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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 05:49

Voici une analyse qui devrait inspirer beaucoup d'entre-nous dans leurs débats sur l'avenir de la Wallonie.

http://www.courrierinternational.com/article/2014/09/03/ecosse-voter-contre-l-independance-serait-une-aberration

L'auteur y parle du La justification du système est “un processus par lequel certains individus légitiment les structures sociales, même si c'est aux dépens de leurs intérêts personnels et collectifs”. Elle traduit un désir de défendre le statu quo, quelles qu'en soient les répercussions. La justification du système est d'autant plus forte que les inégalités économiques et sociales sont plus extrêmes. En effet, les gens cherchent à rationaliser leur situation défavorisée en l'expliquant par des raisons légitimes. Il arrive que les communautés défavorisées soutiennent plus largement le statu quo que les populations privilégiées. Une étude a en effet démontré qu'aux Etats-Unis les inégalités économiques étaient davantage perçues comme légitimes et nécessaires par les travailleurs à faibles revenus que par leurs compatriotes à hauts revenus.

Tout cela ne vous rappelle-t'il rien ?

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Published by Claude Thayse
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 05:52

Le 6 août dernier, Paul Durieux répondait ceci à un commentaire sur le blog de l’AWF : « Le RWF a connu les résultats électoraux que vous connaissez. Je crains que vous ne connaissiez pas la situation interne de ce groupement politique. Quant au mouvement wallon, il n’existe plus. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une personne autrement qualifiée qui l’affirme : M. Paul Delforge, coordinateur du Centre d’Histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. La Belgique et ses médias de langue française ont réussi à "belgifier" complètement la société wallonne. Celle-ci est chloroformée et vit dans un état second où seul le noir-jaune-rouge est un refuge, refusant de constater que la Flandre ne veut promouvoir que le noir et le jaune.

Ce constat est terrible et le réveil ne pourra être que très douloureux ».

Indépendamment de la situation interne actuelle du RWF (sur laquelle je n’ai aucun avis, et que je ne connais pas)  je ne peux que rejoindre le constat terrible concernant le Mouvement wallon.

Tout a été fait depuis le Congrès national de 1945 pour l’anéantir. C’est à partir de là que les « élites » belgo-flamandes  (pléonasme qui peut se traduire par « francophones ») ont tout fait pour belgifier notre peuple. Et à part quelques sursauts en 60-61 et lors de l’aventure du Rassemblement wallon, ils semblent bien y avoir réussi… jusqu’ici.

Ils ont utilisé toutes la puissance des médias à commencer par la télévision qui soirée après soirée (à l’exception des quelques émissions d’Henri Mordant) ont distillé un dégoût de l’identité wallonne (traités de géviculteurs, paresseux, inconstants, frivoles, imprévoyants, etc...). Et ça, dans tous les domaines, il est bien connu qu’un sportif qui gagne ne peut être que  belge, le même s’il perd est au mieux wallon, au pire désigné par son appartenance communale.

La discréditation de notre passé entretien cette détestation de soi qui sommeille désormais en chaque Wallon (en quoi, nous sommes bien proche de la culture française…°)

Ils ont menti sciemment et avec constance. Présentant systématiquement les choses sous un angle anti-wallon. Les plus anciens d’entre nous se souviendront des moqueries concernant les Wallons qui auraient dépensé tout leur argent à soutenir des « canards boiteux » alors qu’en réalité, à l’époque, tout était entre les mains des capitalistes bruxellois (la fameuse Société générale de Belgique en particulier) pour qui l’objectif a toujours été uniquement de gagner de l’argent et qui ont maintenu un appareil industriel situé en Wallonie sachant parfaitement qu’il était obsolète pour « permettre - à la Belgique - de gagner la bataille économique du charbon et de l’acier de l’après-guerre » tout en préparant l’avenir en détournant les fonds européens de reconversion au profit de la Flandre. L’argent n’a pas de patrie ! Quévit a parlé – à juste titre - d’un pillage de type colonial des richesses wallonnes. Et ce n’est pas fini, pensons à la filière bois, à l’eau, etc…  Regardez ce que la Belgique a fait, en un petit siècle, d’une ville de très grande culture comme Liège pendant qu’ailleurs, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille sont devenues des centres de développement et de référence.

Comment s’étonner que les Flamands reprennent à leur compte et si facilement les mensonges belgicains nous concernant ? Alors que la presse belge fait semblant de s’offusquer, elle qui a tant contribué à construire notre mauvaise réputation.

Ils ont fait disparaître la presse d’opinion régionale au profit de rédactions situées à Bruxelles quand ce n’est pas en Flandre.

Ils ont remplacé »l’Histoire de Belgique » (où de ci-delà apparaissaient encore par hasard des références à certaines fort anciennes de ce qui aurait pu notre histoire) par une vague « étude du milieu » asexuée et sans références. Ils ont compris qu’un Peuple privé d’histoire est destiné à disparaître.  Avec comme conséquence immédiate qu’on fait de de nos jeunes des « citoyens du monde belgo-européen » avant d’en faire des Wallons aimant leur pays. Même encore aujourd’hui, les jeunes enseignants sont encore complètement imbibés de l’histoire revisitée par Pirenne et ignorent tout du passé glorieux, ancien comme récent,  de la Wallonie. Alors, que deviendront leurs élèves ? Dans ce monde globalisé où les identités se dissolvent et la mémoire devient ultra-courte , la profondeur historique est une nécessité.

Plus grave, ceux qui se présentaient encore il y a peu comme les continuateurs de l’action wallonne ont nié leur identité. J’entends encore les dirigeants du RWF ou d’autres associations ou cercles d’études  clamer qu’il n’y a pas de Wallons, pas de Wallonie, qu’une nation wallonne est impossible que nous sommes des « Français indifférenciés parce que curieusement sans attaches locales ». Ajoutant leurs outrances à celles des belges. Cette attitude a grandement contribué à leur faire perdre toute crédibilité. Y compris plus grave, à la crédibilité du rattachisme lui-même alors que celui-ci.

Qui dans les partis politiques osent encore simplement se dire et se présenter en régionalistes à l’heure d’aujourd’hui ? Ils sont vite mis à l’écart ou alors sont retraités…

Certes, des occasions ont été perdues, nous avons tous notre autocritique à faire. Mais au-delà, que faire Pour que cet hiver belgicain passe le plus rapidement possible ? Parce que, après tout, Léopold 1er, qui prêta le serment constitutionnel le 21 juillet 1831, partageait l'opinion des diplomates de son temps, lesquels estimaient que la nouvelle Belgique était une construction artificielle. En 1859, le roi allait même écrire à son chef de cabinet Jules Van Praet que : «La Belgique n'a pas de nationalité et, vu le caractère de ses habitants, ne pourra jamais en avoir. En fait, la Belgique n'a aucune raison politique d'exister.»

Il nous manque, à nous Wallons, cette fierté que l’on sent chez les Américains, les Chinois, les Britanniques, les Espagnols et qui est manifeste dans leur manière de vivre avec leur Histoire, leur héritage. Je n’ose plus dire la même chose de la France qui sacrifie la sienne au nom de la repentance et du politiquement correct.

Il est temps, en France, comme chez-nous de dire que notre héritage n’est pas honteux, qu’il est source de fierté, ce qui nous aidera à reprendre confiance en nous.

Il faut répondre au coup par coup aux trahisons de nos élites intellectuelles et politique.

Si un jour, les Wallons veulent encore exister ; dans la forme de nation qu’ils auront choisie, Il faut inverser notre rapport au passé pour y voir non une source de lamentations, mais une source de confiance. Réconcilier les Wallons avec leur histoire, Bref, faire naître -  ou plutôt renaître - un roman national wallon. Qui, à part des intellectuels conscients de leurs devoirs envers leur Peuple peuvent le faire. Dire avec émerveillement, avec des mots simples, ce que nous devons aux siècles passés avec leur part d’ombre et de lumière et dont nous pouvons être fiers ?

À ceux qui - parmi nous – se plaisent encore à se définir comme héritiers du Mouvement wallon ou simplement qui aiment la Wallonie, pensons à cette strophe d’une fable bien oubliée dans le contexte mondial actuel :

« Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans. »

« Le laboureur et ses enfants »
Jean de la Fontaine

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Published by Claude Thayse - dans Réflexions
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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 05:13

Les médias le disent… Depuis ce WE et plus singulièrement  le congrès de la N-VA, la campagne est lancée.

Réflexions…

Tout d’abord, il faut faire remarquer que grâce à la globalisation des scrutins (fédéral, régional et européen), les messages vont être brouillés. C’est là un coup de génie de ceux qui s’opposent à toute évolution institutionnelle dans ce pays puisqu’il se dit que l’enjeu des élections se situe au fédéral. On peut légitimement estimer que le dosage entre programmes socio-économiques et réformes diverses va probablement pencher en faveur du premier, sauf peut-être en Flandre. Deux types de scrutin donc.  Bon ou mauvais calcul pour les défenseurs de l’ancienne Belgique, l’avenir nous le dira.

Mais malgré tout, nous pouvons être optimistes. Le passé nous montre que les partis traditionnels (partis de pouvoir) se sont depuis toujours ingéniés à retarder les réformes « pour sauver la Belgique. Ils ont ainsi été successivement contre la reconnaissance du fait flamand en Flandre, contre le fédéralisme, n’acceptant les réformes que quand il était trop tard et s’ingéniant à essayer de les rendre inopérantes par des transferts de compétences incomplètes ou peu cohérentes. Il va bientôt en être de même avec le confédéralisme qui leur sera imposé en attendant mieux.

En réalité, il y a fort longtemps que la campagne est lancée,  mais en toute discrétion.  Une presse aux ordres qui ne diffuse que de bonnes nouvelles (hors faits divers). Un nouveau roi  - désigné in tempore non suspecto - pour ne pas devoir modifier le système monarchique (ou alors de manière cosmétique) garant de la « stabilité ». Une communication gouvernementale omniprésente pour dire que la Belgique est le seul pays d’Europe (et de l’univers ?) à se sortir de la crise bancaire avec les honneurs (sauf que…  la dette publique… la rigueur…  la pauvreté… etc…). Rien que de bonnes nouvelles…

Ceci dit, les analystes politiques (*) ne semblent que peu relever que la stratégie de retardement laborieusement élaborée semble bien en passe d’être contournée.  Et c’est là qu’il faut admirer l’habileté manœuvrière d’un De Wever qui connaît bien l’Histoire.

Je vois ça en deux temps.

Tout d’abord, jouer la carte du duel. N-VA contre PS. Coup de génie puisqu’il oblige les autres partis, tant flamands que « francophones » (il n’y en pas vraiment d’autres… hélas !) à se positionner par rapport aux deux « grands » pour espérer exister encore. Or, on sait que quand il y a un duel, les autres existent très peu.

Conséquence…

En Flandre, les « laissés pour compte » sont obligés de sortir un programme « light » (pour parler « francophone ») en proposant, par exemple, un « confédéralisme positif » dont on voit mal en quoi il différerait de l’original de la N-VA qui a le mérite d’être dans la droite ligne des revendications du Mouvement flamand. Ou encore en élaborant un programme socio-économique calqué sur celui du meneur. A la guerre, celui qui attaque le premier a toujours l’avantage.

En « Fédération Machin-Chouette », sans rien faire, grâce à la diabolisation médiatique de la N-VA, le PS joue sur du velours. Ajoutez à cela un premier ministre hyper communicant, des libéraux partagés entre l’envie d’aller au pouvoir et en même temps la peur d’y devoir accepter de nouvelles réformes institutionnelles… Les autres n’étant déjà plus là que pour mémoire… sauf à Bruxelles, mais bon…

Donc, comme annoncé, on peut légitimement pronostiquer – à ce jour - deux vainqueurs, un dans chaque « communauté ». Résultats fort différents et donc…

Ensuite, si ce fabuleux coup de poker réussit, imposer un scénario de scission à la tchécoslovaque.

Repassons-nous les faits de 1992…

1. Deux vainqueurs radicalement différents sortent des élections de juin 1992 destinées à renouveler le Parlement.  En République tchèque, le Parti démocratique civil réclame un Etat fédéral fort et fonctionnel.  En Slovaquie, c’est le Mouvement pour la Slovaquie démocratique, luttant pour l’émancipation du peuple slovaque et prônant le confédéralisme, qui l’emporte.

2. Le 20 juin, après (seulement !) cinq cessions de pourparlers, les négociations entre les deux échouent et l’impasse est actée.

3.  Le 17 juillet, le Conseil National Slovaque proclame sa déclaration de souveraineté.

4.  Le 20 juillet, le président Havel démissionne avant le terme de son mandat et l’assemblée fédérale se trouve dans l’incapacité de réélire un autre président.

5.  Le 23 juillet, un Gouvernement fédéral restreint et paritaire est formé pour gérer les affaires courantes.

6.  Le 28 juillet, le Gouvernement slovaque approuve un projet de constitution que le Conseil national slovaque adopte le 1er septembre, à 114 voix sur 150.

7.  Le 25 novembre, l’assemblée fédérale approuve la Loi constitutionnelle sur la dissolution de la République fédérative tchèque et slovaque pour le 1er janvier suivant. La séparation est donc actée par voie constitutionnelle.

8.  Le 16 décembre, deux semaines avant l’indépendance, le Conseil national tchèque approuve la constitution de la République tchèque.

 Il n’aura donc fallu que 6 mois pour que le processus d’indépendance se concrétise.

 

Certes, on me rétorquera que les conditions sont fort différentes.

D’abord, Les partis ne sont pas limités à un territoire bien délimité mais s’adressent à des communautés linguistiques aux contours difficilement discernables.

Ensuite, en conséquence, il y a le cas bruxellois.  Région historiquement flamande, elle s’est assez bien francisée et le français y reste la lingua franca d’une grande partie de la population. Mais cette population n’y est pas homogène, composée en grande partie de nouveaux belges, elle pourrait – comme les bruxellois « de souche » - faire le choix du portefeuille. Alors que Prague était composée de Tchèques et située en Tchéquie.

La PS est et reste un parti de type communautaire et les régionalistes (wallons, mais aussi bruxellois) y restent marginalisés  depuis les purges menées par Di Rupo. Mais rien ne dit qu’un sursaut ne puisse y apparaître.

Malgré les différentes réformes, la Belgique reste (surtout dans les esprits) un Etat hyper-centralisé et de construction plus ancienne que la Tchécoslovaquie qui ne datait que de 1918.

Dans l’Etat Tchécoslovaque, la Sécurité sociale était déjà séparée entre les deux entités, mais la dernière réforme a permis des avancées dans ce sens.

La Justice était scindée, à l’exception de la Cours suprême.

La dette publique était faible (10% contre 100%...)

Les relations économiques entre les deux entités étaient faibles.

Les Slovaques étaient moins nombreux et moins riches (31% de la population, tiens-tiens…) et ont toujours manifesté une revendication autonomiste (les Wallons ont un peu abandonné cet aspect, mais rien ne dit…). Les Tchèques, plus prospères et plus nombreux, on cependant participé pleinement au processus de démantèlement dans lequel ils n’avaient rien à perdre économiquement.

Tous ces éléments montrent que s’il est difficile de penser à une transposition littérale à la situation belge, il n’en reste pas moins vrai que – puisqu’aucun cas n’est identique – la manière dont ce pays s’est scindé apparaît comme la voie qui aurait le plus de chance d’orienter une évolution séparatiste de l’Etat belge.
Il s’agit d’une solution pacifique, négociée, où aucune partie n’assume le « mauvais rôle », où la volonté est d’éviter la rupture des relations entre les anciens partenaires par la conclusion de multiples accords bilatéraux et où l’objectif partagé est l’intégration rapide des nouvelles entités dans les instances internationales.

Solution pacifique et négociée puisque

- Aucun des deux Etats n’a revendiqué d’être l’unique continuateur de la Tchécoslovaquie, ce qui accrédite la thèse de la dissolution. Le déroulement pacifique et concerté de la séparation n’accréditait pas l’idée d’une scission ou d’une sécession.  Le 29 octobre 1992, les premiers ministres des deux gouvernements avaient signé 16 accords sur les différents domaines de la future coopération bilatérale (union douanière, système monétaire, frontière, visas …). Ce faisant, l’Etat tchèque se comportait, lui aussi, de façon inconstitutionnelle et participait, de la sorte, à la dissolution définitive.  

La modification de la constitution tchécoslovaque n’a, finalement, fait qu’acter une situation de dissolution (et non sécession) de fait.

Comme ça pourrait-être le cas en Belgique, aucun référendum n’a été organisé pour demander l’avis de la population. Des réserves ont bien été émises par la Communauté internationale, elles  n’ont cependant pas invalidé la décision tchécoslovaque, notamment en raison de la tradition de démocratie indirecte et représentative de la Tchécoslovaquie.

Le cas tchécoslovaque a confirmé la règle coutumière du droit international selon laquelle les traités territoriaux fixant les frontières dans des situations de la succession d’Etats sont considérés comme maintenus en vigueur (**)

De nouveaux Etats impliquent de nouvelles nationalités. Ces questions furent réglées par des lois approuvées par les deux républiques, après la scission du pays.  Auparavant, le droit tchécoslovaque prévoyait déjà l’existence pour l’usage interne de deux nationalités, seule la nationalité tchécoslovaque étant toutefois pertinente pour le droit international. Les nouvelles lois prévoient que les personnes qui avaient précédemment acquis l’une des deux nationalités selon la loi antérieure voient celles-ci automatiquement prolongées dans le cadre du droit international.

Les deux nouveaux Etats ont ensuite adopté deux approches différentes en matière de maintien ou d’acquisition de la nationalité répondant à des intérêts propres. Mais deux approches tout aussi légales l’une que l’autre.

 

En matière d’appartenance aux instances internationale, c’est la voie du compromis qui a été suivie.
Vu que vu que les deux nouveaux pays étaient les successeurs de la République fédérale de Tchécoslovaquie, ils devaient, théoriquement, prendre à deux l’unique place de l’ancienne Tchécoslovaquie.

Ainsi fut-il prévu avant la séparation que, dans le cas où un seul des pays accédait à une instance internationale, il soutiendrait l’adhésion de l’autre. Dans la plupart des cas, les deux Etats ont dû se soumettre à une nouvelle procédure d’adhésion mais très simplifiée. Ils ont donc dû postuler pour (ré)intégrer des organisations , ce qui s’est fait très rapidement.

 

Reste le problème de la dette… Jugée ici être un obstacle insurmontable. On l’a vu, la dette n’était guère importante (10 % du PIB) et des relations « amicales » existaient entre les deux nouveaux Etats. La répartition n’a donc pas posé de problèmes insurmontables et a, là encore, été réglée avant la séparation par la modification de la constitution.

Nul doute que la créativité dont on a fait montre jusqu’ici pour maintenir en vie un Etat moribond et impossible, si elle est correctement canalisée doit pour voir venir à bout de ce problème.

En historien compétent, fort de ce précédent historique, De Wever pourrait amener son partenaire PS sur une voie de dissolution douce de la Belgique. D’autant plus facilement que les experts de l’IEV ont certainement déjà planché sur le sujet.

Les partis flamands (à part les belgicistes de Groen et du PVDA, combien de divisions ?) ne peuvent qu’être preneurs. On imagine mal que les partis « francophones » ne suivent pas. Leur appétit de pouvoir est trop grand pour les traditionnels et les autres… Ecolo est en perte de vitesse, le PTN-GO, comme le FN (ou ce qui en sert) le FDF et le PP restent unitariste mais ne devraient  pas cartonner. Il n’y a pas de parti wallon capable de jouer dans le jeu, hélas quant au RWF, il se refuse à toute éventualité de participation à quoi que ce soit et est donc parfaitement inutile. Comparaison n’étant pas raison, comme le Vlaams Belang, il s’est mis en dehors du jeu.

Vivement le 26 mai !

Certes, il s'agit là de politique fiction, mais
... 

Et pour vous montrer qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et que c'est même parfois le contraire, je vous offre et ancien tract... Et si vous avez la curiosité de cliquer sur l'image, vous pourrez lire le compte rendu de la séance du 14 mai 1988 de la Chambre des Représentants où vous trouverez le texte complet en page 17.
DiRupo.jpg 

(*) Comment peut-on lire, dans un « grand » quotidien de la capitale, qu’un  politologue « officiel » déclare à propos du Congrès de la N-VA: «La clarification attendue n’a pas eu lieu» ?  Alors que dans l’Echo, on trouve ceci qui me paraît plus coller à la réalité : « Le message depuis le congrès de la N-VA est limpide. »

 

(**) Convention de Vienne de 1978 sur la succession d’Etats en matière de traités, article 11

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Published by Claude Thayse - dans Carnet de campagne
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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 11:15

Par le très grand Henri Mordant !

http://www.rtbf.be/video/detail_archives-sonuma?id=1882230

Résumé :

WALLONIE 91-92
Le déclin wallon ne date pas d'hier, et la télévision,  balbutiante, en parlait déjà en 1962, lorsque Henri Mordant lança ses premières émissions "Wallonie".
Le même Henri Mordant est revenu à la barre avec "Wallonie 91-92".
Thème de ce  "numéro new-look" : "Le redressement Wallon ? "
Quel bilan pouvait-on faire ?
- Pour la toute première fois, la télévision permetait grâce à ses archives de faire un bilan des années 1962 à 1991. 
Des témoins de 30 ans d'histoire socio-économique de la Wallonie vont nous guider :
* Un journaliste : Henri MORDANT
* un économiste: Jacques DEFAY, professeur à l'ULB
* un haut fonctionnaire C.E.E: Paul ROMUS, professeur à l'ULB
En 30 ans, la Wallonie avait vu se fermer ses charbonnages, ses entreprises sidérurgiques, elle avait vu grossir considérablement le nombre de chômeurs, de minimexés, etc... 
Mais le redressement wallon se profilait-t-il à l'horizon ?
La Belgique avait-t-elle été impartiale envers ses enfants, Flandre, Wallonie, Bruxelles ? La Belgique avait-t-elle été une bonne mère, administrant à l'enfant malade le bon remède ?
Où en était à l'époque la Wallonie dans son besoin et son effort de reconversion ?
Dans cette émission Henri Mordant faisait non seulement parler sa mémoire et les témoins, il faisait aussi parler les chiffres. 
Méthode Mordant : recherche de la vérité, précision !... Et les chiffres, pour peu qu'on veuille les faire parler...
Méthodologie utilisée : tout le monde le sait, on ne peut ni additionner des pommes et des poires,... ni comparer des francs de 1960 à ceux de 1991. 
II a donc fallu étudier les paramètres et faire en sorte qu'ils soient comparables.
Des extraits d'émissions anciennes permettent de baliser un parcours difficile sur une période de 20 ou 30 ans et d'opérer des confrontations.
Si le constat était très inquiétant, il ne mettait cependant pas en cause l'Executif Régional Wallon dont l'action était trop récente pour s'inscrire de façon significative dans les données statistiques.
Le résultat de tout cela : un programme-vérité. Trop rare à la RTB de l'époque et encore plus à la RTB(f) actuelle pour qui la Wallonie n'existe toujours pas ou si peu. 

 

Et coïncidence, une partie de la presse parle enfin du livre " Histoire de la Wallonie" d'Arnaud Pirotte et Yannick Beauthière dont je vous ai déjà parlé ici. (http://yoran-embanner.com/hst-histoire-wallonie.php)

Retrouvez ces articles :

Sur le site du Vif (l'hebdomadaire belgo-flamand en langue française qui le qualifie curieusement de "subversif", sans doute parce qu'il ne correspond pas au propos hyper-nationalistes belge ambiants)

http://www.levif.be/info/actualite/belgique/une-wallonie-independante-est-viable/article-4000489020573.htm

Mais le texte intégral se retrouve sur site http://alliancewalloniefrance.wordpress.com/

Dans L'avenir (journal wallon) sous la plume de Catherine Ernens

 http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140103_00411956

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140103_00411958


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Published by Claude Thayse - dans Documents
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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:53

J'ai, à plusieurs reprises, mis en doute le bien-fondé de cette société multiculturelle qu'on nous vend depuis des années. Je vous recommande la lecture de cet entretien entre Alain Finkielkraut  et un journaliste de "La Libre"... : « La société multiculturelle porte en elle une extrême violence »

 http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-societe-multiculturelle-porte-en-elle-une-extreme-violence-52a2a8013570f96638c79586

Extraits :

Pourquoi le débat suscité en France autour de votre dernier livre, "L’identité malheureuse" (*), est-il si vif ?

Parce que la France a peur de son ombre. Elle ne s’est jamais vraiment remise de l’épisode de la collaboration, et s’attache à prévenir le retour de ses vieux démons, ayant beaucoup de mal à penser ce que notre situation a d’inédit. L’intelligentsia progressiste ne croit plus au progrès mais à l’éternel retour, convaincue que le ventre est toujours grand ouvert, d’où a surgi la bête immonde. Elle pense sincèrement que les musulmans aujourd’hui tiennent le rôle des juifs dans les années 1930. Elle pense aussi que l’inquiétude identitaire relève de la peur de l’étranger et que, dans un contexte de crise économique, on cherche un bouc émissaire. Ce seraient donc les immigrés qui font les frais de cette régression. Je ne sous-estime pas cette menace, mais je pense que nous vivons une situation inédite, non une réédition. Il n’y avait pas, dans les années trente, de territoires perdus de la République; pas de quartiers sensibles où les pompiers étaient accueillis à coups de pierres, les pharmaciens obligés de fermer boutique, les médecins contraints de déménager pour leur sécurité, et les professeurs victimes d’agressions, lorsque l’injure "sale Français" rejoint le "sale juif" d’autrefois.

Le vivre ensemble, dites-vous, est en crise. A quoi est-ce imputable ?

La crise actuelle de l’intégration n’est pas imputable au nationalisme français. On me reproche essentiellement de dire cela. On dit que je contribue à la lepénisation des esprits parce que je me refuse à ramener la réalité que nous vivons au schéma classique du fascisme et de l’antifascisme. La France est le théâtre de deux crises conjointes : une crise de l’intégration et celle de la transmission. Ce pays semble se démettre de son héritage au moment où toute une partie de la population refuse de le faire sien. Je crois d’ailleurs que ce problème, s’il est très aigu en France, ne lui est pas propre. L’Europe est devenue un continent d’immigration malgré elle, et elle hésite entre le modèle assimilateur et le modèle multiculturel. Si l’on en croit les instructions de la Commission européenne, elle a choisi le second modèle; or, celui-ci ne fonctionne pas mieux que le premier. La tension est à son comble dans tous les pays européens.

Vous doutez profondément de l’entrée dans une ère post-nationale.

C’est dans les nations, dans le cadre national qu’a pu, en Europe, s’épanouir la démocratie. Une démocratie post-nationale est-elle donc possible ? J’en doute en effet. Même avec son Parlement, l’Union européenne ne peut être une démocratie, mais bien en revanche une bureaucratie. Dans une société multiculturelle, chacun risque de se déterminer en fonction de son identité régionale ou religieuse. C’en sera fait, dès lors, de la communauté des citoyens. Je pense donc que nous avons tout à perdre à sortir de la nation.

Quelle identité l’Europe doit-elle par conséquent affirmer ?

Il faudrait que l’Europe ait le courage d’affirmer une identité. Pour s’extraire une fois pour toutes des ornières de sa belliqueuse histoire, elle voudrait se constituer autour de valeurs universelles. Ainsi oublie-t-elle qu’elle est une civilisation particulière, qui doit transmettre l’essentiel aux générations futures. J’invite l’Europe à revenir sur terre et à accepter son identité. Elle a beaucoup de mal à le faire, notamment lorsque se pose la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union. L’Europe, face à la Turquie, ne veut pas assumer sa différence. Peu importe la spécificité de l’histoire, la cohérence de l’héritage commun aux nations qui la constituent, seul compte à ses yeux le respect des droits de l’homme. Mais raisonner ainsi, c’est dire que n’importe quel pays démocratique a vocation à devenir européen, quelle que soit son histoire ou sa situation géographique. Pourquoi pas le Japon ?

Il faut donc se méfier du multiculturalisme ?

D’abord, il faudrait rendre justice à l’assimilation. Assimiler, ce n’est pas éliminer la différence, ni soumettre tous les individus à un modèle unique. Je ne me suis personnellement pas assimilé à la culture française, il m’a été donné par l’école de m’y assimiler et de m’enrichir de cet héritage. Aujourd’hui, on voudrait remplacer cette assimilation non plus seulement par l’intégration, mais par l’inclusion - un nouveau concept qui circule dans les ministères. Autrement dit, il n’y a plus de dissymétrie entre la culture d’origine et la culture des nouveaux arrivants; tout est mis à égalité. Je pense que ce n’est plus vivable. Une nation n’est pas un aéroport ou une salle des pas perdus, et il est normal que ceux qui y vivent depuis longtemps puissent continuer de se sentir chez eux. Il est légitime aussi que le mode de vie majoritaire s’impose aux nouveaux arrivants, il en va de la survie même de la civilisation française. La coexistence des cultures n’est harmonieuse que dans les magasins : toutes les cuisines, toutes les musiques peuvent cohabiter. Dans la vie, c’est autre chose. Les modes d’existence entrent en collision. Cette société multiculturelle risque d’être beaucoup plus violente que la nation qu’elle vise à remplacer.

Comment tenir ce discours sans être traité de réactionnaire ou de fasciste ?

 

Il me semble que c’est une folie de vouloir criminaliser l’appartenance à un peuple ou à une nation. Cette folie fait le jeu, en France, du Front national. L’inquiétude identitaire doit être prise en compte par les partis républicains, la gauche notamment parce qu’elle touche le peuple. Si celle-ci veut continuer à être hospitalière, elle doit concevoir l’hospitalité comme le fait de donner ce qu’on a et non selon la doctrine en vogue, celle de l’effacement ou de l’oblation de soi afin de permettre à l’Autre d’être pleinement ce qu’il est.

(*) (Stock), 228 pages, 19,50 €.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:57

Un ami vient de m'envoyer cet avis pertinent de Michel Legrand de GERFA.
Il semble qu'on nous refasse, en plus grave, le coup de l'achat des avions américains (hors prix !). Souvenons nous du choix de F16 (européens !) en lieu et place des Mirages (non-européens évidemment puisque français...) 

Il parait assez évident qu’on essaye de nous imposer l’achat de l’avion américain F35 pour remplacer nos F16. « On », c’est le lobby militaro-industriel américain, c’est la droite atlantiste et pour une partie les décideurs flamands !

Si cette opération devait se faire, les Wallons en seront les principales victimes consentantes et malheureusement silencieuses. Ils seront en effet quatre fois arnaqués !...

D’abord parce que le cout de cet avion est disproportionné et grèvera inutilement les finances publiques auxquelles les Wallons contribuent.

Ensuite parce que l’industrie wallonne ne recueillera rien de cette opération, alors qu’elle dispose d’un savoir-faire aéronautique reconnu et alors que les industriels hollandais en feront leurs choux gras.

Enfin, parce que l’achat d’un nombre réduit de F35 impliquera la fermeture à moyenne échéance de la base de Florennes.

Et ce n’est pas tout puisque l’achat du F35 permettra de confirmer la création de l’armée bénéluxienne dans laquelle la Wallonie compte pour quantité négligeable (3,5 millions d’habitants pour 27 millions et un PIB de moins de 10% de l’ensemble). Cette armée bénéluxienne parlera néerlandais en interne et anglais au niveau européen.

Par contre, nos « amis » du Nord seront particulièrement contents que l’industrie wallonne ne recueille rien, que les avions soient transférés en Flandre et que l’aviation prenne une couleur orangiste après la marine déjà sous la coupe hollandaise.

On peut s’étonner que les politiques wallons soient aussi discrets dans ce dossier et préfèrent parler du prix du kw/heure plutôt que de se préoccuper d’un enjeu politique et industriel majeur.

Enfin, il faut s’étonner du silence assourdissant du MR qui , il y a deux ans, était monté en ligne dans les problème de défense et qui parait maintenant totalement anesthésié. Les mâles déclarations de Denis DUCARME (*) restent manifestement sans suite".
Michel Legrand

 

(*) Sans compter le silence assourdissant sur ce sujet du fameux (j'ai failli écrire "fumeux") Colonel Gennard qui se révèle de plus en plus belgicain.

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 07:58

… commence par soi-même dit le vieux dicton !

En 2009 déjà, nous avions pu constater que lors du bouclage des Budgets de la Région Wallonne et de ce qu’on appelait encore « la Communauté Wallonie-Bruxelles », lla Région Wallonne participait pour environ 200 millions au refinancement de la dite Communauté Wallonie-Bruxelles.

Certes,  le refinancement de l’Enseignement (en particulier), et des autres matières relevant des compétences de la Communauté est quelque chose d’important. . Mais, déjà à l’époque, on pouvait se demander  où était la participation de la Région de Bruxelles ? Parce que si la Wallonie est la seule à contribuer, la Fédération Wallonie-Bruxelles comme on dit aujourd’hui  n’est donc plus un espace de solidarité mais un espace de transferts unilatéraux. On comprend alors mieux pourquoi le parti bruxellissime FDF

Plus grave, tant les prévisions budgétaires de l’époque que la réalité des chiffres ont montré qu’aucune amélioration ne pouvait se dessiner.

Il ne s’agissait donc pas d’un financement ponctuel mais bien structurel et permanent, sans que la Wallonie ne puisse jamais, en contrepartie, maîtriser des leviers aussi importants que l’enseignement, notamment.

Nous l’avons dénoncé, la Fédération Wallonie-Bruxelles est, de par son mode de financement, toujours exsangue, et risque de coûter toujours plus cher à la Région Wallonne.
Aujourd’hui que La Région de Bruxelles a été refinancée dans le cadres des derniers accords de réforme de l’Etat constatons que cette politique de transferts reste plutôt occulte.

Mieux (enfin, si on peut dire...) et un peu comme on pouvait le deviner, les élus bruxellois rechignent à participer au refinancement  d’une institution qui leur est pourtant favorable. Si, fort logiquement, le bruxellois flamand Vanhengel est contre tout transfert de la Région bruxelloise vers la FWB on entend le même son de cloche de la part du député de l’opposition MR,Vincent De Wolf, qui considère que la Région bruxelloise ne doit pas intervenir pour soutenir le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles…  «…chaque institution doit vivre selon ses propres compétences», tranche-t-il. Pourtant l’effort demandé par la ministre communautaire de budget n’était que de 6 millions €

Décidément, la  confusion entre Région et Communauté aura encore longtemps  pour conséquence de nier la Wallonie qui, dans cette situation de crise, a au contraire besoin de tous ses moyens pour maîtriser tous ses leviers.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 14:46

Un point plus que positif, à terme le pouvoir normatif sera (un peu plus) aux mains des Régions,  même si il faut s’attendre à un beau tir de barrage des Flamands (*) et à un baroud d’honneur des derniers communautaristes francophones… et pourtant, cette régionalisation qui est certainement pour les Bruxellois (surtout !) la solution la plus saine et la plus rationnelle.

Certes,  il faut encore :

1) Que le parlement fédéral adoptent les textes de la 6ème  réforme de l'Etat (en décembre 2013 et janvier 2014, en principe).

2) Que les textes concrétisant l'accord de la Saint-Emilie soient approuvés par le Conseil de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le parlement  la Région wallonne et la Cocom (le tout avant mai 2014)

Autre point positif, la volonté affichée (j’insiste sur ce mot…) de Rudy Demotte, à l'occasion de la cérémonie officielle des Fêtes de Wallonie, de voir adopter « dans les derniers mois de cette législature les décrets d'affectation des matières transférées entre les entités ». Echappant aux arguties sémantiques et vaines polémiques (**), il a réaffirmé l'importance d'une « fierté wallonne », « d'un élan civique et d'un attachement affectif » à la Wallonie (***). « Car un projet citoyen n'est pas un projet froid ou une simple adhésion aride à un intérêt économique commun. Il se nourrit, aussi, du sentiment d'appartenir collectivement à une même ambition ».

Evidemment, il sera facile de rétorquer que qui nous dit qu’il ne pratique pas cette vieille technique qui consiste à sortir le coq en période pré-électorale pour le remettre en poche dès les élections passées ? Nous verrons.

On va progressivement se diriger vers une « Belgique à quatre Régions » (en attendant mieux !) avec une évaporation graduelle des communautés. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne pourra plus y avoir de contact ou de mobilité entre Bruxelles et la Wallonie, comme entre Bruxelles et la Flandre. Une sorte de « fédéralisme territorial », plutôt qu’un confédéralisme puisque ce mot irrite certains. Alors que ça veut dire la même chose... en fait !

Mais ce qui est important, c'est qu'il y ait à l’avenir des paquets de compétences plus cohérents. Aujourd'hui, la Wallonie gère l'emploi et la formation, mais qu'elle est privée des compétences de l'enseignement, ça reste une totale aberration. Mais c’est vrai également pour Bruxelles. Je l’ai déjà écrit, les Régions de vieille industrialisation qui ont réussi leur redressement et leur reconversion sont celles qui ont la maîtrise d’un maximum de compétences, en particulier de l’enseignement.

Vivement la 7ème réforme (ou ce qui en tiendra !), il y a encore du pain sur la planche.

 

(*) La ministre bruxelloise des Travaux publics, la CD&V Brigitte Grouwels, n’a pas été séduite. « Il y a une position unilatérale », regrette-t-elle. « Certaines compétences sont liées à la Commission communautaire française. C’est très bien que les francophones se mettent autour de la table pour voir comment améliorer les politiques. Mais tout ce qui a trait à des compétences régionales ou bicommunautaires doit d’abord être discuté avec les néerlandophones de Bruxelles. Qu’il y ait des concertations avec les Wallons là-dessus, pourquoi pas. Mais alors il faut aussi les mêmes concertations avec la Flandre ».

Peut-on lui donner tort ? La logique qui est en marche veut que le premier interlocuteur de Bruxelles (Région bilingue, ne l’oublions pas) désormais plus autonome sur le plan économique et des infrastructures et de tout ce qui en découlera soit la Flandre dont elle est également la ville-capitale.

(**) En 1914, François Bovesse ne disait-il pas déjà : « Amis, jurons-nous en cette heure d’être digne de nos martyrs. Jurons nous d’aimer bien notre pays natal, de nous aimer les uns les autres. Soyons des Wallons irréductibles à leurs traditions. Soyons nous-mêmes. Dans notre indépendance, il n’est rien d’agressif. La haine et le mépris ne sont point de chez nous ».

 

(***) Voilà un langage politique positif, enfin !
Comme j’aimerais entendre ceux qui prétendent pourtant encore incarner le rattachisme en tenir un semblable. Loin des propos méprisants sur les Wallons, ces « incapables », ces « éternels mendiants », ces « handicapés de l’identité » qui font les délices de râleurs aigris et désabusés. Les Wallons et la Wallonie méritent mieux. Il y a énormément de raisons d’encourager et de souligner le dynamisme, l'optimisme et la fierté de notre population. Il faut rendre la mariée plus belle plutôt que de ne baser son message sur l’idée que l'ambition la plus glorieuse ne peut qu'être de demander l'aumône et l'hospitalité à un voisin puissant…

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:34

Communiqué du Mouvement du Manifeste Wallon

Le Mouvement du Manifeste wallon s’est intéressé, au cours de ces derniers mois, au difficile cheminement du projet de réforme du Ministre J.C.MARCOURT, touchant le « Paysage de l’enseignement supérieur et universitaire ».

Au lendemain de l’accord obtenu par le Ministre de l’Enseignement Supérieur avec les Recteurs des six institutions universitaires principales de l’espace Wallonie-Bruxelles, le MMW, a analysé en Conseil d’administration  la substance de ce récent  accord, à la lumière de sa revendication, toujours confirmée, d’une régionalisation de l’Enseignement ; et il entend faire connaître sa forte déception à cet égard, au vu de la conclusion des multiples concertations.

Tout en reconnaissant avec satisfaction que de réelles avancées sont par ailleurs acquises, notamment pour faire admettre par tous la nécessité d’un dialogue et d’une coopération plus intenses et concrets entre les différentes institutions et réseaux d’enseignement supérieur et universitaire, le Mouvement du Manifeste wallon entend se distancier de la manière la plus nette , des orientations et principes directeurs adoptés mentionnés ci-après ; ils trahissent en effet, selon le MMW, une volonté claire de préservation du modèle de gestion politique et organisationnel COMMUNAUTAIRE de ce type d’enseignement, bien plus qu’ils ne font apparaître une réelle émergence d’un nouveau modèle de structuration REGIONALE  ET  INTER-REGIONALE, modèle que le MMW considère comme bien plus prometteur, en termes de dynamisation et de transversalité, dans la perspective du redressement wallon et bruxellois :

1. L’organe supérieur de coordination mis en place, qu’est l’Académie unique ARES, instituée dans un but de recherche permanente de qualité et d’excellence, est exclusivement conçu et organisé selon la configuration communautaire traditionnelle, sans prévoir aucun espace réel pour une vraie coordination universitaire wallonne préalable ;

2. La distinction territoriale entre l’enseignement présent dans le Brabant wallon et celui en place en Région bruxelloise , distinction initialement introduite avec clairvoyance dans le projet ministériel, a été finalement fortement gommée par le Ministre, sous la pression principalement de l’Université Catholique de Louvain, institution agrippée  à sa seule compréhension communautaire traditionnelle de sa mission et de sa gestion ;

3. Les pôles géographiques ou « académiques », destinés à permettre dans l’espace des regroupements d’institutions d’enseignement supérieur, sont définis en fonction d’un découpage territorial passéiste et purement conventionnel de la Wallonie, scotché aux désuètes limites de provinces, dans une large méconnaissance des nouvelles unités territoriales de base que sont les bassins de vie et les bassins scolaires ; de cette médiocre appréhension du paramètre territorial, découle, à titre d’exemple, un isolement inacceptable de l’espace d’enseignement correspondant à l’actuelle Province de Hainaut, espace censé remplir à lui seul, contre toute raison, la double fonction de pôle et d’ « inter-pôle »  d’enseignement supérieur et universitaire…

En conclusion, pour ces raisons principales, le Mouvement du Manifeste wallon entend exprimer ses nettes réserves quant aux potentialités de la nouvelle ‘architecture’ esquissée, et ce, eu égard aux objectifs primordiaux du développement régional, du relèvement sensible du taux de réussite des étudiants, et d’une démocratisation vraiment accrue de l’accès des jeunes à ce type d’enseignement.

Le MMW appelle donc à une reconsidération approfondie du projet de réforme dont il est question, et ce , dans l’intérêt même tant du niveau de qualité de l’enseignement, de la recherche, et de la gestion des institutions elles-mêmes, que des populations étudiantes concernées et de la redynamisation du tissu socio-économique des Régions.

                                                    Pour le Conseil d’Administration du Mouvement du Manifeste wallon,

                                                                                                                  Jean LOUVET , Président

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 01:52

 « L'homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l'opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c'est à vous qu'est spécialement imposé le devoir de l'accélérer. Pour remplir votre mission, il faut faire précisément tout le contraire de ce qui a existé avant vous ». (Robespierre)

 

 

Je ne vais pas vous parler de cette foutaise qui occupe certains esprits à propos d’une catastrophe planétaire. Soyons sérieux, ça occupe et permet d’occulter beaucoup de choses. Ainsi, la presse - concentrée à Bruxelles - a très peu parlé de la réunion de mercredi à l’Elysette, siège du gouvernement wallon d’une commission qui a pour tâche d’organiser les nouvelles compétences de la Wallonie. Compétences qui sont transférées du fédéral. Il était pourtant temps !

 

Il était temps, dans la mesure où les nouvelles compétences wallonnes concernent chacune et chacun d’entre nous, au quotidien. Maisons de repos, allocations familiales, sécurité routière, fiscalité (changement de mécanisme de la loi de financement), activation de l'emploi et d’autres domaines qui seront désormais traités par les gouvernements de la Wallonie et de Bruxelles.

 

Mais, il y a, en plus, un sentiment d'urgence à redéfinir un projet wallon, à remettre en place la dynamique wallonne. Je ne peux que me réjouir à ce sujet de lire que la principal parti de Wallonie retrouve des accents wallons par les déclarations de ses ministres Tillieux et Marcourt. De même des propos de milieux syndicaux et mutuelliste de la même mouvance qui vont dans le même sens. C’est un bon signe parce la population ne se sent guère concernée par ces réformes, certes encore trop timides pour ceux qui sont conscients de l'évolution de institutionnelle, conscient des échéances, des compétences à mettre en œuvre. Alors que la Flandre, dès 1999, a émis, par le biais de son parlement, des résolutions qui ont tracé le sillon de sa politique durant de nombreuses années, la population wallonne, confortée par les médias, vit, quelque part encore, dans l'image d'une Belgique protectrice et immuable. Or, il est du rôle de tout ce qui tourne autour du monde politique, de tout ce qui a de l'influence, des intellectuels, de prendre leurs responsabilités en avisant les citoyens avec méthodologie et pédagogie, de ce que, désormais, leur avenir et leur quotidien seront liés à davantage de Wallonie que d’État Fédéral.

 

C’est pourquoi, je me réjouis du débat « intra-francophone » qui s’est enfin ouvert à l’initiative de membres wallons et bruxellois d’un parti qui était pourtant devenu frileux sur ce sujet sous la très longue présidence de l’aventurier conservateur, royaliste et belgo-unitariste présidant actuellement aux destinées d’un gouvernement fédéral qui applique, le doigt sur la couture du pantalon, les ukases d’une Commission européenne inféodée aux agences de notation, aux « Marchés » et aux banquiers.

 

Je suis surtout heureux de lire les propos du nouveau président du PS bruxellois qui m’incitent à penser que là-bas aussi, l’idée régionaliste progresse. Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, et dans les autres formations, la tiédeur (et je suis gentil en écrivant ça) domine encore quand ce ne sont pas des réactions hostiles et irrationnelles. Et pourtant, tant les Bruxellois francophones que les Wallons ont tout à gagner d’une redéfinition de leurs relations.  Comment, en effet, peut-on encore être promoteur d’un communautarisme linguistique qui si on le maintien va, par exemple, forcer les Bruxellois à avoir un problème de sous-nationalité après 2014 ?

 

Il est temps de sortir de cette opposition stérile et néfaste, cette logique communautaire qui nous a été imposée par l’aveuglement de certains et qui si elle a fait le bonheur de la Flandre (et d’un parti communautaire bruxellois qui continue à en faire ses choux gras…) a contribué à retarder le redressement de la Wallonie. Alors que les recettes des régions qui se redéployent sont bien connues, pensons simplement à la pénalisation (c’est plus qu’un handicap) due à la non-maîtrise de l’enseignement un des principaux outils de redéploiement économique.  

 

 Mais ce n’est pas tout, là aussi, il faudra aussi sortir des tabous hérités des convultions et déchirements politiques du passé comme les conséquences du « pacte scolaire ». (A propos d'enseignement, relisez cette page).

 

Nous sommes à un de ces des moments où l'histoire s'accélère. Un de ces moments où se révèlent les vrais Hommes d’Etat.

Oui, nous sommes à la fin d’un monde. C’est le moment de dire de redéfinir un vrai projet wallon et de dire avec Danton  : « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! »

 

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« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »  (Jean Jaurès)
*
« (…) il n'existe aucun accommodement durable entre ceux qui cherchent, pèsent, dissèquent, et s'honorent d'être capables de penser demain autrement qu'aujourd'hui et ceux qui croient ou affirment de croire et obligent sous peine de mort leurs semblables a en faire autant. » (Marguerite Yourcenar)
*

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