« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de
chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement
qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite
Yourcenar)
*
« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
Les textes publiés sur ce blogue sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... en ayant la correction d'en citer l'origine.
La diplomatie belge aux mains du ministre De Gucht – oui, celui qui a déclaré que la frontière linguistiques est
une frontière d’Etat – devrait se trouver devant un dilemme.
Comment, en effet, reconnaître l’indépendance de cette province serbe progressivement colonisée par des Albanais tout en campant sur ses positions face aux Bruxellois francophones qui se sont
progressivement installés dans la périphérie flamande de Bruxelles ?
Evidemment, on peut toujours dire que dans le cas du Kosovo, ça fait partie d’un processus sous contrôle international.
Avec trois amis, Jules Gheude, Didier Melin et Thierry Ollevier, nous avons publié hier un « Manifeste pour la convocation des Etats-généraux de la Wallonie ». La presse y a fait écho.
La presse quotidienne, tant flamande que francophone y a fait écho. Voici ce qu'en dit "Le Soir", journal sur lequel un débat des lecteurs est ouvert.
J’aime le lyrisme de Michel Konen dans « La Libre »
d’aujourd’hui. Encensant le travail des journalistes du Standaard qui jouent pleinement leur rôle en « découvrant la couronne »
par la révélation des certains propos du « colloque singulier », il stigmatise par ailleurs l’attitude des hommes politiques flamands (les nôtres jouant les vierges effarouchées...) et
particulièrement Yves Leterme. Venant ainsi au secours de la stratégie du « Palais » dont on sait maintenant quels ont été les véritables objectifs politiques pendant toute la crise
mise en évidence par les élections de juin dernier.
A propos de la violation du « Colloque singulier », il précise que « ce n'est qu'en de très rares occasions que cette règle n'a pas été observée et jamais au plus fort d'une
crise politique majeure. Le Palais, et les huit mois de crise en témoignent, est, en ces circonstances, le dernier refuge pour des hommes politiques déboussolés, incapables
de réaliser entre eux les nécessaires consensus qui peuvent mener à la constitution d'un gouvernement. »
Ajoutant :
« Nous sommes là au cœur du pouvoir de la monarchie parlementaire. C'est en ces circonstances que le Roi peut et doit jouer un rôle pour dénouer le nœud gordien de négociations qui
s'enlisent. Il choisit les hommes, il leur confie des missions (formateur, informateur, explorateur, démineur...). Au sens quasi philosophique du terme le Roi pratique la maïeutique, cette
méthode par laquelle Socrate disait accoucher les esprits des pensées qu'ils contiennent sans le savoir. C'est à l'issue de ces nombreuses consultations, au cours desquelles il sonde les cœurs
et les âmes, que le Roi tente de trouver les convergences qui permettront au pays d'être gouverné. »
Diable ! (*)
Il n’a pas tort de dire, évidemment que ceux et celles qui ont raconté par le menu leurs conversations avec le Souverain, mettent
ainsi en péril l'un des rouages essentiels du système politique belge… C'est en effet en raison de son pouvoir d'influence secret (et qui par conséquent ne peut jamais être contesté), que le roi
a justement une influence politique très grande. Quel autre acteur du jeu politique peut ainsi agir sans jamais être exposé à la critique ? Ni ne jamais devoir rendre de
comptes ?
Et je pense que ça se reproduira. Les politiciens flamands ont changé. Derrière ces « écarts » à la règle n’y aurait-il pas des arrières pensées ? Quoi de plus efficace de saper
ainsi ce que d’aucuns appellent le dernier ciment de la Belgique ?
Personnellement - point de vue de simple citoyen - je ne suis pas mécontent de ce déballage. Ça nous change enfin de tous les non-dits de notre histoire et de l’opacité des
interventions de la monarchie. Devrons-nous un jour remercier les Flamands qui semblent être devenus plus démocrates que nous sur ces questions ?
(*) A la relecture, je viens de me rendre compte que c'est mon 666ème billet...
Ajout : Rudy Aernoudt dans une carte blanche publiée ce 12 février n'a pas mes scrupules... Il a aussi plus de comptes à régler.
C’est fait ! Bruno Valkeniers, l’ancien patron du port d’Anvers, est devenu samedi le nouveau président du Vlaams Belang. On le sait, il
est favorable à un large front flamand : « Le Vlaams Belang doit être une organisation de combat efficace et attirante et non un club agréable d’old boys qui se maintiennent en place
jusqu’à la pension. » a-t-il précisé.
C’est le moment que choisit Herman Van Rompuy pour déclarer ce matin, à la
RTB(f), que les « francophones » ont intérêt à lâcher du lest le plus vite possible s’ils ne veulent pas se trouver face à une coalition de battus (sous -entendu les partis dits
démocratiques flamands) au lendemain des prochaines élections. Il a même évoqué la constitution d’une « Forza Flandria » capable d’obtenir une large majorité
en Flandre !
Patrick De Waele allait dans le même sens si les « francophones » persistaient dans leur
attitude.
Je suis d’accord avec ces deux politiciens pour dire que l’attitude des partis francophones est dangereuse et stupide… mais évidemment pas pour les mêmes raisons. Au lieu de participer à de vains
palabres, il est plus que temps d’étudier et de préparer sérieusement des solutions d’avenir plutôt que d’essayer de sauver… Oui au fait, de sauver quoi au juste ?
Je viens de recevoir ce texte, malheureusement anonyme, que donne un éclairage particulier sur cette organisation
« apolitique » fort présente dans les médias : « B Plus ».
A l'heure où plusieurs membres et sympathisants du mouvement B Plus ont été introduits dans le gouvernement fédéral provisoire, II est intéressant de revenir sur cette association apparemment
belgicaine.
L'étude de son site Internet est à même de nous fournir quelques indications sur les orientations réelles de ce mouvement. Les
bulletins de liaisons, apparemment cachés, sont toutefois visibles à qui les recherche. Tout ce qui figure ici a été tiré de cette source d'informations.
Comment se présente-t-il ?
Se définissant comme un groupe de pression, il prétend combattre le séparatisme et soutenir un
fédéralisme équilibré. II plaide donc pour une réforme des institutions qui viserait à améliorer la gouvernance du pays et de toutes ses composantes.
Il soutient que le Mouvement flamand actuel est un successeur déviant d'un combat social et linguistique qu'il affirme justifier. Cependant, il reconnaît que ce combat a
bénéficié de la participation de plusieurs de ses membres. Préférant oublier que plus de la moitié du corps électoral flamand a voté pour des partis séparatistes ou proches de ceux-ci, il pense
que les exigences du mouvement flamand actuel ne bénéficient que d'un maigre appui dans la population.
Les bases du raisonnement.
L'analyse de B Plus se fonde sur des assertions péremptoires, voire non
fondées.
Ainsi, dès octobre 2005, il affirme que le principe de territorialité a été reconnu comme principe de base du fédéralisme
classique. Il fait référence à des organisations « pro-belges » telles que le Groupe Coudenberg et le Front pour un Fédéralisme d'Union. Il déclare que la scission de BHV fait
principalement craindre aux partis francophones de perdre des voix. Manière de détourner l'attention sur les conséquences réelles de cette scission… Il affirme qu'il n'y aura que peu de
conséquences pour les habitants francophones de la périphérie flamande de Bruxelles. Reprenant ainsi la dialectique
purement flamande qui s'exprime habituellement dans ce dossier.
En septembre 2007, B Plus souligne que comme
de nombreuses enquêtes d'opinion l'ont déjà prouvé par le passé, que l'écrasante majorité de la population en Flandre... est contre une séparation de la Belgique. Il maintient que les récents
sondages ne montrent pas de différences par rapport à cette constatation. Il reconnaît cependant que certains commentateurs interprètent ces résultats d'une toute autre
manière.
Sa plate-forme institutionnelle.
La scission de BHV :
Dans son programme 2007, B Plus veut la scission de ta circonscription électorale B-H-V pour la
Chambre, le sénat et le Parlement européen. C'est un cran en dessous des revendications du vlaamsRaad, mais cela va bien dans le sens des revendications flamandes.
La création d'une circonscription électorale fédérale :
Dans un premier temps, B Plus visait à la création d'une
circonscription électorale fédérale pour 25 % des sièges dans la Chambre des Représentants. Ensuite, II soutint la campagne du « Paviagroep » pour une circonscription électorale
fédérale. Ecolo affichait cette exigence depuis longtemps dans son programme. Le parti socialiste s'y est rallié.
V. De Coorebyter,
directeur général du CRISP, dans Le Soir du 01/10/2005, donnait cet éclairage sur la chose : « Les partis francophones prendraient-ils la peine d'investir les médias flamands ... pour gagner
l'électeur flamand à leur cause ? ». Et de se demander s'il n'est déjà pas trop tard. Ce que l'on constate depuis longtemps, c'est que des politiciens flamands n'hésitent pas à tenter la
séduction tant en Wallonie qu'à Bruxelles.
En fait, Ils se trompent de combat. Ce sont les partis fédéraux qui font défaut en Belgique. La
circonscription fédérale est une poudre aux yeux. Elle risque bien d'attiser encore plus les démonstrations de force de partis qui resteront régionaux et/ou communautaires. Il y a fort à
parier que la pratique des doubles langages, selon que l'on s'adresse à l'une ou l'autre des communautés, ne fera que s'amplifier.
Sa stratégie.
Au travers l'intervention de ses membres, B Plus a
fait paraître de nombreuses cartes blanches.
Celles-ci mettent en évidence les incohérences et le manque de clarté des partis
politiques au niveau communautaire. L'amalgame entre nord et sud est constant. Ainsi en est-il de cette « Belgique de papa » faite d'une rancœur attisée par de petits partis composés
d'excités communautaires ... de revanche à prendre sur l'autre, de caricatures .... Ce sud ressemble étrangement à Bruxelles et le petit parti d'excités au FDF. Quant à la revanche à prendre
..... Ces cartes blanches s'adressent donc prioritairement aux bruxellois francophones.
A travers la création de sous-sous-groupes
régionaux, B Plus organise des actions régionales. Les différences entre les actions organisées en Flandre, à Bruxelles et en Waflonïe sont frappantes.
Les débats.
Si l'on comptabilise les différentes
rubriques, il ressort que depuis avril 2004, ont eut lieu à Bruxelles 3 débats, dont 1 non politique, en Wallonie 7 débats et en Flandres 21 débats, dont 5 conférences.
Fallait-il donc débattre plus en Flandres afin de contrecarrer le séparatisme flamand ? Pas du tout, les titres des débats sont suffisamment évocateurs :
Belgique ou Flandre (avec B. De Wever), Les paris flamands et l'avenir de la Belgique (aucun représentant de partis unitaristes ou B Plus), L'avenir de la Flandre, en Belgique ou en dehors (avec
Hugo Schiltz), Le futur de Bruxelles dans une Belgique éclatée.
En juillet 2005, B Plus participait au forum des nationalistes flamands à
Courtrai. En juin 2006, il débattait avec le groupe « In de Warande ».
Pendant ce temps-là, les débats en Wallonie semblaient
pour le moins soporifiques.
Le folklore.
B Plus a également organisé des manifestations à caractère festif, tels des fêtes, des soirées de présentations de son
association aux étudiants universitaires, des votes fictifs dans la rue de certaines villes et des promenades découvertes en Wallonie.
Tandis que la Flandre enregistrait 6 manifestations et Bruxelles 7, la Wallonie en comptabilisait 12.
C'est connu, l'on s'amuse plus en
Wallonie, surtout lorsque l'on est flamand.
En Wallonie, des fêtes flamandes ont été organisées tous les 11 juillet depuis 2004. A
Bruxelles, des stands ont été présentés aux fêtes nationales. En Flandre, si l'on a célébré les fêtes de Wallonie depuis 2005, cela n'a jamais été un 27 septembre, mais bien avant cette date.
Drôle de belgicains que ceux-là qui fêtent ostensiblement la Flandre en Wallonie le 11 juillet, et qui n'osent rien organiser en province lors des fêtes nationales (excepté à la baronnie de Huy),
et surtout pas fêter la Communauté française le 27 septembre... en Flandre.
Le prix du courage politique.
Depuis 2006, chaque année, B Plus décerne un prix à un flamand et à un soi-disant
francophone.
Les premiers lauréats ont été Wilfried Martens et Rudy Demotte.
B Plus
a une façon bien particulière de décrire ses décorés. W. Martens y est taxé de vieux belgicain conservant un réflexe flamand prononcé. R. Demotte aurait fait montre, en tant que Ministre, de sa
particulière faculté de compréhension des sensibilités flamandes. Bourgmestre de la commune de Ftobecq/Vloesberg, commune francophone à facilités pour les flamands, il aurait veillé à ce que le
flamand soit bien présent sur la place publique ainsi que dans la prestation de ses services communaux. Et dire que c'est cet homme là qui est censé défendre les wallons.
En 2007, tes lauréats étaient Rudy Aernoudt et Philippe Van Parijs. Ce dernier est issu d'une famille flamande, éduqué à l'école en français et résidant depuis
longtemps en Région bruxelloise. Diplômé de Louvain, il y est professeur ordinaire. II est signataire du Paviagroep.
A la mise en place,
dans les services de l'Etat encore unitaire, des cadres bilingues, et longtemps par la suite, de nombreux emplois de francophones bilingues ont été occupés par des flamands ayant effectués leurs
études en français. Il semblerait que cette pratique prévaut encore pour les prix de B Plus. On ne se refait décidément pas.
Qui sont-ils ?
Le temps manque pour faire une analyse
socio-économique des animateurs, des membres fondateurs, des membres effectifs et des cooptés de dernière date. Cependant, à première vue, la vieille noblesse et la grande bourgeoisie ainsi que
des affidés socialistes et écolos semblent se tailler la part du lion.
Les revues.
Un vieux dicton wallon rappelle que « l'on est toujours noirci par des noirs pots ». Il est encore vérifié
cette fois. Les attaques tout azimut contre les pourfendeurs de la Belgique volent bas. Le ton des suppliques de rassemblement et de prosélytisme égraine tous les numéros.
Où l'on ne peut que conclure.
« Le principe de territorialité comme principe de base du fédéralisme », la scission de BHV, la
réforme de l’Etat, la fin de parcours des compromis minimalistes, la « faculté de compréhension des sensibilités flamandes ». Seuls ou ensemble, ces mots apparaissent dans toute la prose de B
Plus. Après les premiers blocages qui suivent les élections de juin 2007, ils laissent la place à fa promotion de la circonscription électorale fédérale. Cette dernière semble être la réponse au
désarroi ambiant qui étreint tes belgicains.
Dans une carte blanche parue le 9 juin 2007 dans « Le Soir », B Plus termine ses
diatribes par ces mots: « les Francophones devraient se montrer davantage à l'écoute des souhaits flamands de protection de leur culture et de leur langue ». Au vu des gifles flamandes
reçues ces derniers mois par les francophones, l'on doit comprendre que le martyr de la culture française en Belgique est loin d'être terminé.
Alors que la nouvelle génération de politiques flamands s'est engouffrée comme un seul homme dans la dé-fédéralisation à outrance, l'ancienne a choisi un chemin
différent. Sans doute plus conforme à sa vrai nature. Le but est toujours le même.
La vieille garde a entrepris d'emmener les derniers belges dans le brouillard. Celui-ci ressemble étonnement aux mirages que l'on rencontre dans les déserts : on croit ce que voient les yeux,
mais pas ce que la raison dit. Etre belge avec B Plus, c'est croire que l'on va pouvoir continuer à étancher sa soif, alors que l'on ne fait que se déshydrater et s'épuiser de plus en plus. La
fin est d'autant plus proche.
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J’ai reçu le 10/2 un courriel de Monsieur Gilles Vanden Burre, Président du Comité de direction de
l'asbl BPlus qui me signale que – de son point de vue – « de nombreux propos erronés se retrouveraient dans cet article et portent de fait préjudice à son
asbl ».
Il me demandait de pouvoir réagir par un « droit de réponse » posté ici , « non pas pour faire une quelconque propagande
pour BPlus, mais bien pour rectifier les éléments faussés laisser l'internaute se faire une opinion juste et équilibrée ».
Je lui
ai répondu que je publierais ce « Droit de réponse » dès sa réception.
On a re-parlé à propos de la « proposition Uytendaele » de ce groupe de « sages » (encore ? Il n’y a décidément plus que ça dans ce pays…) chargé de plancher sur la définition d’un avenir souhaitable pour les habitants de langue française de Wallonie et de Bruxelles. J’ai parcouru, par curiosité, leur site Internet. Décevant et avec, comme prévu (hélas !), un rabotage très net des objectifs. Voici, ci-dessous, la copie d’un courrier envoyé à Philippe Busquin, coprésident wallon de ce groupe de travail.
Monsieur le Président,
Je viens de parcourir le site Internet dédié au « Groupe Wallonie-Bruxelles » que vous coprésidez avec Madame Spaak.
J’avoue avoir été quelque peu surpris du libellé de vos mission sur la page d’accueil : « ce groupe de travail qui réfléchit à l’avenir de nos institutions francophones, dans le cadre d’un état
fédéral équilibré et solidaire pour une Communauté française forte et deux Régions – wallonne et bruxelloise –, chacune établie dans ses compétences propres. »
Or, à l’époque du lancement de la proposition par Madame Arena de « réunir politiques et société civile en vue de définir un projet francophone », il était question d’un programme plus vaste et
résumé en cinq questions :
1° Quel projet pour les francophones dans l'Etat fédéral actuel ?
2° Comment concilier l'identité régionale et le lien, la solidarité entre
les francophones de Bruxelles, de Wallonie et des communes périphériques à la frontière linguistique ?
3° Quelles synergies concrètes dans quelles politiques ? Comment dépasser certaines concurrences, notamment en matière économique ? Quels liens avec les Communautés flamande et germanophone ?
4° Quelle place pour les francophones au sein de la Belgique, de l'Europe et du monde ?
5° « Et si demain, on devait se séparer ? »
Déjà, à l’époque, ces questions destinées à baliser la réflexion me laissaient sur un sentiment de perplexité. Elles restaient confinées à des questions qui auraient
du faire l’objet de débats et de résolutions dans le passé, en particulier lors de la publication du programme du gouvernement flamand du… 29 février 1996 appuyé par une large majorité et elles
arrivaient fort tard. Je craignais que la composition de votre commission ne la limite à certaines pistes déjà largement débattues comme cette fameuse « union Wallonie-Bruxelles
».
Je m’interroge en effet depuis quelques temps sur la volonté des ces deux « partenaires obligés » de construire quelque
chose ensemble. Existe-t-il (encore) vraiment aujourd’hui des arguments qui corroborent la logique d’un espace commun Wallonie-Bruxelles ? Lors du lancement de la réflexion que vous pilotez, Luc
Courtois, historien à l’UCL rappelait dans « La Libre » qu’« il n’y a rien, dans l’histoire, qui oblige à aller vers tel ou tel projet. Les identités sont des
constructions intellectuelles et symboliques. Elles s’enracinent dans un substrat historique et sociologique, mais celui-ci ne suffit pas ». Marc Jacqmain, Responsable du service des
identités contemporaines (ULg) affirmait qu’il n’a « pas trouvé d’argument massue en faveur d’un espace Wallonie-Bruxelles ». Faute de données
suffisantes… Et enfin, Vincent de Coorebyter (CRISP) rappelait que « l’identité francophone n’a jamais été le souci premier des Bruxellois.
Que si la francisation de la ville est incontestable, dans le même temps, les relations entre francophones et néerlandophones n’ont jamais été aussi bonnes, les Flamands de
Bruxelles sont maintenant convaincus qu’ils ont besoin d’une Bruxelles forte ». Et je ne reprendrai pas de déclarations de
politiques.
Il y a là, à Bruxelles, une sorte de nationalité (un nationalisme) en puissance qui ne veut pas
encore dire son nom. Alors qu’en contraste, la Wallonie a toujours manifesté une solidarité sans faille avec les Bruxellois francophones, ce qui a permis d’obtenir, malgré l’opposition de la
Flandre, l'existence de la Région de Bruxelles. (Au prix de l’abandon des Fourons, entre autres…). Il y a là plus qu’un terrible malentendu.
Force est de constater que la mission telle que
vous en décrivez les termes, et qui est logiquement déclinée dans les différentes sous-commissions chargées d’apporter des résolutions, est très en deçà de ce qui avait été
annoncé en septembre 2007 et se limite à essayer de répondre aux deux ou trois premières questions.
Alors que l’urgence inclinerait plutôt à développer les pistes d’avenir réelles et réalistes contenues dans les questions suivantes.
Le grand jeu auquel se livrent les Flamands risquant de les amener, sous la pression de leur propre opinion publique, plus tôt que prévu à une position de
rupture.
En cantonnant vos réflexions au sein de
l’Etat et des frontières actuelles, ne risquez-vous pas de passer à côté de l’intérêt véritable des Wallons et des Bruxellois francophones ?
Quelles sont les raisons qui vous ont menées à abandonner une partie important
de la réflexion devant mener à un « projet francophone » pour reprendre les termes de Marie Arena ?
Si je reçois une réponse, je la publierai
ici…
Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'assemblée de la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. La fin d'un long débat puisque au début de la Révolution, lors
de la célèbre Nuit du 4 août (1789) qui met fin aux privilèges féodaux, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'étendre aux esclaves le principe d'égalité devant la
Loi. Le 28 mars 1792, l'Assemblée législative se contente d'établir une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves). Les représentants des colonies menaçant de se
séparer de la métropole si l'on abolissait l'esclavage...
Le décret de Pluviôse, voté dans l'enthousiasme, énonce : «La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans
distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution».
Le décret ne sera en définitive appliqué qu'en Guadeloupe avant d'être abrogé par le Premier Consul en 1802...
À
l’heure où les partis « autruchiens » se gargarisent de mots creux à propos de l’avenir des « francophones » (terme générique niant les spécificités
sociologiques entre Bruxellois et Wallons dans le vain espoir de les habituer à une Belgique continuée qui n’ose toujours pas dire son nom) dans la Commission Arena-Busquin-Spaak ou au sein de
« l’octopus », la Flandre pose ses jalons.
A preuve, la carte blanche de Peter Degadt, Administrateur délégué de la Fédération flamande des institutions de soins de santé (« Verbond der verzorgingsinstellingen ») dans « Le Soir » d’hier.
Voilà comment on supprime d’un trait de plume une Région, une communauté sociologique et économique. La Wallonie ? Connais pas ! Ce qui est proposé, c’est tout simplement la fusion Communauté française-Région wallonne. Sa simplification consiste en la suppression de la Région wallonne, mais pas de la Région bruxelloise, qui elle hérite des compétences communautaires… Vous me suivez ?


