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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.

Vendredi 25 janvier 2008

C'est le titre d'un carte blanche que signe dans « Le Soir »  de  ce vendredi Marco Van Hees, journaliste et fonctionnaire au Service Public fédéral des Finances, auteur de « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches », livre à charge du Minister des Finances (Ed. Aden, 2007)
Intéressant, les propos de cet homme très engagé rejoignent
ce qu'écrivait, il y a peu, Jean-Pierre Hellin-Robert sur « Debout la Wallonie !  »...

par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Jeudi 24 janvier 2008
Vous vous souvenez de l’appel de Lise Thiry, répercuté ici pour sauver l’Institut Pasteur menacé - officiellement - pour raisons budgétaires. Vous avez d’ailleurs été nombreux à réagir et à signer la pétition lancée à cette occasion sur «  www.savepasteur.be »

 

 

On apprend aujourd’hui qu’une scientifique aurait été licenciée parce qu’elle a pris part, avec plusieurs éminents chercheurs belges et français, au lancement du Comité de soutien de l'Institut qui est également membre du Réseau International des Instituts Pasteur, comptant actuellement plus de 30 institutions dans le monde entier. C’est une information à faire confirmer…

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Jeudi 24 janvier 2008

Sans commentaires...

Les membres de la famille royale devraient percevoir, en 2008, un total de 13,3 millions d'euros contre 12,5 millions en 2007, après indexation de la dotation royale. 
Le roi Albert devrait se voir attribuer 10,2 millions d'euros, la reine Fabiola, 1,472 million, le prince Philippe 940.000 euros, la princesse Astrid 326.000 et le prince Laurent 318.000.
 
Ceci simplement à titre de donation royale (pour couvrir les frais courants, l'argent de poche...) et ne tient pas compte des bâtiments « de fonction » que l'Etat met à disposition du souverain et de sa famille (comme, par exemple, le château de Laeken ou le palais royal de Bruxelles). 
Pour mémoire, la fortune personnelle du roi se composerait essentiellement d'une propriété immobilière à Châteauneuf de Grasse (France), d'un yacht de 15 mètres (d'une valeur d'environ 1,5 million d'euros) et d'un capital financier d'environ 12,4 millions d'euros.

Jeudi 24 janvier 2008
Pour coller à l’actualité, j’aurais pu gloser sur la énième sortie, hier, du bruxello-nombriliste Maingain et son rêve « d’Etat Wallonie-Bruxelles ». Mais bon, il n’y a là rien de neuf et ce n’est qu’un message à l’usage de ses électeurs – ceux qui mettent des drapeaux aux fenêtres des immeuble bruxellois – inquiets, à juste titre en ce qui les concerne, de voir leur « ancienne Belgique » se déliter. 
Il y a pour la Wallonie – et pour Bruxelles si elle le veut – une bien meilleure solution. Et certainement pas uniquement pour des raisons économiques comme certains le disent.
 
Je m’inquiète davantage des propos récents de Nicolas Sarkozy qui semble vouloir faire une « révolution cultuelle ».
Même si le Chef de l’Etat prétend « ne pas remettre gravement en cause le principe de laïcité », il a eu des propos inquiétants dans plusieurs discours.
- Au Vatican : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes » et « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »
- En Algérie : «  je suis venu vous dire que la France se trouvera toujours à vos côtés lorsqu’il s’agira de combattre le terrorisme, l’extrémisme, l’intégrisme, l’islamophobie »... « Mais si nous voulons ensemble vaincre un jour l’islamophobie, l’antisémitisme, le racisme, le fanatisme, si nous voulons décourager le terrorisme, il ne faut pas que nous transigions non plus avec la justice. »
- En Arabie saoudite (pays où l’islam n’es pas très modéré) : « Je ne connais pas de pays dont l’héritage, dont la culture, dont la civilisation n’ait pas de racines religieuses ». Louant Dieu « qui n’asservit pas l’homme mais le libère », «Dieu, qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes », «Dieu,source d’espérance et de progrès ».
 
Ce que je comprends de sa « laïcité positive », c’est que, pour lui, la religion est davantage un atout qu’une tare et mérite à ce titre d’être encouragée… et qu’elle vide le concept de laïcité de son sens, puisque la définition de la laïcité est forcément négative et minimaliste. La société politique laïque repose sur la forme de la non-croyance, on se constitue comme citoyen indépendamment de ce qu’on est préalablement, aux plans religieux ou culturel. La société politique ne peut garantir la liberté d’expression que si elle est aveugle sur les croyances des citoyens et si elle s’abstient de se prononcer sur ce sujet. C’est ce que garantit d’ailleurs l’excellente loi de 1905. Ce qui est en jeu ici, c’est la reconnaissance des « communautarismes » comme partenaires ou pire, égaux du monde politique.
 
Des écarts choquants par rapport à ce qui a été l’attitude des Présidents précédents qui ont toujours mis un point d’honneur à ne pas à imposer leurs croyances privées à la République. La France – à l’inverse de la Belgique - ne mélange pas les religions, aussi respectables que soient leurs croyances, et le domaine public dans lequel elles n'ont pas à interférer. La France, ce n’est pas non plus l’Amérique de Georges W. Bush…
 
Choquant quand il explique que « le fait spirituel est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance ». De quelle « tendance naturelle » parle-t-il ? Il nie ainsi la capacité des athées ou des agnostiques à se poser des questions existentielles. comme il dénie aussi ce droit aux milliards de gens, des animistes aux confucianistes et autres, qui ne croient pas non plus à une transcendance ! C’est une vision très étroite et assez insultante.
 
Des propos choquants à l’égard des enseignants et une remise en cause des Valeurs de l’Ecole publique républicaine, laïque et obligatoire qui a fait la France moderne.
 
Choquant également cet amalgame : l’antisémitisme et le racisme, le fanatisme et le terrorisme, qui restent pour tous les humanistes les maux les plus violents et les plus insupportables, qui sont mis sur le même plan que la « phobie » d’une religion. C’est tout le débat sur ce thème contre lequel nous nous élevons : le procès de Charlie Hebdo, l’inquisition et les poursuites contre les auteurs des caricatures de Mahomet, le délit de blasphème... On ne peut pas mettre l’antisémitisme et l’islamophobie sur un même plan. C’est presque du révisionnisme.
 
Mais, qu’est-ce qui lui a pris ? Les calculs électoraux et le racolage ne justifient pas de prendre des risques aussi important pour l’avenir d’une Nation.
 
Heureusement, la Démocratie française est saine et gageons que le Peuple saura actionner les leviers adéquats pour ramener le président à la raison, s'il lui prenait l'envie de dépasser les bornes. 
C’était Victor Hugo qui écrivait dans « Histoire d’un crime » que : « L'Elysée fut dans Paris le coin inquiétant et noir. Dans ce lieu mauvais on était petit et redoutable. On était en famille, entre nains. On avait cette maxime : jouir. On vivait de la mort publique. Là on respirait de la honte, et l'on se nourrissait de ce qui tue les autres. C'est là que se construisait avec art, intention, industrie et volonté, l'amoindrissement de la France. » A méditer...

(M. à J.) Une réflexion complémentaire de Jean-Claude Monod dans "Le Monde" du 29 janvier
par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Mercredi 23 janvier 2008

On a un peu parlé de la proposition de limiter la fonction de bourgmestre à deux mandatures. Elle a été immédiatement flinguée par pratiquement toute la classe politique… Sauf Ecolo, qui est partagé et j’y reviens ci-dessous.
 
Il faut dire aussi que cette proposition arrive à un moment suspect (pensons aux cas « Vandenhaute et Lizin ») et dans ce cadre s’apparente à de la démagogie facile puisque son auteur – qui a grandi dans le sérail politique et n’est donc pas un naïf ni un idéaliste - était quasiment certain des réactions. Mais un coup de pub n’est jamais à dédaigner.
 
Si on veut mettre vraiment fin au clientélisme, aux baronnies et à l'immobilisme, ce serait un petit pas, mais facilement contournable tant que tout le système électoral, politique et administratif qui a été conçu pour bétonner l’immobilisme n’aura pas été réformé. Mais ça... 
 
Et tant qu’à faire, on pourrait proposer la même chose pour les ministres, députés, sénateurs, députés provinciaux, mandats divers dans les organismes publics, etc. Non ? 
 
Et c’est là que la réaction d’Ecolo (qui a voté la loi électorale actuelle) est intéressante et amusante parce que si mes souvenirs sont bons, les statuts d’origine de ce parti prévoyaient bel et bien l’interdiction d’occuper deux fois successivement le même mandat. 
La professionnalisation de la politique leur a fait oublier très rapidement cette bonne résolution.

par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Mercredi 23 janvier 2008

... de Xavier Diskeuve (et à celui de Freud !) qui s'est fendu d'un billet dans le Vers l'Avenir de ce matin. Lisez-le, finalement, et probablement sans le vouloir, il confirme que nous avons beaucoup à apporter à la France !

par Claude Thayse publié dans : Clin d'oeil
Mardi 22 janvier 2008

C'est sous ce titre choc qu'Arnaud Huppertz publie dans le « Vers l’Avenir » de ce 22 février une interview qui fait écho aux vœux 2008 d’André Flahaut, président local du PS. Ce dernier plaide pour une position commune des élus politiques actuels concernant l’impact potentiel des réformes institutionnelles sur notre Brabant wallon. 
 
Les quatre partis traditionnels (hors FN) représentés au parlement – et classiquement les seuls à être qualifiés de « démocratiques » - ont tous promis un élargissement de la Région de Bruxelles - c'est fort bien - et Flahaut d’énumérer les différents scénarios possibles, depuis élargissement aux six communes à facilités jusqu’à l’annexion (il ne le dit pas en ces termes…) de communes du Brabant wallon. 
 
Il récuse (heureusement) cette dernière possibilité, contrairement à ce qu’à laissé entendre Di Rupo (qui, comme Gilson en 1963 n’hésiterait pas à se débarrasser de communes à faible pourcentage d’électeurs de son parti) en d’autres temps et à d’autres occasions. Il est vrai que d’autres, au MR, par exemple ont fait pire… Pendant que d’autres encore, au CdH et chez Ecolo, se taisent… politiquement ou plutôt… prudemment !
 
Sursaut de dignité, bon sens ou… simples propos de début de la campagne électorale régionale de 2009 ? 
 
Si, une fois n’est pas coutume, je ne peux que lui donner raison sur le fond de son message, j’espère qu’il est sincère quoique fort tardif dans ses convictions. 
 
J’avoue faire très peu confiance aux partis traditionnels sur ce point. Chez moi, cette défense de l’intégrité française (et donc wallonne !) du Brabant wallon, ce n’est pas nouveau.
 
Voici quelques textes publiés ces dernières années sur ce thème et que vous pouvez retrouver parmi d’autres dans la rubrique « 
Brabant wallon ».
- 28 mai 2004 : « Conférence de presse » (6ème point)
- 8 décembre 2005 : « 
Notre Brabant wallon reste menacé ! »  
- 30 décembre 2005 : « 
Jodoigne, les Flamands pourraient faire la différence aux élections communales ! » 
- 4 avril 2006 : « 
Le Brabant wallon devient-il un nouvel eldorado pour les enseignants flamands ? » 
- 12 juillet 2006 : « 
Brabant wallon : les communes visées par les revendications flamandes » 
- 19 décembre 2006 : « 
L’intégrité du Brabant wallon en péril » 
- 13 janvier 2007 : « 
Plus fort que le séparatisme ? » 
- 12 février 2007 : « 
Le MR veut-il des échevins flamands à Waterloo et Braine-l’Alleud ? » 
- 5 septembre 2007 : « 
Que Bruxelles avale les deux Brabant ! » 
- 2 octobre 2007 : « 
BHV: B. Grouwels demande si le Brabant wallon est prêt à être bilingue »

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Lundi 21 janvier 2008
Une fois n’est pas coutume, Jean Nandrain, rattachiste tournaisien, m’envoie ce petit mot qui, s’il soulève une interrogation importante, mérite de figurer ici parce qu’il me permet de rebondir sous forme de notes.
 
Il est vrai, que depuis des lustres, les noms d’oiseaux valsent entre élus du nord et du sud de ce pays. Chose plus étonnante qui révèle bien l’état de la démocratie et du respect en Wallonie (les jeunes délinquants n’ont plus la primeur de la vulgarité), c’est que même certains élus n’hésitent plus à insulter d autres élus de la région wallonne.
Apres s’être faite huer il y a quelques temps au parlement wallon, parce qu’elle parlait dans sa langue (allemande), une députée d’Eupen, se serait faite traiter de « punaise » lors d’une visite au Conseil communal de Huy et, ne comprenant pas, s’entendre expliquer que ça veut dire « un tout petit peu nazi » par une personne bien connue à Huy et au Sénat. (1)
Il est grand temps de revenir à des pratiques moins douteuses, car c’est la réputation des wallonnes et des wallons qui est en jeu. (2)
 
Jean Nandrain
 
Notes :
(1) C’est d’autant plus gênant d’associer une personne germanophone au mot « nazi » que ça devrait rentrer dans le cadre de la loi qui protège les gens contre des propos racistes. Mais, on sait qu’en politique belge, l’application de cette loi est à géométrie variable, surtout si les propos sont flamands et destinés à stigmatiser des Wallons. Nous verrons ce qu’il en sera ici…
(2) Je rappelle cette phrase de François Perin dans un de ses discours : « Nous, Wallons, avons acquis la philosophie des Droits de l’Homme à la Révolution française et c’est irréversible ». Ne le faisons pas mentir…
C. T.
Lundi 21 janvier 2008
Il y a 60 ans, le 21 janvier 1948, le « Fleurdelisé » devenait le drapeau officiel du Québec à l'initiative de l'Assemblée Législative de la province (l'actuelle Assemblée Nationale du Québec). Détail piquant, ce drapeau aux quatre fleurs de lys (emblème de la dynastie capétienne) est adopté le jour anniversaire de l'exécution du roi Louis XVI…
La croix blanche sur fond bleu est apparue sur les navires français au temps de Jacques Cartier et de François 1er. Les Québécois ont complété leurs symboles identitaires en 1977, en faisant de la Saint-Jean (24 juin) leur fête nationale.
 
Pour la petite histoire ; l'ancienne colonie française de la Nouvelle-France, annexée par l'Angleterre suite au traité de Paris du 10 février 1763, a été rebaptisée Province of Quebec par la Proclamation Royale du 7 octobre de la même année. La «Belle Province» est constituée en colonie du Bas-Canada par l'Acte constitutionnel du 10 juin 1791. Elle reprend le nom de Province de Québec à la faveur de la création de la Confédération canadienne, en 1867.
Mais cette affaire n’est pas terminée, certains (et je salue leur combat, Marie-Mance Vallée !) contestent avec des arguments intéressants la validité de cet traité. Toujours à propos de celui-ci, Voltaire, que l’on a connu mieux inspiré, a écrit au ministre Choiseul : « Je suis comme le public : j'aime mieux la paix que le Canada et je crois que la France peut être heureuse sans Québec »…C’est lui aussi qui évoquera plus tard dans Candide ces « quelques arpents de neige vers le Canada ». Comme quoi, être un illustre philosophe n’est pas tout dans la vie…
Lundi 21 janvier 2008
On reparle de la vignette autoroutière.
Souvenons-nous. Un accord était intervenu entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles pour mettre en place un mécanisme de vignette forfaitaire dont devraient s’acquitter les usagers de la route. Peu de temps avant les élections, le ministre-président flamand de l’époque, Yves Leterme (CD&V), a fait voler l’accord en éclats, à l’issue d’une visite au premier ministre néerlandais.
La vignette autoroutière n'est sans doute pas la meilleure méthode de faire payer aux étrangers les coûts de la mobilité. » En une visite en Hollande et une phrase lapidaire, Yves Leterme coulait l'instauration d'une mesure qui faisait pourtant l'objet d'un accord entre les trois Régions de Belgique.
Détail amusant et pour la petite histoire, le ministre-Président flamand a renié cet accord inter-régional le lendemain du bulletin environnemental de l'OCDE demandant plus de coordination entre les différents niveaux de pouvoir et l'élaboration d'un plan national de mobilité.
Cet accord sur notre dos a été ratifié fin 2007 entre la Flandre et la Hollande. Il faut dire que ça les arrangeait bien tous les deux. Au programme, entre autres : de grands travaux de dragage du lit de l’Escaut. Et ça n’a pas traîné, les travaux d'approfondissement commencés le 20 décembre. Ils doivent cette fois permettre à des bateaux avec un tirant d'eau de 13,10 m de remonter l'estuaire jusqu'à Anvers, quel que soit l'état de la marée (actuellement  11,85 m).
 
C’est qu’Anvers doit rester pour la Flandre le débouché « naturel » des produits finis wallons. Or, avec ses limitations (tirant d’eau insuffisant), ce ne serait bientôt plus possible. Pour des raisons économiques, les bateaux doivent être de plus en plus gros, donc de plus en plus profonds. Seuls les ports hollandais (Rotterdam) ou français  peuvent et pourront toujours le faire. Et les Flamands le savent, la France développe actuellement Dunkerque, idéalement situé en eaux profondes, relié à l'est par l'autoroute de Wallonie (qu'on met à trois bandes de bout en bout). Et de tout le continent, la France est le seul Etat qui a accès à la mer libre, avec la pointe de Bretagne et le golfe de Gascogne 
 
Dans une Europe où les flux économiques et humains se sont recréés d’Ouest en Est (et vice-versa) depuis la chute du Mur, l'importance stratégique du carrefour wallon qui dispose d'un sol résistant situé à l’écart des reliefs importants est indéniable.
La preuve ? Observez : décisif pour le développement français en Europe, le TGV passe par la Wallonie, il n'y a qu'à rectifier la courbe de Louvain. Les Français construisent actuellement le canal de liaison entre Paris et l'Escaut, seule raison de l'existence de Strépy-Thieu.
 
Flinguer la vignette comme l’avait fait Leterme contribue de la logique flamande qui s’empresse de se rendre incontournable économiquement. On le verra encore prochainement avec la ratification du nouveau traité « BENELUX ». C’est aussi pour ça qu’elle met sur la table de négociation des demandes qui vont dans le sens d’une plus grande autonomie économique tout en cherchant à garder la Belgique. Une Belgique dominée par elle et elle seule. Notre intérêt n'est pas là.
 
Ne soyons pas dupes !

 

par Claude Thayse publié dans : Réflexions
Dimanche 20 janvier 2008
Beaucoup d’entre-vous ont été déçus des propos tenus par Dominique de Villepin invité par le journal « Le Soir » dans le cadre de la tournée de promotion de son nouveau livre « Le soleil noir de la puissance », premier tome d’une histoire de Napoléon.
Mon ami Jules Gheude lui a envoyé une « Lettre ouverte »,  publiée sur le site de soutien à l’ancien premier ministre et que vous pouvez également retrouver sur « Debout la Wallonie ! ».
 
Et je comprends cette déception. Mais il est important de la relativiser. Il faut savoir, en effet, que depuis le « Vive le Québec libre » du Président De Gaulle qui a confirmé la méfiance du monde anglo-saxon et de ses alliés vis-à-vis e la France, la diplomatie française s’en tient à la plus grande prudence. Le quai d’Orsay ne se prive pas d’ailleurs de la rappeler à tout ancien ministre ou dirigeant qui souhaite d’exprimer à l’étranger. Il va de soi que ça n’arrange pas la Wallons que nous sommes et qui attendent de messages clairs de la France.
Je tiens à dire qu’entre ce qui est dit officiellement et ce qui se dit en privé - et j’en parle en connaissance de cause – il y a un monde.
Oui, la France officielle s’inquiète de ce qui se passe ici. Oui, elle suit l’évolution de la situation politique interne belge de très près. Non, elle n’est pas indifférente. Simplement, elle sait que ce sera aux Wallons (et aux Bruxellois s’ils le souhaitent) à faire le premier pas dans le cadre du droit des peuples à décider de leur sort.  Simplement, elle ne peut intervenir dans les affaires intérieurs d’un Etat voisin, réputé allié et ami ( ?!) et resté créature de l’Angleterre. Imaginez, demain combien serait critiqué, vilipendé, le dirigeant français qui oserait une parole favorable à notre cause. Tous les dirigeants français doivent faire « comme si » ils croyaient encore en un avenir pour la Belgique. Nos journalistes le savent, et ils ne se privent pas de l’exploiter.
 
C’est que la France est et reste une puissance et un modèle pour le Monde. Un ministre français ne peut pas se permettre à l’étranger les propos, parfois irresponsables, d’un Louis Michel ou d’un De Gucht. La Belgique n’a que peu de poids moral dans le monde et donc ce qui est dit n’a évidemment que peu d’importance. Ce n’est pas le cas de la France.
 
Notre ami Patrick Heuschen  m’a permis de publier la dédicace que lui a dédiée Dominique de Villepin, alors ministre, lors de la parution de son ouvrage consacré aux Cent-Jours en 2002. Patrick lui ayant demandé d’y mettre une allusion à la Wallonie, il lui fit le plaisir d'écrire ceci : « A Patrick, ce temps de l'épopée où la Wallonie respire. Très cordialement »
 
A quel moment est-il sincère ? Contrairement au reste du monde, se serait-il mis subitement à croire en la Belgique ? Comprendre la logique diplomatique c’est y répondre.
Dimanche 20 janvier 2008

On sait que la Wallonie est le principal pays d'exportation (et donc l'importateur massif) des produits flamands. (Yves Leterme, le 31 janvier 2007). C’est un des nombreux bénéfices actuels que la Flandre retire de la Belgique.
 
Le 2 février 2007, la RTB(f) mettait
en ligne une information importante mais qui est passée inaperçue et a été très peu commentée depuis. C’était l’annonce de la remise au gouvernement flamand des résultats d’une étude sur les transferts Nord-Sud, commandée... en juillet 2005 à des économistes flamands. Les résultats présentés tendaient à nuancer fortement l'ampleur des transferts que dénonce la Flandre depuis de nombreuses années. 
 
Selon cette étude, on a un peu trop systématiquement pris en considération jusqu'alors (*) des critères favorables à la Flandre et avec lesquels Wallonie et Bruxelles apparaissent comme exagérément bénéficiaires des transferts. Par exemple, les experts économiques ont essayé d'être le plus rigoureux dans la localisation des recettes, d'une part et dans la localisation des dépenses publiques d'autre part. Concrètement, le seul critère du domicile pour les impôts, les cotisations sociales ou les allocations sociales, comme le choisissaient les études antérieures, n'est pas très pertinent et pénalise par exemple fortement Bruxelles. Autre exemple, pour la répartition des recettes TVA ou des accises, seule une enquête sur le budget des ménages permettrait d'évaluer les transferts interrégionaux. Les transferts seraient alors plus proches de 2 à 3 milliards par an, loin des 6 à 10 milliards que la Flandre brandit régulièrement.
 
On peut se poser la question de la raison du silence des médias et des dirigeants wallons et bruxellois francophones qui doivent être au courant de cette étude publiée il y a plus d’un an et continuent curieusement à nous prédire une situation dramatique en cas de scission et (même) de maintien de la Wallonie dans les anciennes frontières belges. 
 
Si un des lecteurs de ce blog peut me fournir une copie de cette étude, j’en serais ravi.
 
(*) Voir les résultats d'études antérieures, en particulier celles de la KUL, considérées comme une référence par l'Administration Flamande et le service d'étude de la KBC. Ceux-ci évaluaient à 6 milliards le flux financier entre le Nord et le Sud du pays

par Claude Thayse publié dans : Documents
Vendredi 18 janvier 2008

Le cap du demi-million de billets lus sur ce blog a été dépassé hier dans la journée. Ouvert le 9 décembre 2005, il y a à peine plus de 2 ans, ce blog politique atypique et défendant un projet politique encore souvent considéré comme marginal commence à être fréquenté régulièrement. Certains billets sont même  quasiment ou intégralement copiés-collés par des sympathisants (hélas inconnus !) sur des forums ou en appui aux commentaires sur d’autres blogs. Mes propos sont également parfois cités sur des blogs aussi professionnels que celui de Mateusz Kukulka, l’incontournable Politique Show et je l’en remercie encore. 
Le dernier mois a été particulièrement faste avec 51551 billets vus et une journée record (3043) le 16 décembre. 
 
Merci à vous tous !

Mercredi 16 janvier 2008
Cher François,
 
Toujours vigilant, tu as réagi sur ton blog à la reprise des négociations institutionnelles. Ta passion pour notre cause ne te permet pas de nous oublier, et c’est heureux. Tu présentes ça comme un match. Et tu as raison, c’en est un. La seule inconnue, c’est la hauteur du score du perdant.
 
Les deux équipes sont magnifiques. Et les deux camps ont fait monter en première ligne leurs meilleurs éléments. As-tu compté combien il y a de membres de l’ancienne Volksunie dans la délégation flamande ?
Nous compterons les points.
Ceci dit, je pense que les Flamands ne sont pas encore suffisamment prêts pour le « grand départ ». Il y a encore des choses à prendre. Les valises sont loin d’être bouclées. Les propos tenus ces derniers temps sur leur volonté « profonde » de réformer l’Etat belge (qu’ils aiment !) s’apparentent plus à une « assurance annulation » au cas où les choses ne se passeraient pas comme ils l’espèrent.
Le nouveau président du CDN&V a dit ce matin à la radio quelque chose comme : « cette réforme de l’Etat, si elle abouti, devrait nous garantir la paix communautaire pour (je cite de mémoire et sans l’accent) de une à trois législatures »… Soit 12 ans au maximum ! Voilà on est prévenu, ce ne sera qu’une étape.
 
Amusant aussi à observer, le retournement du message des partis traditionnels francophones qui de « demandeurs de rien » rivalisent maintenant de mâles accents en matière de réforme de l’Etat.
C’est qu’ils considèrent encore et toujours que toute autonomie supplémentaire serait un recul, un échec.
C’est classique, depuis les années ’60, ils se sont opposés au fédéralisme – qui était pourtant une revendication lucide et essentielle du Mouvement wallon constatant notre mise en minorité politique depuis 1884 et économique - avant de l’accepter, le subir, du bout des lèvres en le dénaturant puisque pour eux ça ne pouvait être qu’un échec. Prédisant que la Wallonie ne pourrait s’en sortir seule.
Alors que pour ceux qui pensent comme nous ce n’était qu’une étape. Relis les minutes du Congrès national wallon de 1945, ils avaient raison.
Or, si la Wallonie se redresse aujourd’hui, c’est grâce à ce fédéralisme, pourtant mal conçu, où le système de péréquation à la belge favorise la région la plus riche et la plus peuplée.
 
Quand on part au combat avec comme objectif de sauver ce qui peut l’être, on a peu de chance de gagner plus.
Tout est une question d’interprétation finalement.
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Dimanche 13 janvier 2008

L’intérêt d’un exercice comme celui d’hier qui consiste à recomposer une chronologie cohérente consiste à se replonger dans les livres et à retrouver des informations ou des arguments auxquels on ne pense plus.
 
Il en va ainsi de l’ancienneté des relations difficiles entre les populations de parlers « thiois » et « romans ». 
 
Pour beaucoup, les « problèmes linguistiques » sont récents et inventés par quelques extrémistes de chaque bord. Et pourtant, sans qu’il y ait eu de marquage physique ou administratif, une frontière linguistique existe depuis très longtemps. Quels que soient les régimes qui se sont succédés dans nos régions.
L’église, seule structure dominante et constante depuis la fin de l’Empire romain, en a toujours perçu l’ampleur et tenu compte en structurant son organisation pour éviter les tensions. 
Ainsi que l’ont montré Maurice-A. Arnould et H. Hasquin, Philippe II, fils de Charles Quint, réorganise entre 1559 et 1561 les évêchés médiévaux qui auparavant « chevauchaient la frontière des langues ». 
A la même époque, les collèges de Jésuites sont répartis en deux provinces « pour faciliter l’administration et pour assurer la concorde et l’union sacrée ». Les Carmes et les Récollets ont adopté le même principe au XVIIème siècle, les Capucins en 1712.
On retrouve cette même préoccupation en 1781, contre un projet d’édit sur les ordres contemplatifs qui prévoyait une assemblée unique et l’élection d’un « Visiteur général ».  Le Grand Conseil de Malines - instance supérieure de justice des Pays-Bas – et les conseils de justice provinciaux  qui souhaitaient éviter « des prépondérances des maisons des provinces flamands ou wallonnes, ce qui pouvait entraîner de murmures et des dissensions ».

(Sources : L’identité wallonne, par P. Destatte, Namur 1991 – Ouvrage publié par la présidence de l’Exécutif wallon)

 

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