« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

*

« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
*

« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
*
De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 06:26

 

NB : ce billet est également publié sur http://www.forces-wallonnes.be.

 

En cette veille du premier mai, fête (initialement de la déduction) du travail, que chacun cherche à s’approprier, le RW vous invite à la réflexion.

 

Qui va faire gagner la Wallonie demain ? : Ceux qui comprendront l’attente principale des Wallons et sauront la satisfaire.

 

Mais quelle est-elle donc, cette attente ?

 

Comment arriver en effet à faire un choix judicieux entre tous les thèmes politiques d’actualité sur lesquels les Wallons sont en attente ? De l’emploi à la croissance, de l’immigration à la sécurité, de la dette au budget, de l’index à la compétitivité, de l’Europe à la mondialisation, de l’éducation à l’écologie, du Fédéral à la Région, de la Région à la Communauté…

Pas simple ! Ne sommes-nous pas en effet devant une sorte d’immense fouillis devenu assez incompréhensible pour le commun des mortels ? Comme un cochon qui n'y retrouverait pas ses petits, le politique le plus habile éprouve lui aussi quelques difficultés quant à la sélection du thème essentiel, quitte alors à recourir aux vielles recettes du populisme ou de la langue de bois. Il suffit d’ouvrir vos journaux ou d’écouter les émissions politiques pour s’en rendre compte.

 

Pourtant, à y regarder de plus près, sur tous ces sujets sur lesquels les politiques traditionnels sont cruellement en échec, quelque chose prime dans la tête de tous les Wallons : le sentiment diffus de toujours subir, d’avoir perdu la main. Voilà l’attente principale qu’il faut satisfaire : ils veulent qu’on les aide à reprendre la main sur tous ces sujets qui sont les leurs.

 

Car les faits sont là. Depuis soixante ans, un peu comme le savon mouillé glisse de la main, tout leur a échappé : le travail pour commencer qui, par les grands changements que l’entreprise a connus, imposés par le système (je ne reviendrai pas sur les causes exogènes et parfaitement démontrées de ce qu’on a appelé « le déclin wallon » *) et par sa disparition progressive au fil des années, les a poussés subrepticement dans la précarité, l’incertitude du lendemain ou la solitude sociale ; la monnaie, la dette, et le budget avec ses coupes sombres dans les revenus, imposées par une politique d’austérité due aux errements des banquiers et à une pensée unique elle aussi importée qui sacrifie les recettes de la croissance ; les systèmes sociaux (il n’y a pas que la Sécurité sociale) destinés à compenser, à rééquilibrer les situations personnelles et que chacun a vu se faire détruire progressivement; l’Europe et la mondialisation qui ont complètement éloigné les citoyens de ces sphères nouvelles de décision ; l’enseignement qui les a progressivement écartés de l’école et de la compréhension même des choses les plus élémentaires pour aider leurs enfants à espérer avoir une vie plus agréable qu’eux ; la politique enfin qui ne propose plus grand-chose d’exaltant ni d’alternative... La récente sortie de la FGTB de Charleroi contre un certain PS (« La Libre » du 30 avril 2012) le montre encore… « A force de composer, on finit par se décomposer » dit à juste titre Daniel Piron dans cette interview.

 

Enfin, facteur d’aliénation, le bond technologique et surtout médiatique auquel les Wallons se sont d’ailleurs très bien adaptés mais qui a curieusement eu deux mauvaises conséquences quant à leur liberté : il a inversé les rapports de force, rendant le client vassal du fournisseur, et il les a éloignés de leurs réalités en créant une véritable addiction aux médias - si peu - sociaux et aux nouveaux gadgets High Tech…

 

Bref, pour chaque Wallon, un destin devenu aléatoire a remplacé peu à peu la maîtrise relative que celui-ci avait eue dans le passé sur toutes ces réalités. Avec pour conséquences perverses une certaine forme de repli sur soi, un désintérêt affiché pour la chose publique, la réduction de sa place et de son engagement dans la vie civile, pourtant gage du bon fonctionnement et de la qualité de la démocratie. Il ne faut pas chercher ailleurs les causes de la poussée de certains partis aux élections présidentielles françaises.

 

Et chez nous ? Dans les partis traditionnels qui ont mis des barrières à l’entrée des partis émergents, facteurs de renouvellement et qui, en conséquence, occupent le pouvoir depuis tant de temps, où sont donc passés les militants sincères et désintéressés ?

 

Démocratie ? Oui le voilà, le véritable enjeu des prochaines années: aider les Wallons à reprendre la main sur leur destin plutôt que les maintenir sous le joug d’une fausse et illusoire protection belge.

 

Il est temps d’arrêter la poursuite d’une politique qui accentue la perte vertigineuse qu’ils ressentent - à juste titre - dans la conduite de leur vie ; mais aussi celle consistant à vouloir les protéger à tout prix contre la réalité soi-disant inéluctable du monde à venir. Une autre manière en somme, après les avoir fragilisés, de les maintenir dans l’infantilité.  

Il faut dire que la seule certitude en la matière, c’est qu’il n’y en a pas. Il n’y en a jamais eu.

 

A nous, au Rassemblement wallon, de leur offrir la perspective du changement qui, non seulement rompra avec ce passé atrophiant quant à leur liberté de choisir, mais leur ouvrira de nouveaux horizons en les responsabilisant et en leur redonnant ce « goût de l’avenir » dont Max Weber disait qu’il est le fondement de la politique.

 

(*) Après des travaux fondateurs comme ceux de M. Michel Quévit, un consensus s'est dégagé pour reconnaître que la Wallonie a souffert d’un désinvestissement des décideurs économiques belges au profit de la Flandre, à savoir la haute bourgeoisie bruxelloise placée à la tête des sociétés holdings qui contrôlaient une grande partie du capital des entreprises belges.

Par Claude Thayse
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 17:34

Un communiqué de la Régionale Rassemblement Wallon du Brabant wallon

 

La déclaration gouvernementale fédérale comprend le projet de fusion d’arrondissements judiciaires pour en réduire le nombre de moitié. Deux raisons – en plus des économies d’échelle escomptées - peuvent justifier cet objectif.

 

Il est évident que cette réforme s’inscrit dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler la scission de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvoorde qui fait (faisait ?) figure d'exception puisqu'il s'étend sur deux arrondissements de régions différentes. L'arrondissement judiciaire de Bruxelles est qualifié de bilingue français-néerlandais. Le principe de cette scission est acquis moyennant quelques accommodements.

 

Les arrondissements actuels datent d’une époque - la période française pour l’arrondissement de Nivelles - où les déplacements étaient longs et difficiles et par ailleurs, la structure politique et institutionnelle du pays a évolué.

 

La Régionale Rassemblement Wallon du Brabant wallon estime qu’à l’instar d’autres institutions, l’organisation pratique de la Justice doit s’adapter à l’évolution institutionnelle et sociologique du pays. En d’autres termes, il faut rapprocher la Justice des citoyens et servir ces derniers dans la langue de leur Région. Plutôt que de se faire sous les influences politiques des uns et des autres, la réflexion devrait se nourrir d’une étude intégrant les besoins réels de la population en termes de proximité.

 

Pourquoi, par exemple maintenir le système actuel des Cours d’Appel  dont les juridictions ne correspondent pas aux limites administratives des provinces, ni même des Régions puisque actuellement le Brabant wallon dépend de la Cour d’Appel de Bruxelles ? Pour mémoire, hors cette dernière située de fait en dehors du territoire wallon, Il y a deux Cours d’appel à Mons et Liège. Est-ce normal, réaliste et surtout suffisant ?

En effet, il est évident que l’existence de décrets et règlements spécifiques à la Wallonie va s’accentuer. Ce qui va devoir être appliqués par les tribunaux... Pensons simplement à l'aménagement du territoire qui a une très grande implication judiciaire.

 

La Régionale RW du Brabant wallon veut rappeler aux élus fédéraux de la province, qui devrait être une vraie province à part entière (*), que le Brabant wallon fait partie intégrante de la Wallonie. Il les appelle à être particulièrement vigilants dans ce dossier et à ne brader ni l’intégrité de la province ni surtout l’appartenance régionale au nom d’on ne sait quels intérêts communautaires.

 

Le Rassemblement Wallon souhaite que la réforme en cours soit l’occasion de revoir l’organisation administrative et territoriale de la Justice pour que celle-ci corresponde aux réalités institutionnelles et sociologiques de la Wallonie actuelle et future. En particulier pour les habitants du Brabant Wallon, Wallons à part entière.

 

(*) C’est un autre domaine, mais faut-il rappeler l’oubli de la scission du Diocèse de Malines-Bruxelles qui inclus encore le Brabant wallon - incongruité que, alors que les diocèses d’Anvers et de Hasselt voyaient logiquement le jour à la fin des années 1960 -  et dont le principe a pourtant été accepté en son temps par le Vatican lors de la scission de l’ancienne province unitaire du Brabant ? Oubli qui coûte cher chaque année puisque le budget du Brabant wallon intervient dans des travaux des fabriques de cathédrale de Malines et de Bruxelles sans que les Conseillers provinciaux s’en émeuvent, alors qu’il suffirait de refuser de voter ce point pour provoquer le débat nécessaire.

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Brabant wallon - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 11:45

Voici le texte d'une pétition envoyée aux candidats à la Présidence de la République et aux actuelsdéputés à l'Assemblée nationale.

 

Elle rejoint complètement les positions du Rassemblement wallon en ce qui concerne la défense de notre patrimoine culturel tellement mis à mal par la « Fédération Wallonie-Bruxelles».

 

Abandonner nos langues nationales est un crime culturel, politique et économique.

 

L’anglo-américain connaît un degré d’extension mondiale jamais atteint par aucune langue avant lui. Son éventuel reflux prendra des décennies. Il doit son triomphe actuel à la surpuissance d’abord de l’Empire britannique, puis des Etats-Unis après 1945, et à leurs politiques très volontaristes d’expansion linguistique et de « conquête des esprits ».

 

Cette domination entraîne une dévalorisation des autres langues, y compris des plus grandes telles, en Europe, l’allemande, l’italienne. La langue française la subit de plus en plus à l’étranger  et en France. L’anglicisation forcenée pénètre commerce, communication interne de grandes entreprises, publicité, médias, audio-visuel, jusqu’aux secteurs vitaux : recherche et publications scientifiques, brevets non traduits.

En France, comme en Italie et en Allemagne, l’enseignement est affecté. Dès l’école maternelle et élémentaire, le temps imparti au français diminue au profit du seul anglais. Dans les écoles de commerce, dans tout l’enseignement supérieur, les cours en anglais prolifèrent. Peut-on accepter qu’un «  classement de Shanghaï », basé sur des critères exclusivement anglo-américains, prétende faire loi en matière d’évaluation scientifique, et formate les esprits au détriment de leur créativité ? Nouvelle guerre contre l’intelligence ! (Charles Durand).

 

Ce que l’hégémonie de l’anglais fait perdre en influence, en cultures populaires, en attraction d’étudiants étrangers, à l’allemand, au russe, au français, etc., les Anglo-Américains le gagnent. Sur le simple plan matériel, le Pr. François Grin, de l’Université de Genève, chiffre leur gain annuel en dizaines de milliards d’euros.

 

L’avenir du monde ne repose pas sur la langue anglaise ! L’imposer comme langue commune puis unique est une aberration tant culturelle et spirituelle qu’économique et politique.

 

Plus grave : cette hégémonie est relayée, voire portée, par les élites d’Europe, bien que toutes ne soient pas les « collabos de la pub et du fric » stigmatisés à juste titre par Michel Serres.

En France, la baisse des crédits au remarquable réseau d’action culturelle – lycées, instituts, Alliances françaises - et de coopération à l’étranger  s’est accentuée ces dernières années.

C’est surtout cette attitude vassale qu’il convient de dénoncer et faire cesser dans les parties de nos peuples intoxiquées par une propagande incessante depuis plus d’un demi-siècle.

Nous appelons les Français, tous les francophones, non seulement à s’indigner, mais surtout, contre la politique de la langue unique, contre la pensée unique (Claude Hagège), à résister.

 

La résistance au mondialisme niveleur, pour le français et la biodiversité linguistique, doit être au cœur des élections prochaines, puisque la langue est un bien commun que chacun peut contribuer à préserver tous les jours, et lors des élections.

 

Nous invitons donc les citoyens qui refusent la soumission à cet ordre destructeur de la personnalité de la France, de sa langue et de la diversité linguistique et culturelle, à demander un engagement clair à tous les candidats à la Présidence et à la députation.

Par Claude Thayse
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 05:30

Je délire peut-être, mais...

 

Si j’ai bien compris, en termes techniques (je vous résume -une partie de - la théorie), les swaps (de l'anglais « to swap »  : échanger) sont des échanges d'une devise contre une autre, alors que fonctionnellement, c'est une sorte d’emprunt.

 

Un swap c'est, en quelque sorte, un accord entre deux parties qui s’entendent pour procéder à un échange. Une forme d’arrangement qui consiste à effectuer une transaction à double sens d’actifs financiers. On tire sur son crédit et on reconstitue ensuite dans un court délai son droit au tirage.

 

Le montant principal du swap n’est pas échangé, c’est pourquoi on parle souvent de montant « notionnel ». Seuls les flux d’intérêts sont échangés aux dates prévues par le contrat. Les deux contreparties peuvent convenir de ne s’échanger que la somme nette des montants dus de part et d’autre. En règle générale, l'une des deux parties paie donc un intérêt à l'autre partie du swap. Cela dépend des différentiels entre les taux d'intérêt en cours entre les deux devises.

 

Au cours de la crise 2008-2009, la FED (Réserve fédérale américaine) a fourni près de 60 milliards de dollars sous cette forme de crédit à diverses institutions financières étatiques. Finalement, parce que les conditions de crédit se sont améliorées depuis, les emprunteurs de l'époque ont logiquement « débouclé » (comme on dit dans les milieux financiers) ces swaps, ce qui les a fait disparaître complètement du bilan de la FED... Jusque là, rien à dire.

Mais pourquoi parler de ça ici ?

 

Parce que c’est à partir de maintenant que ça devient intéressant, suivez-moi…les choses sont à nouveau en train de changer.

 

Vous le savez, la Banque centrale européenne (BCE) ne peut pas directement renflouer les gouvernements insolvables européens de Grèce, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, (de Belgique ?) etc... Comme de son côté, la FED ne peut pas directement sauver les banques (insolvables !) européennes…

 

On en vient donc aux techniques de renflouements indirects...

 

Principe de fonctionnement :

 

La FED est actuellement en train d'accélérer à nouveau son activité de swap et ouvre de nouvelles lignes de crédit illimitées à la BCE sous ce qu'on appelle des « accords de swap » entre banques centrales.

A son tour, la BCE fournit des capitaux pour trois fois rien aux banques européennes en difficulté (0,01 %*). Puis, les banques - comprenant une contrepartie tacite ? - utilisent ce financement très bon marché pour acheter les bons d’Etat à fort rendement des états endettés, dégradés par les agences de notation.

 

Donc, si l'on suit le parcours de l'argent, la FED prête (indirectement) de l'argent aux états endettés... en passant indirectement par les banques européennes (insolvables, mais… refinancées par les Etats auquels elles prètent à fort taux d'intérêts) qui gagnent de l'argent (qu'elles ne méritent pas) dans l'affaire, tandis que les contribuables perdent de l'argent qu'ils ne méritent pas de perdre...

 

Voilà pourquoi votre fille est muette !

 

C'est simple la finance internationale!

 

Merci de réagir si vous estimez que je n'ai rien compris... Mais... 

 

(*) http://www.larrouturou.net/2012/01/pourquoi-faut-il-que-les-etats-payent-600-fois-plus-que-les-banques/

 

Et pour compléter, à lire : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201846370526-stiglitz-exhorte-les-europeens-a-repenser-leur-gestion-de-la-crise-276137.php

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 18:30

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les propos de Jean-Claude Marcourt, pourtant mesurés ont eu le mérite de susciter le débat… Un débat qu’avec d’autres nous souhaitions depuis des années.

 

La réalité

 

Qu’a-t-il dit concrètement sinon ceci : « il faut  déconstruire  la fédération Wallonie-Bruxelles pour la reconstruire ensuite »… Rien de bien dramatique. Au contraire, un raisonnement logique pour quelqu’un qui a dans ses compétences l’enseignement supérieur du commerce extérieur, des PME et l’Economie et qui se rend bien compte des dysfonctionnements induits par cette institution qui empêche les deux Régions de mener à bien les politiques qui les concernent. Il n’a pas tort, « cette fédération ne correspond plus à rien. »

 

Marcourt a évidemment pris la mesure du Mouvement bruxellois (une réalité, même si peu osent l’appeler comme ça) puisque même le CdH bruxellois a, à l’occasion d’un déjeuner de Nouvel An (10 janvier), également insisté pour que le monde politique bruxellois se montre proactif afin de consolider l’autonomie de la Région… Le PS était intervenu récemment dans le même sens lors du budget de la « COCOF » et une députée libérale avait même estimé en même temps que la Fédération Wallonie-Bruxelles était plutôt une fédération Wallonie-Wallonie (ainsi que d’autres… Belle unanimité !). Je ne remontrerai pas à l’époque où Fadila Lanaan, fraîchement désignée Ministre en charge de la culture annonçait qu’elle allait rééquilibrer les subsides en faveur de Bruxelles qui comme chacun le sait est « une sorte de désert en matière d’institutions culturelles »....

 

Et si, simplement, Marcourt avait voulu rappeler aux Bruxellois que s’ils existent c’est parce que la Wallonie les a défendu et les défend encore face à la Flandre ? Après tout, depuis 1830, la Wallonie a transféré des moyens financiers et humains (1) considérables pour favoriser le développement de Bruxelles et de toute la Flandre (Sans compter les Fourons qui ont été sacrifiés (abandonnés) pour permettre la reconnaissance de la Région bilingue de Bruxelles-Capitale).

 

Difficile dans ces conditions - sans être de mauvaise foi -  de critiquer la solidarité des Wallons envers Bruxelles. Solidarité qui a été sans faille jusqu’ici.

 

La 6ème réforme de l’Etat oblige évidemment à réfléchir – et très vite – aux moyens à mettre en œuvre et aux outils nécessaires pour accélérer le redressement socio-économique de la Wallonie. Quoi de plus normal ? Et ce qui est valable pour la Wallonie l’est également pour Bruxelles qui –peu touchée grâce à la réforme de la loi de financement - s’en sort bien alors que la Flandre et surtout la Wallonie et y perdront suivant des économistes de la KUL (2).

 

Le Rassemblement Wallon depuis qu’il existe a toujours plaidé pour une plus grande responsabilisation des Régions et la prise en main de leur destin. Ce qui n’exclut nullement – et nous ne pouvons nous réjouir de lire qu’un des principaux ministres du gouvernement wallon nous rejoigne sur ce point - des accords de coopération équilibrés entre Régions voisines. Chacun étant maître chez soi. La seule nuance concerne le nombre. Marcourt n’en voit que trois. Faut-il lui rappeler que là aussi, c’est comme les Mousquetaires… qui étaient quatre ?

 

J’aime assez cette opinion de Michel Quévit à « La Libre » dans laquelle il montre une belle évolution et remet les pendules à l’heure : « La Wallonie est viable seule, oui. Vous savez, tout est relatif : la Flandre est la 45e région d’Europe et Bruxelles est 3e ! Tandis que la Wallonie se classe 70e en termes de PIB/habitant (3). Dans ce débat, on est dans une logique de stigmatisation. Or, la Wallonie peut s’en sortir seule : elle n’est pas la dernière région d’Europe, elle est juste en dessous de la moyenne. Mais c’est le rôle de la politique que de lui permettre de passer au-dessus de cette moyenne. Il n’y a pas de fatalité au sujet du redressement économique. Le Pays Basque était comme la Wallonie avant de revenir dans la moyenne européenne. Et ils n’ont pas besoin de la Catalogne pour s’en sortir ».

Il a raison, nous sommes bels et bien là dans une logique de stigmatisation. Tout le monde, à commencer par les Flamands a peur de la prise d’autonomie de la Wallonie.

Le bêtisier

 

Sans parler des éditorialistes des journaux de la capitale, à tout seigneur tout honneur ; à ce jour, ceux qui ont hurlé le plus fort sont Flamands (Grouwels) et Bruxellois comme Maingain ou Moureaux. (entre autres…)

 

Morceaux choisis :

Grouwels :

« Pourquoi Marcourt voit-il Bruxelles comme un frein ou un handicap plutôt que comme un atout ? Pourquoi veut-il que la Communauté française se retire de facto de Bruxelles et se replie sur la Wallonie ? Bruxelles ne s'en portera pas mieux et la Wallonie, non plus. Ce n'est pas en se désinvestissant de Bruxelles (par exemple dans le domaine de l'enseignement) que la Communauté française investira plus en Wallonie. C'est une situation lose-lose plutôt que win-win ».

Maingain :

« Jean-Claude Marcourt fait de l'isolationnisme qui va à l'encontre des intérêts des Bruxellois et des Wallons. Désormais, il apparaît que c'est également le cas coté wallon. Il y a une complicité implicite entre les régionalistes wallons et les nationalistes flamands. »

« Bruxelles et la Wallonie, pris séparément, n'ont aucun avenir économique ! Il n'y a pas un économiste sérieux (sic ! Voir ci-dessus) qui prône un repli sur soi de ces deux Régions

Moureaux :

« Il faut envisager des scénarios déchirants »

« Si la Wallonie ne veut plus de nous, nous devrons en tirer les conséquences. Les Bruxellois ne doivent pas rester au balcon ! »

 

J’aurais pu ajouter Borsus ou Miller pour le MR. Mais leur position est difficile puisqu’ils doivent donner des gages « d’unité indéfectible » suite à leur rupture avec leur aile bruxellissime. Ne tirons pas sur l’ambulance.

 

On le voit, la perspective de voir la Wallonie oser se prendre en main et veiller – enfin – elle-même à ses intérêts va à l’encontre de la pensée unique (propagande belgo-flamande) de ceux qui ont compris que l’autonomie wallonne servira d’abord l’intérêt des Wallons. On comprend dès lors la stigmatisation immédiate que fait naître toute remarque ou propos concernant une possible réflexion autonomiste ou simplement d’identité… Faut-il rappeler cette jolie définition de l’écrivain liégeois Pierre-René Mélon qui n’a pas pris une ride  : « Repli wallon » : affirmation d'identité émise à plus de 20 kilomètres de la capitale ?

 

 

(1)    Michel Quévit - Flandre - Wallonie Quelle solidarité ? (Editions Couleur-livres 2010

(2)    La nouvelle loi sur le financement ferait gagner à terme 272 euros par habitant à Bruxelles et 207 euros/habitant au Fédéral, tandis que la Wallonie en perdrait 210 et la Flandre 289. http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/article/713673/loi-de-financement-flandre-et-wallonie-et-y-perdront.html

(3)    Sachant que le PIB est le plus mauvais moyen d’estimer la richesse produite par une Région… si on compare les rentrées de l’impôt des personnes physiques (IPP) : Wallonie et Bruxelles représentent autant que la Flandre pour les rentrées fiscales. Ce qui est encore plus frappant, c’est lorsqu’on regarde les rentrées de l’Isoc (impôt des sociétés) : c’est la Wallonie qui reçoit le plus de l’impôt des sociétés… mais qui en parle ?

(4)    « Petit glossaire de la sous-France », Ed. talus d'approche

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule
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