« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Pour la petite histoire...

Beaucoup d’entre-vous ont été déçus des propos tenus par Dominique de Villepin invité par le journal « Le Soir » dans le cadre de la tournée de promotion de son nouveau livre « Le soleil noir de la puissance », premier tome d’une histoire de Napoléon.
Mon ami Jules Gheude lui a envoyé une « Lettre ouverte »,  publiée sur le site de soutien à l’ancien premier ministre et que vous pouvez également retrouver sur « Debout la Wallonie ! ».
 
Et je comprends cette déception. Mais il est important de la relativiser. Il faut savoir, en effet, que depuis le « Vive le Québec libre » du Président De Gaulle qui a confirmé la méfiance du monde anglo-saxon et de ses alliés vis-à-vis e la France, la diplomatie française s’en tient à la plus grande prudence. Le quai d’Orsay ne se prive pas d’ailleurs de la rappeler à tout ancien ministre ou dirigeant qui souhaite d’exprimer à l’étranger. Il va de soi que ça n’arrange pas la Wallons que nous sommes et qui attendent de messages clairs de la France.
Je tiens à dire qu’entre ce qui est dit officiellement et ce qui se dit en privé - et j’en parle en connaissance de cause – il y a un monde.
Oui, la France officielle s’inquiète de ce qui se passe ici. Oui, elle suit l’évolution de la situation politique interne belge de très près. Non, elle n’est pas indifférente. Simplement, elle sait que ce sera aux Wallons (et aux Bruxellois s’ils le souhaitent) à faire le premier pas dans le cadre du droit des peuples à décider de leur sort.  Simplement, elle ne peut intervenir dans les affaires intérieurs d’un Etat voisin, réputé allié et ami ( ?!) et resté créature de l’Angleterre. Imaginez, demain combien serait critiqué, vilipendé, le dirigeant français qui oserait une parole favorable à notre cause. Tous les dirigeants français doivent faire « comme si » ils croyaient encore en un avenir pour la Belgique. Nos journalistes le savent, et ils ne se privent pas de l’exploiter.
 
C’est que la France est et reste une puissance et un modèle pour le Monde. Un ministre français ne peut pas se permettre à l’étranger les propos, parfois irresponsables, d’un Louis Michel ou d’un De Gucht. La Belgique n’a que peu de poids moral dans le monde et donc ce qui est dit n’a évidemment que peu d’importance. Ce n’est pas le cas de la France.
 
Notre ami Patrick Heuschen  m’a permis de publier la dédicace que lui a dédiée Dominique de Villepin, alors ministre, lors de la parution de son ouvrage consacré aux Cent-Jours en 2002. Patrick lui ayant demandé d’y mettre une allusion à la Wallonie, il lui fit le plaisir d'écrire ceci : « A Patrick, ce temps de l'épopée où la Wallonie respire. Très cordialement »
 
A quel moment est-il sincère ? Contrairement au reste du monde, se serait-il mis subitement à croire en la Belgique ? Comprendre la logique diplomatique c’est y répondre.

Le cap du demi-million de billets lus sur ce blog a été dépassé hier dans la journée. Ouvert le 9 décembre 2005, il y a à peine plus de 2 ans, ce blog politique atypique et défendant un projet politique encore souvent considéré comme marginal commence à être fréquenté régulièrement. Certains billets sont même  quasiment ou intégralement copiés-collés par des sympathisants (hélas inconnus !) sur des forums ou en appui aux commentaires sur d’autres blogs. Mes propos sont également parfois cités sur des blogs aussi professionnels que celui de Mateusz Kukulka, l’incontournable Politique Show et je l’en remercie encore. 
Le dernier mois a été particulièrement faste avec 51551 billets vus et une journée record (3043) le 16 décembre. 
 
Merci à vous tous !

L’intérêt d’un exercice comme celui d’hier qui consiste à recomposer une chronologie cohérente consiste à se replonger dans les livres et à retrouver des informations ou des arguments auxquels on ne pense plus.
 
Il en va ainsi de l’ancienneté des relations difficiles entre les populations de parlers « thiois » et « romans ». 
 
Pour beaucoup, les « problèmes linguistiques » sont récents et inventés par quelques extrémistes de chaque bord. Et pourtant, sans qu’il y ait eu de marquage physique ou administratif, une frontière linguistique existe depuis très longtemps. Quels que soient les régimes qui se sont succédés dans nos régions.
L’église, seule structure dominante et constante depuis la fin de l’Empire romain, en a toujours perçu l’ampleur et tenu compte en structurant son organisation pour éviter les tensions. 
Ainsi que l’ont montré Maurice-A. Arnould et H. Hasquin, Philippe II, fils de Charles Quint, réorganise entre 1559 et 1561 les évêchés médiévaux qui auparavant « chevauchaient la frontière des langues ». 
A la même époque, les collèges de Jésuites sont répartis en deux provinces « pour faciliter l’administration et pour assurer la concorde et l’union sacrée ». Les Carmes et les Récollets ont adopté le même principe au XVIIème siècle, les Capucins en 1712.
On retrouve cette même préoccupation en 1781, contre un projet d’édit sur les ordres contemplatifs qui prévoyait une assemblée unique et l’élection d’un « Visiteur général ».  Le Grand Conseil de Malines - instance supérieure de justice des Pays-Bas – et les conseils de justice provinciaux  qui souhaitaient éviter « des prépondérances des maisons des provinces flamands ou wallonnes, ce qui pouvait entraîner de murmures et des dissensions ».

(Sources : L’identité wallonne, par P. Destatte, Namur 1991 – Ouvrage publié par la présidence de l’Exécutif wallon)

J'en ai déjà parlé, mais d'autres agissent... en France.
 
Les 23 et 24 novembre 2007,
le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté a lancé, à l’issue des Rencontres de l’expérimentation sociale, le Grenelle de l’insertion.
 
Destiné à refondre les politiques d’insertion, il se tiendra fin mai 2008, à l’issue des travaux des trois groupes de travail qui seront installés en décembre autour des thèmes suivants : « Comment redéfinir les objectifs de la politique d’insertion et sa gouvernance ? », « Comment développer la mobilisation des employeurs pour l’insertion ? » et « Comment construire des parcours d’insertion adaptés ? ».
 
Chaque groupe réunira des représentants des institutions publiques (Etat, collectivités territoriales, Parlement), des organisations représentatives de salariés, des employeurs (y compris de l’insertion par l’activité économique), des travailleurs sociaux, des associations de lutte contre l’exclusion, des usagers, ainsi que des « personnalités qualifiées et personnes morales associées ».
 
Le Grenelle de l’insertion reposera également sur l’organisation de forums thématiques locaux.
Un site internet permettant d’ouvrir les débats avec le public est par ailleurs accessible. 
 
Dans son
édition 2007 de « France, portrait social », l’INSEE a révél que les années 2002 à 2005 ont coïncidé avec un ralentissement, et parfois une interruption, du mouvement de réduction des inégalités sociales constaté depuis 1996. Durant cette période, si le niveau global des inégalités est resté inchangé, le niveau de vie moyen des 10% les plus modestes a stagné chaque année, tandis que celui des 5% les plus aisés a augmenté de 1% par an.

Autres sites intéressants :
Site des Rencontres de l’expérimentation sociale

Rapport de l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale 2005-2006
Site de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale
Site de la FNARS (associations d’accueil et de réinsertion sociale)  

 

Impossible de l’ignorer, les iguanodons de Bernissart sont de retour au Musée des sciences naturelles à Bruxelles. A l’heure où on parle dans la négociation gouvernementale de scission (sous quelle forme ?) des établissements scientifiques nationaux, c’est là une partie du patrimoine wallon, mais aussi mondial, qu’il importe de tenir à l’œil. Il ne faudrait pas qu’un partage (60/40 ?) à la belge intervienne. D’autant plus que d’autres parties du patrimoine, comme les collections botaniques, sont déjà localisées en Flandre et peuvent quasi être considérées comme perdues !  J’invite « nos » négociateurs à être vigilants.
 
Et il n’y a pas que les iguanodons (tiens, au fait où en est le projet de compléter les fouilles à Bernissart même où d’autres fossiles seraient encore présents ?), il y a certes l’Homme de Spy, mais aussi l’Homme d’Engis.
Découvert durant l’hiver 1829-1830 par le docteur Schmerling, catalogué comme « singe » avant d’être oublié dans les tiroirs du même musée des sciences naturelles, victime de l’influence de la théorie du «créationnisme». « Singe » qui aurait vécu avant le déluge décrit dans la Bible. Pourtant, les découvertes faites à la grotte d’Engis apportent une preuve spectaculaire que l'Homme est très ancien et habitait déjà nos régions bien avant ce fameux déluge. Hélas, l’histoire est connue, ce n’est que plus d'un siècle plus tard, en 1936, que Charles Fraipont le retrouvant par hasard, l’identifiera enfin comme Néandertalien !
Trop tard, celui qui aura le droit de porter ce nom et entrera dans l’histoire ayant été découvert bien plus tard, au mois d'août 1856.
A la défense de Schmerling, on se souviendra que ce n’est qu’en 1859 que Charles Darwin ne publiera « L'Origine des espèces par la sélection naturelle » et que ce n’est qu’en 1871 qu'il élargira sa théorie à l'homme…  
Pour les Etats, on est en pleine expérimentation !
La Belgique proclame son indépendance le 4 octobre 1830. Mais qui le sait ? Cette date est encore moins connue que les paroles de la Barbançonne...
Quinze ans plus tôt, l'Angleterre avait déjà imposé l'annexion de nos régions aux Pays-Bas. 

En tous cas, rien, aucun commentaire ce matin aux Journaux parlés de la radio d'Etat... Il faut dire qu'à côté de l'anniversaire du lancement du premier satellite artificiel, l'événement est remis à sa vraie place historique : signe que même pour eux, c'est déjà devenu marginal ? 
Sans vouloir polémiquer à propos de la sortie de Jean-Luc Dehaene hier, il me paraît important de revenir sur cette question du bilinguisme qui aurait été refusé en 1932… et serait la cause de tous les malheurs. Ce bilinguisme aurait sans doute contribué à conforter plus rapidement l’emprise de la Flandre sur tout le pays. On peut comprendre les regrets de l’ancien premier ministre…
Mais moins les acquiescements serviles des médias qui ne rappellent pas les circonstances de ce refus.
 
Il faut se rappeler que cette proposition était alors le fruit des revendications du Mouvement flamand. Dans un Etat dominé par une certaine élite francophone (et pas uniquement Wallonne, loin de là ! Les élites flamandes de l’époque s’exprimaient en français pour se différencier du « petit peuple » !), ce dernier a réclamé avant tout le bilinguisme en Flandre, obtenu par étapes à partir de 1883. Dans l'enseignement secondaire, d'abord, puis dans les universités. L'étape suivante consistait à obtenir l'égalité absolue des langues. Soit le bilinguisme dans toute la Belgique, soit l'unilinguisme régional. 
Les Wallons et autres francophones estimèrent que le bilinguisme étendu à tout le pays représentait une concession trop importante. Et, en passant, notons que Dehaene reste ainsi dans la droite ligne des revendications historiques du mouvement flamand. Mais qui s’en souvient ?
Le 14 juillet 1932, une loi tranche: l'enseignement est unilingue. François Bovesse qui a mené le combat de résistance a alors déclaré : « Le bilinguisme est mort, personne ne le ressuscitera ». En Flandre, un régime transitoire est mis en place pour les citoyens d’expression française qui y étaient encore présents : « les classes de transmutation ».
 
La réalité, c’est que la loi linguistique de 1932, par laquelle le mouvement flamand obtenait l'imposition d'un régime linguistique unilingue dans les administrations en Flandre (jusque là, les communes restaient libres d'offrir à leurs habitants un régime administratif de bilinguisme), avait garanti en contrepartie une ultime zone de liberté à la minorité culturelle des francophones de Flandre - plus d'un demi million encore en 1947. Tous les dix ans, le Recensement de la population allait permettre à la commune flamande (ou wallonne) qui compterait plus de 30% d'habitants se déclarant de régime linguistique français (ou néerlandais), d'opter pour le bilinguisme, si elle le voulait. Ce système de référendum - il n'en portait pas le nom, mais c'en était bien un -, s'il anéantissait la citoyenneté culturelle des minorités francophones faiblement concentrées (à moins de 30%, elles n'existaient plus, le conseil communal ne pouvant pas même débattre de l'éventuel bilinguisme), avait le mérite de fixer une procédure démocratique pour relayer la volonté populaire, procédure conforme à la tradition des libertés communales héritée du moyen âge. On sait ce qu’il en est advenu lors du rejet du referendum de 1960. Vous en trouverez un résumé dans ce vieil article que j’avais publié en 2004.
 
La ténacité du Mouvement flamand ne se dément pas… à travers les générations.
 
Et pour en savoir plus sur l’évolution de la frontière linguistique, cliquez ICI pour lire l’article en bas de page.

Un peuple fier en marche vers son destin... 
Souhaitons lui bonne chance au nom du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes !
 
Je serais moins fier d’agir comme le sénateur-bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, qui souhaite célébrer la fête nationale flamande dans son Hôtel de Ville. Camouflée derrière le masque faussement sympathique du respect mutuel, cette manifestation n’aurait-elle comme but que de faire oublier aux Wallons qu’ils sont des habitants de deuxième catégorie en Belgique ?

J’aime bien la réponse faite par quelques réunionistes locaux qui distribuent ce tract  depuis ce matin !

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

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Pour y réfléchir

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
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La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

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