Excellente intervention sur le fond de Jacques Chirac hier soir à propos des événements malheureux que vivent depuis deux semaines les banlieues défavorisées. Il s'est placé sur le plan des principes. Tout à fait dans son rôle, même s’il est apparu fatigué et vieilli et que son « attitude non verbale » ne correspondait pas assez à l’importance de son message.
Une justice ferme mais juste, c’est bien dans l’esprit de la République.
J’ai beaucoup apprécié son plaidoyer pour l'égalité des chances et la lutte contre les discriminations.
«Je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu'ils sont tous les filles et les fils de la République»,
«être fiers d'appartenir à une communauté qui a la volonté de faire vivre les principes d'égalité et de solidarité, et qui fait pour cela des efforts considérables»,
«C'est une chance d'appartenir à la communauté française», « chacun doit en avoir conscience et agir en conséquence»,
sont les paroles fortes que tout le monde attendait.
Par ailleurs, on parle beaucoup ces derniers jours du droit à l'Egalité républicaine. Le drame, c’est que certains l’interprètent en un droit de fait à l'égalité absolue. Ce qui n’est pas la même chose.
Dans nos pays et particulièrement en France où la Révolution a substitué le droit écrit à la coutume et donc l’autodétermination à la tradition, les principes de la République ne sortent pas de l’air du temps mais de textes explicites.
Ces articles sont :
- « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » (article 1er de la Déclaration de 1789),
- « La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège soit qu’elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents » (article 6).
- « Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance possède des droits inaliénables et sacrés » (préambule de la Constitution de 1946, alinéa 1),
- « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme» (alinéa 3).
- La France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » (préambule de la Constitution de 1958).
Tous ces textes ont pleine valeur constitutionnelle et sont d’une parfaite clarté : ils proclament l’égalité de droit.
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