et celle de Jean-Claude Paye, sociologue : "L'Europe n'existe que par son insertion dans une structure politique globalisée, sous souveraineté américaine"
Le dynamique groupe "Liège-France" vient de publier sur son blog un texte assez
ancien, tiré de " La francisation des arrondissements de Bruxelles, Arlon et Verviers au
cours d'un demi-siècle (1880-1930), par J.M. Remouchamps, ancien secrétaire général de l'Assemblée Wallonne, 2é édition, Bruxelles, 1937."
Vous le savez, je défends toujours le recours aux analyses historiques qui permettent de comprendre l'actualité. Il est essentiel de connaître le passé pour construire l'avenir.
Voici cet extrait. "Dans l'agglomération bruxelloise, qui ne comptait alors que 16 communes, près de
la moitié de la population (48,09%) avait , en 1910, le flamand comme langue usuelle. Parmi celle-ci, 24,29% étaient unilingues flamands, 30,46% unilingues français et 45,24 % bilingues. Par
rapport à 1880, le recul des unilingues flamands était de 30,49%, tandis que le progrès des unilingues français était de 13,86% et celui des bilingues de 16,64%.
En 1930, les unilingues flamands ne représentaient plus que 14,13% des habitants de l'agglomération bruxelloise, tandis que le pourcenage des unilingues français grimpait à 40,03, celui des
bilingues (de 45 à 50%) étant pratiquement inchangé depuis 1890. Quant à la langue usuelle des habitants, c'est entre 1910 et 1920 que la situation a basculé : De 50/50 environ en 1910, le
pourcentage des "usuels" flamands est tombé à 38,41 % en 1920 et à 34,19 % en 1930, tandis que celui des "usuels" français montait, respectivement, à 61,58% et 65,80%. Si l'on prend l'ensemble de
l'arrondissement de Bruxelles, les proportions sont identiques, mais avec des chiffres plus élevés pour le flamand : 60,59% en 1910, 53,17% en 1920 et 49,76% en 1930.
L'examen des chiffres commune par commune, pour l'agglomération, montre qu' en 1930, il y avait encore une large majorité de locuteurs flamands à Anderlecht, Koekelberg, Jette-Saint-Pierre,
Molenbeek, Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren et Evere. Dans les autres, la francisation avait été plus rapide .Il ne restait pour les "usuels" flamands que les pourcentages suivants : à Auderghem:
43,54% contre 75,91 en 1910; à Woluwe-Saint-Pierre: 41,22% contre 66,54; à Woluwe-Saint-Lambert : 40,67% congtre 64,78; à Uccle: 36,07% contre 61,13; à Watermael: 34,34% contre 57,12 et à
Bruxelles-ville : 35,78% contre 51,85. Six communes avaient déjà une majorité francophone en 1910 : Forest, Schaerbeek, Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Saint-Gilles et Ixelles."
L'analyse et les conclusions que ces militants rattachistes courageux et éclairés en tirent se trouve ICI.
Le principe de l'indexation des salaires destiné à préserver la capacité des ménages à acquérir les biens de
première nécessité et on doit donc protéger les plus faibles de la hausse du prix des produits énergétiques et alimentaires est une bonne chose. Elle est protectrice pour les des petites
pensions, des bas et moyens salaires. Confortable également pour les employeurs, les syndicats et les pouvoirs publics en évitant des négociations à répétitions, puisque celles-ci sont
automatique (ou presque) et suivent en théorie le coût de la vie, (mais de plus en plus loin depuis les manipulations de l'index dans les années '80 et suivantes pour en retirer les produits qui
augmentaient plus que la moyenne). A titre purement informatif, une étude de la KBC a montré qu’une famille moyenne a dépensé cette année 600 euros de plus en énergie. Sur ces 600 euros, 100 vont à l’Etat
sous la forme de 21% de TVA. 100 euros fois 4,5 millions de familles, cela signifie 450 millions d’euros de rentrées supplémentaires pour les pouvoirs publics. Soit beaucoup plus que les 200
millions que le gouvernement a dégagés jusqu’ici pour augmenter le pouvoir d’achat des plus bas revenus.
Il faut aussi démentir l'accusation simpliste selon laquelle l'indexation alimenterait l'inflation dès l'instant où elle cherche à culpabiliser les salariés au moment précis où ils
n'arrivent plus à "boucler les fins de mois". Comme si, dans la poussée inflationniste, la hausse des salaires tenait chronologiquement le premier rôle alors que chacun sait que l'adaptation des
rémunérations à la hausse du coût de la vie se fait avec décalage (un d'un trimestre ou un an) et incomplètement. Ne tombons pas dans le piège, c'est
bien la hausse des prix, et non l'inverse, qui constitue le phénomène premier.
Ce ne sont pas non plus les salaires qui sont le principal élément inflationniste. Le coût des matières premières et des énergies (sorties du calcul de l'index…), mais aussi les charges en capital (marges bénéficiaires et autres dépenses publicitaires) ont un effet direct sur la formation des prix.
Evidemment, la position de Quaden se tient dans le système actuel, les gros salaires sont privilégiés puisque un pourcent d'augmentation ne se traduit pas de la même manière en agent-poche lorsque vous gagnez 1000 € plutôt que 10.000… (Encore faudrait-il s'entendre sur la définition de "gros salaire" et éviter le piège d'oublier d'indexer les plafonds comme pour les contributions... A quoi sert (ou servira) l'observatoire des prix ?). Ces augmentations ne sont évidemment plus nécessaires à l'achats des produits e base. En période d'inflation, les gros salaires augmentent plus vite que les petits et l'écart se creuse. Et nous savons que le système fiscal belge très inégalitaire ne permet pas de corriger cet état de fait. Bien au contraire.
Des pistes ont déjà été lancée dans le passé comme l'allocation universelle ou verser l'indexation sous forme d'un montant unique pour tous et directement en Euros. Mais toute manipulation de l'index est une façon de le remettre en question. On comprend mieux que les syndicats campent avec détermination sur cet acquis social essentiel.
Poussons la réflexion un peu plus loin. J'ai toujours été frappé que l'index progresse (logiquement) en période d'inflation, c'est-à-dire au pire moment pour les entreprises, quand les exportations et les investissements sont en baisse et que la baisse du pouvoir d'achat freine la consommation. Alors qu'en période de forte conjoncture, quand l'économie est au mieux, le pouvoir d'achat n'augmente pas, puisque les salaires restent stables. Prévoir un système d'indexation basé sur le taux de croissance économique ne serait-il pas un moyen de faire participer tout le monde aux fruits de la croissance ? Et serait bénéfique pour tout le monde, y compris les entreprises.
Evidemment, tout ça devrait faire l'objet d'études et de simulations. Ce n'est qu'une réflexion.
Mais pourquoi s'arrêter là ? Il est, en effet,
profondément injuste que cette initiative doive être prise par une administration locale. Aidons-les à généraliser cette approche particulièrement civique. Je vous invite donc à leur envoyer
systématiquement un courriel chaque fois que vous observez un manquement ou une infraction à l'usage du français dans votre commune, en les priant de bien vouloir faire suivre cette information
aux responsables locaux concernés. Rien que pour Nivelles, j'en ai déjà envoyé une trentaine depuis hier. En commençant par l'usage du terme "cafetaria" au lieu de "cafétéria" dans une
administration dépendant de la Communauté française !
Par respect pour les personnes en charge de cette mission d'épuration et comme le dit si joliment le communiqué de la Commune : "Ecrivez toujours bien les circonstances
précises (lien et moment) et stipulez l’information de la manière suivante : nom et adresse, et des éléments de preuve tels qu’une photo ou une copie d’une brochure …. La commune d’Overijse peut
ensuite, en fonction de la nature de la plainte, adresser une requête amicale à l’entreprise ou au commerce. De toute façon, fin 2008, la commune donnera aux entreprises et aux commerces et
sociétés commerciales des conseils pratiques pour former le caractère néerlandophone de notre commune. Les plaintes écrites peuvent être adressées à la Commune d’Overijse – Direction Flamande,
Place Justus Lipsius, 9, à 3090 Overijse."
A vos claviers !
… pour le dernier carré des supporteurs de l'ancienne Belgique bien entendu. Rassurez-vous, je ne parle pas la salle de spectacle flamande de Bruxelles, mais bien du futur ex-pays du même nom dont même Luc Delfosse dans "Le Soir" écrit maintenant qu'il ne devrait pas passer la décennie.
Je me souviens avoir lu avec amusement dans "La Libre", début avril que Marianne Thyssen, pressentie pour la présidence du CD&V était une sort e de modérée puisqu'elle estimerait que la réforme de l'Etat est "l'un des défis qui l'attend si elle devient présidente reconnaissant qu'elle ne s'en est guère mêlée jusqu'à présent". Ajoutant que "c'est vrai, mais je peux apprendre très vite". Toujours cette quête éternelle du "Bon Flamand" qui a caractérisé ce journal depuis le début des années '60. Mais il n'est pas le seul, au récent métingue électoral du FDF de soutien aux candidats bourgmestre de communes de la périphérie bruxellois, il y avait aussi une brave Flamande qui est venue rassurer le public belgicain conservateur. Comme si une hirondelle pouvait réellement faire le printemps dans un pays à l'orée de l'hiver.
Marianne Thyssen est donc parfaitement dans son rôle. Après tout, elle est une fervente partisane du cartel
avec la N-VA, et ce depuis le début. Mais que de cécité dans les rangs "Francophones".
C'est comme les commentaires à ce sondage dans le "Vers-l'Avenir" (*) publié ce matin.
On y trouve quand même deux enseignements intéressants dans les tableaux. Il est évident que présenter l'option de la réunion avec le Luxembourg montre toute
les limites (volontaires ?) de ce genre d'exercice et en fait une opération assez ridicule. Personne n'imagine sérieusement le Luxembourg envisager une telle annexion de fait. Cette question est
là pour diminuer la pertinence des réponses aux autres questions.
La somme des réponses en faveur de l'indépendance et de la réunion à la France dépasse les 50 % et même davantage (87 %) si on ne tient pas compte de l'option irréaliste luxembourgeoise. C'est un
premier enseignement.
Le second concerne le très faible résultat consacré au dernier choix : "autres". Sachant que ce qui est là derrière, c'est une option unique : l'Etat résiduel Bruxelles-Wallonie défendu pourtant
par les différentes formations politiques traditionnelles et les grands médias.
C'est le moment que choisi le Soir pour annoncer la publication d'un livre blanc de recueil d'avis de ses "jeunes lecteurs" (nés après 1970). Je suis allé lire quelques réactions… Et bien, ça promet ! Tout ça est d'un sentimentalisme nationaliste du dernier ringard ou d'un un angélisme absolument confondant. Le journal a le culot de faire un parallèle avec le bouillonnement d'idées de 1968 alors que ceux qu'il appelle les "Zéro-huitards" (joli et tellement vrai !) sont plutôt de vieux réacs qui geignent sur leur paradis perdu. Et largement imaginaire.
Tout le sens est dans la première partie du titre de cet ouvrage qui fera date dans les annales de la bêtise
: "Pas d'avenir 100 projets"
Pra ailleurs, nous pouvons craindre le pire du nouvel opus du Sénateur Destexhe (à paraître) : "Le Mouvement
flamand expliqué aux francophones"…
Heureusement, l'actualité est là pour nous rappeler quelle est la réalité :
Près de la moitié des Flamands veut l'éclatement de la Belgique nous signalait l'AFP le 7 juin. Lisez plutôt : "Pour la
première fois, près de la moitié de Flamands se prononce en faveur de l’éclatement de la Belgique dans un sondage publié samedi, alors que le fossé reste plus profond que jamais entre
néerlandophones et francophones du royaume.
A la question "Souhaitez vous que la Belgique éclate’", 49,7% des Flamands répondent "oui", 45,% "non" et 4,6% sont sans opinion, indique le sondage, réalisé pour le journal Het Laatste Nieuws
auprès de 1.000 personnes habitant en Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique. "Que l’opinion publique flamande se radicalise à grande vitesse était clair depuis un moment déjà,
mais c’est la première fois qu’une majorité de Flamands indique crûment que pour eux, la Belgique n’est plus une nécessité", relève le plus gros tirage de la presse belge. En septembre 2007,
alors que la crise politique issue des élections du 10 juin 2007 dépassait déjà les 100 jours, les séparatistes n’étaient "que" 46,1% en Flandre, contre 49,6% en faveur d’une Belgique unie,
ajoute Het Laatste Nieuws". Sans commentaires...
(*) Pour le GD de Luxembourg : 39% (19 en 2004); Pour un Etat indépendant : 31% (27 en 2004) ; Pour la France : 20% (24 en 2004) ; Une autre solution : 7% (11 en 2004)
Sondage effectué par Dedicated Research par téléphone du 2 au 4 juin 2008, sur un échantillon de 607 électeurs de Wallonie. La marge d'erreur maximale (c'est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50%) est de 4.0 % sur l'échantillon total
Dans le journal gratuit " Metro" de ce vendredi, Jules Gheude rappelle fort opportunément "qu'il ne manque plus que BHV à la Flandre pour
accomplir son homogénéité. Il ne reste que cela pour transformer la Flandre en une véritable nation avec un peuple, une langue et un territoire. Plus rien ne pourra leur empêcher de proclamer
unilatéralement leur indépendance.",
Je partage évidemment ce point de vue que j'ai développé à plusieurs reprises dans des cartes blanches.
Mais, ayant quelques minutes, j'aimerais pousser la réflexion un peu plus loin. Très brièvement et par une seule question, rassurez-vous.
La démarche flamande est logique : un peuple, une langue, un territoire, ce qu'on appelle "le Droit du sol" étant un principe républicain. C'est sur cette base que se sont construites toutes les nations du Monde. En tous cas, celles qui ont un avenir.
S'il existe bien des confédérations d'Etats (la Suisse en est un des plus vieux exemples), existe-il
quelque part sur cette planète un Etat où la cohabitation de deux peuples et de deux langues (ou plusieurs ?) est vraiment harmonieuse ?
Et si vous avez une minute, ce vendredi, répondez au sondage sur le
site du journal (en bas, à droite).
Ce jugement étonnant qui nous ramène aux temps les plus obscurs de l'inégalité entre les êtres humains se base sur une interprétation du Code civil qui fait des
êtres humains une vulgaire marchandise. Même s'il peut être jugé correct dans sa forme, c'est un jugement idéologique (une répudiation légale !) reposant sur la distinction entre musulmans et
non-musulmans, et la porte ouverte aux intégrismes de tout poil !
Exiger la virginité d'une femme, c'est lui demander de renoncer à un droit et une liberté dont elle peut jouir (sans jeu de mots!).
Nous n'avons pas les mêmes valeurs, et pas seulement en matière de rillettes, Monsieur le juge. J'ai honte à ma République !
Je partage tout à fait le point de vue de Catherine Kinzler sur son blog et dans le magazine "Marianne"
! A lire absolument !
Etant donné l’évolution de la situation politique et la probabilité de plus en plus grande d’un démantèlement de l’Etat résultant d’un échec de la négociation institutionnelle de juillet, nous pensons, en effet, qu’il convient de convoquer, dans les meilleurs délais, ces Etats-Généraux de Wallonie, qui devraient permettre d’opérer un choix parmi les quatre options proposées par le Manifeste.
Un tel événement, requiert, vous vous en doutez bien, la constitution d’une équipe large et solide, en vue d’aborder les indispensables questions organisationnelles, qui concernent tant la logistique que les aspects financier et de relations publiques.
C’est dans cet esprit que nous vous invitons à nous rejoindre, le vendredi 20 juin, de 19 h 00 à 22 h 30, à la Salle
académique de l’Université de Liège, Place du XX Août, à Liège.
Le succès et la crédibilité de l’entreprise dépend largement de la contribution de chacun et de chacune d’entre vous.
Nous comptons donc sur votre présence et, en vous adressant nos remerciements anticipés,
Jules Gheude,
Didier Melin,
Thierry Ollevier,
Claude Thayse.
Merci de bien vouloir confirmer votre présence pour le lundi 16 juin au plus tard.
… Wallon !" disait (avec raison) le slogan d'un
ancien ministre wallon de l'énergie en plagiant celui du ministre français de l'époque : "En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !". (Depuis, Philippe Busquin s'est fourvoyé dans
une fumeuse Commission Wallonie-Bruxelles dont j'ai déjà eu l'occasion de dire ce que j'en pensais ICI et surtout ICI.
Le temps a passé et il est vrai que le coût de l'énergie augmente. Et nous consommons de plus en plus de carburant alors que l'offre diminue. Pas étonnant dès lors que les prix augmentent sur le marché mondial, et
à la pompe…!
Le
malheur des uns faisant le bonheur des autres, le seul à ne pas se plaindre est le fisc. "L'Etat" belge s'enrichit à chaque kilomètre que nous roulons. L'ensemble des accises, des taxes sur
l'énergie et la TVA représentent plus de 56% du prix d'un litre de diesel. Et pour l'essence, cela monte à 67%. Vous trouverez ces chiffres ainsi que d'autres sur le site du Ministère
des Affaires économiques.
Mais ce n'est pas encore assez ! "Sans une écofiscalité forte, il sera impossible de lutter
efficacement contre la pollution" (bon prétexte !) dit la ministre bruxelloise (Ecolo) de l'Environnement, qui propose de réfléchir sur la taxation des voitures en fonction du nombre de
kilomètres parcourus pendant que le gouvernement wallon marque son accord sur le principe d’un péage pour les poids lourds en fonction du nombre de kilomètres parcourus sur le réseau autoroutier
belge comme le préconise la Flandre (ben tiens !). Précisant qu'il souhaite instaurer en même temps un système forfaitaire pour les voitures, sous la forme d’une vignette électronique
évolutive...
Bien sûr, par ailleurs, les pouvoirs publics octroient chichement des réductions d’impôt pour encourager l’achat des voitures les plus
éco-performantes. L’achat d’un véhicule (en Belgique) dont les émissions sont inférieures à 115 g CO² permet une réduction d’impôt égale à 3% du prix
d’achat (plafond de 615€). (Voyez ce qui est proposé en France
)
Pourquoi cette longue introduction ? Pour vous préparer à ce qui sera peut-être
prochainement notre avenir :
- Un extrait d'un JT de France 2 du mois de mars dernier
:
- Et petit film (en anglais !) sur "Sciences Channel".
Prometteur, non ? Si ça marche, n'est-ce pas de l'éco-développement appliqué ça ? A moins que "Toton Didier" ou "Tata Elio" ne trouvent encore moyen
de nous "pomper l'air"... ou tout au moins de nous le faire payer... ;-)
Certes, Guy Negre est Français comme quantité d'inventeurs géniaux. Mais les Wallons, de la
moissonneuse-batteuse des Trévires à la dynamo de Zénobe Gramme en passant par la machine de Marly (de Rennequin Sualem et Arnold de Ville) ou encore le saxophone… n'ont-ils pas également été à
l'origine de nombreuses inventions dont le monde a profité ? Le "ministre d'Etat" dont je cite le slogan en introduction serait bien inspiré de revoir la position défendue par la commission qu'il
préside dans le sens (politique et institutionnel !) : "En Belgique, comme on n'a pas vraiment d'idées, si on allait voir en France ?"


