« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
*
De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 05:30

Je délire peut-être, mais...

 

Si j’ai bien compris, en termes techniques (je vous résume -une partie de - la théorie), les swaps (de l'anglais « to swap »  : échanger) sont des échanges d'une devise contre une autre, alors que fonctionnellement, c'est une sorte d’emprunt.

 

Un swap c'est, en quelque sorte, un accord entre deux parties qui s’entendent pour procéder à un échange. Une forme d’arrangement qui consiste à effectuer une transaction à double sens d’actifs financiers. On tire sur son crédit et on reconstitue ensuite dans un court délai son droit au tirage.

 

Le montant principal du swap n’est pas échangé, c’est pourquoi on parle souvent de montant « notionnel ». Seuls les flux d’intérêts sont échangés aux dates prévues par le contrat. Les deux contreparties peuvent convenir de ne s’échanger que la somme nette des montants dus de part et d’autre. En règle générale, l'une des deux parties paie donc un intérêt à l'autre partie du swap. Cela dépend des différentiels entre les taux d'intérêt en cours entre les deux devises.

 

Au cours de la crise 2008-2009, la FED (Réserve fédérale américaine) a fourni près de 60 milliards de dollars sous cette forme de crédit à diverses institutions financières étatiques. Finalement, parce que les conditions de crédit se sont améliorées depuis, les emprunteurs de l'époque ont logiquement « débouclé » (comme on dit dans les milieux financiers) ces swaps, ce qui les a fait disparaître complètement du bilan de la FED... Jusque là, rien à dire.

Mais pourquoi parler de ça ici ?

 

Parce que c’est à partir de maintenant que ça devient intéressant, suivez-moi…les choses sont à nouveau en train de changer.

 

Vous le savez, la Banque centrale européenne (BCE) ne peut pas directement renflouer les gouvernements insolvables européens de Grèce, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, (de Belgique ?) etc... Comme de son côté, la FED ne peut pas directement sauver les banques (insolvables !) européennes…

 

On en vient donc aux techniques de renflouements indirects...

 

Principe de fonctionnement :

 

La FED est actuellement en train d'accélérer à nouveau son activité de swap et ouvre de nouvelles lignes de crédit illimitées à la BCE sous ce qu'on appelle des « accords de swap » entre banques centrales.

A son tour, la BCE fournit des capitaux pour trois fois rien aux banques européennes en difficulté (0,01 %*). Puis, les banques - comprenant une contrepartie tacite ? - utilisent ce financement très bon marché pour acheter les bons d’Etat à fort rendement des états endettés, dégradés par les agences de notation.

 

Donc, si l'on suit le parcours de l'argent, la FED prête (indirectement) de l'argent aux états endettés... en passant indirectement par les banques européennes (insolvables, mais… refinancées par les Etats auquels elles prètent à fort taux d'intérêts) qui gagnent de l'argent (qu'elles ne méritent pas) dans l'affaire, tandis que les contribuables perdent de l'argent qu'ils ne méritent pas de perdre...

 

Voilà pourquoi votre fille est muette !

 

C'est simple la finance internationale!

 

Merci de réagir si vous estimez que je n'ai rien compris... Mais... 

 

(*) http://www.larrouturou.net/2012/01/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques/

 

Et pour compléter, à lire : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201846370526-stiglitz-exhorte-les-europeens-a-repenser-leur-gestion-de-la-crise-276137.php

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 18:30

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les propos de Jean-Claude Marcourt, pourtant mesurés ont eu le mérite de susciter le débat… Un débat qu’avec d’autres nous souhaitions depuis des années.

 

La réalité

 

Qu’a-t-il dit concrètement sinon ceci : « il faut  déconstruire  la fédération Wallonie-Bruxelles pour la reconstruire ensuite »… Rien de bien dramatique. Au contraire, un raisonnement logique pour quelqu’un qui a dans ses compétences l’enseignement supérieur du commerce extérieur, des PME et l’Economie et qui se rend bien compte des dysfonctionnements induits par cette institution qui empêche les deux Régions de mener à bien les politiques qui les concernent. Il n’a pas tort, « cette fédération ne correspond plus à rien. »

 

Marcourt a évidemment pris la mesure du Mouvement bruxellois (une réalité, même si peu osent l’appeler comme ça) puisque même le CdH bruxellois a, à l’occasion d’un déjeuner de Nouvel An (10 janvier), également insisté pour que le monde politique bruxellois se montre proactif afin de consolider l’autonomie de la Région… Le PS était intervenu récemment dans le même sens lors du budget de la « COCOF » et une députée libérale avait même estimé en même temps que la Fédération Wallonie-Bruxelles était plutôt une fédération Wallonie-Wallonie (ainsi que d’autres… Belle unanimité !). Je ne remontrerai pas à l’époque où Fadila Lanaan, fraîchement désignée Ministre en charge de la culture annonçait qu’elle allait rééquilibrer les subsides en faveur de Bruxelles qui comme chacun le sait est « une sorte de désert en matière d’institutions culturelles »....

 

Et si, simplement, Marcourt avait voulu rappeler aux Bruxellois que s’ils existent c’est parce que la Wallonie les a défendu et les défend encore face à la Flandre ? Après tout, depuis 1830, la Wallonie a transféré des moyens financiers et humains (1) considérables pour favoriser le développement de Bruxelles et de toute la Flandre (Sans compter les Fourons qui ont été sacrifiés (abandonnés) pour permettre la reconnaissance de la Région bilingue de Bruxelles-Capitale).

 

Difficile dans ces conditions - sans être de mauvaise foi -  de critiquer la solidarité des Wallons envers Bruxelles. Solidarité qui a été sans faille jusqu’ici.

 

La 6ème réforme de l’Etat oblige évidemment à réfléchir – et très vite – aux moyens à mettre en œuvre et aux outils nécessaires pour accélérer le redressement socio-économique de la Wallonie. Quoi de plus normal ? Et ce qui est valable pour la Wallonie l’est également pour Bruxelles qui –peu touchée grâce à la réforme de la loi de financement - s’en sort bien alors que la Flandre et surtout la Wallonie et y perdront suivant des économistes de la KUL (2).

 

Le Rassemblement Wallon depuis qu’il existe a toujours plaidé pour une plus grande responsabilisation des Régions et la prise en main de leur destin. Ce qui n’exclut nullement – et nous ne pouvons nous réjouir de lire qu’un des principaux ministres du gouvernement wallon nous rejoigne sur ce point - des accords de coopération équilibrés entre Régions voisines. Chacun étant maître chez soi. La seule nuance concerne le nombre. Marcourt n’en voit que trois. Faut-il lui rappeler que là aussi, c’est comme les Mousquetaires… qui étaient quatre ?

 

J’aime assez cette opinion de Michel Quévit à « La Libre » dans laquelle il montre une belle évolution et remet les pendules à l’heure : « La Wallonie est viable seule, oui. Vous savez, tout est relatif : la Flandre est la 45e région d’Europe et Bruxelles est 3e ! Tandis que la Wallonie se classe 70e en termes de PIB/habitant (3). Dans ce débat, on est dans une logique de stigmatisation. Or, la Wallonie peut s’en sortir seule : elle n’est pas la dernière région d’Europe, elle est juste en dessous de la moyenne. Mais c’est le rôle de la politique que de lui permettre de passer au-dessus de cette moyenne. Il n’y a pas de fatalité au sujet du redressement économique. Le Pays Basque était comme la Wallonie avant de revenir dans la moyenne européenne. Et ils n’ont pas besoin de la Catalogne pour s’en sortir ».

Il a raison, nous sommes bels et bien là dans une logique de stigmatisation. Tout le monde, à commencer par les Flamands a peur de la prise d’autonomie de la Wallonie.

Le bêtisier

 

Sans parler des éditorialistes des journaux de la capitale, à tout seigneur tout honneur ; à ce jour, ceux qui ont hurlé le plus fort sont Flamands (Grouwels) et Bruxellois comme Maingain ou Moureaux. (entre autres…)

 

Morceaux choisis :

Grouwels :

« Pourquoi Marcourt voit-il Bruxelles comme un frein ou un handicap plutôt que comme un atout ? Pourquoi veut-il que la Communauté française se retire de facto de Bruxelles et se replie sur la Wallonie ? Bruxelles ne s'en portera pas mieux et la Wallonie, non plus. Ce n'est pas en se désinvestissant de Bruxelles (par exemple dans le domaine de l'enseignement) que la Communauté française investira plus en Wallonie. C'est une situation lose-lose plutôt que win-win ».

Maingain :

« Jean-Claude Marcourt fait de l'isolationnisme qui va à l'encontre des intérêts des Bruxellois et des Wallons. Désormais, il apparaît que c'est également le cas coté wallon. Il y a une complicité implicite entre les régionalistes wallons et les nationalistes flamands. »

« Bruxelles et la Wallonie, pris séparément, n'ont aucun avenir économique ! Il n'y a pas un économiste sérieux (sic ! Voir ci-dessus) qui prône un repli sur soi de ces deux Régions

Moureaux :

« Il faut envisager des scénarios déchirants »

« Si la Wallonie ne veut plus de nous, nous devrons en tirer les conséquences. Les Bruxellois ne doivent pas rester au balcon ! »

 

J’aurais pu ajouter Borsus ou Miller pour le MR. Mais leur position est difficile puisqu’ils doivent donner des gages « d’unité indéfectible » suite à leur rupture avec leur aile bruxellissime. Ne tirons pas sur l’ambulance.

 

On le voit, la perspective de voir la Wallonie oser se prendre en main et veiller – enfin – elle-même à ses intérêts va à l’encontre de la pensée unique (propagande belgo-flamande) de ceux qui ont compris que l’autonomie wallonne servira d’abord l’intérêt des Wallons. On comprend dès lors la stigmatisation immédiate que fait naître toute remarque ou propos concernant une possible réflexion autonomiste ou simplement d’identité… Faut-il rappeler cette jolie définition de l’écrivain liégeois Pierre-René Mélon qui n’a pas pris une ride  : « Repli wallon » : affirmation d'identité émise à plus de 20 kilomètres de la capitale ?

 

 

(1)    Michel Quévit - Flandre - Wallonie Quelle solidarité ? (Editions Couleur-livres 2010

(2)    La nouvelle loi sur le financement ferait gagner à terme 272 euros par habitant à Bruxelles et 207 euros/habitant au Fédéral, tandis que la Wallonie en perdrait 210 et la Flandre 289. http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/article/713673/loi-de-financement-flandre-et-wallonie-et-y-perdront.html

(3)    Sachant que le PIB est le plus mauvais moyen d’estimer la richesse produite par une Région… si on compare les rentrées de l’impôt des personnes physiques (IPP) : Wallonie et Bruxelles représentent autant que la Flandre pour les rentrées fiscales. Ce qui est encore plus frappant, c’est lorsqu’on regarde les rentrées de l’Isoc (impôt des sociétés) : c’est la Wallonie qui reçoit le plus de l’impôt des sociétés… mais qui en parle ?

(4)    « Petit glossaire de la sous-France », Ed. talus d'approche

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 05:40

Que penser de l’article publié ce 12 janvier dans « Le Soir » sous la plume de Béatrice Delvaux ?

 

En gros, d’après l'enquête « Soir-Standaard » : « Chroniques d'un état critique » publiée entre Noël et Nouvel an, si certains en sont encore à rêver d'un plan B (Belgique continuée sous forme de Fédération Wallonie-Bruxelles), pour l’éditorialiste « vedette » de ce quotidien bruxellois, des  « Wallons haut placés » préparent leur futur sans la Flandre et (surtout horreur  sans nom !) sans… Bruxelles.

 

Le caractère plus que tanguant, des analyses et des positions de Mme Delvaux sur les questions dites communautaires est trop bien connu. Tantôt le ras-le-bol et la tentation de jeter le bébé avec l'eau du bain,  tantôt l'encensement quasi mystique de la solution fédérale ou à défaut de mieux, de la liaison (soumission) à la Flandre pourvu que la Belgique survive, tantôt l'exaspération de ce « non-pays » (une de ses expressions favorite) et – le plus souvent - la mise au coin, si pas l’accusation de ringardise de ceux qui ne vont pas dans le sens voulu par la Pythie francophone de la périphérie flamande de Bruxelles.

 

Mais le ton de l’article nourrit de propos divers (et pourtant connus mais redécouverts) donne à croire qu’elle penserait que l'idée qu'un plan « W » serait finalement non seulement nécessaire, mais bienvenu.

Pour nous, c’est évident, pour elle, c’est surprenant. Serait-ce là un vrai changement politique véhiculé par le Soir ?

Relayer l'idée, dans ses colonnes plus que conservatrices au sens unitaristes (reconnaissons le), que la fin de la Belgique serait peut-être pour 2014, voire même 2012 ou au plus tard 2019…  pourrait constituer un fait majeur quand on connaît le poids politique de ce quotidien dans la construction-déconstruction de l'opinion publique. Mais attendons de voir…

 

Si une hirondelle ne fait pas le printemps. Compte tenu du caractère fluctuant de l’auteur de cet article et, sans être parano, d’éventuelles arrières pensées « d’appel à la raison » à ceux qui au sein des partis transitionnels sont très loin d’approuver l’existence d’une identité wallonne (par crainte d’effaroucher leur « électorat fond de commerce) pour essayer de tuer cette idée dans l’œuf », ce qui est intéressant, ce sont les nombreux commentaires d'intervenants qui, sur le même ton et avec des scores d’approbation importants, se réjouissent de cette perspective. Commentaires qui peuvent se résumer d'une seule courte phrase : « enfin le plan W » !

 

Comme quoi, nous étions des précurseurs à l’époque de « W+ » en mettant en avant dans notre programme – et au moins dans un premier temps, tant que ce pays existe encore - une Belgique redessinée sur base des quatre territoires régionaux (*) autonomes et égaux en Droits.  Depuis, on sait qu’il nous reste une petite dizaine d’année.

 

Mais, espérant me tromper, force est aussi de constater que les forces qui irriguent encore l'opinion publique wallonne, conjuguées aux attentes des membres influents de notre population (**), de leur incapacité (ou pusillanimité ?) à se remettre en question, je ne peux qu’en retirer aujourd’hui la conviction que ces derniers iront jusqu'au bout de tout ce qui peut ressembler à la continuation d'une Belgique, aussi fantasmée soit-elle.  Pourtant, même si le gouvernement Di Rupo n'est là que pour repousser l’échéance inéluctable, tous savent maintenant que l'on va vers l’étape suivante : un état confédéral.  C’est est un progrès.

 

Notre rôle est de hâter la réflexion  qui permettra à la scission de se réaliser, étape essentielle pour une solution d'avenir. A nous d’accompagner les Wallons pour accomplir la totalité de leur voyage d’émancipation de la tutelle belge qui leur a tant couté (***).

 

Alors, oui ! En avant pour le plan « W » !

 

(*) Euphémisme pour ce qu’ailleurs, on appellerait « Etats confédérés »

(**) En dehors de membres importants de représentants syndicaux(en particulier Thierry Bodson)  qui ont un message de plus en plus clair.

(***) Je vous renvoie au dernier livre de Michel Quévit qui reste une mine d’informations en attendant la sortie de presse d’un livre original sur le passé et le présent wallon écrit conjointement par un historien (Arnaud Pirotte) et un géographe (Yannick Beauthière).

 

http://0z.fr/8X5qN

 

Repris de Forces Wallonnes

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Journalistes et clubs presse
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 06:39

« N’attendez pas de ceux qui ont créé des problèmes, qu’ils puissent les résoudre »
Albert Einstein.

Madame, Monsieur,

Il reste moins de dix ans à la Wallonie pour reprendre la juste place qui est la sienne dans le concert des Régions développées d’Europe. Les temps qui viennent seront difficiles. L’euphorie médiatique qui a suivi la laborieuse mise en place d’un gouvernement fédéral sous la pression des agences de notation ne doit pas le faire oublier. 

 

Tout au long cette année de campagne électorale, mais aussi les suivantes, nous vous promettons que nous allons surprendre: tout ce que nous dirons, tout ce que nous ferons ne sera dicté que par le seul impératif de l'intérêt supérieur de la Wallonie. Quitte à aller à contre-courant de la pensée générale comme, par exemple, de cette chimère politique sans substance : la « Fédération Wallonie-Bruxelles », posture verbale de la classe politique « francophone » qui camoufle son désarroi stratégique face à un Etat flamand en proche devenir. Le dire, c’est notre mission. C’est notre devoir.

 

Notre combat pour une certaine idée de la Wallonie, c'est un combat quotidien pour un maximum possible d’autonomie, un combat pour que, dans tous les cas, l'intérêt particulier cède devant l'intérêt général, pour que le bien commun ne soit pas accaparé par le profit de quelques-uns mais bien au contraire pour l'avantage de tous. Un combat qui refuse toutes mesures linéaires ou uniformes et qui prend en compte les intérêts locaux, mais en les fédérant dans l’intérêt de tous.

 

Nous pouvons l’affirmer puisque nous ne sommes tenus par aucun groupe d'intérêts, nous conserverons jusqu’au bout notre liberté. Il n'y a pas parmi nous de politiciens usés, d'hommes d'affaires véreux ou encore de « stars » hors du coup. Il y a en revanche avec nous ceux qui ont l'énergie de la résistance, l'espoir, mais aussi la volonté d'un avenir meilleur pour notre Wallonie !

 

Nous sommes certes aujourd'hui plus petits que d’autres, mais l'arbre de la liberté de la Wallonie et du rassemblement des Wallons au service de l'intérêt général est planté ! Cet arbre, c’est celui de la liberté, de la démocratie, et de la fierté que nous pouvons nous réapproprier pour être acteurs de notre destin et  de celui de la Wallonie.

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 19:00

Nous regardons - presque tous les jours - et de plus en plus avec stupéfaction, sur les écrans de nos télévisions, les visages graves des négociateurs gouvernementaux qui, sous couvert de « prendre les mesures qui s'imposent », font en réalité assaut de stratégies partisanes. Prenons du recul...

Leur première erreur majeure est la véritable idolâtrie du PIB. Les vrais économistes, ceux qui ne sont pas payés par les gouvernements, savent que le PIB est une quantité tout à fait artificielle où se mélangent joyeusement la
carpe et le lapin. Bien mieux, elle est trafiquée au hasard des caprices des politiques, ces trafics se produisent dans tous les pays ; or l'on prétend faire les calculs de PIB à l'échelle des Régions ou de l'Europe et forcément les ajustements obligatoires sont livrés à l'arbitraire. Bien pire, certains économistes font même des calculs à l'échelle mondiale, comme si un PIB mondial satisfaisant pouvait fournir du travail aux Américains mis au chômage par Barak Obama ou à nos sidérurgistes qui le sont par Mittal...

Au demeurant, il n'y a pas de véritable indice pour mesurer la richesse des nations qui, par définition, ne peut pas être mesurée.

Une autre idole universelle est à mettre aussi en question : la « sainte croissance », qui résoudrait tous les problèmes. Le malheur est que cette sainte croissance n'obéit pas vraiment - ou alors si peu - aux ordres des gouvernements, même les plus interventionnistes.

L'idée un peu folle est que cette dernière pourrait aider à supprimer les déficits budgétaires. Nos journaux se remplissent de pourcentages qui ne veulent pas dire grand-chose. Si le PIB est faux par nature, les réflexions sur la croissance - en pourcentage du PIB - le sont aussi. D'autant que pour résoudre les problèmes grâce à la croissance, il faudrait des taux
absolument déraisonnables étant donné les chiffres tels qu'ils sont réellement (mais sont-ils vraiment réels ?) malgré les manipulations du PIB. La controverse, alimentée par les sociétés de notation, bat alors son plein entre les chiffres annoncés par les gouvernements et, par exemple, ceux que prévoit l'Europe ou d'autres : c'est un festival. Chacun s'appuie sur des
moyennes et/ou sur des comparaisons avec les années précédentes. C'est ainsi qu'à la Banque nationale de Belgique, on « balaie sous les tapis » pour voir si un 0,1 % ne se serait pas caché là !

Enfin, le dérapage se poursuit avec l'énoncé d'un seul objectif : « la diminution du déficit budgétaire ».

Un surplus public a existé, il y a fort longtemps, et il existe encore dans certains pays. Ce devrait être l'objectif essentiel d'une bonne gouvernance et ce n'est pas le cas puisqu'il n'est seulement question de diminuer le déficit dans un avenir incertain à savoir : 2012, 2013, 2015, 2050 (?) etc. Ceux qui occupent le pouvoir ont, au demeurant, tellement peur de leur propre incapacité à l'atteindre, cet objectif, qu'ils militent pour l'inscription dans la constitution d'une « règle d'or » : un « déficit
acceptable ». Pour n'importe quel observateur de l'actualité récente, ce projet ne serait évidemment qu'une barrière de papier incantatoire, inopérante et contournée à la première occasion.

En outre, l'action sur le déficit budgétaire fédéral, évidemment utile et nécessaire, est un peu l'arbre qui cache la forêt. Puisque le point essentiel est l'importance de l'endettement public global. A supposer que le déficit budgétaire soit réduit, cela n'aurait pas de conséquence si par ailleurs l'endettement global de tous les pouvoirs publics et de toutes les institutions para publiques augmentent par le transfert ou la création de nouvelles dettes.

Nous avons aussi vu récemment sur les écrans les visages graves des membres du G20 avec en figure de proue Sarkozy et Merkel engagés dans une course poursuite vers un accord qui sera forcément ruineux pour tous. Ce vrai spectacle s'accompagne d'une dramatisation : « L'avenir de la zone euro va se jouer ». Le prétexte immédiat est de « sauver » la Grèce ce qui serait nécessaire pour éviter la propagation de l'incendie ailleurs. Ce prétexte est erroné, car les actions engagées - on le voit par les réactions des Marchés financiers - diffusent les inquiétudes sur des pays bien plus importants. Pour prétendument « sauver » la Grèce, il est déversé des tonnes d'argent, or personne n'ignore que ce sera un trou sans fond avec en prime le terrible malheur de la population victime des prétendus remèdes. La valse des sommes à emprunter à cette fin va de 440 milliards d'euros à 1000 milliards d'euros. Un fonds européen ainsi que d'autres moyens seront utilisés à cet effet. La planche à billets tourne à plein régime à la grande inquiétude des Allemands. (*)

Enfin, ce qui ne serait - en temps normal qu'un bête dérapage vite maîtrisé devient un véritable toboggan lorsque l'on évoque le remède qui va être utilisé : de nouveaux impôts. Ces manipulateurs au sommet de l'Etat se rendent bien compte que leurs objectifs ne seront pas atteints sans pourtant vouloir expliciter les raisons véritables énoncées ci-dessus. C'est ainsi
que sont évoquées des mesures correctives urgentes ; elles se réduiront à des aggravations fiscales et des pertes de pouvoir d'achat. Or, nous sommes déjà noyés sous les différentes formes d'impôts. Les médias, et donc les citoyens, sont tellement imprégnés par cette pensée unique (inique ?) qu'ils n'imaginent pas qu'il puisse exister un autre chemin.

Tout impôt quel qu'il soit est destructeur de la richesse nationale et en conséquence contraire aux objectifs officiellement annoncés. Certes, parmi ces mesures, nous entendons parfois évoquer la nécessaire et massive diminution des dépenses en commençant par les plus inutiles, voire les plus stupides. Mais la culture de la dépense publique est fortement ancrée dans
la sphère des partis traditionnels... et s'adosse à la richesse personnelle qu'en tirent ces mêmes acteurs publics ! On n'évoque pas - par exemple et puisque tout le monde - dit-on - « est invité à participer... » - la réduction ou même la suppression des dotations publiques aux partis politiques...

A examiner les faux théorèmes, on comprend que personne parmi ces derniers n'ait envie de prendre courageusement le chemin de la vérité qui serait aussi rigueur pour eux.

En toile de fond de toute cette tragédie se trouve l'objectif fondamental de sauver l'euro. Or cette monnaie n'est qu'un appendice inutile de la construction européenne, l'objectif final étant en fait de sauver l'Europe. Cet objectif qui est pourtant très clair se manifeste par le projet de renforcer la gouvernance économique de l'Europe. Or, l'Europe qui est acquise à la mondialisation « par le bas » sous l'influence des marchands et des financiers incontrôlables (en fait, le néo-libéralisme) inonde le continent, sous prétexte d'uniformité destructrice d'identités, de directives superfétatoires, socialement et économiquement couteuses.


Dans ce contexte, la crise a encore de beaux jours devant elle.

 

(*) Michel Henrion signale la publication par le Standaard des inquiétudes d'un économiste allemand, Gernot Brähler, professeur à l'Université d'Ilmenau,qui affirme - sur base d'un module mathématique- que "les données belges ont fait trembler ses chercheurs."
Les chiffres belges, de 1999 à 2009, seraient d'après dans les tests seulement "légèrement mieux" que les grecs.
Il y aurait une indication que "les chiffres de ce pays avec son endettement élevé ne correspondent pas à la situation réelle". L'équipe de recherche allemanderecommande donc que l'on vérifie les chiffres belges pour complément d'enquête.
http://www.standaard.be/artike l/detail.aspx?artikelid=DMF20111025_113

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule - Communauté : Avenir de la Wallonie
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