C.jpg

Rep.jpg 

 

« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)

Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.

Mercredi 20 février 2008
Brillamment célébré en présence de 150 à 200 personnes dont de nombreuses personnalités du monde académique et politique, la cérémonie académique de cet anniversaire a été marquée par plusieurs interventions brillantes et dynamisantes.  En particulier celles des professeurs Jean Pirotte et J.-M. Klinkenberg qui ont ainsi replacé le rôle et la place des Wallons dans l’histoire, mais aussi insisté sur notre absence (comme celle de Bruxelles) dans le débat institutionnel actuel. Ils ont - à juste titre – mis l’accent sur l’importance de la redécouverte des valeurs propres à notre société, sur la réappropriation de nos identités multiples et le fait de les assumer pleinement.
Un livre sera prochainement publié à l’occasion de cet anniversaire. Je ne manquerai pas de vous signaler sa parution.
 
La Fondation wallonne, basée à Louvain la Neuve veut concourir à un renouveau du pays wallon, au-delà des cloisonnements politiques et idéologiques.
par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Lundi 18 février 2008

La diplomatie belge aux mains du ministre De Gucht – oui, celui qui a déclaré que la frontière linguistiques est une frontière d’Etat – devrait se trouver devant un dilemme. 
Comment, en effet, reconnaître l’indépendance de cette province serbe progressivement colonisée par des Albanais tout en campant sur ses positions face aux Bruxellois francophones qui se sont progressivement installés dans la périphérie flamande de Bruxelles ?

 
Evidemment, on peut toujours dire que dans le cas du Kosovo, ça fait partie d’un processus sous contrôle international.
Si reconnaissance il y a, je me demande combien de temps les « Kosovars de la périphérie bruxelloise » vont mettre pour déclencher leur propre processus d’autodétermination ? Après tout, la reconnaissance internationale du Kosovo, c'est en quelque sorte la négation du « Droit du sol », non ?
par Claude Thayse publié dans : Clin d'oeil
Samedi 16 février 2008

Avec trois amis, Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier, nous avons publié hier un « Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie ». La presse y a fait écho.

Constatant l’inéluctable évolution de la Flandre vers une forme d’indépendance quoi nous serait préjudiciable si elle se fait à ses seules conditions, nous y plaidons pour une analyse, sans a priori ni limites, des pistes d’avenir possibles pour les Wallons.
1° Un Etat wallon indépendant ;
2° Un Etat wallo-bruxellois ;
3° La réunion à la France ;
4° La réunion à une autre composante européenne que la France.
 
Nous y constatons qu’il n’y a pas actuellement vraiment de comparaisons objectives, de compilation de faits concrets qui permettent aux Wallons de choisir, en toute objectivité, quel avenir serait le meilleur. Nous souhaitons élargir le débat, par un appel à la constitution de dossiers objectifs, présentant les avantages, conditions et inconvénients de ces quatre formules. Ces dossiers seraient ensuite soumis à une Assemblée largement représentative des forces vives de la Région et de la société civile au travers de ses divers courants politiques et idéologiques.
 
Le fait que nous citions un « Etat wallo-bruxellois » parmi les quatre options, montre que nous ne nous désintéressons nullement de la donne bruxelloise. Mais nous estimons essentiel que les Bruxellois se déterminent également eux-mêmes quant à leur avenir.
 
Indépendamment de nos choix personnels et de nos convictions, nous avons fait cet appel parce que nous estimons que l’heure n’est plus aux chamailles partisanes, mais à la mobilisation dans la sagesse et l’entendement. Il est temps, pour nous, de réfléchir à une réponse de survie, digne, raisonnable et dans l’ordre. 
Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette initiative. Elle ne vise nullement à mettre de l’ordre dans le paysage institutionnel francophone. Sans doute ce débat ne manque-t-il pas d’intérêt, mais il nous paraît totalement dépassé vu la précipitation des événements et la plus que probabilité d’une scission de l’Etat.
 
La presse quotidienne, tant flamande que francophone y a fait écho.
Voici ce qu'en dit "Le Soir", journal sur lequel un débat des lecteurs est ouvert.
 
Vous pouvez lire et signer le manifeste à cette adresse : http://www.etatsgenerauxdewallonie.net 
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Mercredi 13 février 2008

J’aime le lyrisme de Michel Konen dans « La Libre » d’aujourd’hui. Encensant le travail des journalistes du Standaard qui jouent pleinement leur rôle en « découvrant la couronne » par la révélation des certains propos du « colloque singulier », il stigmatise par ailleurs l’attitude des hommes politiques flamands (les nôtres jouant les vierges effarouchées...) et particulièrement Yves Leterme. Venant ainsi au secours de la stratégie du « Palais » dont on sait maintenant quels ont été les véritables objectifs politiques pendant toute la crise mise en évidence par les élections de juin dernier.
 
A propos de la violation du « Colloque singulier », il précise que « ce n'est qu'en de très rares occasions que cette règle n'a pas été observée et jamais au plus fort d'une crise politique majeure. Le Palais, et les huit mois de crise en témoignent, est, en ces circonstances, le dernier refuge pour des hommes politiques déboussolés, incapables de réaliser entre eux les nécessaires consensus qui peuvent mener à la constitution d'un gouvernement. » 
Ajoutant : « Nous sommes là au cœur du pouvoir de la monarchie parlementaire. C'est en ces circonstances que le Roi peut et doit jouer un rôle pour dénouer le nœud gordien de négociations qui s'enlisent. Il choisit les hommes, il leur confie des missions (formateur, informateur, explorateur, démineur...). Au sens quasi philosophique du terme le Roi pratique la maïeutique, cette méthode par laquelle Socrate disait accoucher les esprits des pensées qu'ils contiennent sans le savoir. C'est à l'issue de ces nombreuses consultations, au cours desquelles il sonde les cœurs et les âmes, que le Roi tente de trouver les convergences qui permettront au pays d'être gouverné. »
 
Diable ! (*)
 
Il n’a pas tort de dire, évidemment que ceux et celles qui ont raconté par le menu leurs conversations avec le Souverain, mettent ainsi en péril l'un des rouages essentiels du système politique belge… C'est en effet en raison de son pouvoir d'influence secret (et qui par conséquent ne peut jamais être contesté), que le roi a justement une influence politique très grande. Quel autre acteur du jeu politique peut ainsi agir sans jamais être exposé à la critique ? Ni ne jamais devoir rendre de comptes ?
 
Et je pense que ça se reproduira. Les politiciens flamands ont changé. Derrière ces « écarts » à la règle n’y aurait-il pas des arrières pensées ? Quoi de plus efficace de saper ainsi ce que d’aucuns appellent le dernier ciment de la Belgique ? 
 
Personnellement - point de vue de simple citoyen - je ne suis pas mécontent de ce déballage. Ça nous change enfin de tous les non-dits de notre histoire et de l’opacité des interventions de la monarchie. Devrons-nous un jour remercier les Flamands qui semblent être devenus plus démocrates que nous sur ces questions ?
 

(*) A la relecture, je viens de me rendre compte que c'est mon 666ème billet...

par Claude Thayse publié dans : Coup de coeur
Lundi 11 février 2008
Un certain nombre d’entre vous me demandent pourquoi je n’ai pas publié de réaction lors la publication de la note de cet avocat fort connu (et dont je ne remets pas en cause la compétence) démarchant ses amis et arrivée par hasard (?) sur le Bureau de la Greffière du Brabant wallon.
 
Il y à ça deux raisons :
1. C’est qu’il est particulièrement hypocrite de dénoncer des faits qui sont de notoriété publique. Seuls les naïfs ou ceux qui ne connaissent pas les milieux politiques ignoraient la manière dont les choses se passent dans tous (j'insiste !) les partis. Complices d’hier, ceux qui, aujourd’hui, jouent les « vierges effarouchées » sont donc particulièrement mal venus. C’est avant qu’il aurait fallu agir.
2. Brabançon wallon, je trouve déplorable que le plus haut fonctionnaire provincial joue le jeu politique de son époux (ministre fédéral et… frère d’un député permanent de la même province…) qui appelle à un « cessez le feu » politique prétextant l’intérêt général tout en choisissant de diffuser en février un document reçu en… juillet ! La lourdeur bureaucratique n’explique pas tout.
Où en est le principe de sincérité en politique ? Je suis honteux pour l’image dégradante ainsi donnée par les plus hautes autorités administratives et politiques de ma province. Nos concitoyens méritent mieux. Ces attitudes ne peuvent que renforcer le sentiment de « tous pourris », alors que de nombreux agents des services publics et mandataires politiques sont pourtant irréprochables.
 
par Claude Thayse publié dans : Brabant wallon
Lundi 11 février 2008

C’est fait ! Bruno Valkeniers, l’ancien patron du port d’Anvers, est devenu samedi le nouveau président du Vlaams Belang.  On le sait, il est favorable à un large front flamand : « Le Vlaams Belang doit être une organisation de combat efficace et attirante et non un club agréable d’old boys qui se maintiennent en place jusqu’à la pension. » a-t-il précisé. 
C’est le moment que choisit Herman Van Rompuy pour déclarer ce matin, à la RTB(f), que les « francophones » ont intérêt à lâcher du lest le plus vite possible s’ils ne veulent pas se trouver face à une coalition de battus (sous -entendu les partis dits démocratiques flamands) au lendemain des prochaines élections. Il a même évoqué la constitution d’une « Forza Flandria » capable d’obtenir une large majorité en Flandre !
Patrick De Waele allait dans le même sens si les « francophones » persistaient dans leur attitude.
 
Je suis d’accord avec ces deux politiciens pour dire que l’attitude des partis francophones est dangereuse et stupide… mais évidemment pas pour les mêmes raisons. Au lieu de participer à de vains palabres, il est plus que temps d’étudier et de préparer sérieusement des solutions d’avenir plutôt que d’essayer de sauver… Oui au fait, de sauver quoi au juste ?

par Claude Thayse publié dans : Actualité
Jeudi 7 février 2008

Je viens de recevoir ce texte, malheureusement anonyme, que donne un éclairage particulier sur cette organisation « apolitique » fort présente dans les médias : « B Plus ». 
 
A l'heure où plusieurs membres et sympathisants du mouvement B Plus ont été introduits dans le gouvernement fédéral provisoire, II est intéressant de revenir sur cette association apparemment belgicaine.
L'étude de son site Internet est à même de nous fournir quelques indications sur les orientations réelles de ce mouvement. Les bulletins de liaisons, apparemment cachés, sont toutefois visibles à qui les recherche. Tout ce qui figure ici a été tiré de cette source d'informations. 
 
Comment se présente-t-il ?
Se définissant comme un groupe de pression, il prétend combattre le séparatisme et soutenir un fédéralisme équilibré. II plaide donc pour une réforme des institutions qui viserait à améliorer la gouvernance du pays et de toutes ses composantes. 
Il soutient que le Mouvement flamand actuel est un successeur déviant d'un combat social et linguistique qu'il affirme justifier. Cependant, il reconnaît que ce combat a bénéficié de la participation de plusieurs de ses membres. Préférant oublier que plus de la moitié du corps électoral flamand a voté pour des partis séparatistes ou proches de ceux-ci, il pense que les exigences du mouvement flamand actuel ne bénéficient que d'un maigre appui dans la population.
 
Les bases du raisonnement.
L'analyse de B Plus se fonde sur des assertions péremptoires, voire non fondées.
Ainsi, dès octobre 2005, il affirme que le principe de territorialité a été reconnu comme principe de base du fédéralisme classique. Il fait référence à des organisations « pro-belges » telles que le Groupe Coudenberg et le Front pour un Fédéralisme d'Union. Il déclare que la scission de BHV fait principalement craindre aux partis francophones de perdre des voix. Manière de détourner l'attention sur les conséquences réelles de cette scission… Il affirme qu'il n'y aura que peu de conséquences pour les habitants francophones de la périphérie flamande de   Bruxelles.   Reprenant   ainsi   la   dialectique   purement flamande   qui   s'exprime habituellement dans ce dossier.
En septembre 2007, B Plus souligne que comme de nombreuses enquêtes d'opinion l'ont déjà prouvé par le passé, que l'écrasante majorité de la population en Flandre... est contre une séparation de la Belgique. Il maintient que les récents sondages ne montrent pas de différences par rapport à cette constatation. Il reconnaît cependant que  certains commentateurs interprètent ces résultats d'une toute autre manière.
 
Sa plate-forme institutionnelle.
 
La scission de BHV :
Dans son programme 2007, B Plus veut la scission de ta circonscription électorale B-H-V pour la Chambre, le sénat et le Parlement européen. C'est un cran en dessous des revendications du vlaamsRaad, mais cela va bien dans le sens des revendications flamandes.
 
La création d'une circonscription électorale fédérale :
Dans un premier temps, B Plus visait à la création d'une circonscription électorale fédérale pour 25 % des sièges dans la Chambre des Représentants. Ensuite, II soutint la campagne du « Paviagroep » pour une circonscription électorale fédérale. Ecolo affichait cette exigence depuis longtemps dans son programme. Le parti socialiste s'y est rallié.
V. De Coorebyter, directeur général du CRISP, dans Le Soir du 01/10/2005, donnait cet éclairage sur la chose : « Les partis francophones prendraient-ils la peine d'investir les médias flamands ... pour gagner l'électeur flamand à leur cause ? ». Et de se demander s'il n'est déjà pas trop tard. Ce que l'on constate depuis longtemps, c'est que des politiciens flamands n'hésitent pas à tenter la séduction tant en Wallonie qu'à Bruxelles.
En fait, Ils se trompent de combat. Ce sont les partis fédéraux qui font défaut en Belgique. La circonscription fédérale est une poudre aux yeux. Elle risque bien d'attiser encore plus les démonstrations de force de partis qui resteront régionaux et/ou communautaires. Il y a fort à parier que la pratique des doubles langages, selon que l'on s'adresse à l'une ou l'autre des communautés, ne fera que s'amplifier.
 
Sa stratégie.
Au travers l'intervention de ses membres, B Plus a fait paraître de nombreuses cartes blanches.  
Celles-ci mettent en évidence les incohérences et le manque de clarté des partis politiques au niveau  communautaire. L'amalgame entre nord et sud est constant. Ainsi en est-il de cette « Belgique de papa » faite d'une rancœur attisée par de petits partis composés d'excités communautaires ... de revanche à prendre sur l'autre, de caricatures .... Ce sud ressemble étrangement à Bruxelles et le petit parti d'excités au FDF. Quant à la revanche à prendre ..... Ces cartes blanches s'adressent donc prioritairement aux bruxellois francophones.
A travers la création de sous-sous-groupes régionaux, B Plus organise des actions régionales. Les différences entre les actions organisées en Flandre, à Bruxelles et en Waflonïe sont frappantes.
 
Les débats.
Si l'on comptabilise les différentes rubriques, il ressort que depuis avril 2004, ont eut lieu à Bruxelles 3 débats, dont 1 non politique, en Wallonie 7 débats et en Flandres 21 débats, dont 5 conférences.
Fallait-il donc débattre plus en Flandres afin de contrecarrer le séparatisme flamand ? Pas du tout, les titres des débats sont suffisamment évocateurs : Belgique ou Flandre (avec B. De Wever), Les paris flamands et l'avenir de la Belgique (aucun représentant de partis unitaristes ou B Plus), L'avenir de la Flandre, en Belgique ou en dehors (avec Hugo Schiltz), Le futur de Bruxelles dans une Belgique éclatée.
En juillet 2005, B Plus participait au forum des nationalistes flamands à Courtrai. En juin 2006, il débattait avec le groupe « In de Warande ».
Pendant ce temps-là, les débats en Wallonie semblaient pour le moins soporifiques.  
 
Le folklore.
B Plus a également organisé des manifestations à caractère festif, tels des fêtes, des soirées de présentations de son association aux étudiants universitaires, des votes fictifs dans la rue de certaines villes et des promenades découvertes en Wallonie. 
Tandis que la Flandre enregistrait 6 manifestations et Bruxelles 7, la Wallonie en comptabilisait 12.
C'est connu, l'on s'amuse plus en Wallonie, surtout lorsque l'on est flamand.
En Wallonie, des fêtes flamandes ont été organisées tous les 11 juillet depuis 2004. A Bruxelles, des stands ont été présentés aux fêtes nationales. En Flandre, si l'on a célébré les fêtes de Wallonie depuis 2005, cela n'a jamais été un 27 septembre, mais bien avant cette date. Drôle de belgicains que ceux-là qui fêtent ostensiblement la Flandre en Wallonie le 11 juillet, et qui n'osent rien organiser en province lors des fêtes nationales (excepté à la baronnie de Huy), et surtout pas fêter la Communauté française le 27 septembre... en Flandre.
 
Le prix du courage politique.
Depuis 2006, chaque année, B Plus décerne un prix à un flamand et à un soi-disant francophone.
Les premiers lauréats ont été Wilfried Martens et Rudy Demotte.
B Plus a une façon bien particulière de décrire ses décorés. W. Martens y est taxé de vieux belgicain conservant un réflexe flamand prononcé. R. Demotte aurait fait montre, en tant que Ministre, de sa particulière faculté de compréhension des sensibilités flamandes. Bourgmestre de la commune de Ftobecq/Vloesberg, commune francophone à facilités pour les flamands, il aurait veillé à ce que le flamand soit bien présent sur la place publique ainsi que dans la prestation de ses services communaux. Et dire que c'est cet homme là qui est censé défendre les wallons.
En 2007, tes lauréats étaient Rudy Aernoudt et Philippe Van Parijs. Ce dernier est issu d'une famille flamande, éduqué à l'école en français et résidant depuis longtemps en Région bruxelloise. Diplômé de Louvain, il y est professeur ordinaire. II est signataire du Paviagroep.
A la mise en place, dans les services de l'Etat encore unitaire, des cadres bilingues, et longtemps par la suite, de nombreux emplois de francophones bilingues ont été occupés par des flamands ayant effectués leurs études en français. Il semblerait que cette pratique prévaut encore pour les prix de B Plus. On ne se refait décidément pas.
 
Qui sont-ils ?
Le temps manque pour faire une analyse socio-économique des animateurs, des membres fondateurs, des membres effectifs et des cooptés de dernière date. Cependant, à première vue, la vieille noblesse et la grande bourgeoisie ainsi que des affidés socialistes et écolos semblent se tailler la part du lion.
 
Les revues.
Un vieux dicton wallon rappelle que « l'on est toujours noirci par des noirs pots ». Il est encore vérifié cette fois. Les attaques tout azimut contre les pourfendeurs de la Belgique volent bas. Le ton des suppliques de rassemblement et de prosélytisme égraine tous les numéros.
 
Où l'on ne peut que conclure.
« Le principe de territorialité comme principe de base du fédéralisme », la scission de BHV, la réforme de l’Etat, la fin de parcours des compromis minimalistes, la « faculté de compréhension des sensibilités flamandes ». Seuls ou ensemble, ces mots apparaissent dans toute la prose de B Plus. Après les premiers blocages qui suivent les élections de juin 2007, ils laissent la place à fa promotion de la circonscription électorale fédérale. Cette dernière semble être la réponse au désarroi ambiant qui étreint tes belgicains.
Dans une carte blanche parue le 9 juin 2007 dans « Le Soir », B Plus termine ses diatribes par ces mots: « les Francophones devraient se montrer davantage à l'écoute des souhaits flamands de protection de leur culture et de leur langue ». Au vu des gifles flamandes reçues ces derniers mois par les francophones, l'on doit comprendre que le martyr de la culture française en Belgique est loin d'être terminé.
Alors que la nouvelle génération de politiques flamands s'est engouffrée comme un seul homme dans la dé-fédéralisation à outrance, l'ancienne a choisi un chemin différent. Sans doute plus conforme à sa vrai nature. Le but est toujours le même.
La vieille garde a entrepris d'emmener les derniers belges dans le brouillard. Celui-ci ressemble étonnement aux mirages que l'on rencontre dans les déserts : on croit ce que voient les yeux, mais pas ce que la raison dit. Etre belge avec B Plus, c'est croire que l'on va pouvoir continuer à étancher sa soif, alors que l'on ne fait que se déshydrater et s'épuiser de plus en plus. La fin est d'autant plus proche.

------------------------------------------
J’ai reçu le 10/2 un courriel de Monsieur Gilles Vanden Burre, Président du Comité de direction de l'asbl BPlus qui me signale que – de son point de vue – « de nombreux propos erronés se retrouveraient dans cet article et portent de fait préjudice à son asbl ».

Il me demandait de pouvoir réagir par un « droit de réponse » posté  ici , « non pas pour faire une quelconque propagande pour BPlus, mais bien pour rectifier les éléments faussés laisser l'internaute se faire une opinion juste et équilibrée ».
Je lui ai répondu que je publierais ce « Droit de réponse » dès sa réception.

 
Mercredi 6 février 2008

On a re-parlé à propos de la « proposition Uytendaele » de ce groupe de « sages » (encore ? Il n’y a décidément plus que ça dans ce pays…) chargé de plancher sur la définition d’un avenir souhaitable pour les habitants de langue française de Wallonie et de Bruxelles. J’ai parcouru, par curiosité, leur site Internet. Décevant et avec, comme prévu (hélas !), un rabotage très net des objectifs. Voici, ci-dessous, la copie d’un courrier envoyé à Philippe Busquin, coprésident wallon de ce groupe de travail.

Monsieur le Président,
 
Je viens de parcourir le site Internet dédié au « Groupe Wallonie-Bruxelles » que vous coprésidez avec Madame Spaak.
 
J’avoue avoir été quelque peu surpris du libellé de vos mission sur la page d’accueil : « ce groupe de travail qui réfléchit à l’avenir de nos institutions francophones, dans le cadre d’un état fédéral équilibré et solidaire pour une Communauté française forte et deux Régions – wallonne et bruxelloise –, chacune établie dans ses compétences propres. »
 
Or, à l’époque du lancement de la proposition par Madame Arena de « réunir politiques et société civile en vue de définir un projet francophone », il était question d’un programme plus vaste et résumé en cinq questions :
1° Quel projet pour les francophones dans l'Etat fédéral actuel ?
2° Comment concilier l'identité régionale et le lien, la solidarité entre
les francophones de Bruxelles, de Wallonie et des communes périphériques à la frontière linguistique ?
3° Quelles synergies concrètes dans quelles politiques ? Comment dépasser certaines concurrences, notamment en matière économique ? Quels liens avec les Communautés flamande et germanophone ?
4° Quelle place pour les francophones au sein de la Belgique, de l'Europe et du monde ?
5° « Et si demain, on devait se séparer ? »

 
Déjà, à l’époque, ces questions destinées à baliser la réflexion me laissaient sur un sentiment de perplexité. Elles restaient confinées à des questions qui auraient du faire l’objet de débats et de résolutions dans le passé, en particulier lors de la publication du programme du gouvernement flamand du… 29 février 1996 appuyé par une large majorité et elles arrivaient fort tard. Je craignais que la composition de votre commission ne la limite à certaines pistes déjà largement débattues comme cette fameuse « union Wallonie-Bruxelles ».
  
 
Je m’interroge en effet depuis quelques temps sur la volonté des ces deux « partenaires obligés » de construire quelque chose ensemble. Existe-t-il (encore) vraiment aujourd’hui des arguments qui corroborent la logique d’un espace commun Wallonie-Bruxelles ? Lors du lancement de la réflexion que vous pilotez, Luc Courtois, historien à l’UCL rappelait dans « La Libre » qu’« il n’y a rien, dans l’histoire, qui oblige à aller vers tel ou tel projet. Les identités sont des constructions intellectuelles et symboliques. Elles s’enracinent dans un substrat historique et sociologique, mais celui-ci ne suffit pas ». Marc Jacqmain, Responsable du service des identités contemporaines (ULg) affirmait qu’il n’a « pas trouvé d’argument massue en faveur d’un espace Wallonie-Bruxelles ». Faute de données suffisantes…  Et enfin, Vincent de Coorebyter (CRISP) rappelait que « l’identité francophone n’a jamais été le souci premier des Bruxellois. Que si la francisation de la ville est incontestable, dans le même temps, les relations entre francophones et néerlandophones n’ont jamais été aussi bonnes, les Flamands de Bruxelles sont maintenant convaincus qu’ils ont besoin d’une Bruxelles forte ». Et je ne reprendrai pas de déclarations de politiques.

 
Il y a là, à Bruxelles, une sorte de nationalité (un nationalisme) en puissance qui ne veut pas encore dire son nom. Alors qu’en contraste, la Wallonie a toujours manifesté une solidarité sans faille avec les Bruxellois francophones, ce qui a permis d’obtenir, malgré l’opposition de la Flandre, l'existence de la Région de Bruxelles. (Au prix de l’abandon des Fourons, entre autres…). Il y a là plus qu’un terrible malentendu.

Force est de constater que la mission telle que vous en décrivez les termes, et qui est logiquement déclinée dans les différentes sous-commissions chargées d’apporter des résolutions, est très en deçà de ce qui avait été annoncé en septembre 2007 et se limite à essayer de répondre aux deux ou trois premières questions.
Alors que l’urgence inclinerait plutôt à développer les pistes d’avenir réelles et réalistes contenues dans les questions suivantes. Le grand jeu auquel se livrent les Flamands risquant de les amener, sous la pression de leur propre opinion publique, plus tôt que prévu à une position de rupture.
En cantonnant vos réflexions au sein de l’Etat et des frontières actuelles, ne risquez-vous pas de passer à côté de l’intérêt véritable des Wallons et des Bruxellois francophones ?
Quelles sont les raisons qui vous ont menées à abandonner une partie important de la réflexion devant mener à un « projet francophone » pour reprendre les termes de Marie Arena ?
 
Si je reçois une réponse, je la publierai ici…

par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Lundi 4 février 2008

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'assemblée de la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. La fin d'un long débat puisque au début de la Révolution, lors de la célèbre Nuit du 4 août (1789) qui met fin aux privilèges féodaux, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'étendre aux esclaves le principe d'égalité devant la Loi. Le 28 mars 1792, l'Assemblée législative se contente d'établir une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves). Les représentants des colonies menaçant de se séparer de la métropole si l'on abolissait l'esclavage... 
Le décret de Pluviôse, voté dans l'enthousiasme, énonce : «La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution».
Le décret ne sera en définitive appliqué qu'en Guadeloupe avant d'être abrogé par le Premier Consul en 1802...

Lundi 4 février 2008
Une superbe émission pour comprendre une partie du "problème belge" est reduffusée ce mardi 5 février sur ARTE à 9 h55
 
A voir absolument !
Dimanche 3 février 2008
On le sait, le Vlaams Belang devrait bientôt avoir un nouveau président.  Jean-Pierrre Stroobants lui consacre un article assez neutre dans « Le Monde ».  Epinglons cette phrase qui montre une certaine évolution dans la pensée toujours prudente du chroniqueur : « De convictions ultralibérales, M. Valkeniers apparaît, sans doute, comme le candidat du consensus, dans une formation désormais divisée, mais il portera surtout les espoirs de certains milieux d'affaires, pour lesquels l'éclatement du pays est une nécessité politique et, avant tout, économique ». Tiens donc ?
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Dimanche 3 février 2008

undefinedÀ l’heure où les partis « autruchiens » se gargarisent de mots creux à propos de l’avenir des « francophones » (terme générique niant les spécificités sociologiques entre Bruxellois et Wallons dans le vain espoir de les habituer à une Belgique continuée qui n’ose toujours pas dire son nom) dans la Commission Arena-Busquin-Spaak ou au sein de « l’octopus », la Flandre pose ses jalons.

 
A preuve,
la carte blanche de Peter Degadt, Administrateur délégué de la Fédération flamande des institutions de soins de santé (« Verbond der verzorgingsinstellingen ») dans « Le Soir » d’hier.
Que dit-il ? Que : « Le niveau de compétence des Communautés est le plus approprié pour livrer l’architecture de cette politique : ce niveau est le plus proche du contexte socio-économique et culturel, dans lequel les gens vivent, habitent, travaillent… » Comment lui donner tort ? Actuellement, c’est clairement impossible étant donné la répartition actuelle des compétences entre autorités fédérales et communautaires. Son analyse et sa conclusion sont logiques. Communautarisons : « Ceux qui optent pour la performance, la responsabilité et l’accessibilité des soins de santé, sont les vrais Belges solidaires ». Joli, non ? 
 
Et c'est vrai que les Belges ont toujours été solidaires des Flamands. En 60 ans de pouvoir majoritaire, avec l’aval des « Autruchiens » (PS(B), PSCDH, PRL-MR-FDF-MCC-Etc.., ECOLO) la Flandre a capté l’essentiel de la richesse de ce vieux jeune pays et s’est développée sur notre dos. Demain, certains pousseront à nouveau leurs cris d’orfraies et assureront tout faire pour nous défendre. En avons-nous vraiment besoin ? N’est-il pas temps de dire « pouce !» et de réunir les Etats généraux de Wallonie ? Pour décider, seuls de notre avenir ? Et si on mettait ça à l'ordre du jour ?
par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Jeudi 31 janvier 2008
Pour comprendre la Flandre profonde, vous ne devez pas rater l’édito de Paul Geudens dans la « Gazet van Antwerpen » de ce jeudi 31 janvier.
Il est consacré à la chance extraordinaire que nous avons, Bruxellois comme Wallons, d’avoir de cet outil extraordinaire qu’est le port d’Anvers. Nous sommes des ingrats, et c’est peu dire !
Je vous invite à en lirte la traduction de Jules Gheude sur « Debout la Wallonie ! ». Un très grand moment, exceptionnel de mauvaise foi remarquable.
par Claude Thayse publié dans : Actualité
Jeudi 31 janvier 2008
Ayant eu peu de temps ces derniers jours pour suivre l’actualité de très près, j’aimerais revenir sur la proposition… euh… originale de Marc Uyttendaele.
 
Si le terme « fédération francophone » n’est qu’un avatar de plus du bon vieux Wallo-brux, en matière de simplification, ajouter une fédération dans une fédération (dans un Etat qui se veut déjà fédéral), c’est une vue… intéressante.
 
Mais il y a mieux : Si j’ai bien suivi, Monsieur Onkelinx voudrait remplacer les Régions et les Communautés de Belgique par des « autorités »… Et c’est là que ça devient curieux : Il en prévoit 4 : une autorité flamande (logique !), une autorité germanophone (idem !), une autorité bruxelloise (oui…) et une quatrième : l'autorité Wallonie-Bruxelles…
 
Parlerait-il au nom du PS ? Di Rupo n'a pas encore réagi, peut-être faisait-il encore du sport...
Voilà comment on supprime d’un trait de plume une Région, une communauté sociologique et économique. La Wallonie ? Connais pas ! Ce qui est proposé, c’est tout simplement la fusion Communauté française-Région wallonne. Sa simplification consiste en la suppression de la Région wallonne, mais pas de la Région bruxelloise, qui elle hérite des compétences communautaires… Vous me suivez ?
 
Là où ça en devient presque comique, c’est que « l’autorité Wallonie-Bruxelles » chevaucherait « l’autorité bruxelloise » sans en avoir les compétences… mais qu’il n’y aurait plus qu’un seul Parlement (appelé « francophone », évidemment) et un seul gouvernement (idem) siégeant à Bruxelles la majorité du temps avec (quand même !) possibilité de se déplacer à Namur pour certaines matières régionales.
 
Evidement, pour que ça marche il faudrait que les compositions des majorités régionales soient les mêmes, et donc les gouvernements… Ça ne sera pas simple à organiser… A moins que dans la foulée, le constitutionnaliste propose de supprimer les élections. Après tout, la dernière loi électorale va déjà dans ce sens en interdisant de fait toute modification du paysage politique…
par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule
Mercredi 30 janvier 2008
Il s’agit du Communiqué de presse des Relations publiques du Parlement de la Communauté française suite à cette réunion. Je vous le mets en version intégrale. Il est intéressant en ce sens qu’on voit dans quel sens les débats s’orientent.
 
Ce mardi 29 janvier 2008, le Groupe Wallonie-Bruxelles a poursuivi ses auditions d'experts. Quatre professeurs et constitutionnalistes, dont l'expertise est largement reconnue en Communauté française Wallonie-Bruxelles, ont présenté aux membres du Groupe le fruit de leurs réflexions.
 
Premier intervenant, le professeur Marc UYTENDAELE (ULB) a consacré son intervention à l'articulation des collectivités fédérées et la question de la sous-nationalité dans l'espace Wallonie-Bruxelles.
Après avoir énuméré les maladies de jeunesse de notre système fédéral, Marc Uyttendaele propose une nouvelle configuration de l'Etat autour de quatre autorités fédérées : l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone. Dans ce contexte, il propose la création d'une fédération francophone dans la fédération belge, qui permettrait aux Francophones de parler d'une seule voix et de se préparer à un éventuel éclatement du pays, sans remettre en cause l'autonomie wallonne et l'autonomie bruxelloise. L'autorité bruxelloise, qui se substituerait à l'ensemble des institutions bruxelloises actuelles (Région, COCOF, COCON), se verrait confier, à l'instar de ce qui se fait au nord et au sud du pays, un ensemble homogène de compétences regroupant des compétences qui sont aujourd'hui qualifiées de régionales et de communautaires. Enfin, il propose l'instauration d'une citoyenneté culturelle qui est de nature à résoudre un certain nombre de problèmes politiques épineux
(scission des arrondissements judiciaire et électoral de BHV, accès des Francophones de la périphérie à l'enseignement et à la culture).
 
Le professeur Hugues DUMONT (Facultés Saint-Louis), s'est quant à lui penché sur l'exercice des compétences communautaires à Bruxelles.
A Bruxelles, outre les 19 communes bruxelloises, pas moins de six collectivités politiques sont en effet compétentes pour exercer les compétences communautaires. Quatre collectivités politiques gèrent les matières unicommunautaires. Il s'agit de la Communauté française, de la Communauté flamande, de la Commission communautaire française (COCOF) et de la Commission communautaire flamande, soit la « Vlaamse Gemeenschapscommissie » (VGC).
 
Les deux autres collectivités politiques gèrent les matières bicommunautaires qui intéressent tant les francophones que les flamands de Bruxelles. Il s'agit de l'autorité fédérale, pour les matières biculturelles et biéducatives, et de la Commission communautaire commune, principalement pour les matières bipersonnalisables. L'exposé a souligné les écarts qui séparent souvent les règles de droit qui répartissent les compétences entre ces diverses autorités et les pratiques sur le terrain. Plusieurs suggestions ont été avancées pour améliorer ces règles et ces pratiques. Il a notamment été proposé de transférer à la Région bruxelloise les compétences biculturelles et biéducatives
d'intérêt régional que l'Etat fédéral néglige d'assumer actuellement.
Le thème abordé par le professeur Marc VERDUSSEN (UCL) recouvre deux sujets différents : les frontières de l'espace Wallonie-Bruxelles et la protection des minorités. S'ils sont distincts, ils n'en sont pas moins liés, dans la mesure où, en Belgique, la protection des minorités mobilise, de part et d'autre de la frontière linguistique belge, deux visions a priori antinomiques du modèle fédéral, l'une personnaliste, l'autre territoriale.
 
Limitant l'examen de la problématique à la protection des minorités linguistiques et, plus particulièrement, de la minorité francophone établie dehors de l'espace Wallonie-Bruxelles, le professeur Verdussen envisage cette protection dans le cadre actuel du territoire de la Région bruxelloise et ensuite, dans l'hypothèse d'un élargissement du territoire de la Région bruxelloise. En effet, la mise en place d'un espace Wallonie-Bruxelles alliant efficacité et solidarité passe également par une prise en compte des valeurs identitaires des francophones établis sur une autre portion du territoire belge et qui y ont le statut de groupe minoritaire. De la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales jusqu'à l'élargissement du territoire de la Région bruxelloise, des formules permettraient, d'améliorer les difficultés de la minorité francophone établie en dehors de l'espace Wallonie-Bruxelles. Elles se heurtent toutefois à des écueils politiques liés aux postulats d'homogénéité et d'intangibilité des régions linguistiques, auxquels les flamands paraissent indéfectiblement attachés.
 
Première observation. De toutes les formules, l'élargissement du territoire de la Région bruxelloise, englobant un nombre significatif de communes, pourrait conduire à une amélioration sensible des droits linguistiques de la minorité francophone et répondre à des impératifs socio-économiques, même si les communes ici concernées ne sont pas celles confrontées à un problème minoritaire. Cette formule n'est néanmoins pas la panacée, car ne concerne pas les francophones domiciliés dans en région de langue néerlandaise ou allemande. Elle doit donc être complétée par d'autres formules, comme la conclusion d'accords de coopération.
 
Seconde observation. Les revendications des minorités linguistiques appellent-elles un même traitement ? Ces revendications se fondent généralement sur l'exigence du respect d'une identité culturelle, impliquant ainsi la nécessité d'une dynamique de contextualisation des droits fondamentaux. Mais l'utilisation d'une langue (minoritaire ou majoritaire) n'a pas en toutes circonstances un enjeu culturel aussi essentiel. En d'autres mots, le professeur Verdussen estime qu'il y a place pour une appréhension culturelle et fonctionnelle des droits linguistiques.
 
Le professeur Verdussen pose ainsi la question : « Est-il absolument irréaliste d'envisager un réaménagement des champs de compétences des communautés, en leur permettant de prendre des initiatives culturelles ou de créer des écoles en n'importe quel endroit du territoire national ? A l'évidence, le concept même de « frontières » s'en trouverait profondément revisité. »
 
Le professeur SCHOLSEM, de l'ULg, estime quant à lui que l'impact fiscal et financier du processus de réforme de l'Etat s'impose de plus en plus. Il suffit à cet égard de considérer les revendications flamandes actuelles.
Ces facteurs fiscaux et financiers ont véritablement modelé la structure actuelle du fédéralisme belge. Ceci est encore plus visible pour les institutions appartenant à l'espace Wallonie-Bruxelles en raison de leur complexité. Toutes ces entités sont connectées sur le plan budgétaire.
L'observation scrupuleuse des règles relatives aux dépenses doit permettre d'éviter que, par le biais d'accords de coopération, la compétence réelle ne glisse dans les mains d'un autre pouvoir. On pense plus spécialement au cas de la Région de Bruxelles-Capitale dont le sous-financement est admis par tous. La voie d'un accord de coopération "chargé" doit être exploré. Les Régions peuvent prélever des impôts et ce dans un cadre plus large depuis la réforme de 2001.
Les francophones doivent veiller à ce que les règles actuelles et futures ne débouchent pas sur une concurrence fiscale déloyale qui sera surtout sensible au centre du pays.
Le refinancement de la Communauté française via l'aide de la Région wallonne et de la Cocof suscite un problème particulier en ce qui concerne cette dernière, dont le financement doit être revu. Enfin, toute idée de fiscalité communautaire semble devoir être abandonnée.
Toutefois, les francophones devront être attentifs à toute tentative qui, sur le plan fiscal ou para-fiscal, introduirait à Bruxelles un concept s'apparentant à la création d'une "sous-nationalité".
 
Un large échange de vues s'en est suivi entre les membres du Groupe Wallonie-Bruxelles et les experts.
 
Prochaine réunion du Groupe Wallonie-Bruxelles : mardi 4 mars 2008
14h. Présentation des rapports intermédiaires des quatre groupes de travail et poursuite des travaux.
 
D'autres documents alimenteront leur site spécialement dédicacé : www.groupewalloniebruxelles.be
 
Ce communiqué est suivi d’un « APPEL A CONSULTATION ». Je ne peux que vous inviter à y participer. Suggérer dans ces matières une équivalence avec la France serait par exemple une bonne suggestion à faire…
 
Le Groupe de travail « Matières culturelles » du Groupe Wallonie-Bruxelles encourage toute personne concernée tant par les matières audiovisuelles, culturelles, d'emploi des langues ou encore sportives, à communiquer leur réflexion sur le renforcement des liens entre entités fédérées francophones afin d'assurer une cohérence en ces matières au sein de l'espace Wallonie-Bruxelles.
 
Cette réflexion synthétisée en maximum 2 pages, peut parvenir au secrétariat du Groupe de travail « Matières culturelles » avant le 15 février 2008 : sophie.charlier@pcf.be - boegaertsl@pcf.be
par Claude Thayse publié dans : Actualité
 

Rattachiste

Pour la réunion à la France Mon action se base sur les Valeurs républicaines,
les déclarations des Droits de l'Homme et du Citoyen
1789 & 1793

La République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Abonnez-vous !

Inscription à la newsletter

Documents et vidéos

Vidéos

- Participation à Controverses (RTL) sur BHV…
- Message improvisé pour les législatives de 2007
- Interview sur TV-Com
- Chirac, une certaine idée de la France
- Mes pubs préférées sur le rugby
- Gendebien, un avis...
- L'identité wallonne est-elle incompatible avec l'identité française ?
- Religions, Neutralité ou laïcité de l'Etat
- "Bye bye Belgium"
- "Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques" : Qu'en penser ?
- Attention à la publicité !
- Le Club du Net : Karl Zero et Dupont-Aignan
- Magnifique leçon de civisme d'Elisabeth Badinter.
- François Mitterrand

Textes

- Le vrai visage des Français
- Bicentenaire de la réunion de Mulhouse à la République
- Pourquoi le Réunionisme est-il devenu le courant majoritaire du mouvement wallon ?
- La loi d'unanimité et de contagion
- L'heure décisive approche pour les Bruxellois
- Appel à la France, à tous les francophones :  pour une action mondiale pour le français et la Francophonie
- Les réformes des régimes de retraites - Comparons la Belgique et la France
- Un peu de tout... mais des infos utiles
- Du 24/10/62 au 24/10/63, pour comprendre les dessous d'une évolution institutionnelle (CRISP)
- Une histoire de la Wallonie (Institut Jules Destrée)
- Les pouvoirs en Wallonie et environs, mode d'emploi (Crisp)
- Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm !
- ISF - Impôt de solidarité sur la fortune, de quoi s’agit-il ?
 
- Aux origines de la frontière linguistique 
-
La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? 

Autres sujets ?


Merci à
FreeFind !