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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
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« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
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« Si la Belgique disparaît (...) l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants » (Jules Destrée : Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175)  

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« Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. » (Armand Gatti)
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« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » (Amin Maalouf)
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De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston Churchill)

 

Les textes publiés ici sont évidemment libres de droits et peuvent être reproduits ou diffusés, en partie ou en entier... sans modéraztion à condition d'en citer la source.

Vendredi 1 février 2013 5 01 /02 /Fév /2013 11:34

Communiqué du Mouvement du Manifeste Wallon

Le Mouvement du Manifeste wallon s’est intéressé, au cours de ces derniers mois, au difficile cheminement du projet de réforme du Ministre J.C.MARCOURT, touchant le « Paysage de l’enseignement supérieur et universitaire ».

Au lendemain de l’accord obtenu par le Ministre de l’Enseignement Supérieur avec les Recteurs des six institutions universitaires principales de l’espace Wallonie-Bruxelles, le MMW, a analysé en Conseil d’administration  la substance de ce récent  accord, à la lumière de sa revendication, toujours confirmée, d’une régionalisation de l’Enseignement ; et il entend faire connaître sa forte déception à cet égard, au vu de la conclusion des multiples concertations.

Tout en reconnaissant avec satisfaction que de réelles avancées sont par ailleurs acquises, notamment pour faire admettre par tous la nécessité d’un dialogue et d’une coopération plus intenses et concrets entre les différentes institutions et réseaux d’enseignement supérieur et universitaire, le Mouvement du Manifeste wallon entend se distancier de la manière la plus nette , des orientations et principes directeurs adoptés mentionnés ci-après ; ils trahissent en effet, selon le MMW, une volonté claire de préservation du modèle de gestion politique et organisationnel COMMUNAUTAIRE de ce type d’enseignement, bien plus qu’ils ne font apparaître une réelle émergence d’un nouveau modèle de structuration REGIONALE  ET  INTER-REGIONALE, modèle que le MMW considère comme bien plus prometteur, en termes de dynamisation et de transversalité, dans la perspective du redressement wallon et bruxellois :

1. L’organe supérieur de coordination mis en place, qu’est l’Académie unique ARES, instituée dans un but de recherche permanente de qualité et d’excellence, est exclusivement conçu et organisé selon la configuration communautaire traditionnelle, sans prévoir aucun espace réel pour une vraie coordination universitaire wallonne préalable ;

2. La distinction territoriale entre l’enseignement présent dans le Brabant wallon et celui en place en Région bruxelloise , distinction initialement introduite avec clairvoyance dans le projet ministériel, a été finalement fortement gommée par le Ministre, sous la pression principalement de l’Université Catholique de Louvain, institution agrippée  à sa seule compréhension communautaire traditionnelle de sa mission et de sa gestion ;

3. Les pôles géographiques ou « académiques », destinés à permettre dans l’espace des regroupements d’institutions d’enseignement supérieur, sont définis en fonction d’un découpage territorial passéiste et purement conventionnel de la Wallonie, scotché aux désuètes limites de provinces, dans une large méconnaissance des nouvelles unités territoriales de base que sont les bassins de vie et les bassins scolaires ; de cette médiocre appréhension du paramètre territorial, découle, à titre d’exemple, un isolement inacceptable de l’espace d’enseignement correspondant à l’actuelle Province de Hainaut, espace censé remplir à lui seul, contre toute raison, la double fonction de pôle et d’ « inter-pôle »  d’enseignement supérieur et universitaire…

En conclusion, pour ces raisons principales, le Mouvement du Manifeste wallon entend exprimer ses nettes réserves quant aux potentialités de la nouvelle ‘architecture’ esquissée, et ce, eu égard aux objectifs primordiaux du développement régional, du relèvement sensible du taux de réussite des étudiants, et d’une démocratisation vraiment accrue de l’accès des jeunes à ce type d’enseignement.

Le MMW appelle donc à une reconsidération approfondie du projet de réforme dont il est question, et ce , dans l’intérêt même tant du niveau de qualité de l’enseignement, de la recherche, et de la gestion des institutions elles-mêmes, que des populations étudiantes concernées et de la redynamisation du tissu socio-économique des Régions.

                                                    Pour le Conseil d’Administration du Mouvement du Manifeste wallon,

                                                                                                                  Jean LOUVET , Président

Par Claude Thayse - Publié dans : Invités - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 01:52

 « L'homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l'opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c'est à vous qu'est spécialement imposé le devoir de l'accélérer. Pour remplir votre mission, il faut faire précisément tout le contraire de ce qui a existé avant vous ». (Robespierre)

 

 

Je ne vais pas vous parler de cette foutaise qui occupe certains esprits à propos d’une catastrophe planétaire. Soyons sérieux, ça occupe et permet d’occulter beaucoup de choses. Ainsi, la presse - concentrée à Bruxelles - a très peu parlé de la réunion de mercredi à l’Elysette, siège du gouvernement wallon d’une commission qui a pour tâche d’organiser les nouvelles compétences de la Wallonie. Compétences qui sont transférées du fédéral. Il était pourtant temps !

 

Il était temps, dans la mesure où les nouvelles compétences wallonnes concernent chacune et chacun d’entre nous, au quotidien. Maisons de repos, allocations familiales, sécurité routière, fiscalité (changement de mécanisme de la loi de financement), activation de l'emploi et d’autres domaines qui seront désormais traités par les gouvernements de la Wallonie et de Bruxelles.

 

Mais, il y a, en plus, un sentiment d'urgence à redéfinir un projet wallon, à remettre en place la dynamique wallonne. Je ne peux que me réjouir à ce sujet de lire que la principal parti de Wallonie retrouve des accents wallons par les déclarations de ses ministres Tillieux et Marcourt. De même des propos de milieux syndicaux et mutuelliste de la même mouvance qui vont dans le même sens. C’est un bon signe parce la population ne se sent guère concernée par ces réformes, certes encore trop timides pour ceux qui sont conscients de l'évolution de institutionnelle, conscient des échéances, des compétences à mettre en œuvre. Alors que la Flandre, dès 1999, a émis, par le biais de son parlement, des résolutions qui ont tracé le sillon de sa politique durant de nombreuses années, la population wallonne, confortée par les médias, vit, quelque part encore, dans l'image d'une Belgique protectrice et immuable. Or, il est du rôle de tout ce qui tourne autour du monde politique, de tout ce qui a de l'influence, des intellectuels, de prendre leurs responsabilités en avisant les citoyens avec méthodologie et pédagogie, de ce que, désormais, leur avenir et leur quotidien seront liés à davantage de Wallonie que d’État Fédéral.

 

C’est pourquoi, je me réjouis du débat « intra-francophone » qui s’est enfin ouvert à l’initiative de membres wallons et bruxellois d’un parti qui était pourtant devenu frileux sur ce sujet sous la très longue présidence de l’aventurier conservateur, royaliste et belgo-unitariste présidant actuellement aux destinées d’un gouvernement fédéral qui applique, le doigt sur la couture du pantalon, les ukases d’une Commission européenne inféodée aux agences de notation, aux « Marchés » et aux banquiers.

 

Je suis surtout heureux de lire les propos du nouveau président du PS bruxellois qui m’incitent à penser que là-bas aussi, l’idée régionaliste progresse. Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, et dans les autres formations, la tiédeur (et je suis gentil en écrivant ça) domine encore quand ce ne sont pas des réactions hostiles et irrationnelles. Et pourtant, tant les Bruxellois francophones que les Wallons ont tout à gagner d’une redéfinition de leurs relations.  Comment, en effet, peut-on encore être promoteur d’un communautarisme linguistique qui si on le maintien va, par exemple, forcer les Bruxellois à avoir un problème de sous-nationalité après 2014 ?

 

Il est temps de sortir de cette opposition stérile et néfaste, cette logique communautaire qui nous a été imposée par l’aveuglement de certains et qui si elle a fait le bonheur de la Flandre (et d’un parti communautaire bruxellois qui continue à en faire ses choux gras…) a contribué à retarder le redressement de la Wallonie. Alors que les recettes des régions qui se redéployent sont bien connues, pensons simplement à la pénalisation (c’est plus qu’un handicap) due à la non-maîtrise de l’enseignement un des principaux outils de redéploiement économique.  

 

 Mais ce n’est pas tout, là aussi, il faudra aussi sortir des tabous hérités des convultions et déchirements politiques du passé comme les conséquences du « pacte scolaire ». (A propos d'enseignement, relisez cette page).

 

Nous sommes à un de ces des moments où l'histoire s'accélère. Un de ces moments où se révèlent les vrais Hommes d’Etat.

Oui, nous sommes à la fin d’un monde. C’est le moment de dire de redéfinir un vrai projet wallon et de dire avec Danton  : « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! »

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Mardi 11 décembre 2012 2 11 /12 /Déc /2012 22:05

 

Lu sur TOUDI cet avis de José Fontaine :

 

"On s'étonne ici que nous puissions parfois nous sentir plus proches de certains Flamands que de la RTBF et de Maingain.

 

Pourtant, celui-ci propose une Brabant bilingue qui serait la même chose que l'ancienne province, avec trois millions d'habitants, ce qui pose quand même des problèmes car ce serait imposer un bilinguisme sans fondement à 300.000 Brabançons wallons (je veux dire dans les administrations, les communes etc, ce qui coûte cher).

 

Or cette démarche coûteuse, la finalité n'en est que l'agrandissement de Bruxelles au détriment de la Flandre qui y perdrait sans doute sa langue: en effet, dans un cadre belge, elle devient minoritaire et comme le bilinguisme débouche sur la francisation (déjà bien avancée dans le Brabant flamand), cette proposition est une proposition qui consiste à dire aux Flamands que l'on va détruire ce pour quoi ils se battent depuis 150 ans. On ne peut pas dire que cet homme cherche les solutions les plus adéquates à l'entente.

 

En outre la Wallonie perdrait sa région la plus riche.

 

Il est possible que pour certains Bruxellois, se vivant comme des non nationalistes, que la Wallonie perde une partie de son territoire est sans importance. Pourtant, à ce que je sache - et personne ne les a contestés et nous les avons approuvés en mai à cet égard - les Bruxellois cherchent aussi à demeurer eux-mêmes, à ne pas être considérés sous le seul angle francophone. Ils devraient donc partager notre perplexité devant des propositions du type de celles de Maingain.

 

Mais celui-ci va encore plus loin: en cas de disparition de la Belgique, Bruxelles et la Wallonie doivent faire un seul pays, fusionner sur tous les plans. On se demande ce que cela peut bien vouloir dire. Xavier Mabille a souvent insisté sur le fait qu'un Etat moderne ne doit pas se donner une seule capitale et c'est ce que les Wallons ont fait en partageant la fonction capitale entre Namur, Liège, Charleroi et Mons.

 

Si Bruxelles rentre dans la danse il va partager quoi avec qui? Avec personne. Le raisonnement de Maingain comme celui de Rudy Aernoudt c'est que Bruxelles est encore plus importante que la Belgique, qu'il faut donc tout miser sur Bruxelles: une telle union - une métropole urbaine a divers atouts que n'a pas un pays même plus étendu et plus peuplé sans grande ville qui puisse équilibrer - consisterait en une absorption de la Wallonie par Bruxelles.

 

En 1965, je me souviens avoir entendu Théo Lefèvre, ancien premier ministre, vanter lui aussi les mérites de Bruxelles, dans une perspective belge. Dès cette époque, je me suis posé la question de savoir si l'on ne vouait pas ainsi la Wallonie à devenir la banlieue de la capitale de l'Europe.

 

Il me semble légitime d'avoir comme ambition pour la Wallonie autre chose que cela. Le projet de Maingain y conduit évidemment. Si dans le cadre belge tout est déjà tendu à concentrer à peu près tout à Bruxelles, sur un territoire plus restreint, la tentation sera encore plus grande et les résultats plus néfastes: on aurait ainsi une ville boursouflée, à la manière de ces essences d'ombres (les forêts de hêtres), qui ne laissent rien subsister en dehors d'elles-mêmes. La Wallonie disparaîtrait évidemment comme pays, même probablement, à termes, les grandes villes.

 

Nous avons eu ici le fantasme explicite de Bruxelles-francophone n'imaginant pour la télé wallonne que dans la conversation avec les vaches en wallon. Nous avons ici le fantasme d'un Bruxellois qui, un grand sourire aux lèvres, nous annoncent que notre avenir c'est d'être bouffés par la capitale de l'Europe.

 

Il ne faut pas quand même oublier que la politique c'est viser à l'entente, à travers des compromis. Bart de Wever est ce qu'il est mais il ne propose pas l'annexion de la Wallonie par la Flandre et ne dit rien non plus de tel pour Bruxelles.

 

Maingain est le plus dangereux des nationalistes, car, dans la difficile entente entre les trois composantes belges, il préconise au fond que celle à laquelle il appartient détruise la Flandre et bouffe la Wallonie.

 

Qui a des fantasmes? Et en l'occurrence les fantasmes les plus troublants: ceux de la toute-puissance.

 

Maingain = "Je tiens à vous dire que vous ne serez jamais aussi heureux que lorsque je vous aurai tous mangés".

 

Le danger pour la Wallonie est que beaucoup de gens - y compris en Wallonie - sont prêts à adhérer au projet de se faire bouffer et à renoncer non seulement à la liberté mais à l'être même.

 

Il faut espérer en une révolte des forces du cœur et de l'esprit.

 

Elle ne viendra pas de la RTBF où ces propos ne feront pas scandale alors qu'ils sont plus dangereux qu'un dérapage sur les mille collines.

Oui à la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, non aux totalitaires qui n'acceptent pas la diversité."

 

 

 

Par Claude Thayse - Publié dans : Réflexions - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 26 novembre 2012 1 26 /11 /Nov /2012 22:13

Comment comprendre ce curieux message diffusé par les médias : « Catalogne : La coalition nationaliste conserve la majorité mais enregistre une baisse, tandis que la gauche indépendantiste connaît une forte poussée ». ? Les vainqueurs ne sont-ils pas tous portés par la cause indépendantiste ? Y aurait-il de mauvais indépendantistes appelés « nationalistes » et de bons ? Ce qui est intéressant dans le résultat de dimanche en Catalogne, c’est que le mouvement en faveur de l’indépendance dépasse les 60%. Les médias belges trouvent qu’il s’agit là d’un recul (comme ils ont détecté un recul de la N-VA aux communales…). Comme si la perspective de l'indépendance catalane s'éloignait, et concomitamment, ils insistent lourdement sur le fait que la Constitution espagnole interdit tout référendum d'autodétermination.

  

Ils sont évidemment inquiets.

  

Certes, alors que chez nous, on pourrait dire en boutade qu’il n’y a que la couleur des affiches qui différencie les partis traditionnels dits de droite ou de gauche, la situation en Catalogne est fort différente. Cette Région a vécu longtemps sous une dictature sanglante dirigée depuis Madrid.  Les positions des uns et des autres sont assez tranchées. Si la CiU (Convergencia i Unio) qui était le parti dominant dans la coalition de droite sortante a porté le message autonomiste jusqu’ici, elle a aussi permis par son discours parfois ambigu, évitant le mot « indépendance », d’ouvrir un boulevard au vieux (1931 !) parti indépendantiste et républicain de gauche, l’ERC (Esquerra republicana de Catalunya) qui attendait son heure. Voici donc le retour des fils et petits fils des Républicains de 1936, compagnons des Brigades internationales où de nombreux Wallons se sont illustrés. Je ne doute pas qu’ils vont se mettre en mouvement !

 

Reste donc à voir si ces deux partis vont pouvoir s’entendre – et comment ? – pour aboutir à une déclaration unilatérale d'indépendance puisqu’en dehors de cette dernière, il n’y a pas vraiment, entre eux, un socle commun de valeurs et de principes. L’intérêt général, notion qui n’existe pas en Droit belge (ni dans les esprits des politiques en Belgique) va-t-il permettre de réconcilier les courants autonomistes ?

 

Entre une tendance de droite ambiguë sur l’autonomie et proche du libéralisme de la N-VA et une gauche plus intransigeante socialement et défenderesse historique de l’indépendance, je suis curieux de voir qui va mener le bal, mais je parie pour l’ERC.

 

De toute façon, la graine est en terre et on ne reviendra pas en arrière. Les processus d'accès à l'indépendance sont des processus de type cathartiques. Le parti d’Artur Mas a ouvert la voie, l’appel d’air ainsi créé a redynamisé les aspirations. Si je peux me permettre une réflexion, la N-VA de Bart De Wever ferait bien d’en tenir compte. En parlant de confédéralisme au lieu d’indépendance, elle risque également de se voir doublée par sa droite (ou sa gauche?) victime de ne pas avoir su exploiter la dynamique qu’elle a contribué à entretenir.

« On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens » disait le Cardinal de Retz…

 

Et la Wallonie dans tout ça ? Quelles conséquences cette élection pourrait-elle avoir chez nous ?

 

La fin programmée des transferts financiers, la perspective d’obtenir bientôt de nouvelles compétences, et celle d’une victoire massive de la N-VA aux élections de 2014, font que le temps presse : il faut  que la Wallonie puisse à terme rapide, assurer son avenir en ne comptant que sur elle-même.

 

Dans ce contexte, il est intéressant de constater qu’après Jean-Claude Marcourt, il y a quelques temps, Jean-Pascal Labille, président de la Mutualité socialiste et surtout de la Société Régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), ainsi que Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne viennent coup sur coup de plaider pour une accélération de la préparation des transferts aux régions ainsi que du dépeçage (n’hésitons pas à utiliser des mots clairs) des Communautés, en particulier de la calamiteuse « Communauté-culturelle-française-Fédératio-Wallonie-Bruxelles ». Allant même pour Bodson de parler de quatre Régions… Ce qui rappelle quelque chose !

 

Intéressant, parce que le parti socialiste – en particulier en Wallonie où il reste dominant – semble être figé dans l’attente d’un hypothétique miracle fédéral qui ne viendra évidemment pas. Di Rupo ne sauvera pas la Belgique de papa, Magnette pourra dire ce qu’il veut. La logique des réformes successives de l’Etat affirme clairement le fait régional. Et si la Région est, passage obligé, le berceau de l’autonomie et de l’identité wallonne, on ne passe pas toute sa vie au berceau.

 

Il y a pourtant urgence pour le gouvernement wallon dominé par le PS et qui traîne énormément. C’est Henri Laborit qui, je pense, avait décrit les mécanismes de défense comme la fuite, l'agression ou... l’inhibition. Nos politiques, toutes tendances confondues ont choisi l’inhibition. Effrayant !

 

 A moins que comme l'a montré l'ethnologue Marie Muzard dans son essai : « Ces grands singes qui nous gouvernent », chez les singes, plus l'espèce est évoluée, plus le rôle du chef est limité et l'autonomie importante, en revanche, les espèces les moins évoluées, n'ont pas trouvé d'autre moyens que la hiérarchie struicte pour assurer la cohésion de leur groupe. Dans les partis politiques belges, il semble bien que la créativité soit égale à celle de leurs dominants...

 

Comme il y a urgence à ce que les militants wallons s'unissent et se fassent entendre au sein de tous les partis.

 

En Catalogne, en Ecosse, en Flandre, la dynamique est bien lancée…

Par Claude Thayse - Publié dans : Actualité - Communauté : Avenir de la Wallonie
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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 20:49

« Redde Caesari quae sunt Caesaris »… aurait pu dire l’historien Bart De Wever en réponse aux réactions (assez excessives comme tout ce qui touche à cet homme) suscitées à ses propos à la VRT.

 

Ce terme (wallonisering) est pourtant largement utilisé en Flandre depuis fin 2009, moment où les Flamands se sont rendus compte que suite à la crise, le chômage y a grimpé de plus de 20% alors que la Wallonie s’en tirait avec une hausse plus modérée de 3.4 %.

 

Et l’inventeur de cette expression est l’économiste vedette de Flandre, le gourou des marchés, le juke-box à opinions, le spécialiste en tout, le chouchou des petits écrans, surtout la RTB(f). Vous l’aurez reconnu, c’est GEERT NOELS ! (une simple recherche sur Internet vous le confirmera). Début 2010, il avait précisé sa « pensée » à l’émission « Matin première »,  soulignant que « dans les mêmes circonstances traversées à l’époque du déclin (organisé par la Belgique, mais ça, il ne l’a pas dit) de la Wallonie, la Flandre réagit de la même manière ».

La presse s’est empressée d’utiliser ce concept comme le Standaard du 2 février 2010 qui titrait : « la Flandre se wallonise-t-elle ? ».

 

Mais si ce terme est aussi populaire, que mettent-ils vraiment dans ce vocable douteux ? Douteux parce qu’il intègre tous les clichés sur la Wallonie qu’ont les Flamands). Leur patronat (Thomas Leysen (FEB), Herman Daems (Société flamande d’investissement GIMV)) comme les politiques (Herman et Eric Van Vompuy, Alexander De Croo…) n’ont depuis plus cessé de l’utiliser dans le sens que frappée par la crise économique (fermetures de grandes entreprises comme Opel, Ford. Et demain Volvo et Audi ?) la Flandre se mettrait à ressembler à la vision qu’ils ont de la Wallonie.

A noter que deux versions du terme circulent.

Une première : la Flandre se met à ressembler à la Wallonie avec un chômage élevé, une emprise suffocante des pouvoirs publics, une morosité économique générale, des syndicats « agressifs » et des routes qui se dégradent…

L’autre – plus discrètement évoquée et pour cause – veut que : « ce que les Wallons font, ils le font mieux »…

Et c’est vrai, toute proportion gardée, on peut observer que le chômage augmente en Flandre plus sensible au retournement de conjoncture, le nombre de fonctionnaires flamands croit (50% des fonctionnaires sont flamands d’après une étude publiée en 2010 par Dexia), la décision économique s’éparpille, le taux d’activité est bas (le nombre de chômeurs de plus de 50 ans augmente et 70% des travailleurs qui ont choisi un crédit-temps sont flamands. 

Certes, l’économie flamande conserve de solides atouts, les finances publiques y semblent plus saines et le taux de chômage y est plus bas. Mais, le doute s’est bien installé.

 

Quoi d’étonnant à ce que le président du plus grand parti - de droite - se fasse le relais de ce doute en proposant des mesures conformes à ses vues. Il vise bien évidemment les politiques qui auraient conduit la Wallonie où elle est, ces partis qui, sauf pour de brèves périodes, sont au pouvoir au fédéral depuis la dernière guerre. Il vise le PS(B !) et le PSC-CDH. Ces derniers se sont d’ailleurs empressés de botter en touche en disant que De Wever s’en prenait aux Wallons… Et le tour est joué, on le diabolise ainsi à bon compte. Un indépendantiste flamand, même démocrate, ne peut être qu’un nazi, évidemment. Les militants wallons pourtant issus de la Résistance ont eux été traités d’inciviques lorsqu’ils ont mis en cause l’unité factice de la Belgique en prônant une régionalisation. Alors qu’un nationaliste belge est paré de toutes les vertus. Rien de nouveau sous le ciel belge…

 

Ceci dit, la métaphore est péjorative, j’en conviens. Mais, il s’agit là d’un procédé courant. L’écolo Marcel Cheron n’a-t-il pas parlé un jour « d’ hennuyèrisation » pour critiquer la politique choisie pour le développement de Nivelles ? Ne parle-t-on pas - mais là, ce n’est pas péjoratif - de « bruxellisation », puisque c’est un terme utilisé par les urbanistes pour désigner les bouleversements urbanistiques d'une ville livrée aux promoteurs au détriment du cadre de vie de ses habitants ?

 

J’ai pour ma part une toute autre définition du terme « wallonisation ».

 

C’est la stratégie belge de pillage systématique d’une région, la Wallonie, au profit de la capitale d’un pays et d’une autre région sous couvert de solidarité nationale.

 

C’est ainsi que depuis 1830, on a considéré que ce qui était bon pour la Flandre et Bruxelles était bon pour la Wallonie, et vice versa. Cette phase de « solidarité nationale » visant à développer un axe économique puissant Bruxelles-Anvers ( la belgicisation ?) a duré jusqu’à la crise de la sidérurgie wallonne. Et quand ce fut au tour de la Flandre d’assumer le rôle de région contributrice, les élites flamandes ont très rapidement entamé une campagne - toujours en cours - de dénonciation des « transferts » vers la Wallonie. « La Flandre a refusé de venir au secours de la sidérurgie wallonne », explique Michel Quévit dans son livre « Flandre-Wallonie, Quelle solidarité ? ». Le ton a été donné par l’ACV, l’aile flamande de la CSC (le syndicat chrétien) – « plus un franc flamand à la sidérurgie wallonne » – et, côté politique, par Eric Van Rompuy, qui, en 1979 – il est président des CVP Jongeren –, déclarait : « J’en ai assez du poids wallon ! La Flandre en a marre de supporter le poids économique de la Wallonie. »

 

Quand il s’est agi d’aider la sidérurgie wallonne, on a décidé d’aider aussi d’autres secteurs, regroupés dans ce que l’on a appelé les « secteurs nationaux » (sidérurgie, textile, fabrications métalliques, automobile, construction navale, verre, charbonnages…qui, ceux-là, intéressent tout spécialement la Flandre). De 1977 à 1980, la Flandre a ainsi capté 77 % des aides de l’État (La sidérurgie, sur la même période, reçoit 22 % des aides, dont une partie profite à Sidmar, qui n’en a pas besoin, étant notamment déjà aidée par les lois d’expansion économique).

Pourtant, il aurait été logique que la Wallonie, qui était en déclin, reçoive la plus grande part de ces fonds. C’est à ce moment-là qu’a sonné le glas de la solidarité économique et à partir des années 90, c’est la solidarité sociale qui est remise en cause.

 

Mais qui le sait aujourd’hui ? Qui en est conscient, ou plutôt qui osera la dire dans une presse aux ordres des politiques qui se gargarisent d’avoir « sauvé le pays » ? Quand cessera-t-on de mentir au peuple wallon ?

 

Et une petite réflexion pour terminer. On peut s'étonner du succès de certaines formules et de leur persistence dans le temps. Parfois malgré leur grande bêtise. Il y a la légende (fausse !) des Wallons qui auraient refusé le bilinguisme dans les années '30, par exemple dont l'origine est inconnue mais qui est encore aujourd'hui répercuté dans la presse.

Mais il y en a d'autres dont l'origine est connue : "Les francophones ne sont demandeurs de rien" (Maingain) ou encore : "le confédéralisme est le fédéralisme des cons" (Delperée) et qui sont tout à fait idiotes, mais ont beaucoup de succès.

Par Claude Thayse - Publié dans : Coup de gueule - Communauté : Avenir de la Wallonie
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