« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
*
De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 09:43

Uniquement pour information et sans commentaires... Même à la VRT, la pensée unique fait des ravages...

 

En trois épisodes.

 

http://www.youtube.com/user/BelgiquePlanB#p/a/u/1/KUbdIEyOqwk

http://www.youtube.com/watch?v=rcmCnu94oZw&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=xLg_hfGuPU4&feature=related

 

A mettre en rapport avec le billet précédent.

Par Claude Thayse - Publié dans : Documents - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 06:25

Contrairement aux propos lénifiants des décideurs publics, ou ceux relayés par la presse, il ne s’agit absolument pas d’un simple conflit social purement interne au groupe SNCB dans l'affaire de la gare de triage de Ronet .

 

Le « pillage de type colonial » de la Wallonie, comme l’a appelé Michel Quévit, au profit de l’axe Bruxelles-Anvers, puis de la seule Flandre jusque dans les années ’70, se poursuit sous couvert d’expressions « politiquement correctes » comme « réorganisation »… Le conflit de Ronet n’est qu’un épisode de plus dans la véritable «  guerre civile froide » que mène une Flandre prédatrice à la Wallonie.

 

Sans vouloir rappeler les injustices flagrantes et les détournements de fonds dont fut victime la région wallonne dans un passé récent, pensons simplement aux « réorganisations » des secteurs nationaux comme la sidérurgie et les charbonnages, les travaux publics, les infrastructures portuaires et les voies d’eau. Malgré çà, selon les hommes politiques flamands, le déséquilibre des subsidiations fédérales des secteurs nationaux auraient entraîné des transferts scandaleux d'argent flamand (traduisez fédéral) vers la Wallonie. Subsides répartis entre 1977 et 1980 de la façon suivante: 76,7% pour la Flandre et 23,3% pour la Wallonie.

 

Aujourd’hui, la Flandre met en priorité l’accent sur la réalisation de ses infrastructures et de ses équipements ferroviaires avec l’arrière pensée de contourner et de vassaliser la Wallonie (« Diabolo », axe Cobra Anvers-Ruhr...).

Mais il n’y a pas que les chemins de fer, le même jeu stratégique se poursuit avec le raccordement à Anvers du canal Seine-Nord-Europe mis à grand gabarit.

 

Par ailleurs, les délocalisations des unités et activités militaires (Florennes, Arlon, Liège), des services postaux, etc... ne sont pas l’effet du hasard. L’évaporation de l’Etat belge se poursuivant, la Flandre donne un coup d’accélérateur à son objectif de récupérer à son profit les reliefs de la Belgique. Avec quelle complicité des partis traditionnels qui ne semblent pas s’y opposer, ou alors seulement verbalement ?

 

Demain, il n’est pas douteux que cette politique de spoliation va continuer et que d’autres secteurs demeurés fédéraux suivront. Des instituts scientifiques fédéraux à la régie des bâtiments, par exemple. Jusqu’à la disparition complète sur notre territoire des établissements fédéraux et surtout des milliers d’emplois qui y sont liés.

 

Le fédéralisme, même incomplet, a évité à la Wallonie de devenir un désert économique. Mais le combat n’est pas fini, les partenaires ne respectant pas leur part du « compromis des Belges ». Aujourd’hui, malgré les difficultés passagères que nous rencontrerons peut-être, appelons les Wallons à aller plus loin dans la voie de l’autonomie. 

 

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 12:00

Un communiqué du Rassemblement Wallon :

 

Le Comité directeur du Rassemblement Wallon, réuni à Namur le 8 mai 2011 :

 

Salue le « printemps des peuples de la communauté (Umma) arabe » comme sont qualifiées les révoltes contre les despotismes locaux. Et – s’il approuve totalement l’intervention, sous mandat de l’O.N.U., en soutien au mouvement de révolte libyen – regrette que des considérations géostratégiques motivent le peu d’empressement apporté par la « communauté internationale » au Peuple syrien, comme ce fut également  le cas pour le Bahreïn aujourd’hui sous occupation saoudienne.

 

Maintenant que les organisations politiques palestiniennes affirment vouloir faire l’unité et qu’il devient urgent de reconnaître l’indépendance et la souveraineté de l’État palestinien, il s’impose tout autant que la démocratie s’installe dans cette partie du globe, dans le respect du droit à l’existence de chaque Etat pour que la Paix y devienne enfin réalité.

 

Mais il n’y a pas que le printemps des Peuples arabes. Celui des Peuples européens est, lui aussi, en marche.

 

Le Rassemblement Wallon salue l’éclatante victoire du Scottish National Party (Pàrtaidh Nàiseanta na h-Alba, membre de l’Alliance libre européenne) et la promesse d’une indépendance de l’Écosse qu’elle recèle.

 

Il salue aussi, à travers aussi bien les référendums locaux qu’à travers les récentes élections législatives, le succès du mouvement catalan de Libération, notamment illustré par l’arrivée à la tête de la Generalitat d’un président aux convictions indépendantistes affirmées.

 

Le Rassemblement Wallon constate avec plaisir que, après plusieurs années de déni de démocratie, le Tribunal constitutionnel castillan vient enfin d’autoriser – contrairement au souhait des partis (socialiste ou post-franquiste) « espagnolistes » – une libre expression de la volonté du Peuple basque en Euzkadi-Sud.

 

En regard de toutes ces évolutions, la situation « belge » fait, une fois de plus, la démonstration de l’absurdité que constitue la persistance d’un État belge.

 

Face à un mouvement flamand de Libération en pleine vivacité et qui ne reculera plus jusqu’à la victoire finale, l’attitude des partis communautaires francophones relève (au mieux) de l’absurde (ou de la politique de l’autruche) et (au pire), de la lâcheté la plus totale.

 

Enfin, le Rassemblement Wallon s’en voudrait de ne pas, tout particulièrement, saluer l’insuccès total des initiatives belgicaines du genre pic-nics « Niet in mon nom » (et autres sachets de frites), pourtant soutenues à bout de bras par l’ensemble de l’establishment médiatico-politique belgicain, soi-disant démocratique mais paradoxalement prêt et nullement gêné, en la circonstance, de se trouver l’allié des formations politiques de (l’extrême-) droite ultra-belgicaine et d’une formation tentaculaire d’extrême-gauche post-stalinienne.

 

Les Peuples wallon, bruxellois, germanophone et flamand ont mieux à espérer que ces petits jeux d’arrière-garde. Leur salut et leur développement ne viendra que de leur pleine souveraineté.

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 12:30

Les partisans du retour à une forme d’Etat belge unitaire rêvé, uniquement francophone (et impossible) ou pire, recomposé au départ d’un amalgame composé de Flamands minoritaires localement (Bruxellois et « périphériens ») de germanophones et Wallons continuent à tenir le haut du pavé médiatique. C’est pourtant entretenir par là le foyer des discordes. Entretenir des conflits - dits communautaires - heureusement froids jusqu’ici -basés sur l’incohérence entre territoire et langues. Langues qui sont le fondement des cultures. Cultures qui, elles-mêmes, si elles sont suffisamment fortes, étant par l’homogénéisation qu’elles apportent le vrai ciment des peuples et des nations.

 

Ce n’est pas qu'un problème belge. L’Union européenne, basée sur l’idée généreuse d’un projet qui aurait éliminé toute confrontation n’aboutit-elle pas actuellement à l’inverse. Les effets de la supranationalité ayant éliminé de fait toute émulation, de l’Union européenne, gouvernée par des équipes assez soustraites au contrôle démocratique et protégées par la complexité de ses rouages, on peut se demander si  elle n’est pas en train de reproduire les erreurs du modèle soviétique. La perte de compétitivité et la désindustrialisation rapide de la plus grande partie de l’Europe, des déséquilibres qui ne cessent de s’aggraver dans les échanges intra-européens, des finances publiques dégradées et impossibles à redresser, une austérité à « l’allemande » qui, si elle est appliquée, risque de plonger l’Europe dans la récession… a déjà pour conséquence de dresser les peuples d’Europe les uns contre les autres. Pensons au succès scabreux et malsain de l’expression « PIIGS » qui désigne, on le sait, les pays les plus en difficulté de la zone euro : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne (Spain).

 

Au rebours des idées faciles selon lesquelles il suffit de mettre les gens ensemble pour qu’ils fraternisent, on peut observer que la promiscuité généralement les divise. Dans un cas comme dans l’autre, qui osera quitter le domaine de l’idéologie et dire que le roi est nu ? J’entends régulièrement regretter que l’on n’ait plus « d’hommes d’Etat », mais n’est ce pas logique quand « il n’y a plus d’Etat » ?

 

S’il n’est pas question de remettre en cause, ici, le principe européen, rien n’empêche d’en espérer une refonte radicale. L’Europe unit des Etats qui perdent leur souveraineté, non pas en fonction d’un but commun auquel ils auraient consentis, mais parce que la conjugaison de l’organisation européenne et de l’idéologie néolibérale (qui n’a rien à voir avec le libéralisme des Lumières), ne les ont fait échapper à la guerre et (partiellement) à la servitude étrangère, que pour les plonger dans la servitude à l’égard des « marchés » et dans la guerre commerciale. Dans ce contexte, le réveil de l’institution étatique redevient souhaitable. Et le retour des nationalismes, hormis certains excès, ne signifie nullement le retour aux vieux antagonismes nationaux. La dynamique du progrès sera mieux préservée si coexistent des entités nationales dont la diversité laissera libre cours à plus d’expériences. Tout en limitant chaque fois ce qu’elles auraient d’excessif, les leçons de l’Histoire ayant fortement marqué les esprits. L’émulation, la confrontation, ne se traduisant pas par guerre, étant la base de la dynamique même du progrès tant moral que matériel. (*)

 

Globalement, et tenant compte du contexte international, nous pourrions imaginer un modèle plus proche de la Renaissance que celui de Charlemagne. Libre-échange et circulation, recentrage sur les Etats cohérents, mais aussi rôle des régions ou des cités-états, ou d’ensembles moins rigides… Les identités régionales, non antagonistes des états auxquelles elles appartiennent, étant ici des vecteurs importants. Les arbres poussent haut et droit lorsqu’ils ont à se disputer l’air et la lumière. Tandis qu’un arbre isolé se rabougrit, car il n’a pas à lutter dans sa solitude. Ce qui a été le cas de la Wallonie endormie dans l’expérience belge.

 

Comme la Flandre, mais qui, elle, s’est créée sa légende de toute pièce, la Wallonie a intérêt à inscrire son avenir dans cette dynamique néo-nationale s’inspirant de ce qu’écrivait déjà Emmanuel Kant en 1795 dans « Zum ewigen Frieden » ? :

« L’idée du droit des gens suppose la séparation de beaucoup d’États voisins, indépendants les uns des autres, et bien qu’une condition de ce genre constitue déjà en soi un état de guerre (si toutefois une union confédérative ne prévient pas l’ouverture des hostilités), cette condition vaut mieux néanmoins, suivant l’idée rationnelle, que la fusion de ces États opérée par une puissance qui l’emportant sur toutes les autres, se transforme en une monarchie universelle ; les lois, en effet, à mesure que le gouvernement acquiert de l’extension, perdent toujours plus de leur force, et un despotisme sans âme, tombe après avoir extirpé les germes de bien, finalement dans l’anarchie. C’est pourtant le désir de tout État (ou de son souverain) de parvenir de cette manière à une paix durable, c’est-à-dire en gouvernant, si possible, toute la terre. La nature cependant veut qu’il en soit autrement. Elle utilise deux procédés pour empêcher la fusion des peuples et pour les séparer, à savoir, la diversité des langues et des religions. Cette diversité entraîne, il est vrai, avec elle, le penchant à des haines réciproques et des prétextes de guerre, mais conduit d’autre part, avec les progrès de la civilisation et le rapprochement graduel des hommes vers une harmonie de plus en plus grande dans les principes, et une entente dans un état de paix, qui n’est point produit et garanti comme le précédent despotisme (sur la tombe de la liberté) par l’affaiblissement de toutes les forces, mais au contraire, par leur équilibre et l’émulation la plus vive. »

 

Un texte qui reste d’une criante actualité.

 

(*) J'avais déjà répondu anticipativement à cet argument dans ce billet.

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 12:00

Le sujet a, à juste titre, suscité la polémique, le landerneau politique a été secoué ces dernier jours par la querelle de chiffres concernant la « rente nucléaire ». Ou plutôt par les choix idéologiques (en espérant que ce ne soit pas autre chose) cachés derrière ces chiffres.

Vous avez pu vous faire une opinion au travers des débats répercutés par la presse avant l’occultation de ceux-ci par un événement « people » britannique, reliquat d’un autre temps…

Fin de partie provisoire ?

 

Je pense qu’en créant la CREG (Commission pour Régulation de l'Électricité et du Gaz), les pouvoirs publics ont clairement manifesté leur volonté de disposer d’un outil de régulation pour le marché de l’énergie.  C’était une très bonne chose. D’ailleurs, au fil du temps, la CREG s’est affirmée et à même obtenu - il faut le signaler - des moyens supplémentaires pour mieux jouer son rôle. Avec la publication de son estimation de la rente nucléaire, elle a prouvé son indépendance face au secteur en soulignant que le caractère dangereux et pervers du quasi-monopole d’Electrabel pour les consommateurs que nous sommes. Il est donc juste et équitable d’imposer un prélèvement complémentaire sur la rente nucléaire, au-delà des 250 millions de taxes.

 

On parle de « bonne gouvernance »… Encore faut-il faire plus qu’en parler. Il y a ainsi des anomalies qu’on hésite à traiter. Je ne parlerai pas des dotations aux différents membres de la famille royale (près de 30 millions d’euros par an d’après les calculs les plus récents... Plus que le fonds mazout qui profite à 100.000 ménages), je voudrais insister sur quelque chose de moins connu.

 

Pour mémoire, c'est en 1815 que le roi Guillaume des Pays-Bas  a accordé à Arthur, duc de Wellington, le titre de prince de Waterloo, ainsi qu'une dotation de vingt mille florins-or garantie par 1.083 hectares de bois situés en Brabant wallon et en Hainaut, d'anciens domaines de l'abbaye de Nivelles «laïcisés» lors de la réunion de nos régions à la France. A une dizaine de kilomètres du champ de bataille proprement dit, ce dernier étant morcelé en propriétés privées. La dotation prend la forme juridique d'un majorat – dit curieusement... « Napoléonien » - qui s'apparente à un usufruit : l'Etat étant le « nu-propriétaire », mais le prince percevant le « fruit » du terrain.

En 1817, le duc obtient l'autorisation de faire défricher ces bois pour les transformer en terres agricoles. Les Pays-Bas s'engagent à verser une rente en échange du produit de la vente des bois. Placée, cette somme rapporte 80.106 FB d'intérêt au duc, puis 81.128 FB suite à cinq petites expropriations. La Belgique ayant repris les engagements des Pays-Bas, et la rente n'ayant jamais été indexée, cette somme a été inscrite annuellement au budget de l'État jusqu'en 1987…

Arthur Valerian Wellesley, duc de Wellington et descendant indirect du vainqueur de la bataille de Waterloo, a renoncé, par un acte intervenu en 1989, à la rente annuelle de 81.128 FB que lui versait l'État belge. En contrepartie, l’Etat belge lui cédait pour sa part vingt-cinq hectares de terres agricoles, quelque part entre Houtain-le-Mont et le parc industriel de Nivelles. Ces vingt-cinq hectares, l'État les a choisis parmi le millier d'hectares affectés à la «dotation Wellington».

 

Si le duc a certes renoncé à sa rente, il conserve donc son majorat. Les fermages lui rapportant près de 125.000 € par an…

Somme dérisoire me direz-vous ?  Voire ! Moyennant une proposition décrétale protégeant les droits des locataires, la Division du Patrimoine de la Région wallonne - par exemple - en aurait certainement l’usage.  

Le problème se situe à un autre niveau.

L'Allemagne a fini de payer les conséquences financières du traité de Versailles suite à sa défaite durant la guerre 1914-1918 le 3 octobre 2010 (*). Si on peut comprendre que la Belgique naissante, création anglaise, se soit sentie obligée de reprendre à son compte (ou plutôt à celui de ses contribuables) les engagements du roi des Hollandais, devons-nous continuer à entretenir le descendant - indirect – du vainqueur d’une bataille qui n’a été que « la date stupéfaite de la Liberté » comme l’écrivit Victor Hugo  dans « Les misérables » (**) ?

 

Qu’attendent nos dirigeants pour dénoncer cette anomalie qui dure depuis près de 200 ans ?

 

 

(*) C’est à vérifier, mais je pense qu’il n’y a pas de dette liée à la guerre de 1939-1945, tout simplement parce qu’il n’y a pas eu de traité de paix en 1945, mais seulement un armistice (qui n’est qu’un arrêt des combats, pas un arrêt de l’état de guerre…). Il y a eu des dédommagements…

 

(**) « (…) Pour nous, Waterloo n'est que la date stupéfaite de la liberté. Qu'un tel aigle sorte d'un tel œuf, c'est à coup sûr l'inattendu.

Waterloo, si l'on se place au point de vue culminant de la question, est intentionnellement une victoire contre-révolutionnaire. C'est l'Europe contre la France, c'est Pétersbourg, Berlin et Vienne contre Paris, c'est le statu quo contre l'initiative, c'est le 14 juillet 1789 attaqué a travers le 20 mars 1815, c'est le branle-bas des monarchies contre l'indomptable émeute française. Eteindre enfin ce vaste peuple en éruption depuis vingt-six ans, tel était le rêve. Solidarité des Brunswick, des Nassau, des Romanoff, des Hohenzollern, des Habsbourg, avec les Bourbons. Waterloo porte en croupe le droit divin. Il est vrai que, l'empire ayant été despotique, la royauté, par la réaction naturelle des choses, devait forcément être libérale, et qu'un ordre constitutionnel à contrecœur est sorti de Waterloo, au grand regret des vainqueurs.

 

C'est que la révolution ne peut être vraiment vaincue, et qu'étant providentielle et absolument fatale, elle reparaît toujours, avant Waterloo, dans Bonaparte jetant bas les vieux trônes, après Waterloo, dans Louis XVIII octroyant et subissant la charte. Bonaparte met un postillon sur le trône de Naples et un sergent sur le trône de Suède, employant l'inégalité à démontrer l'égalité; Louis XVIII à Saint-Ouen contresigne la déclaration des droits de l'homme. Voulez-vous vous rendre compte de ce que c'est que la révolution, appelez-la Progrès; et voulez-vous vous rendre compte de ce que c'est que le progrès, appelez-le Demain. Demain fait irrésistiblement son œuvre, et il l’a fait dès aujourd'hui. Il arrive toujours à son but, étrangement. Il emploie Wellington à faire de Foy, qui n'était qu'un soldat, un orateur. Foy tombe à Hougoumont et se relève à la tribune. Ainsi procède le progrès. Pas de mauvais outil pour cet ouvrier-là. Il ajuste à son travail divin, sans se déconcerter, l'homme qui a enjambé les Alpes, et le bon vieux malade chancelant du père Elysée. Il se sert du podagre comme du conquérant; du conquérant au dehors, du podagre au dedans. Waterloo, en coupant court à, la démolition des trônes européens par l'épée, n'a eu d'autre effet que de faire continuer le travail révolutionnaire d'un autre côté. Les sabreurs ont fini, c'est le tour des penseurs. Le siècle que Waterloo voulait arrêter a marché dessus et a poursuivi sa route. Cette victoire sinistre a été vaincue par la liberté. (...) »

Par Claude Thayse - Publié dans : Pour la petite histoire... - Communauté : Avenir de la Wallonie
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