« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modération à condition d’en citer la source.

Réflexions

Sur le forum de « la Libre », l'observation suivante sur le thème : « Pourquoi la Région wallonne s'est-elle fait rouler dans le dossier Francorchamps ? » résume assez bien l’opinion générale des nombreux participants.
 
« 1. la main mise du politique sur tout, à tous les niveaux
2. l'élection de gens peu scrupuleux, qui mentent comme ils respirent, ne visent que leurs intérêts personnels et qui utilisent le système démocratique pour arriver à leurs fins
3. l'absence de réelle sanction sur les actes accomplis par ces gens.
4. l'utilisation des deniers publics en oubliant totalement qu'il est le fruit du labeur des gens et sans aucune forme ni de réel contrôle ni de scrupule. »
 
Je nuancerais l'outrance des termes, mais le diagnostic de cet intervenant a déjà été fait : la particratie est bien le mode de fonctionnement de la Belgie-que. Et la source de beaucoup de dysfonctionnements.
Ce n'est pas tout de le dire, que faire ?
Avons nous le choix ?
 
On ne peut pas tout simplement supprimer les partis politiques et faire confiance à... quoi ?
Remettre tous les pouvoirs aux mains d'un Roi ? On a déjà essayé, la cata...
Gérer l'Etat comme une entreprise privée ? Vous rigolez ?
S’en remettre à un corps de fonctionnaires, sortes de notaires ? Kafka !
F. Perin avait évoqué un système d’élection à deux tours où de « grands électeurs » désignaient des experts pour gouverner le pays entre deux élections, ou quelque chose d’approchant. Où est le contrôle démocratique ?
 
Non, il faut trouver les moyens de sortir de la particratie qui gangrène tout. Des pistes peuvent être évoquées. Si elles ne sont pas parfaites, elles donnent quand même la possibilité au Peuple d'agir et de contrôler ses représentants (*).
Le vote majoritaire à deux tours est de celles-là. À tous les niveaux. Ce qui permettrait de désigner des majorités claires, stables, que les électeurs puissent juger à l’aune de leurs réalisations effectives. Et renvoyer s’ils ne sont pas satisfaits. Ça ferait aussi émerger de fortes personnalités vraiment capables de rassembler entre les deux tours. Eliminant ainsi les tendances au népotisme ou encore les apparatchiks dociles présentés « en ordre utile » sur les listes des partis traditionnels.
La suppression de la garantie automatique de retrouver son mandat après une fonction de ministre, et donc l'obligation de repasser devant les électeurs.
L’élection directe du Ministre président de la région wallonne. Pour lui donner une vraie légitimité face aux présidents de partis.
Ce système aurait aussi pour résultat de limiter la durée d'existence des partis politiques. En effet, si un parti n'est pas arrivé à faire passer son programme au bout de 20, 50 ou 100 ans d’occupation quasi ininterrompue du pouvoir, c'est que c'est un parti "pouvoiriste gestionnaire" dont la vocation n'est plus de changer la société ou de la faire évoluer, mais d'occuper le pouvoir à son propre profit. Les modifications de sigles que nous avons connues ces dernières années n’étant que cosmétiques. Quelle différence y a-t-il vraiment entre un PSB et le PS, entre un PRL-MCC-FDF-Fournaux et le MR, entre un PSC et le CDH ? Et même entre eux ?
 
Mais je rêve sans doute.
Ça ne se fera pas en Belgie-que…
 
(*) Pour mémoire, quelques articles tirés de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789…
Article 6 - La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ces yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
Article 15 - La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.


En France, bien sûr…

Pour beaucoup, cette loi de 1905 marquerait une conquête décisive de l'Etat républicain, dans une guerre amorcée dès 1789, lorsque le clergé, dans la nuit du 4 août, perd la principale source de ses revenus, sa dîme, ainsi que ses privilèges fiscaux. Pertinente d'un point de vue historique, l’analyse met en effet souvent l'accent sur la dimension d'affrontement ou sur l'idée de compromis plus ou moins stable, que représente la loi de 1905. C'est toujours ce schéma d'un rapport dual qui s'impose entre ces deux pôles que constitue l'Etat d'une part, et la puissance religieuse d'autre part. Or, pour séparer deux camps qui s'affrontent, il ne suffit pas de répartir ce qui revient de droit à l'un et l'autre des deux pôles, au pouvoir politique et au pouvoir religieux. La séparation ne peut être effective que si une instance tierce fonctionne au-delà des deux pôles en présence.

Cette instance tierce, c'est le modèle républicain.

Ce modèle constitue le fondement du dispositif et son instance de légitimation. La République n'est pas réductible à l'instauration d'une forme de souveraineté, la souveraineté du peuple. On le sait ; la République ne se confond pas avec la démocratie, elle en a rendu possible l'exercice.

La République moderne est le modèle politique qui a été inventé afin de rendre les libertés « compossibles ». Autrement dit, comment éviter que les libertés individuelles ne s'affrontent dans une guerre «de tous contre tous» ?

Pour rendre les libertés compossibles, pour créer ta concorde, il fallait inventer une nouvelle forme de lien. C'est cela que la modèle républicain propose : la République moderne a inventé le lien politique.

Le modèle républicain crée le lien politique en rupture avec une forme (archaïque) religieuse du lien. Le lien politique se constitue par dissolution de toutes les formes de lien religieux. Le lien politique ne doit pas se constituer à partir de la reconnaissance d'un particularisme. La République a donc créé une figure inédite de la citoyenneté : le citoyen n'est pas une entité préalable au modèle républicain, car c'est la République qui le fait en invitant les individus à mettre entre parenthèse ce qui les particularise. Le citoyen est délié de tout ce qui peut l'individualiser.

La loi de 1905 se base principe de laïcité, principe qui est au fondement du lien politique et de la conception républicaine de la citoyenneté. En contrepartie, pour assurer la concorde et l’égalité, l'Etat s'impose sa propre limitation. L'Etat affirme ainsi qu'il ne saurait instrumentaliser le lien religieux pour produire la cohésion sociale.

Tout comme il ne saurait non plus souder les individus à partir du lien religieux, à partir de la fétichisation
d'un particularisme quelconque : le sang, la couleur de peau, l'appartenance ethnique, etc..

Séparer l'Etat et les Eglises, ce n'est pas interdire le lien religieux. C'est assigner le lien religieux à un espace dans lequel il doit rester cantonné, l'espace de la société civile, autrement dit,
l'espace de la sphère privée.

La loi de 1905 place ainsi la société civile sous l'égide du principe de tolérance. Elle garantit « le libre exercice des cultes ». Mais elle trace du même coup les limites de la tolérance : dans la sphère publique, c'est le principe de laïcité qui doit prévaloir. En interdisant toute captation du corps politique pas le lien religieux, la loi de 1905 produit un effet de « dé-liaison ». Elle délie le citoyen de toute obligation d'appartenance, elle le délivre de tout lien communautaire. Important par les temps qui courent…

Cette loi permet un exercice authentique de la démocratie : la souveraineté doit en effet avoir pour seule et unique source la volonté générale, c'est-à-dire la volonté du peuple des citoyens. Or, lorsque les forces qui sont au service du lien religieux infiltrent le corps politique, c'est toujours dans le but -affiché ou non- de s'emparer de le souveraineté. Et lorsque la souveraineté est captée par une force religieuse, cela produit mécaniquement un volonté politique particulariste : on a alors affaire à une communauté qui fait la loi au nom de sa vision particulière du monde. On ne sait que trop ce qui se profite alors à l'horizon : une société de privilèges et de «citoyens » de seconde zone.

Cette loi constitue un cran d'arrêt à l'hégémonie de toutes les Eglises. Ainsi, la loi du 15 mars 2004 qui interdit de manifester par le port des signes ostensibles son appartenance religieuse dans l'espace de l'Ecole laïque, se situe dans son prolongement.

Pour que le modèle républicain soit effectif, trois conditions sont requises : il faut séparer la sphère publique de la sphère privée, il faut soustraire le corps politique au lien religieux, il faut, enfin, délier le citoyen de toute forme d'appartenance communautaire. Inutile de dire que cette loi est essentielle et donc fortement attaquée par tous ceux qui voudraient revenir à un système archaïque. Ce serait céder sur le modèle républicain.

Et il y aurait encore beaucoup de choses à dire...

En Belgie-que, on a choisi une autre voie ouvrant la porte à toutes les dérives communautaristes – on le voit maintenant – donnant même de la laïcité un statut de religion… Ce n’est pas ça la neutralité de l’Etat !

Difficile de faire marche arrière, ce n'est que lors de la réunion à la France qu'on pourra en re-discuter.



14/12/2005 : Déclaration universelle sur la laïcité 

14/12/2005 :

 

14/12/2005 :

 

14/12/2005 : Une Déclaration a été officiellement présentée à l'occasion du centenaire de la loi française séparant l'Église et l'État. Les auteurs de cette nouvelle déclaration ont choisi de redéfinir un discours moderne sur la laïcité, ancré dans son siècle, et auquel peuvent se rattacher des hommes et des femmes mus, sinon par les mêmes convictions ou confessions, du moins par une volonté de vivre ensemble dans le respect de certaines valeurs communes. Prenez connaissance de la déclaration.

 

Lecture du dimanche matin… Je retrouve la définition de la Nation qu’exprimait Ernest Renan voici 123 ans :
« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis [...]
 
Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l'avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l'on comprend malgré les diversités de race et de langue. [...]
 
Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours [...].
 
Les volontés humaines changent ; mais qu'est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera. Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. À l'heure présente, l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître.
 
Par leurs facultés diverses, souvent opposées, les nations servent à l'œuvre commune de la civilisation ; toutes apportent une note à ce grand concert de l'humanité, qui, en somme, est la plus haute réalité idéale que nous atteignions. [...]
 
L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. »
 
Ernest RENAN : Qu'est-ce qu'une Nation ? [1882], Imprimerie Nationale 1996, pp. 240 à 242.
Certains (moi-même...) restent choqués de l'attitude des administrateurs de la Société de promotion du circuit de Francorchamps qui ont signé sans le lire la fameuse convention qui fait scandale. Les révélations se poursuivent par ailleurs...

Mais, ça n'a rien de surprenant. Nos députés fédéraux, régionaux, communautaires, Wallons, Francophones ou flamands fonctionnent tous comme Jean-Marie Happart ou Yves Bacquelaine. On signe sans lire, même quand c'est en français.

La preuve ?

Ils ont tous voté le projet de traité pour une constitution européenne !
Et ça, ça nous aurait couté bien plus cher que le "Gros prix" de Francorchamps.

Heureusement que les "petites gens", le "peuple" (en France et en Hollande en tous cas, là où il y a eu débat) est parfois plus avisé...

Wallons ! Réveillez-vous !

En attendant d'y voir un peu plus clair sur le scandale de la Convention d'organisation du Grand (gros?) prix de Francorchamps, il est bon de se rendre compte que la vie politique de ce... pays (?) est rythmée par les scandales. Scandale de l'affaire Dutroux en 96 (je n'ai pas noté ce qui est venu ensuite mais...) et dans l'année qu'on vient de vivre du scandale de la douche d'Arena, puis du scandale des recommandations de Lizin puis du scandale de l'utilisation partisane des maigres ressources de son instittion par la Présidente de la Communauté française, puis du scandale des logements sociaux.
Heureusement, nous sommes à l'ère du zapping, de l'amnésie collective.

Ou alors, les scandales, ce n'est pas grave, c'est devenu la norme en Belgie-que.

Voilà !

C'est fait, je rejoins, à mon tour,  la "blogosphère" !

Vous trouverez ici mes commentaires sur l'actualité. Ceux d'un militant réunioniste, c'est à dire un partisan de la réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France.

Partisans mes commentaires ?  oui, sans doute !


Nos points de vue sont très rarement repris par le régime. Normal, nous sommes les seuls à être vraiment dangereux dans ce pays où même l'extrême droite est intégrée dans le système.

Décalés ?  Parfois !

Impertinents ? Je l'espère !

N'hésitez pas à me donner vos avis !

A bientôt !

Claude Thayse

Réunioniste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

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